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Australie Carrières Créations / Entreprenariat

Daphné : l’expatriation ou la chance d’essayer plusieurs métiers avant le bon

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DaphnéDDJ'habite à Sydney, j'ai 41 ans, j'ai 3 garçons de 12-11 et 9 ans. Je suis décoratrice d'intérieur ou Interior Designer comme on dit ici en Australie. J'ai été dans mes vies précédentes: consultante en systèmes d'information, ingénieur chef de projet, professeur de français de langue étrangère, directrice marketing. Pourquoi avoir changé aussi souvent? Parce que j'ai parcouru le monde pour trouver le boulot idéal !

Quel est votre parcours d'expat ?

Dix ans de boulot à Paris puis une première expatriation en Inde. Le changement était excitant et bienvenu après mes années chez l'Oréal et les naissances rapprochées de mes 3 enfants ! J'ai accepté avec enthousiasme de suivre mon mari dans cette grande aventure en me disant que c'était une occasion pour enfin faire ce qu'il me plaisait ! J'ai vécu 5 ans à New Delhi : loin d'être facile de s'expatrier dans un pays aussi différent culturellement mais très enrichissant ! Et maintenant depuis bientôt 2 ans, nous sommes expatriés à Sydney !

A chaque expatriation, vous vous êtes réinventée. Pouvez-vous nous donner plus de détails sur ces redirections, ainsi que sur la manière dont vous vous y êtes prise ?

J'avais déjà fait un bilan de compétences il y a 10 ans et j'étais clairement destinée à des métiers concrets dans la construction : architecte, designer, décoratrice. A cette époque, enceinte de mon 2e enfant, je n'ai rien entrepris pour changer d'orientation, trop occupée à fonder ma famille et probablement aussi trop prudente pour changer à cette étape cruciale dans la vie d'une femme...

Le plus étrange dans tout ça c'est que même lorsque j'ai déménagé à New Delhi, je n'ai pas suivi cette orientation. En fait, j'ai opté pour un choix qui me semblait raisonnable et rationnel (et qui ne me convenait pas du tout en fait), j'ai suivi les cours du CNED pour devenir professeur de FLE. J'ai choisi cette formation parce que c'était une formation diplomante, reconnue par l'état et donc qui me permettait d'exercer ce métier un peu partout dans le monde y compris à mon retour en France. J'ai eu mon diplôme et j'ai été professeur de FLE à l'ambassade du Canada pendant 6 mois. Assez vite, j'ai compris que ce métier ne me convenait pas et je me suis fait embaucher en tant que directrice marketing dans un grand groupe français de produits laitiers. J'ai tenu 18 mois à ce poste en me posant à nouveau plein de questions et en me demandant ce que je voulais réellement. J'ai cherché un nouveau poste, j'ai refusé 2 propositions et j'ai refait un 2e bilan de compétences. J'ai fini par comprendre que je ne pouvais pas ignorer plus longtemps mes désirs les plus profonds, si irrationnels et risqués qu'ils pouvaient me paraître...

L'Inde est un pays connu pour être très compliqué, administrativement parlant, pour les conjoints qui souhaitent trouver un poste en entreprise. Pourriez-vous partager avec nous les principaux obstacles, mais aussi les bonnes surprises, de votre recherche de boulot en Inde ? 

Travailler en Inde est difficile (mais pas impossible lorsqu'on veut absolument travailler) lorsque l'on suit son conjoint. Nous n'avons en effet qu'un visa mentionnant : accompanying husband, aucune possibilité de travailler avec ce visa ô combien gratifiant pour la femme ! J'ai trouvé mes emplois à force d'en parler autour de moi, avec mon réseau. Une fois que vous avez la promesse d'embauche et négocié le salaire, car il y a un critère salarial pour obtenir un working visa, il vous faut rentrer dans votre pays d'origine, pour présenter votre demande de visa. Les démarches sont assez longues et compliquées mais faisables, je peux les expliquer en détails aux personnes qui me le demandent !

Avec tous ces changements professionnels, vous êtes un profil atypique, un vrai, mais aussi un bel exemple d'énergie et de ténacité. Avez-vous un message pour celles (et ceux) qui tâtonnent, qui ont du mal à trouver leur voie, qui n'osent pas essayer ou se lancer ?

L'expatriation m'a donné la chance d'essayer plusieurs métiers avant de finalement tomber sur le bon. Il faut du temps pour accepter de renoncer à son confort. Et surtout ne pas lâcher car c'est difficile de prendre la décision de changer de voie mais c'est encore plus difficile de s'y tenir dans la durée ! On passe par des phases de découragement, de renonciation, de retour en arrière. Il faut s'entourer de gens positifs, de gens qui vous encouragent et qui vous motivent.

Dites-nous en davantage sur votre activité de designer d'intérieur: pouvez-vous présenter ce projet, comment il fonctionne, vos challenges, vos perspectives, vos envies ?

Je suis designer d'intérieur, je conçois et redessine l'intérieur des maisons, j'abats les cloisons, j'en crée des nouvelles. J'étudie les habitudes des occupants de la maison, leurs styles, leurs goûts et je propose sous forme de book une description complète d'aménagement. Mon approche est très développement durable c'est-à-dire que je travaille sur l'existant, je n'encourage jamais à tout transformer et à tout racheter. Disons que je sublime les intérieurs et que j'essaie de redonner une 2e vie aux objets existants. C'est ce qui donne d'ailleurs une réelle personnalité à votre intérieur.

C'est aussi ce que je fais chez les expatriés car je me suis rendue compte que beaucoup d'expatriés négligeaient leur nouveau domicile en se disant que de toute façon ils n'y étaient que pour quelques années. C'est une grosse erreur car pour se sentir bien dans son nouveau pays, il faut se créer un intérieur cosy, cocoon, une maison dans laquelle vous vous sentez bien et que vous pourrez fièrement présenter à la famille et aux amis qui viendront vous voir ainsi qu'à vos nouveaux voisins et vos nouveaux amis bien sûr. Pour moi, l'adaptation dans un pays (ou ville) passe obligatoirement par se sentir bien dans sa maison !

Les conditions de création d'entreprise en Australie ont-elles joué un rôle important dans votre décision ? D'autres facteurs sont-ils entrés en ligne de compte, notamment liés au pays ?

Cette création d'entreprise était une évidence pour moi. Peu importait le pays où j'allais m'installer, j'étais déterminée à créer mon entreprise. Les démarches ont sans doute été plus simples en Australie et plus rapides également !

Comment ont été perçus vos différents revirements professionnels par votre entourage ? Cela a-t-il été difficile à gérer pour vous ?

Le fait de changer de pays aide beaucoup ! On refait notre vie tout le temps et on se recrée un nouveau cercle d'amis qui ne nous connaissaient pas dans nos vies antérieures. Je pense qu'en restant en France le changement aurait été plus difficile à faire accepter par mon entourage.

Que vous apporte l’expatriation? Considérez-vous que ces expatriations ont été pour vous sources d'opportunités ? 

L'expatriation m'a permis de sortir de ma zone de confort et de me réaliser. Oui l'expatriation a été très bénéfique en fin de compte, j'ai fait de longs détours mais j'imagine qu'ils étaient nécessaires à ma réflexion et à l'aboutissement de mes projets !

Si un jour vous devez rentrer en France, comment pensez-vous que vous aborderez ce retour, professionnellement parlant ?

J'ai beaucoup moins d'inquiétudes maintenant que je fais ce qu'il me plait.

 

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