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Europe Italie

Vivre à Rome

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Rome

 

L’expatriation à Rome est plus difficile qu’à Milan mais sans doute bien moins que dans des contrées plus éloignées de la France. Rome reste Rome au fil des ans avec ses avantages et ses inconvénients. Au cœur de l’Italie, on y sent la richesse de Milan comme la pauvreté de Naples.

 

 

 

Climat
Le climat à Rome est quasiment comparable à celui du Sud de la France. Des étés très chauds, autour de 40 ° et des hivers très doux avec quelques jours de pluies diluviennes, causant parfois quelques problèmes d’écoulement des eaux usées dans les rues... Les intersaisons sont agréables car le climat y est vraiment tempéré, plus doux qu’en été et moins pluvieux qu’en hiver.

 

Logement
A Rome, tous les déplacements se font avec la voiture, les transports sont relativement désorganisés autour de la ville ce qui peut surprendre un parisien habitué au flux régulier des bus, surtout en proche banlieue. Les logements en location partent souvent dans la journée et il est souvent difficile de faire bloquer un appartement ou une maison pour réfléchir. Autant dire que si vous trouvez à peu près votre bonheur, autant ne pas trop réfléchir. Alors quand en plus, se greffe là dessus, le devoir de trouver une école à proximité, il vaut mieux s’y prendre tôt pour les inscriptions comme pour le choix de l’école.

Le mieux est de vivre à proximité des écoles françaises, cependant, la zone de Tiburtina par exemple en est plutôt éloignée. Sur Rome, la plupart du temps, on trouvera des appartements tandis que les maisons sont plutôt en banlieue. Si vous n’avez pas la voiture, oubliez la banlieue en raison des problèmes de transport décrits ci-dessus. La zone de Rebbibia nous a été d’emblée déconseillée car c’est là-bas que se trouve le pénitencier. Comme dans toute ville, la zone de la gare est aussi à éviter. Pour les jeunes expatriés le centre ville est appréciable, autour de la piazza Navona ou di Spagna. Evidemment, les loyers du centre ville ne sont pas donnés (environ 1200 euros pour un deux pièces). Il faut compter environ 1200 euros pour une maison en banlieue. Sachez aussi que souvent les italiens déménagent avec leurs sanitaires, leurs éviers. Quand on arrive ça peut surprendre ! Pensez aussi aux culots des ampoules qui souvent ne sont pas loués avec la maison. Au moment de la signature du bail, faites bien spécifier que les charges sont incluses, ce n’est pas automatique.

 

La circulation
C’est là la bête noire de l’expatrié à Rome. Le nombre d’accidents est relativement important, notamment en raison du nombre de personnes âgées au volant et/ou de jeunes conducteurs. Entre les excès de vitesse de ce dernier et le papy qui s’arrête en plein milieu d’une route à 3 voies pour savoir si il doit sortir à cette sortie là ou à la suivante, il faut prendre son mal en patience car la voiture est indispensable. Dans la ville comme alentours, tout est prévu pour un déplacement motorisé. Les mieux aguerris prendront certainement un cyclomoteur mais encore faut il avoir des réflexes, car la « fleccia » est en option sur nombre de véhicules dont le conducteur oublie d’indiquer qu’il va tourner. Les « céder le passage » sont très peu respectés, attention aux intersections ! Ne suivez pas votre instinct qui vous dit que couper permettra d’arriver plus vite à destination grâce à un super raccourci car les culs-de-sac sont très nombreux. Lorsqu’il n’y a plus de panneau pour la direction que vous suiviez, continuez tout droit et vous trouverez le suivant un peu plus loin que prévu en raison du budget. La où en France nous avons deux panneaux, l’Etat italien n’en met qu’un à mi-chemin. Equipez-vous d’une bonne carte, si possible indiquant les rues à sens unique.

Ce qui est vrai pour Milan l’est aussi pour Rome. Entre les bandes jaunes pour les résidents et les bleues pour le stationnement courte durée le choix des places est très limité et les stationnements régulièrement payants. Souvent on va jusqu’à un point A en voiture puis il faut prendre soit le métro (2 lignes) soit le tram ou bus pour rejoindre le point B but initial. Le site internet de la régie des transports de Rome permet d’établir un itinéraire avec une adresse de départ et d’arrivée, il indique la fréquence de passage des bus ainsi que le chemin à prendre. http://www.atac.roma.it/

Les artères principales sont toujours surencombrées de véhicules. Pourquoi ? 1/ un nombre important de véhicules par famille 2/ Ce sont les seules voies qui mènent à bon port sans se perdre. Résultat : suivez le flot de véhicules et armez-vous de patience. Pour ces mêmes raisons, ne comptez guère sur la fréquence des transports qui peut être très aléatoire en raison des accidents fréquents et des embouteillages. Le soir les stationnements sont souvent réservés aux résidents et certains jours de la semaine, la circulation des véhicules polluants est interdite dans le centre-ville. Les véhicules non-polluants sont équipés d’un papillon spécifique. Les contrôles techniques sont à effectuer tous les ans.

 

L’enseignement
Il existe deux grandes écoles françaises qui vont de la maternelle au lycée : L’institut St Dominique et le lycée Châteaubriant. Les frais de scolarité sont élevés car souvent pris en charge par les sociétés des expatriés. De manière générale, avant l’Université, le niveau est plus faible en Italie qu’en France, donc autant étudier dans l’un de ces deux établissements. St Dominique dispose d’un car de ramassage pour les enfants qui y sont scolarisés. Les deux établissements disposent d’une cantine. L’ensemble de ces services est payant.

L’école maternelle italienne, y compris dans les établissements privés bilingues, n’est ni plus ni moins qu’une crèche collective où abondent les activités telles que sport, musique, théâtre, langues et activités culturelles... Cependant, il ne faut pas s’attendre à ce que les enfants y reçoivent une éducation telle que celle donnée dans les écoles maternelles en France, y compris dans les écoles publiques. De manière générale, les études sont beaucoup plus chères en Italie et les établissements privés ne se privent pas pour saler la note, bien que cela ne soit pas toujours justifié par la qualité des services.

Les crèches collectives sont nombreuses à Rome mais insuffisantes pour satisfaire la demande. Il faut remplir le dossier d’inscription le plus tôt possible, dans la langue de Dante bien sûr, et pour cela il faut la plupart du temps habiter à Rome ou travailler dans une entreprise implantée à Rome. Certaines sociétés ont leur propre crèche pour leur personnel. Il faut savoir à quel municipio, annexe de la Mairie, vous êtes rattachée suivant le lieu du domicile ou de l’entreprise pour y présenter votre demande.

Pour permettre à l’enfant de s’intégrer dans de bonnes conditions à Rome, il est bien jusqu’à 4 ans de lui permettre d’aller dans une école italienne ou bilingue ce qui lui permettra d’acquérir en 6 mois/ 1 an les bases de l’italien auprès de leurs petits camarades de jeu.

 

La langue
Que ceux qui ne parlent pas du tout italien ne soient pas effrayés. Assez vite on se met à l’italien de base que l’on complète par des cours particuliers ou dans des instituts de langue pour étrangers (se renseigner dans les mairies). Si les enfants sont scolarisés dans le système français il est recommandé soit de leur faire prendre des cours d’Italien à l’extérieur, soit de les inscrire dans des activités collectives (foot, tennis etc.) pour qu’ils arrivent à un niveau qui leur permettre de bien profiter de la vie locale, le cinéma par exemple où les films ne sont pas sous-titrés.

 

Coût de la vie
La vie à Rome est chère. Les loyers, les distractions, les transports ont un niveau comparable à ceux des grandes villes européennes. Par contre, on peut manger dans des petites pizzerias, trattoria ou autre tavola calda un repas chaud et équilibré pour un prix plus que raisonnable. Le niveau des salaires est plutôt faible, descendant jusqu’à 400 Euros mensuel, une économie parallèle se développe. Il existe de grands hypermarchés français (3 Carrefour, 1 Auchan...) mais aussi des magasins comme Ikea. Pour les délais de livraison, attention mieux vaut prendre du prêt sur place à emporter car les délais sont rarement respectés, sauf exception. Dès que l’on sort de Rome et de la proche périphérie, les prix redeviennent plus raisonnables. Les prix sur les marchés ne sont pas négociables.

 

Jeunes expatriés
La vie pour les étudiants en « exchange student » ou ceux de moins de trente ans est très agréable. Il existe dans la ville de nombreux lieux branchés, des cafés pour les happy hours ou les « after ». La vie nocturne est très développée. Le week-end, le fait d’être près des lacs, des pistes mais aussi près de nombreux sites à visiter avec des logements agro-touristiques font qu’il y a largement de quoi s’occuper. Les étudiants peuvent trouver des petits boulots qui n’existent plus chez nous type faire le plein des gens dans les stations service par exemple ou encore dans le call-centres de la ville qui recrute beaucoup d’étudiants en langues. Les salaires sont faibles. Nombreux sont les jeunes qui cohabitent.

 

Sécurité
Comme dans toutes les grandes villes il convient de faire attention ! Rentrer seule le soir pour une femme, porter des bijoux voyants c’est s’exposer à de mauvaises rencontres. A part le centre où les vols à la tire ne sont pas rares et certaines zones comme Rebibbia, il n’y a pas véritablement d’insécurité. Il faut simplement être vigilant. Les voitures sont régulièrement fracturées autour de la gare de Termini ou Tiburtina. Ne laissez rien apparent !

 

Vie sociale
Généralement, les italiens sont sociables et amicaux avec les “cousins” français mais certaines manifestations sportives notamment peuvent être l’occasion de petits accrocs ou plaisanteries car les italiens mais surtout les romains sont volontiers chauvins. Le monde serait-il encore dominé par Rome ? Reste que nombreux sont ceux qui y croient encore ! Les voitures avec plaques d’immatriculation étrangères sont aussi souvent la cible de petites mesquineries.

Les roumains sont très présents sur la ville, malheureusement restreint dans certains quartiers pauvres.

Le week-end, les amis se retrouvent souvent autour d’un bon match de foot après un repas de spaghetti ou pizza qui est loin de relever du cliché ici. Les enfants suscitent l’attention. Les italiens ont un à deux enfants pour la grande majorité et les familles nombreuses les intriguent 3 enfants à +. (Souvent un signe extérieur de richesse)

 

Administration
Consacrons-y un chapitre car elle est incontournable ici, peut-être plus encore qu’à Milan.

Ceux qui ont en horreur les longues files d’attente et les renvois de bureau en bureau avec formulaires et déplacements ennuyeux tombent mal en effet de ce point de vue. A commencer par l’agenzia delle entrate qui délivre le fameux « codice fiscale » qui sert dans tous les actes de la vie courante pour l’établissement de toute facture, l’enregistrement à l’asl (cpam locale) ou encore pour travailler en Italie ou louer sa maison. Femmes mariées attention, vous gardez votre patronyme ainsi Mme Dupont fille Durant reste fille Durant sur le sol italien et les prénoms de baptême ne sont valables qu’à l’église, ne donnez que le premier. Sinon, votre codice est erroné et vous devez tout faire refaire. Les enfants ont le nom du père donc différent du votre, mariée ou pas. Ils ont eux aussi, même mineurs un « codice fiscale » à faire établir au même endroit.

Il faut aussi déclarer à la mairie votre lieu de résidence. La Polizia viendra contrôler que vous habitez réellement là où vous le déclarez. Chaque passage à l’hôtel ou autre type d’hébergement touristique fait aussi une déclaration concernant votre séjour et vous demandera certainement vos papiers de ce fait.

S’inscrire à l’ASL est conseillé pour éviter de payer des prix de consultations exorbitants, vous choisirez alors un médecin traitant et un pédiatre pour vos enfants. Les consultations hospitalières sont prises en charges sauf ticket ainsi que les radios faites dans des centres conventionnés. En cas d’accident du travail, s’adresser à l’INAIL. L’INPS est la caisse maladie des travailleurs et de chômage.

Contrairement à certaines rumeurs, les ressortissants de l’Union européenne ayant un guichet spécial à la Questura, vous pourrez faire établir votre permis de séjour en une matinée. C’est l’un des rares bureaux qui répond vraiment au téléphone sans donner des informations erronées. Pour la plupart des autres, il faudra vous déplacer et vous attendre à vivre Astérix chez les Romains, passage de la Questura justement. Chaque interlocuteur ayant sa propre version en cas de question, surtout si spécifique.

 

Rome et les Italiens
Comme on l’a vu la vie à Rome n’est pas la vie à Milan, notamment en raison du fort taux de chômage et des bas salaires, les entreprises françaises étant à Milan, Gènes ou Turin. C’est une ville administrative où le gros des emplois est dans le secteur informatique. Contrairement à Milan, les gens sont très méditerranéens dans l’âme, plus on va doucement, moins on en fait, mieux on se porte mais à la fin tout le monde est content.

C’est un “bordel” organisé, il faut un certain temps d’adaptation, mettre nos habitudes franco-françaises dans la poche et surtout prendre notre mal en patience en se disant que ce sera bientôt résolu car après avoir pesté en bon français tout fini par s’arranger...

Ce qui frappe quand on travaille ou étudie en Italie c’est l’extrême soin avec lequel les Romains s’habillent du costume à l’accessoire, du bronzage au brushing. Au début, ils peuvent même paraître quelque peu superficiels, les femmes parlent de vernis à ongles et coiffure pendant des heures.

Ils consacrent une grande partie de leurs revenus au soin de leur toilette, mais aussi aux sorties culturelles. Pourtant à poste égal, ils sont payés 30% de moins que leurs homologues en France. La vie familiale est extrêmement importante. Ils se marient tard en général et ne vivent jamais loin de leur famille car c’est souvent la grand-mère qui s’occupe des petits-enfants, dut-elle arrêter de travailler pour ce faire.

Les couples ont rarement plus de deux enfants et tout le monde se déplace en famille. Si vous invitez ou êtes invités par des Romains il y a fort à parier que c’est "enfants compris". Il faut le savoir. D’ailleurs il n’est pas très fréquent d’être invité dans des familles en ville et c’est souvent dû à l’exiguïté des logements. On se retrouve plus volontiers dans un bar ou dans un restaurant. Recevoir n’est pas que l’apanage des grands, dans les villas de la périphérie des soirées s’organisent. La ville a aussi de grands parcs comme le parc de la Villa Borghèse, qui sont fort agréables et font la joie des enfants lors des dimanches en famille.

Tout comme la famille, la paroisse tient un rôle social crucial. Les activités y sont souvent organisées et elles jouent un rôle fédérateur sur le plan non seulement religieux mais aussi associatif. Même si Paris regorge de trésors passés, elle reste une ville moderne tournée vers le présent et l’avenir. Rome donne l’impression d’être restée en arrêt sur image au temps des Romains, les gens ont l’impression que Rome domine encore le monde...Surprenant.

Rome est proche à la fois de la mer avec Ostia par exemple, et des pistes avec notamment Terni. Les parcs naturels alentour sont très beaux. Evidemment les retours sur l’autoroute sont un peu plus pénibles mais savoir qu’on peut être à 10 heures du matin sur les pistes et à 17 heures chez soi ça n’a pas de prix.

En résumé, la dolce vita, c’est avant tout prendre le temps de vivre et même arrêter de vivre à 100 à l’heure (habitude française). Prenez votre mal en patience, dans la ville éternelle tout finit toujours par s’arranger. Rome n’est pas Tokyo, certes, pour le dépaysement mais chaque coin de la ville éternelle recèle un trésor. Avis aux amateurs de l’Antiquité, Moyen-âge et Renaissance, préférez Florence, du moins si vous avez le choix.

Delphine Petit

 

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