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Les enfants d’expat qui étudient loin

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campus-jeunes-HPSoazig, Sabine, Juliette, Aline, Florence, Clotilde, Séverine, Véronique, Françoise ont toutes un point commun : le cœur en bandoulière : leur enfant devenu grand est parti faire ses études, loin, très loin, trop loin. Une autre réalité de l’expatriation.

♪♫ Prendre un enfant par la main Pour l’emmener vers demain... (Y. Duteil) ♪♫

Et c’est déjà demain. Et il vous lâche la main. Et nous restons là, frappées de sidération.

Merci à toutes qui avez ouvert votre cœur tout en pudeur pour nous dire ce que le départ d’un enfant représente, particulièrement quand nous sommes expatriées. Preuve s’il en est que c’est un sujet sensible : les nombreuses et longues réponses.

Les préparatifs du départ :

Votre enfant est-il le premier à quitter le nid familial ?

Pour Séverine au Japon et Véronique à Hong Kong, des aînés avaient ouvert la voie, Florence du Caire, elle, a vu partir ses filles successivement. Aline, en Chine a laissé partir, contrainte, son fils en seconde tandis que pour Sabine, à New York, Soazig de Shanghai, Juliette à HK, c’est le premier à quitter le nid.
Sabine : « C’est l’aîné, il est actuellement en 2e année à Exeter en UK, la seconde part l’anprochain, elle est en Terminale. »
Aline : Notre deuxième fils quittait la Chine après 3 ans en école internationale anglophone pour réintégrer le système scolaire français. Il est parti pour entrer en 2nde »

Comment avez-vous préparé son départ, sur un plan psychologique ?

Pour Juliette, pas de problème : « Il n’attendait que ça ! »
Séverine : « Tous les jeunes quittent leurs parents pour aller étudier. Sauf que là ils quittent un pays pour aller dans un autre. La préparation se fait depuis leur enfance. C’est ce que nous essayons d’expliquer lors des "partage d’expériences" que nous organisons au sein de lycées français de l’étranger, à Hong Kong d’abord, puis à Tokyo (en espérant faire des petits à travers le monde). Ce départ était attendu avec impatience, un passage a l’âge adulte marque plus fortement que si nous avions été en France puisque le Bac signifiait indépendance et départ du foyer paternel.
Florence :« Sur un plan psychologique : nous avons dépeint le tableau sans le noircir ni l’embellir, juste en essayant d’être lucides. »
Sabine : « Sur un plan psychologique : G. était prêt. Nous vivions à Hong Kong où tous ses amis partaient aussi, c’est normal. Moi j’en étais malade mais je ne le montrai pas. »
Françoise : « Tout s’est fait dans le désordre. Entre les résultats d’admission et notre déménagement précipité pour l’autre bout de la planète, ça a été panique à bord. On a tous serré les dents quand il est parti tout seul avec sa petite valise à la main pour l’inconnu. »
Aline : « Nous avons fait en sorte de laisser à notre fils le plus long délai de réflexion possible, afin que ce choix lui appartienne vraiment. »
Soazig : « En expatriation, l’année de terminale est une année où toute la famille se prépare au changement. Tous ses amis étaient concernés et nous avons beaucoup échangé avec les familles. Celui qui part a besoin aussi de prendre du recul et de couper les liens avec la fratrie »

Dans quelles dispositions d’esprit était votre enfant au moment pour ce départ ?

Séverine : « Serein, il partait avec une bande de copains. » .
Tout comme les enfants de Florence et Juliette.
Celui de Véronique, lui, revendiquait son indépendance.
Quant à Sabine et Françoise le plus dur pour leur fils a été de voir la famille déménager pour une future maison qui ne serait plus jamais chez lui : « Il revendiquait son indépendance mais le plus dur pour lui a été de nous voir en même temps quitter HK, notre futur chez nous n’était plus sa maison. De plus, on a dû le laisser en France fin août seul (sa sœur et son frère pleuraient dans le taxi à 4h du matin, moi c’était difficile et j’ai appris que G. s’était jeté en pleurant dans les bras de son copain resté avec lui dès que nous étions partis).
Félix lui s’est longtemps sentit : « Grisé, puis débordé par sa nouvelle autonomie qu’il a fini par trouver pas si confortable que ça, voire légèrement encombrante. »
Soazig nous dit que « son enfant était à la fois impatient la vie étudiante et normalement inquiet».
Pour Aline « Je dirai surtout indécis pendant longtemps, si bien qu’il a fallu attendre quasiment la date limite de réinscription en Chine, fin juillet 2010, pour qu’il se décide. Je suppose qu’il devait être anxieux. »

Et vous, ses parents ?

Si dans l’ensemble comme Séverine, Juliette et Véronique la sérénité affichée des enfants leur inspire confiance, pour Florence elle est teintée d’inquiétude.
En revanche pour Sabine, c’est dur « Je l’ai rejoint début octobre pour l’installer à l’université. J’ai un très mauvais souvenir de cette période où la famille était éclatée. J’aurais aimé être plus présente pour lui. Heureusement, nous avons des amis qui l’ont accueilli à Londres 2 semaines chez eux avant sa rentrée, il a pu ainsi retrouver la chaleur d’une famille en cette période troublée. Je leur serai à jamais reconnaissante. Notre fils est quelqu’un qui ne se plaint jamais, il se débrouille et il m’a toujours déculpabilisée, il voit toujours le côté positif, ce qui est vraiment un soulagement pour nous, parents. »
Tout comme Aline « Moi j’étais très anxieuse, même si l’équipe du lycée en France était à notre écoute et que tout semblait s’organiser au mieux ».
De même Françoise qui trouve « Qu’à 17 ans, un nouveau pays, des études exigeantes, faire la balance entre indépendance et liberté, c’est mettre beaucoup de pression sur ses jeunes épaules.»
Pour Soazig aussi, c’est un moment difficile « Grosse différence de ressenti entre mon mari et moi. Pour mon mari il était attentif mais l’étape a été plus facile. Pour moi cela a été un déchirement lorsqu’on l’a laissé en France à la fin des vacances. »

Sur le plan pratique comment gère-t-on au mieux et de loin le départ de son enfant ?

Pour la grande majorité et quand c’est possible l’anticipation et organisation sont les meilleures antidotes aux dérapages non contrôlés.
Véronique : « Le départ a demandé un certain nombre de préparatifs sur le plan pratique (et tout cela à gérer pendant l’été) : - financier d’abord : ouverture d’un compte bancaire, explications sur la gestion d’un compte (pas de découvert SVP) et le règlement des factures à temps, l’établissement d’un budget, sa tenue, analyse de son dépassement etc. _ - vestimentaire ensuite : il a fallu équiper nos enfants pour un climat diffèrent, - logement : le choix du logement a été un casse tête : foyer, colocation, studio... Notre choix en tant que parent s’arrêtait sur un foyer refusé net par notre ainée. Nous nous sommes rabattus sur une colocation avec des camarades de terminales s’installant dans la même ville. Celle-ci s’est avérée désastreuse avec des difficultés liées aux rythmes différents des écoles et à un volume de travail diffèrent à gérer avec des sorties/invitations à l’appartement et des personnalités qui finalement n’étaient pas faites pour cohabiter. En revanche c’est un véritable parcours du combattant pour louer une simple chambre ! Les bulletins de salaires édités à l’étranger n’ont pas bonne presse et rendent les propriétaires méfiants. Une caution a dû être demandée à ma sœur et son mari pour obtenir un bail ! - médical : trouver un médecin traitant à proximité de leur nouveau lieu de vie pour savoir vers qui se tourner à la première angine, - plus tous les autres aspects pratiques liés à une installation habituelle : téléphone, internet »
Juliette toujours pragmatique s’est assurée « qu’il ait tout ce dont il avait besoin pour vivre : ouverture de compte en banque, couverture santé, vêtements chauds, envoi de ses affaires. »
Internet a permis à Aline de bien défricher le terrain : « J’ai fait de longues recherches sur internet pour trouver un lycée. Il nous fallait trouver un établissement qui propose le Chinois en LV2 et un internat.
Comme le souligne Soazig l’éloignement accroît la difficulté « Entre les dossiers, le logement, on est très occupé et on est amené à faire des choix, donc anticiper le départ tout au long de l’année.»
Mais quand les évènements se précipitent, ou change radicalement de braquet c’est sans filet que l’enfant part comme le fils de Françoise : « En l’occurrence rien ne devait se présenter ainsi. Nous avons donc choisi arbitrairement une chambre d’étudiant et à lui de se débrouiller. Facteur aggravant il n’était pas majeur, ce qui a singulièrement compliqué le schmilblick. »
Florence a joué la carte de la prise de conscience dans sa globalité : « Nous lui avons fait bien prendre conscience des différences dans la vie quotidienne (plus de responsabilisation, parfois un sentiment de solitude, gestion matérielle du quotidien, gestion des tracas ! Différences de mentalités, de rythme de vie, de climat, la gestion d’un budget, des loisirs...) ». Sabine souligne la difficulté d’un double déménagement : « Pas simple puisque la famille déménageait de Hong Kong à New York et lui partait aux UK. Ceci dit, nous avons su seulement le jour des résultats du Bac qu’il allait aux UK, c’était son 1er choix mais il lui fallait 14 de moyenne au bac, s’il ne les avait pas, il partait au Canada...donc pas facile d’anticiper ! On a tout géré à distance, pas de visites d’universités, de Hong Kong c’est trop loin. Mais comme nous avions vécu auparavant 4 ans aux UK, il connaissait. »

Voir aussi l'article de notre partenaire LePetitJournal.com : Comment gérer la distance avec ses enfants étudiants

 

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