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La question « D’où viens tu ? », ou le problème de l’origine


La question « D’où viens tu ? », ou le problème de l’origineLa question de savoir d’où l’on vient peut sembler une question bien anodine, et pourtant… Pour celui qui a vécu de façon internationale et qui a brassé de nombreuses cultures, c’est la délicate question de ses racines et de ses origines qui est en jeu. Plus on a vécu dans différents pays, plus la question devient complexe. D’où l’on vient revient souvent à s’interroger sur « qui l'on est », ce qui touche la nationalité, la filiation, la culture, l’éducation ou même une idée subjective de ce que l’on est.

 

Ma nationalité témoigne de mon origine

On peut penser que l’on provient  de l’endroit où l’on est né, ce qui nous procure une identification administrative, un passeport et une reconnaissance juridique. Or, le lieu de naissance représente parfois un lieu de passage des parents et certains n’y ont pas ou peu vécu. Pourtant, c’est ce lieu de naissance qui octroie bien souvent la nationalité. On devient alors citoyen de l’endroit où l’on nait, quelle que soit l’origine familiale. La nationalité peut évoluer, se transformer ou se démultiplier. Il arrive qu’en se mariant, on obtienne la nationalité de son conjoint sans même posséder d’expérience personnelle dans ce pays marital. La nationalité n’est donc pas un repère stable qui permette de comprendre l’origine d’une personne.

 

Mon origine ethnique me représente

L’origine filiale représente la personne en fonction de l’origine ethnique et identitaire de ses parents. La personne hériterait de l’origine de ses parents. Il existe effectivement souvent une transmission du patrimoine identitaire des parents mais pas obligatoirement. De plus, cette origine peut provenir d’une mixité. Les parents peuvent eux-mêmes être le résultat de plusieurs métissages chez leurs propres ascendants.

 

Mon origine provient de ma culture

L’origine culturelle est présente au-delà des nationalités et des frontières, avec une combinaison de l’héritage culturel des parents, la culture du pays d’accueil, et un sentiment d’appartenance sociale. Des traditions familiales se combinent à l’éducation sociale et scolaire. Seulement là encore la situation peut s’avérer compliquée. Des déménagements ou des expatriations durant l’enfance exposent l’enfant à différentes cultures. Le sentiment de déracinement provoqué par des déménagements répétés impacte le sentiment d’appartenance à un lieu précis, ce qui se traduit par la construction d’une personne à multiples origines.

 

Je viens d’où je me reconnais

L’origine correspond alors à une tentative d’équilibre de différents repères identificatoires. Pour l’écrivain Pico Iyer la notion de l’origine est dynamique. Il s’agit de notre home, c’est à dire de l'endroit d’où l'on se reconnaît chez soi. « Home » n'est pas attaché à un lieu géographique mais à un ressentit et à un sentiment d’appartenance subjectif. C’est un état émotionnel qui fluctue plus en fonction des expériences et des différents déplacements. Le « chez soi » du nomade n’est pas tant le lieu de naissance, d’habitation, d’origine filiale ou éducative, mais davantage le lieu où l’on se sent être devenu soi-même. C’est une impression, une émotion ou un choix. « D’où venez-vous » correspond alors à la question « Où vous sentez-vous chez vous ? », ce qui ne correspond plus vraiment à une place géographiquement définie mais à un sentiment plus affectif.

 

Je suis « citoyen du monde »

A travers toutes nos origines multiples, nos expériences de vie à l’étranger, notre héritage culturel, génétique et éducatif, c’est une identité mosaïque qui se constitue. C’est un sentiment d’appartenance déterritorialisé qui transcende à la fois les frontières, les nationalités, les pays, les cultures et les espaces. Nous sommes de là où nous nous reconnaissons être.

 

C’est en jonglant à travers différentes origines et différentes nationalités, qu’en tant qu’individu nomade on se constitue notre identité internationale où nous pouvons revendiquer des origines multiples. Enfant, en France, je me disais sud-américaine. Adulte, vivant aux Etats-Unis, je me considère française, et lorsque je souhaite approfondir la réponse, j’évoque l’origine latino-américaine de mes parents. La réponse à la question « d’où viens-tu ? » est ainsi modulable en fonction de notre évolution personnelle et du degré de précision qu’on souhaite apporter à celui qui la pose. D’ou est-ce que je viens ? De là où je me ressens appartenir. Il s’agit en fait de « trouver son chez-soi en soi, où que l’on soit ».

 

Magdalena

 

Magdalena-Chaland-ZilvetiMagdalena est psychologue-coach, experte dans l'accompagnement des français de l'étranger qui veulent s'épanouir pendant leur expatriation. Elle est installée en Californie depuis plus de 10 ans.

Elle est l’auteur d’un livre sur les dessous psychologiques de l’expatriation « Réussir sa vie d'expat. S’épanouir à l’étranger en développant son intelligence nomade» aux éditions Eyrolles (sortie prévue en octobre 2015).
Plus d'informations : www.intelligence-nomade.com

 

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