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Le retour Psycho

La France sera une fête ! Si vous le voulez bien !

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Retour en FranceAmis expatriés,

Au nom de tous ceux qui rentrent, un grand merci pour ces encouragements chaleureux. Voilà un message constructif ! J’imagine qu’avec en plus les images des inondations, des attentats, des manifs que les médias passent en boucle en ce moment, vous paniquez ! On explore le sujet ?
Passage estival pour un bain de France mais aussi pour certains, retour durable, peut-être définitif. Or il suffit de parler de retour dans la communauté expat pour que les commentaires se déchaînent !  « Vous rentrez, mais vous êtes fous ? vous avez vu l’état du pays !» à « Tu vas voir le retour, sur le plan administratif, c’est une galèèèère… ». Sans oublier « Mes pauvres ! Le retour, c’est le pire moment de l’expatriation, personne ne vous attend ! »

 Oui, le retour est compliqué

Chez Expat Communication (l'éditeur de FemmExpat.com), nous accueillons des promotions entières d’expatriés de retour et nous constatons que le retour n’est pas un chemin de roses.

Bien sûr, l’arrivée administrative peut être complexe, c’est un euphémisme. Les problèmes sont les mêmes depuis des années : l’inscription à la sécu est dans le tiercé de tête, « non, je n’ai pas de dossier à votre nom, il va falloir en recréer un », avec l’accueil chaleureux des enfants, « désolé, pas d’adresse, pas d’école ! »  et la complexité du logement, « Chine ou pas Chine, merci de produire des bulletins de paye en français ! ». Je passe rapidement sur les joies ineffables de Pôle Emploi, « ah, avec votre parcours atypique, ça va être compliqué Madame ! » et le regard suspicieux à la CAF « déjà que vous êtes des privilégiés et en plus vous voulez des alloc ! ».

 

A cela s’ajoute toutes ces blessures douloureuses liées au fait qu’il est difficile de se retrouver après tant de changements. Nos parents ont vieilli. Avec nos amis « d’avant » se sont creusé des fissures indicibles. Les retrouvailles tant attendues ont un goût amer. On se sent souvent seul en rentrant de l’étranger, tout comme en y arrivant finalement, mais on s’y attend moins. Peut-être est-ce pour cela que les problèmes administratifs nous agacent tant. Ils servent d’exutoires à des difficultés plus intimes et complexes !

 

Enfin, on reçoit aussi au retour le fait que notre pays a bien changé, et pas forcément en bien. Notre ancienne grande puissance n’en finit pas de dégringoler dans les classements internationaux. Les attentats ont laissé une empreinte sinistre. Le chômage pèse comme une chape de plomb. La diversité se cherche. La colère rôde. Ces jours-ci ne chantent pas beaucoup !

 

Au retour, c’est vrai, on a un peu mal à notre pays.

 Pourtant le retour comprend aussi ses bonnes surprises

Car la France ne s’arrête pas à ce tableau sinistre !

 

« Quel bonheur de retrouver de la bonne bouffe ! Et les terrasses des cafés ! Et les longues soirées d’été ! ». C’est le cri du cœur de tellement d’expatriés. La France est belle, très belle même. Saint Malo ou Porquerolles, les Alpes ou les ballons d’Alsace, Paris, Versailles, Rocamadour ! On en a vu des beautés ailleurs mais on n’épuisera jamais celle du doux pays de notre enfance.

 

Quel plaisir de comprendre et d’être compris. D’avoir du choix pour les écoles, le théâtre ou les légumes. Bien qu’incomplet, en crise, parfois inefficace, l’État Providence a ses bons côtés, notamment lorsqu’on débarque aux urgences avec un gamin en morceaux et qu’il est soigné sans trop s’inquiéter du silence de notre carte vitale.

 

Les retrouvailles sont parfois complexes mais qu’il est bon de serrer ceux qu’on aime, de savoir qu’on pourra accompagner ceux qui vieillissent et qu’on verra grandir les enfants qui nous sont chers.

 

Enfin, si selon Newsweek, il peut sembler que le pays est à feu et à sang et que la révolution est pour demain, sur place en ouvrant les yeux, on rencontre des milliers de personnes magnifiques, de projets qui changent le monde, d’initiatives qui vont rendre demain plus beau, comme le raconte le film du même nom dont nous sommes des fans.

 

 

Et surtout, si l'on changeait la façon de voir les choses !

Devant ce tableau en ombres et lumières, il faut choisir sa posture. Comme en expatriation. On peut subir, critiquer, se plaindre. Il y a de bonnes raisons pour cela, surtout chez les champions du monde de la jérémiade, on pourrait se la jouer local !

 

Mais dans ce cas, pourquoi être partis ? A l’étranger, n’avons-nous pas appris à nous débrouiller, nous réinventer, vivre avec moins de filets, plus de liberté ? Nous sommes sortis de notre sillon, avons vaincu nos peurs et pris de la hauteur.

 

Alors, j’ai une idée : et si nous nous servions de tout ce que nous avons appris, non seulement pour réussir notre retour pour nous-même, mais aussi pour changer notre pays. Comme un animal blessé, il mord ceux qui essaient de l’aider, on se sent souvent impuissant. On peut pourtant renverser la perspective. Au lieu de récriminer sur ce que la France devrait faire pour nous accueillir ou sur son état, cherchons ce que nous pouvons faire pour elle. Elle a un besoin urgent de ce que nous sommes devenus !

 

Stop au french bashing ! Oui, la France est en petite forme et ça fait un peu peur de rentrer. Mais si l’heure a sonné, faisons-en un succès en apportant nos différences. Les périodes de crise sont propices au changement ! Pour cela, il faut juste mettre nos énergies en commun car les défis sont immenses, bien supérieurs à l’énergie individuelle même des plus tenaces. Alors voici une suggestion de lieux où rencontrer d’autres expatriés qui veulent faire la différence :

 

Ensemble, faisons de votre retour en France une fête, hauts les cœurs !  

Alix Carnot

Alix est directrice des Carrières Internationales chez Expat Communication et auteur de « Chéri(e) on s’expatrie, guide de survie à l’usage des couples aventuriers » paru en mars 2016 chez Eyrolles.

 

 

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