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Fac simulé !
Le mardi 20 janvier 2009 par Elisabeth Q

Quand on est femme d’expat’, ce que l’on recherche en plus des occupations dites « oisives » que nous pouvons avoir de temps à autres (huuuum, n’est-ce-pas Mesdames ?), comme aller boire un petit kawa avec Grande Meilleure Amie, faire du shopping intensif, organiser les vacances etc... c’est de trouver une occupation « intelligente ».


J’ai déjà abordé le sujet dans une de mes précédentes chroniques. Nous avons pour la plupart un parcours professionnel plus ou moins notable, et en arrivant à l’étranger que faire d’enthousiasmant pour notre « self-estime » et énoncer à Doux Chéri de temps à autre : « moi aussi, aujourd’hui j’ai bossé comme une dingue ! » ?

-  S’impliquer dans l’associatif et le caritatif est souvent l’activité principale constatée numériquement parlant au sein de notre « tribu » de femmes d’expats’.

-  Ensuite, les courageuses et motivées vont tenter de trouver un job correspondant à leurs qualifications, sachant que la maîtrise quasi totale de la langue du pays de résidence est nécessaire : elles existent, on en rencontre de plus en plus, même avec de nombreuses Chères Têtes Blondes à manager !

-  Et puis, comme moi, vous pouvez vous décider à reprendre quelques études. Bon, pas refaire un cycle archi long et pénible, mais se motiver pour une matière sympathique (art, culture etc...) ou approfondir vos connaissances dans la langue du pays : bingo, voilà mon choix de cette année !

Première chose, choisir sa matière.
Question études, tout est possible : massages ayurvédiques en dix leçons, maîtrise en étiquette (pas les autocollants, le protocole : véridique, ça existe !), reiki, yoga et tantrisme sont très « in » ces temps-ci au Mexique, esthétique, et plus traditionnellement photo, design, histoire du pays d’avant, pendant et après la « Conquista » espagnole...
Bref, le choix est multiple et chacune y trouvera son compte selon ses envies, aucun souci de ce côté là.

Deuxième point, trouver le lieu.
Ici, à Mexico, il y a des facs, écoles etc... à ne plus savoir où donner de la tête ! Vu le gigantisme de la ville, la solution la plus simple est de chercher près de chez soi.

Cette année, je me suis donc motivée à approfondir mon espagnol balbutiant (même après 2 ans et demi, y a du boulot !), non pas pour lire Cervantès ou García Márquez dans le détail, mais pour soutenir une conversation un peu pointue lors d’un dîner ou d’un rendez-vous professionnel, sans avoir une tête en forme de point d’interrogation et d’opiner bêtement à chaque question posée par mon interlocuteur(trice) !

Où aller ? Je me décide alors pour une vraie fac, avec de vrais élèves, pas vraiment à côté de mon Home Sweet Home, juste assez loin pour faire une bonne petite marche à pied dès le début de journée, suivi d’un trajet en bus mexicain, toujours très « typique ».
Parenthèse : Il n’y a pas d’arrêts précis, vous les hélez au passage, cela coûte une misère, s’arrête de nouveau où vous le souhaitez et vous commencez la journée en musique, car les chauffeurs ont la douce manie de mettre un véritable Sound Machine dans ledit bus, reggaeton ou cumbia de préférence à fond les manettes ! Observez aussi la décoration très personnalisée de leur véhicule : une vrai merveille de kitch et de bondieuserie ! Fin de la parenthèse.

Bref, c’est ainsi que je suis arrivée un beau matin à l’Université de La Salle, du nom de notre très Français Jean-Baptiste de la Salle, fondateur d’écoles paroissiales pour enfants pauvres au XVIème siècle.
Je peux vous garantir que « Lasalé » (ça se prononce comme cela à Mexico) n’a plus rien à voir avec les déshérités ! Il s’agit d’un campus en pleine ville, mais quel campus ! A l’américaine en fait... immense : l’université a littéralement « avalé » 7 pâtés de maison !
Avec petites tables de jardins dans l’enceinte principale, où le Wifi est de mise, sans compter la salle informatique dernier cri et sa bibliothèque achalandée. Des bâtiments super entretenus, spacieux, des salles de cours faites pour ça, vidéo projecteur et écran intégré, de la verdure, des fleurs et des arbres. Une cafétéria, mais surtout à mon grand étonnement et surtout à ma grande joie, un Starbucks ! Vous imaginez, vous, ça en France à l’intérieur même des bâtiments ? La coupure se transforme vite en pause café, à lézarder au soleil...
Je ne parlerai pas des installations sportives : gymnase flambant neuf, salle de musculation et surtout, piscine olympique chauffée ! Tout est gratuit et à disposition. Y en a à Villetaneuse (ou Nanterre Université) qui doivent s’étouffer tout de go s’ils lisent ces quelques lignes !
Et bien sûr, la boutique : vente de livres universitaires, mais surtout tout un merchandising inimaginable : tee-shirts siglés, tasses, papeterie... On dirait presque un magasin d’équipe de foot ! On étudie à La Salle, on appartient à La Salle et on est fier de le montrer !

Et alors, étudier devient un moment de bonheur, hormis bien sûr, les exams (comme partout dans le monde !), les horaires de cours, le bachotage etc...

Et puis, c’est le meilleur moyen de rencontrer d’autres personnes d’horizons et d’âges très différents : on ne dira jamais assez de bien des échanges linguistiques...

Alors, à vos cahiers et crayons, et en route vers un grand moment de rajeunissement intensif, mieux que le Botox !

Par Elisabeth Q. Septembre 2008
A lire également :
-  Maman retourne à l’école, le témoignage de Paquita.
-  Retour à l’université, le témoignage de Marie