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Le mardi 7 septembre 2010 par Paquita


On vient de poser ses bagages définitivement. Jusqu’à la prochaine fois. Back at Dingo Country. Le Nôtre.

Après des années d’expat, (de 7 à 77 ans), nous ne sommes ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre.

Mais toujours bien assises sur nos ressorts pour ce retour dans la biosphère franco-française. On met des piles dans notre lapin perso.

Petits problèmes d’adaptation, grandes solutions à tous les étages.

-LE LOGEMENT :
-Le problème : comment faire rentrer 5 containers dans des horreurs de petits mètres carrés :
-La solution : être une succursale du Musée Guimet ou des Arts Premiers : on oublie. On se fait un appart tendance nippone-zen. Un tri drastique. Salles des ventes virtuelles ou réelles. Ce qu’on perd en colifichets on le gagne en euros et en espace.
Pour se débarasser du trop plein : www.ebay.com, www.leboncoin.fr, etc.
-François : 20 années d’expat en Asie et autant de containers : "J’ai loué un grand box pour faire le tri et je me suis donné un an pour vendre. Mes goûts avaient évolué : j’ai gardé une belle (ou deux) pièce(s) par pays habités, de même pour les meubles de famille."
Nouvelle vie=nouvel espace=nouveau départ. : Pour stocker ce qu’on veut vraiment conserver : www.unepieceenplus.com/, etc.

LES AMIS / LA FAMILLE :

-Le problème à l’école : à "l’heure des mamans", tout le monde se (re)connaît. Sauf nous.
-La solution : Être proactive, même si la timidité nous met très à l’étroit dans nos Louboutin/baskets. On oublie notre petit air "morituri et consorts te salutant". Avancer avec le sourire en étendard, la main conquérante mais pas trop. Dire simplement : "Je suis nouvelle, je suis la maman d’un gremlin en CE1." Et l’autre devinera tout de suite la bulle au dessus de notre tête qui dit "Sois mon amie."
-Variante : se proposer tout de suite pour faire partie du comité vie de classe/kermesse/sortie scolaire. On gagne en vie sociale et on perd en timidité.
-Valérie : "J’avais autant de grelots dans l’estomac le premier jour d’école que les garçons. J’ai demandé aux maîtresses s’il y avait aussi des mamans nouvelles et de bien vouloir me les présenter. Elle m’en a présentée une en me disant « elle n’est pas nouvelle mais elle est très sympa » et cette dernière s’est chargée de faire le lien."

Le problème avec les amis franco-français : comparer la vie d’avant avec celle présente : on oublie.
-La solution : On attend les questions. Au mieux. On est super à l’écoute des histoires de varicelles de l’une, des problèmes de la famille "Festen" de l’autre. Bref on revient à petit pas comptés dans leur univers. Et on skype celles restées au pays et se faire une bonne tranche de rigolade/ragots. Palier de décompression oblige.

La famille :
-Le problème :Argggggg.....
-La solution : faire un grand "reset" de toutes les petites chicaneries qui ont émaillé les déjeuners familiaux pendant notre absence. On ne veut même pas savoir. On leur fait comprendre qu’on est là mais pas trop, qu’on les aime beaucoup mais encore plus de loin, comme quand on vivait hors hexagone. Gentiment, fermement, sans délais, sans peur et sans reproches.
-Claude : "Quand ma belle-sœur est rentrée d’expat elle m’a dit : on fait comme quand on habitait NY, tu me dis que des jolies choses, des trucs sympas. On a décidé de ne pas se polluer le moral. Résultat on attend fébrilement le lundi matin pour se raconter nos vies et rires de nos tracas quotidiens. (PS on travaille dans la même entreprise familiale, donc ce n’était pas gagné d’avance)."

LES EUROS :
-Le problème : c’est bien connu : les non-expats pensent que les dollars ce n’est pas fait pour les chiens et que les expats en ont plein leur gamelle, des dollars.
-La solution : même pas vrai ! Même si on paye modérément notre maison/école/voiture. Quelquefois, pas toujours. En rentrant, on constate que le tout petit chiffre en bas de la feuille de paie est inversement proportionnel au coût de la vie et à nos besoins. Surtout à nos besoins. C’est comme faire rentrer ses pieds palmés dans des petites chaussures étriquées, ça fait mal.
On revoit nos ambitions à la baisse et on s’inscrit dans la mouvance "des décroissants", c’est überHype et comme on est une fille ultra tendance c’est juste pour nous : on consomme moins pour vivre mieux. CQFD. (En vrai c’est mon oreillette qui me dit de dire ça et dans mon oreillette j’ai reconnu la voix de mon compte-joint, je dis ça, je dis rien.)
-Isabelle : "Ce que je regrette le plus de l’Inde, c’est mon chauffeur et ma masseuse. Même pas en rêve je pourrai m’offrir ça en France ! J’ai bien conscience que ce n’est pas politiquement correct de le dire. Ceci dit maintenant je prends le métro pour aller bosser et ça ne me pose pas plus de problèmes que ça."
Encore une victoire de Monsieur Radin, quelques pistes :www.economisez.eu, www.ladecroissance.net

LES LOISIRS
-Le problème : le week-end à la plage, les vacances à la découverte de la Pampa : on oublie !
-La solution : Dis donc ce n’est pas vous qui vendiez la culture française comme un must, abroad ? On se goinfre de cinéma, de bouquins versus 2.0 donc dans les bibliothèques (cf paragraphe ci-dessus), de spectacles chics et artys. Courir dans la campagne française ou à Paris, il y en a qui payent pour ça ! Et avec un peu de persévérance, si on se renseigne bien dans les mairies on peut faire du sport pas cher.
-Pour les vacances : on regarde le 13 heures de J.P. Pernaut sur TF1 pour s’apercevoir qu’en France aussi il y a tout un tas de trucs trop chouettes à faire pendant les vacances. C’est une blague ? Le Journal de Pernaut, oui.

LE CLIMAT :
-Le problème : la déficience de soleil, de lumière...
-La solution : un bon bouquin au coin d’une cheminée ou sous une couette en plumes d’oie, c’est aussi une certaine idée du bonheur. Courir sous la pluie, brûler une cigarette en moufles et en terrasse, ce ne sont pas des séquences de Sautet et Rohmer ça ? Si ça ne va toujours pas lire "La première gorgée de bière"(de Philippe Delerm) On a dit lire.

L’ADMINISTRATION :
-Le problème :Pop,pop,pop....Oh boy !
-La solution : Joker !
-Anonyme : "On atteint l’incurie en la matière, c’est entre Kafka et Courteline. Et je ne vous parle pas du Trésor Public qui se rappelle à vos vagues souvenirs !"

Pour conclure,
Voilà un panel de solutions, maintenant c’est vous qui voyez. Même si on peut s’autoriser quelques mois de nostalgie post-expat, ils doivent rester intra-famila-muros.
Nos coreligionnaires franco-français sont assez peu poreux à nos états d’âmes de fils/filles prodigues qui rentrent au bercail. Aussi vous vous épargnerez bien du tracas et gagnerez un temps précieux si vous affichez un sourire franc et massif devant les turpitudes des retours. Et puis mordre dans un croissant tout chaud, tout plein de beurre, boire un café et croquer de la baguette fraîche à la terrasse d’un café, c’est quasi orgasmique et c’est en France, en France seulement !

Paquita, septembre 2010