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Je suis une expaterrestre
Le mardi 10 novembre 2009 par Elisabeth Q


Tout à commencé à l’âge de 6 ans. J’ai annoncé tout de go à ma famille : « non, jamais ! ». Et je m’y suis tenue jusqu’à ce jour, 40 ans bien sonnés depuis à peine quelques semaines !

Au début, rien à signaler : jeunesse dorée, études poussées, premiers jobs, divers déménagements, quand même toujours le même petit copain, devenu entre temps le Doux Chéri Officiel : 22 ans que cela dure, pour le meilleur et quelquefois le pire ! Bref, un parcours personnel presque parfait, avec expat’ mexicaine à la clef depuis un peu plus de trois ans.

Et c’est là que tout à vraiment débuté. En Europe, vrai « working girl », c’est de l’admiration ; en expat’, c’est de l’apitoiement !

Quoi ? Mariée ? Oui (ouf !), sans enfant : aaaaaargh, non, c’est pas possible, t’as un problème ? Tu peux pas en avoir, c’est ça ? En bref : t’es pas normale ma Fille ! Moi, pas normale ? C’est quoi cette histoire ? Je vais très bien au contraire !

L’arrivée mexicaine fut ponctuée de ces quelques « piquantes » remarques (normal, on est dans le pays du « chile »), parfois difficiles à digérer...Pourquoi je n’aurais pas le droit, l’envie, la légitimité de ne pas désirer de Chère(s) Tête(s) Blonde(s) ? Que je sache, ce n’est pas une maladie que de ne pas s’éclater devant couches, réunions scolaires et tables de multiplications !

Mon choix est ferme et définitif. NON, cela ne m’intéresse pas ; OUI, je suis une Expaterrestre en Expat’Land !

A partir delà, ce fut un flot ininterrompu de conversations parfaitement stériles, car cela ne m’a jamais fait changer d’un iota, au contraire ! Persévérance, quand tu nous tiens...

Voici donc quelques croustillantes réflexions que j’ai écoutées, et surtout, supportées :

-  « Mais, qu’est-ce que tu vas faire de tes journées ma pauvre ? » Et bien, comme avant, et sûrement en mieux : étudier l’espagnol en tout premier lieu, découvrir la ville et le pays, travailler dans une branche qui m’intéresse. Et j’ai réalisé tout ce beau programme, avec beaucoup de plaisir et sans les contraintes d’avant : indépendante sans boss sur le dos, le rêve !

-  « Profite, on est aidé ici » Oui, c’est sûr, mais je ne vois pas le rapport. Si faire des enfants, c’est les confier à son personnel, il est où le Bonheur ? Et le « ah, non » de Grande Meilleure Amie, « cet aprèm’, peux pas venir pour (au choix du client) faire du sport, du shopping, boire un café, etc...because Lupita peut pas me garder « exceptionnellement » (tu parles !) Chère(s) Tête(s) Blonde(s) ». Alors le personnel si zélé, hum...

-  « Tu sais pas ce que tu perds » Oui, mais je sais ce que je gagne ! Vous vous rendez compte que la majorité de vos conversations ne tournent qu’autour de vos enfants ? Parler de futilités, de l’actualité, du quotidien et que sais-je encore, devient quasi exceptionnel. Même sur un sujet comme la politique européenne de Sarko, vous arrivez à me caser une remarque sur votre progéniture : faut le faire ! Et perdre quoi ? Le sommeil des premiers mois (j’aime ma grasse mat’ moi), les week-ends impromptus, les allers/retours école/maison/activités (ce qui à Mexico permet de passer sa journée au volant vu la circulation !), le tourment des nuits de fiestas chez les potes, d’où l’on rentre à point d’heure et pas vraiment en très bon état etc...J’exagère ? A peine...

Alors, oui, je persiste et signe. Je suis femme, épouse et expat’ sans enfant, et très heureuse de l’être, non mais !

Expaterrestre je suis, Expaterrestre je reste.