Devant les expatriations nous ne sommes pas tous égaux, ça on le sait déjà. Il y a ceux qui à la grande loterie tirent des pays où la vie est douce, ceux pour qui elle est plus âpre, ceux enfin pour qui elle est le parcours du combattant. Rien de très neuf sous les latitudes.
Un facteur plus sournois peut aussi pointer le bout de son nez, c’est l’inégalité devant la table.
Pour certains se ravitailler est la quadrature du cercle, pour d’autres l’abondance des produits, mets et saveurs leur font perdre la tête.... Et la ligne. Mais pas seulement : les facteurs d’hygiène de vie, de rythme, de budget, de production industrielle, de goûts endémiques font que graisses et sucres cachés vous tendent des guet apens et vous avancez sans le savoir en terrain miné.

On peut toujours se balader avec son mètre couture autour du cou pour vérifier que l’on répond toujours au diktat du 90/80/85, mais bon si l’on est pas d’un naturel à se fouetter avec des orties, il va falloir être vigilant ! Pour ce faire nous avons interrogé quelques consœurs qui lasses des Kate Moss et affidées se muent avec bonheur dans une beauté toute boticelienne.
LES PAYS OU LA TABLE VOUS INVITE A UNE MOLESSE ELEGANTE
Polynésie "S’il est un pays où le corps est exposé c’est bien celui là. D’autant que la concurrence est rude. Des corps de liane, des peaux dorés, des cascades de cheveux, une nonchalance qui exulte les signaux que les mâles captent à un océan à la ronde, faut s’accrocher même pour une popaa* qui sur le bitume parisien se défend assez bien si on en juge par les sifflets qui émanent des terrasses. A priori on se dit qu’il ne sera pas difficile de tenir le cap dans ce pays qui abonde en poissons et fruits.
Un pays qui vous offre ses lagons à 24° qui plus est, sera le meilleur exercice pour entretenir le fuselage des cuisses, le déhanchement du tamouré pour galber les hanches et travailler la chute de reins ; entre diététique et sports nautiques on répond présent. Là où ça se gâte c’est quand on finit par découvrir l’infernal litanie des tamara* : fei*/taro*/uru*. Mon Dieu que c’est bon et comme on est pas la dernière des bringueuses et que pour les tahitiens la fête c’est un sport national, des bringues on y va tous les week-end.
Alors faire passer le uru*, le fei* et le poé *avec une rasade d’Hinano * on ne met pas des semaines à s’apercevoir que de petite sirène on devient thon. Palmer dans le lagon normalement devrait éliminer la surcharge pondérale stockée pendant les fêtes mais très vite on se met au rythme polynésien et on s’assied juste sur le bord de l’eau en paréo (à ce stade c’est préférable) pour rigoler avec les copines. Vous me direz qu’il y a bien le poisson cru, oui mais tant que l’on aura pas trouvé la version light du lait de coco, ça fait quand même des dégâts.
Pour les desserts on regarde avec raison et ennui l’ananas et la pastèque, voire la mangue (quand c’est la saison) pour se jeter avec concupiscence sur le gâteau banane et je ne vous parle pas du pain coco. Et que dire de la cuisine chinoise omniprésente avec le chao men, les nems, le poulet au tamarin (le tout saturé d’huile). Tout ça c’est tellement succulent que ce serait pécher que de zapper toutes ces bonnes nourritures terrestres. Ajoutez à cela le champagne qui coule à flot, la bière qui ruisselle en cascade et vous êtes au bord du malaise vagal !"
"Qu’on se rassure on peut quand même, avec beaucoup de volonté, garder une ligne qui ne bouche pas l’horizon, en poissons grillés, oranges et pamplemousses (succulents rien à voir avec nos pauvres pomelos), des jus de citrons verts frais, de la nage et de la gym (il y a plein de cours), voir si on veut affiner sa taille et son swing (accessoirement...) le golf, mais bon ce n’est pas le programme préféré du maori."
Géraldine épicurienne qui est passée de 48kg à 53kg (sans précision de taille, on est pas maso) en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire.
Lexique
Popaa : métropolitain
Tamara : fête avec four tahitien qui commence au couché du soleil pour finir à son levé.
Fei : banane à cuire, se sert avec du lait de coco (trop bon)
Uru : fruit de l’arbre à pain( gros comme un ballon de foot) se mange avec du beurre et du sel ou pire en frites !
Poé : dessert fait avec des fruits, banane ou papaye, oui mais aussi de l’amidon....*
Hinano : bière locale relativement légère sauf quand elle est bu par caisse, ce qui est l’usage
Taro : racine, rave bien chargée en amidon
Maroc « Pâtisserie, couscous, soupe harira la gastronomie marocaine à fait ses preuves dans le monde entier. En arrivant à Rabat c’est toute mon enfance heureuse qui est remontée à la surface et quoi de plus vivace que la mémoire olfactive. Aussi je me suis mise à cuisiner presque exclusivement marocain. En 18 mois de normale je suis passée à bien en chair. Il faut ajouter que les hammams ne sont pas des points de comparaison car les femmes sont en général pulpeuses sans que cela n’enlève rien à leur sensualité. Donc je ne m’en suis même pas vraiment rendue compte jusqu’à ce que je revienne en France et là, force a été de voir que je faisais deux tailles supplémentaires. Plus que les années c’est surtout le plaisir de la table et la convivialité qui va avec qui sont responsables de cet enrobage au long cours ».
Geneviève. Trois ans de Maroc.
LES PAYS OU LES ENNEMIS SONT RAMPANTS
Dans certaines destinations le grand air de la bérézina se met en marche dès qu’on pose le pied sur le territoire national, à moins d’être d’une vigilance draconienne....
Québec « Ce qui dans d’autres pays pourrait paraître comme de la nourriture saine et sans danger s’avère ici quelques fois un piège. Les sucres alimentaires, les amidons, les huiles poly saturées, les graisses en tous genres sont omniprésentes dans les produits alimentaires manufacturés. Il faut avoir de bonnes lunettes, un bon lexique pour défricher la composition sinon on a vite fait de prendre des kilos sans comprendre pourquoi puisque l’on a pas l’impression d’avoir fondamentalement changé ses habitudes alimentaires. Le fait d’avoir un hiver froid et long vous incite aussi à préparer des repas plus longs et riches en calories. Attention donc. Une alternative : les produits bio mais c’est aussi une histoire de budget. »
Maryse
Etats-Unis « Le style de vie locale fait la part belle aux grignotages, l’ennemi sournois des kilos. On résiste un moment en se disant qu’on va faire tout comme sur notre bon vieux continent, des dîners et des déjeuners autour de la table familiale mais tout cela vole vite en éclat avec les activités des uns et des autres, des lunch box préparées pour les enfants.....La taille hallucinante des portions servies dans les restaus ou dans les super marchés prouvent bien que notre estomac n’a pas la même capacité d’ingestion que celui des petits-enfants de l’oncle Sam. Si en plus on ajoute que les déplacements se font rarement à pied, que les standards normaux de l’obésité sont pulvérisés, que les boissons sucrées coulent quasiment des robinets, il y a comme qui dirait du souci à se faire. Enfin rien que de lire la composition des produits sur les étiquettes, les coutures de votre petite robe craquent de toutes parts. Les US sont le pays par excellence de l’abondance et de la démesure, et ce jusque dans son assiette qu’ils remplissent volontiers à la pelleteuse. »
Australie « En arrivant en Australie je me suis ruée sur les salades qui satisfaisaient autant mon estomac que mon porte-feuille. Pourtant je ne comprenais pas pourquoi je prenais du poids doucement mais régulièrement. J’ai incriminé la bière, très présente dans les fêtes, mais en y réfléchissant bien c’est plus la Caesar Sauce la responsable, le vrai piège. Même si on fait plein de sport, la définition de « nourriture saine » n’est pas exactement la même : exemple les barbecues sont servis avec plein de sauce. Et attention aux enfants qui prennent des lunch boxes avec les sempiternels sandwiches plus faciles à manger dans la cour qu’une salade... ».
Virginie.
LES PAYS A LA GASTRONOMIE PEU VARIEE
Pour des raisons économiques, climatiques, culturelles, certains points du globe sont... comment dire... moins gâtés en variétés culinaires. En gros, le choux et la pomme de terre sont les pivots de la nourriture. Si le premier est connu pour ses vertus diurétiques et les secondes le sont pour ses valeurs nourrissantes, ils sont moins réputés pour l’érotisme des papilles gustatives. Alors les virées au fast food prennent des allures de banquets, c’est tout dire !
Lituanie « La nourriture locale est essentiellement à base de pommes de terre, de choux, de pommes, bref pas trop de choix et surtout pas beaucoup de fruits et légumes même en grandes surfaces, les lituaniens font des conserves l’été pour l’hiver. La boisson principale est la bière. Mes enfants étant à l’école américaine, les sollicitations pour manger des pizzas, pancakes et boissons gazeuses ne manquent pas. Bref moi, qui ne grossit pas habituellement, j’ai pris 2 kg difficiles à perdre quant à mon mari dont je ne communiquerai pas la prise de poids sans son accord, est très inquiet et a dû changer de taille de pantalon. Tout notre entourage a grossi. Quant aux enfants, l’aîné qui a 6 ans qui était mince comme un clou s’est épaissi tout en grandissant. Même le chat est touché ! ».
Anne
Irlande
« Deux ans et cinq kilos de plus qui dit mieux ? Des genres de ragoût à base de pommes de terre, de choux, du mouton et encore du mouton et encore des patates. Quand on veut changer on va chez Marks et Spencer et on achète des plats tout faits aux saveurs exotiques mais riches en graisses, et si on veut avoir une nourriture saine et équilibrée il faut avoir un budget qui suit et le temps pour préparer. Bref comme on travaille beaucoup en Irlande, on part au plus pressé et on se nourrit plus qu’on ne déguste. Le seul repas pris chez soi est le dîner et le reste c’est vite fait mal fait à l’heure du déjeuner. Une pinte de Guinness avec des amis au pub (incontournable) et bonjour les dégâts et le gras.... »
Béatrice
Mexique « La nourriture locale à base de choclos (maïs), fèves, haricots blancs et rouges provoquent non seulement des dérangements intestinaux dans un premier temps mais si on ne fait pas attention, une tendance à l’embonpoint. On peut cuisiner à l’européenne parce que les produits existent mais ce n’est pas la nourriture traditionnelle. »
Cécile
CELLES QUI MAIGRISSENT DANS LE PAYS !
A vrai dire les pays où il est facile de maigrir ne sont pas légion, nous avons eu moins de témoignages, à moins que le fait de grossir interpelle plus que son contraire... Mais dans chaque pays c’est possible !
USA et Ecosse
« Moi,non, j’ai pas bougé de poids aux USA. Il faut dire qu’on ne mangeait pas beaucoup de viande qui est réputée faire grossir à cause des hormones qu’elle contient. Par contre, je n’étais déjà pas très mince en partant. Ici, en Ecosse, je n’ai pas grossi non plus, parce que la moyenne des femmes ici est plutôt enrobée. Le charmant bourrelet autour du ventre (à l’air bien évidemment, comme ca tout le monde en profite). Il n’y a qu’après la naissance de Lilian, notre 4eme, que j’ai eu le déclic, fait un régime et j’ai actuellement 10 kg de moins qu’avant ma grossesse. Ce qui m’aide à tenir pendant le régime : c’est le thé anglais ! Ca fait un goût sucré et agréable après le repas, sans pour autant grignoter
J’ai oublié de dire que malgré mes 68kg pour 1m63, je me sentais mince à côté des écossaises ! (maintenant, avec mes 59 kg, je me sens presque maigre Lol). »
Gaëlle
Inde « Pour nous pas de problème de prise de poids ici, c’est plutôt l’inverse. Ma fille de 6 ans a perdu presque un quart de son poids car elle n’arrivait pas à se faire à la nourriture, dégoût, baisse de moral ont engendré une inappétence. A tel point qu’on a cru à un début d’anorexie et quand elle est rentrée en France pour les vacances, elle s’est remise à dévorer. Nous avons eu de notre côté une gastro (suite à un dîner eu restaurant) qui nous a fait perdre des kilos qui n’étaient pas en trop ».
Gaby
Sénégal et Asie
« C’est probablement le fait de vivre plus au grand air et au bord de la mer, fouettée par les vagues de l’atlantique, qui a fait que j’ai perdu du poids parce que côté nourriture, je ne me suis jamais privée de rien. C’est vrai qu’il y a beaucoup de poissons ou des grillades, avec quelques plats un peu gras, mais on élimine vite... Donc retour avec 6 kgs de moins, comme ne Asie d’ailleurs où j’ai plutôt perdu que pris du poids... la chaleur, les gastros, et les copains amibes et parasites ont du aider la nature ! mais après les retours en France sont catastrophiques ! »
Véronique
LE PAYS OU LA GASTRONOMIE EST CULTURELLE
Ben, chez nous voyons ! ce pays aux 365 fromages ! Qui n’a pas rêvé pendant son expatriation d’un sandwich jambon/beurre à la terrasse des cafés, des petits pains au chocolat dégoulinants de beurre, du cassoulet de sa mère, ou d’un camembert bien fait. C’est bien simple quand les français se retrouvent à l’étranger et qu’on leur demande ce qui leur manque le plus, on pourrait s’attendre à ce qu’ils répondent : la famille et bien non, 75% des réponses sont d’ordre culinaires !
Que ceux, qui rentrés en France, n’ont pas pris un gramme lèvent le doigt !!!!!
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