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Départ en expat : la pression des parents


La tribune de Corinne : la pression des parents « Je pars en expat, mais mes parents me font sentir qu’ils sont inquiets pour moi / que je les abandonne / que je leur enlève leurs petits-enfants ».

« Lors de nos stages de préparation au départ en expatriation, la pression des parents, exprimée ou ressentie, est l’une des plus importantes source de détresse et de souffrance »

Corinne, co-fondatrice d'Expat Communication, accompagne les expatriés tout au long de leur aventure. Elle témoigne, la pression des parents trouve sa racine dans divers sujets :

 

La perte d’emploi de celui qui suit (et dont ils sont souvent les parents)

« Tu vas quitter ton emploi pour partir à l’étranger ? Est-ce vraiment une bonne idée de mettre ta carrière entre parenthèses ? Après les études que tu as faites, le temps et l’argent investis dans ces études, ce n’est pas un peu dommage ? »

Soixante-huitards ou pas, les parents – et notamment les mères - expriment leur inquiétude sur la perte d’autonomie de leurs enfants. Ils se sont battus pour leur indépendance, pour la vôtre, et, plus globalement, pour celle de la Femme. Alors ils ont du mal à voir d’un bon œil que vous, Madame, abandonniez votre situation professionnelle, pour suivre Monsieur.

« Et si ça se passe mal ? », « Tu n’auras que tes yeux pour pleurer », « Je t’aurai prévenu(e)» : des phrases dures, mais véridiques et vécues. Ces parents voient le suivi du conjoint comme une étape régressive et s’inquiètent.

Cette pression sur la décision de quitter un emploi se double, parfois, d’une pression sur la recherche du nouvel emploi.

« Je me souviens de ce père qui avait établi un plan d’action pour la recherche de travail de sa fille et qui était constamment sur son dos pour le suivi » témoigne Corinne. « Il fallait qu’elle trouve un boulot à la minute, qu’elle s’y mette immédiatement, et pourquoi cela trainait-il autant ? ». « Pourtant, au début d’une expatriation, on a besoin d’air, pour retrouver ses marques, comprendre comment fonctionne le pays, et s’approprier le contexte avant d’engager toute démarche »  précise-t-elle, avant d’ajouter : « c’est difficile de se déraciner et c’est difficile de chercher du travail dans un nouveau pays, peut-être qu’un parent peut comprendre qu’il n’est pas nécessaire d’ajouter son inquiétude à ces deux difficultés… »

 

Le conjoint à l’origine du départ

Les questions parfois un peu pesantes, ou incessantes, de parents bien-intentionnés et inquiets pour celui qui suit, peuvent, insidieusement, avoir un impact sur le couple. En effet, en laissant entendre que vous ne faîtes peut-être pas un bon choix, cela pourrait laisser penser que vous vous faites avoir par celui qui vous embarque dans cette aventure. Le conjoint, dans cette période, est fragilisé, un peu confus. Et les remarques peuvent être d’autant plus déstabilisantes.

« Finalement, est-ce que mon conjoint ne me fait pas faire une grosse bêtise qui ne profite qu’à lui ? »

On pourrait être amené(e) à se le demander…

 

Une situation familiale particulière

On part en expat, et on laisse au pays un parent veuf, divorcé, malade… Votre départ signifie pour lui la perte d’un soutien quotidien, d’une présence. Il se retrouvera donc un peu plus seul. « Cette pression n’est pas toujours dite et on peut se la formuler sans même que le parent en question y ait pensé. Mais elle génère beaucoup de culpabilité » résume Corinne.

« Je me souviens d’une Chinoise, expatriée en France, s’effondrant en larmes lors d’un stage : sa famille lui reprochait de l’avoir abandonnée, de ne pas faire son devoir d’enfant unique ».

En Chine, en France, partout, des parents, plus ou moins fragiles, s’appuient sur leurs enfants.

 

Le chantage aux petits-enfants

« Vous nous l’arrachez. On ne le verra pas grandir. Il ne nous connaîtra pas ! »

Combien de phrases de ce type avez-vous entendues, vous les familles qui partez à l’étranger avec vos enfants ? Alors on se dit « ce n’est pas grave, c’est ma vie, ils s’y feront ». Mais cela pèse beaucoup » témoigne Corinne. Elle se souvient de ce grand-père qui, de rage, avait brûlé toutes les choses qu’il avait achetées pour accueillir ses petits-enfants. Il disait « tout ça ne servira plus à rien ».

Heureusement de telles réactions violentes n’arrivent pas souvent.

Mais comment y réagir, même dans leur version « light » ? C’est très culpabilisant.

 

Les conseils de Corinne :

En expat on parle beaucoup de ses parents. Ils sont très présents même s’ils ne sont pas là. Et ce n’est pas un hasard.

La plupart du temps, les parents qui formulent ces remarques, ces reproches, ces questions insistantes, ne se rendent pas compte de l’effet qu’ils produisent sur vous. Ils ont l’impression de « dire un petit peu ce qu’ils pensent ». Parfois ils boudent, ils vous opposent leur silence désapprobateur. Il y a souvent, dans ces attitudes, beaucoup d’amour. Mais il est exprimé de façon très maladroite.

Le risque c’est de partir en expat avec un boulet qui ne fera que grossir avec le temps.

Cette pression que l’on ressent avant le départ sera encore plus forte une fois sur place. D’autant plus que vous aurez probablement du temps pour y penser. Alors cela ne fera qu’alimenter les remords et la culpabilité, voire la colère. Or votre départ ne fera pas faire taire ces discours. Car on ne manquera pas de vous rappeler tout cela lors des appels sur Skype par exemple.

La meilleure solution, c’est de mettre les choses à plat.

Prenez votre courage à deux mains et faites en sorte de dire clairement à votre ou vos parents l’effet que produit sur vous leurs paroles, ce que vous ressentez. Donnez, gentiment mais fermement, votre point de vue. Demandez à écouter leurs vraies peurs, et parlez des vôtres.

Si vous n’arrivez pas à communiquer avec vos parents, réfléchissez à mettre en place une aide qui vous permettra de leur parler, faites-vous accompagner. Il y a peut-être un problème de maturité sous-javent. Alors sachez couper le cordon. Et prenez le recul nécessaire pour vous focaliser sur votre vie, votre couple, votre famille. Si vos parents vous le reprochent, considérez que le problème est aussi de leur ressort.

Bref, savoir se parler d’adulte à adulte, c’est la clef.

 

corinne miniature

 Corinne Tucoulat est coach et co-fondatrice de Expat Communication.

 

 

 

 

Pour faciliter votre vie en expatriation, Expat Communication, éditeur de FemmExpat.com et Expat Value, le site de la carrière à l'international
 met à votre disposition une équipe de coachs spécialisés dans l’expatriation pour travailler avec vous par skype, ou en direct dans certaines villes.

Envie d’en savoir plus ? Contactez-nous : expatvalue@expatcommunication.com  - Tel. +33 (0)1 42 36 91 91

 

 

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