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La parité en expatriation, doux rêve ou future réalité ?

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la-parite-en-expatriation-doux-reve-ou-future-realiteA l’occasion de la sortie du Livre Blanc « Expatriation et double carrière, baromètre sur le couple en expatriation 2017 » publié par Expat Communication, faisons un point sur la parité en expatriation. Doux rêve ou future réalité ? 

«Pour certains, le modèle exclusif est celui de Monsieur l’Expatrié suivi de Madame sa moitié dédiée à ses enfants et à la carrière de son époux ! Selon d’autres, la double carrière est devenue une norme en expatriation et la parité s’est largement imposée. Ces visions caricaturales ont un impact trompeur pour les futurs expatriés, comme pour ceux qui les accompagnent, entreprises, prestataires ou pouvoirs publics.

Au-delà de ces distorsions, la réalité évolue rapidement. Sous les effets des évolutions économiques, sociales et démographiques, toutes les composantes de l’expatriation sont affectées : les contrats de travail, les habitudes de vie, les familles, se transforment, entraînant des changements rapides et profonds dans les pratiques de mobilité internationale.»

En quelques mots d'introduction, Alix Carnot et Stéphanie Merlant, directrices associées d'Expat Communication donnent la mesure de cette enquête et de l'enjeu de comprendre ce qui se cache réellement derrière une mobilité internationale. Notamment pour vous, femmes expatriés.

Car l'intérêt de ce livre blanc, réalisé par quatre étudiantes de l'ISIT, est aussi le regard de ces jeunes filles sur les données recueillies. Et c'est leur interprétation que nous vous livrons finalement aujourd'hui. Celle des futures expatriées de demain.

 

Une sous-représentation des femmes à l’initiative de l’expatriation

La sous-représentation des femmes à l’initiative de l’expatriation au sein du couple peut s’expliquer par différents éléments.

Un accès restreint aux postes expatriés

Tout d’abord, il est encore une fois question de parité. En effet, les difficultés auxquelles les femmes sont confrontées en entreprise se transposent naturellement à l’expatriation. Ainsi, les femmes ont moins accès aux postes proposés en expatriation.

Des femmes non encouragées dans leur projet d’expatriation

Mais, ça ne s’arrête pas là puisqu’en plus de ne pas se voir offrir les mêmes postes, ces dernières sont… bien trop souvent non encouragées dans leur projet d’expatriation. Les responsables hiérarchiques notant notamment plus durement les femmes que les hommes. Particulièrement si elles sont en couple ou en âge d’avoir des enfants.

Enfin, ces dernières sont nombreuses à partir du pays dont elles sont originaires, mais en tant que célibataires !

Une fois en couple, les femmes sont plus réticentes à l’idée de s’expatrier

Et il est même parfois difficile d’aborder ce sujet avec leur conjoint. Ceux-ci sont d’ailleurs bien souvent réfractaires à l’idée de suivre une femme dans un projet d’expatriation (pour des questions d’indépendance financière ou pour ne pas devenir un conjoint « accompagnateur »).

On parle d’ailleurs de « réinvention » de carrière pour le conjoint alors qu’il s’agit d’une « accélération » de carrière pour le collaborateur

« Quand il faut choisir entre la carrière de l’un ou de l’autre, c’est encore celle de l’homme qui prévaut le plus souvent ». Tel est le constat d’Alix Carnot, directrice des carrières internationales chez Expat Communication et auteure de Chéri(e), on s’expatrie.

 

Un modèle familial parfois obsolète

Pour expliquer pourquoi les hommes sont bien plus souvent à l’initiative de l’expatriation, revenons sur la répartition des rôles féminins et masculins au sein de la famille. Cette dernière tendance vise à accorder une valeur excessive à la famille selon un modèle conservateur sur le plan social.

Pendant longtemps, l’homme travaillait pour subvenir aux besoins de sa famille. A contrario, la femme n’avait pas d’emploi ou seulement un emploi secondaire. Mais aujourd’hui encore, selon l’INSEE, l’homme reste celui dont le salaire est le plus élevé au sein de 75 % des couples. Et dans ces cas-là, il s’octroie donc souvent une place prioritaire.

Récemment pourtant, les rôles masculins et féminins au sein de la famille évoluent vers plus d’indifférenciation. Cette tendance s’est traduite par un partage du temps entre travail rémunéré et famille plus équilibré pour les deux sexes. Au sein de 8 % des couples expatriés, c’est d’ailleurs l’homme qui suit la femme.

 

Des proportions identiques au sein des jeunes générations

Il aurait été naturel de croire que les jeunes actifs aient une vision de la carrière plus égalitaire. Ils ont effectivement grandi dans un contexte où la femme prend en main sa propre carrière. Pourtant, on observe qu’une femme qui s’expatrie le fait surtout si elle est célibataire. Même si le taux d’expatriation des femmes est plus élevé qu’au début des années 2010. Dès lors qu’elle fonde une famille et s’investit dans un couple, une femme sera moins à même de partir. Si la femme part à l’étranger, elle le fait seule.

Face à ce triste constat, Emmanuel Dockès, professeur agrégé de droit français à l’Université Paris Nanterre, s’indigne : « C’est le signe du combat qui reste à mener pour l’égalité homme-femme, c’est typique ».

 

Les femmes acceptent plus facilement de mettre en péril leur carrière

Tous les couples caressent un jour ce désir d'aventure qu’est l’expatriation. Mais, dans les faits, ce sont en grande majorité les femmes qui prennent le risque de mettre leur carrière en suspens pour accompagner leurs hommes. Lorsque l’expatriation se fait en couple ou en famille, c’est souvent la carrière d’un seul des deux individus au sein du couple qui en est à l’origine. Pour autant, la décision du départ impactera toutes les parties qui constituent le noyau familial.

Une décision prise en commun dans la majorité des cas

Si en 2015, la décision est commune pour 75 % des femmes, elle l’est souvent moins pour les hommes. On constate déjà un certain écart dans la conception de cette décision. Ces chiffres augmentent en 2017 quand 90 % des femmes sondées déclarent que la décision est également commune ; face à 84 % des sondés.

Mais une décision qui va majoritairement dans les sens de la carrière de l’homme

Lorsque la décision n’est pas commune, mais davantage motivée par un membre du couple et ce souvent pour sa propre carrière, 70 % des hommes déclarent avoir pris la décision de l'expatriation ou en être à l’origine. Les femmes ne sont que 52 % à affirmer « avoir pris la décision » de l’expatriation. A noter que, dans les cas plus rares où Madame obtient son contrat d’expatrié en premier, nombreux sont les hommes réfractaires au terme de « conjoint accompagnateur » pour les désigner et préfèrent alors parler de « couple d’expatriés ».

 

Le regard d’Expat Communication, expert de la mobilité internationale

Pourquoi la mobilité internationale n’est-elle initiée par la carrière des femmes que dans 8 % des couples expatriés ?

Il y a là un enjeu de parité crucial. Les entreprises doivent s’emparer de cette question, car c’est l’un des derniers et des plus importants obstacles à la parité au sommet des grands groupes. Et pour cela, nous sommes à leurs côtés avec une large palette de service pour faciliter l’expatriation au féminin et en couple.

C’est aussi un sujet à prendre avec précaution, car on touche là au cœur des distinctions entre les sexes

Si l’égalité au sein du couple est acquise pour beaucoup, avec l’expatriation, il ne s’agit plus d’égalité mais de choix exclusif. Car le double carrière en expatriation se fait au détriment de la carrière du conjoint accompagnateur. L’un des deux met sa carrière en jeu. Et dans 92 % des cas, en 2017 encore, au sein du couple, les conjoints choisissent que ce soit la femme qui prenne ce risque. Pour des raisons liées à la maternité souvent, ou au regard social posé sur l’homme comme conjoint suiveur. Lorsqu’on les écoute, les femmes expliquent parfois qu’elles n’auraient pas envie de prendre toute la charge économique de la famille sur leurs épaules.  Mais surtout, elles préfèrent assumer le risque, risque dont souvent, elles ne mesurent pas l’importance. 

 

Alors, entre la vision passionnée de la prochaine génération d'expatriées et les indispensables nuances des expertes de l'expatriation, où vous situez-vous ? Car une chose est sûre, il n'existe pas un seul modèle d'expatriation. Or c'est aussi à nous, femmes expat, de construire le modèle qui nous convient.

Pour vous lire l'ensemble des résultats du baromètre 2017 sur le couple en expatriation, téléchargez gratuitement le Livre Blanc !

 

Article coordonné par Maïté Mougin

 

Maïté-Mougin

Maïté Mougin est la responsable éditoriale de FemmExpat. Elle a vécu dix ans en expatriation (Portugal, Turquie et Roumanie). Elle est rentrée en France en 2014.

 

Vous voulez témoigner de votre expatriation sur FemmExpat ? Ecrivez-lui :

maite.mougin@femmexpat.com

 

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