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Le départ Se faire accompagner

Conjoint expatrié : Un accompagnement rare et pas toujours adapté (Expat Value 8)


expat valueQuelles sont les aides existantes ? A l’aller et au retour ? Ces aides sont-elles utiles ? Quel est le lien entre les aides et le taux de retour à l’emploi ? Pourquoi les hommes sont-ils pratiquement trois fois plus aidés que les femmes ? Pourquoi si peu d’accompagnement encore en 2015 ? C’est le sujet de notre article d’aujourd’hui.

6%, ça ne fait pas beaucoup ! 6%, c’est le pourcentage de conjoints aidés pour retrouver du travail à l’étranger par l’entreprise qui a envoyé celui ou celle qu’ils ont suivi en expatriation.

Au total, 20% des conjoints seulement bénéficient d’un accompagnement au retour à l’emploi en expatriation, tous types de programmes confondus, gratuits, payants, intenses ou très légers. Le sujet est donc avant tout le non-accompagnement de 4/5ème des conjoints.

Pourquoi si peu d’accompagnement à la recherche d’emploi pour les conjoints expatriés ?

La première question est donc : pourquoi si peu d’accompagnement ? Voici des ébauches de réponse :

« Mon mari ne m’a pas parlé du programme d’outplacement de l’entreprise, il pensait que je n’en aurais pas besoin ». « Je ne voulais pas me mêler à un groupe de Français qui doivent se faire concurrence entre eux. » « Je n’en ai jamais entendu parler avant mon retour ».

  • Grand optimisme sur leur capacité à trouver du travail, isolement, sentiment de ne pas se retrouver dans l’offre existante mais surtout méconnaissance de ces services sont les raisons principales de cette situation.

La plupart, donc, se débrouille : « pour nous, aucune aide, juste les recherche de mon conjoint et moi,  ainsi qu'auprès de l'entourage d'expatriés (bouche à oreille) ». Y perdent-ils quelque chose ?

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Parmi les rares personnes aidées, la moitié a bénéficié d’une aide gratuite, souvent dans une association comme l’accueil francophone local. Pour ceux qui ont bénéficié d’aide payante, c’est d’abord l’entreprise du conjoint qui finance (cela ne représente donc que 6% des conjoints au total), puis les personnes elles-mêmes.

De l’utilité de l’accompagnement

D’après eux, il est bien utile de se faire accompagner ! Mais pas dans n’importe quelle condition. Voici ce qu’en dit une expatriée : « Le service s'adressait à tout chercheur d'emploi aux US et pas spécifiquement aux expatriés ce qui, avec le recul, me semble un manque important dans le service. En tant qu‘étrangers, il y a plein de codes qu'on ne connait pas. De plus, ça manquait de coaching et de structure. Quand on arrive dans un nouveau pays, on a besoin de se faire prendre la main un petit peu, qu'on nous dise comment il faut faire. Sinon, quand on est confronté à une situation réelle, on la gâche par manque d'accompagnement. »

Et un autre : « Heureusement que j’ai trouvé ce groupe qui m’a permis de retrouver confiance en moi et de l’énergie. Le problème c’est que l’animation du groupe dépend beaucoup de la compétence des bénévoles du moment. »

52% des sondés ont bénéficié d’information sur le marché, 33% de coaching, 14% d’outplacement, 9% de bilan de compétences.

Les apports de l’aide à la recherche

Concrètement, les apports essentiels de ces services d’après les verbatim des sondés sont les suivants :

  • Obtenir des informations sur le marché local (comment faire un CV, quels sont les moyens de repérer les offres d’emploi, définir sa valeur sur le marché)
  • Accroître son réseau
  • Retrouver de l’énergie et de la confiance en soi.

Concernant la nature des services reçus, c’est d’abord une information sur le marché puis du coaching.

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Pourquoi les hommes sont-ils ainsi plus aidés que les femmes ? Si vous êtes un homme, vous avez entre 2 et 3 fois davantage de bénéficier d’un accompagnement payant !

Pour comprendre cette injustice choquante au premier abord, il faut la lier à la question suivante :

Pourquoi les entreprises n’aident-elles pas davantage les conjoints ?

Beaucoup estiment que ce n’est pas leur responsabilité et ne veulent pas mélanger les registres perso et pro. Cependant, les mêmes financent bien l’école des enfants et le logement de la famille, ce qui les mènent dans des sujets bien plus perso ! Certaines méconnaissent l’évolution des mentalités et ces deux chiffres essentiels : 80% des conjoints veulent travailler pendant leur expatriation, seule la moitié de ceux-ci y parvient. Cependant les choses  changent et d’autres entreprises sont presque prêtes à s’y mettre. La preuve : lorsque l’expatrié est un VIP, ou lorsque la mobilité est vraiment nécessaire, elles savent où trouver les accompagnements nécessaires. Par exemple : certains groupes veulent privilégier les femmes pour l’expatriation. Seulement les femmes expatriées sont souvent suivies d’un conjoint homme. Dans ce cas, ces héros (et là, il n’y a pas d’ironie) sont donc beaucoup plus nombreux, proportionnellement, à bénéficier d’une aide.

Trois raisons à cela :

  1. les entreprises veulent des femmes expatriées - objectif important en ces temps de parité
  2. elles sont culturellement plus sensibles à la rupture de carrière pour un homme
  3. les femmes expatriées sont plus combatives pour la carrière de leurs hommes.

Néanmoins, les choses évoluent et bien des hommes se bougent pour la carrière de leur compagne. Le but de cette enquête est justement de faire bouger ces lignes. Certaines entreprises sont très impliquées dans cette problématique et offrent une palette de services : « L’entreprise de mon mari reçoit tous les conjoints, elle nous informe sur les difficultés pour retrouver du travail et nous propose de nombreux services pour mener à bien notre projet en expatriation ». « Je me suis formée en gestion grâce au financement de l'entreprise de mon mari. Le sujet de la formation était mon choix. »

Un service variable, selon que l'on se place pendant l’expatriation ou au retour

En grande majorité, ça vaut le coup mais l’analyse est plus positive en expatriation qu’au retour. A l’étranger, 80% ont jugé cette aide utile ou très utile. 65% au retour. C’est l’accompagnement de Pôle Emploi qui fait chuter la satisfaction pour ceux qui sont de retour, avec néanmoins, il faut le noter, des appréciations très contrastées. Beaucoup se plaignent au retour que leurs problématiques ne soient pas comprises, y compris ceux qui ont bénéficié d’un outplacement dans lequel, souvent, ils ne trouvent pas leur place. Les plus satisfaits sont ceux qui ont bénéficié de services spécifiques pour les conjoints expatriés, y compris au retour.

Cette aide a-t-elle un effet sur le taux de retour à l’emploi ? Oui pendant l’expatriation, et non au retour (voir commentaire précédent).

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Corinne Tucoulat, Fondatrice associée d’Expat Communication analyse ainsi les critères pour choisir le meilleur prestataire :

« Les points essentiels sont que ce prestataire offre un service spécifique pour les conjoints expatriés. En effet, ceux-ci ne sont pas à l’aise dans un groupe fait pour les locaux car ils ne partagent pas le même socle de connaissance. Ils ont besoin aussi qu’on s’adapte aux spécificités très particulières des conjoints expatriés (plus d’incertitude et d’inconnus que dans une recherche classique, peu de réseau et de connaissance du marché). Il est important de travailler sur les techniques de recherche d’emploi mais aussi sur le projet qui est souvent remis en question par la réalité du marché local. Enfin, il faut beaucoup de bienveillance et d’adaptation face à des conjoints dont l’enthousiasme est souvent en dents de scie et dont les attentes sont fréquemment contradictoires. »

Importantes disparités

Pour conclure, il y a donc un monde entre la situation d’une grande majorité de conjoints qui ne perçoivent pas l’intérêt de ces services ou qui ne les connaissent pas. Beaucoup de ceux qui sont envoyés en contrat local trouvent des réseaux associatifs de qualité (vous en trouverez la liste dans le groupe Expat Value sur Facebook) mais hésitent à investir de leur poche pour un coaching. Parmi ceux qui partent avec un contrat d’expatriation, il y a aussi une grande différence entre les entreprises qui ne font rien, certaines qui accompagnent efficacement et d’autres qui se font tirer l’oreille.

Il faut donc se prendre en main ce que confirme une expatriée à qui, comme d’habitude, nous laissons le mot de la fin : « Travaillant dans les RH, j’avais entendu parler de ces services. L’entreprise de mon mari ne faisait rien et ne voyait pas le problème. J'ai argumenté sur la barrière culturelle et les techniques de recherches d'emploi différentes d’un pays à l'autre. Après une négociation longue, ils ont cédé et j'ai trouvé un emploi deux mois plus tard grâce au coaching. De toute façon, j’avais déjà commencé et je l’aurais financé moi-même sinon. » Ou cette autre : « là où j’étais, il n’y avait rien. J’ai appelé 4 copines, on a monté un groupe et on s’est tenu les coudes. Mais j’ai peur que maintenant qu’on est plusieurs à avoir trouvé, tout tombe à l’eau»

Si vous vous retrouvez dans ces problématiques, rejoignez-nous dans le groupe Expat Value sur Facebook, pour échanger sur vos expériences.

Si vous cherchez une structure pour vous accompagner, vous pouvez me contacter.

La semaine prochaine, nous parlerons du bilan que les conjoints tirent de l’expatriation. Après tout ce que nous avons écrit, il y a de quoi être surpris.
 

Portrait Alix Carnot

Alix Carnot est Directrice Associée chez Expat Communication - Auteur de Chéri(e) on s'expatrie

alix.carnot@expatcommunication.com

 

 

Si vous avez raté le début :

Les 10 infos indispensables sur la carrière des conjoints expatriés (Expat Value 1)

Les conditions du départ : mais qu’allaient-ils faire dans cette galère ? (Expat Value 2)

Le conjoint expatrié : portrait-robot (Expat Value 3)

Pourquoi les conjoints expatriés veulent-ils donc travailler ? (Expat Value 4)

Le divorce en expatriation : stop à l’intox ! (Expat Value 4bis)

11 obstacles au travail des conjoints à l’étranger (Expat Value 5)

L’expatriation, impasse ou booster professionnel pour le conjoint ? (Expat Value 6)

Petits secrets de ceux qui ont trouvé du travail à l’étranger (Expat Value 7)

Expatriation : et si le bonheur était juste là, finalement ? (Expat Value 9)

L’expatriation, lieu de tous les clichés de genre (Expat Value 10)

 

Pour en savoir plus :

Les résultats détaillés seront publiés dans FemmExpat.com tous les mardis. Pour être sûr de ne pas en manquer, abonnez-nous à notre newsletter gratuite et bénéficiez d’un abonnement à taux préférentiel à notre Club Premium.

Les 2000 verbatims de l’enquête seront publiés progressivement sur la page Expat Value sur Facebook et le dossier de presse complet est disponible sur le groupe Expat Value de Facebook. N’hésitez pas à nous poser toutes vos questions sur alixcarnot@expatcommunication.com ou dans le groupe Expat Value !

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