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Carrières Hong-Kong Le départ Se faire accompagner

Si seulement les conjoints préparaient plus leur expatriation ! – Oriane Chenain, Directrice de la CCI de Hong Kong


préparer son expatriationInterview d’Oriane Chenain, directrice exécutive de la Chambre de Commerce de Hong-Kong

Bonjour Madame, en quoi consiste votre mission à la Chambre de Commerce ?

Je vis à Hong Kong depuis près de 7 ans et dirige la chambre de commerce française à Hong Kong. Soit une équipe de 30 personnes dédiée à :

  • Animer une communauté d’affaires ; créer une plateforme de networking, informer cette communauté, lui donner de la visibilité, faire du lobbying auprès du gouvernement. Nous organisons une centaine d’événements par an pour nos membres, avons 20 comités sectoriels qui permet à des professionnels de même secteur ou compétences d’échanger dans leur domaine et de progresser en commun ;
  • Aider les sociétés françaises qui souhaitent s’installer ou se développer sur Hong Kong : nous aidons ces entreprises à trouver leur partenaire commercial, à créer leur structure, les accueillons dans notre business secteur, les assistons dans toutes les étapes de leur implantation (visa…), les aidons à trouver les employés qui vont leur permettre de grandir grâce à notre service

Votre chambre est particulièrement active pour les conjoints expatriés. Qu’a-t-elle mis en place ?préparationConjointsHK

Une expatriation est réussie si chacun y trouve son compte et peut s’y épanouir, développer de nouveaux talents. C’est pourquoi nous accordons une attention toute particulière aux conjoints d’expatriés.

Nous les accueillons tous un à un individuellement et parfois plusieurs fois à leur arrivée pour les aider à comprendre le marché. Leurs forces et leurs points d’amélioration, les aider dans la rédaction de leur CV… Pour tous, la Chambre propose une Réunion Information Emploi (RIE), gratuite, une matinée par mois. Nous avons aussi un service recrutement qui aide les entreprises à trouver des talents. Ces postes sont disponibles sur notre site.

Par ailleurs, nous avons mis en place un « women talent pool » dédié aux femmes qui ont enchainé les expatriations et ont arrêté de travailler et souhaiteraient reprendre dans le cadre de missions ou d’une activité à temps partiel pour des PME notamment. Elles ont souvent perdu un peu confiance en elles et ce process souple pour retrouver une activité semble leur convenir.

Pourquoi est-il important pour la CCI de s’occuper de la recherche d’emploi des conjoints expatriés ?

Il fait partie de notre mission d’aider les conjoints des expatriés des entreprises qui sont nos membres. En effet, si les conjoints ne trouvent pas leur place, alors c’est toute l’expatriation qui est en risque, et par là, les projets de l’entreprise membre. C’est un enjeu important.

La CCI dispose en plus de postes à fournir pour lesquels il est parfois difficile de trouver des candidats et pour lesquels les conjoints expatriés peuvent constituer de précieuses ressources, avec des compétences de haut niveau et des exigences raisonnables.

Quels sont les atouts de ces conjoints pour trouver du travail ?

Ces femmes, car dans la grande majorité, les conjoints expatriés sont des femmes, apportent souvent des profils très intéressants avec des diplômes de bon niveau, des expériences pointues. Ce sont des gens qui savent prendre des risques, qui s’intègreront facilement dans une organisation. Ils sont autonomes et professionnels, prêt à se remettre en cause aussi. La preuve : ils ont démissionné et accepté de partir à l’aventure !

Quels freins voyez-vous dans leur recherche d’emploi ?préparationConjointsHK2

Leur préparation est souvent insuffisante. Certains arrivent avec un niveau d’anglais nettement insuffisant pour chercher du travail. Rares sont ceux qui ont réussi à déterminer ce qu’ils apportent aux entreprises, même françaises, par rapport à la concurrence locale.

Beaucoup d’entre eux gèrent mal leur timing. Avant le départ, ils se donnent à fond pour le job qu’ils vont quitter et pour leur déménagement. D’août à décembre, ils installent la famille et découvrent la ville. Puis en janvier, ils décident de chercher du travail mais avec le nouvel an chinois, les voilà en mars. Autant dire en septembre suivant car qui voudrait trouver un travail en juin ! Résultat, ils ont perdu the working mood, ils sont déjà devenus des outsiders, leur self esteem a fondu, les choses sont plus difficiles.

Quels conseils voudriez-vous leur donner ?

Vous les avez devinés en creux : avant tout, préparer leur expatriation avant le départ. Certains conjoints arrivent avec des projets déjà construits en France avec leur réseau. C’est l’attitude gagnante. Ne laissez pas s’émousser votre énergie ; foncez. Si vous savez que vous avez un job derrière, en un mois et demi, vous trouverez le temps d’installer votre famille et de trouver vos marques.

Auriez-vous aussi un conseil pour les entreprises expatriatrices ?

Peu de conjoints sont avertis de ces mécanismes. Il faut donc les alerter. C’est la responsabilité de l’entreprise, c’est aussi son intérêt pour que l’expatriation se passe bien.

Plusieurs cabinets proposent des sessions de préparation qui permettent aux conjoints de définir leur projet en expatriation, de réfléchir à la question « qu’est-ce que j’apporte à une entreprise », « quel est mon réseau ici qui pourrait m’aider à réussir là-bas. Comment l’activer avant de partir ». Je recommande clairement ces services. 

Ils apportent aussi au conjoint une claire vision de son employabilité. Cela lui permet non seulement d’orienter au mieux ses efforts mais aussi d’éviter des désillusions et de s’assurer d’arriver avec tous les atouts en main (des cours d’anglais avant le départ sont pour certains une condition de succès).

Enfin, le retour est le parent pauvre des dispositifs d’accompagnement, pour les expatriés comme pour leurs conjoints. Un nombre très important d’expatriés quittent donc l’entreprise peu de temps après leur retour au siège. Il faudrait accompagner davantage les expatriés à ce stade.

(ndlr, tous ces services sont notamment proposés par Expat Communication, l’éditeur de FemmExpat.com)

CCIHKOrianeChenainOrianne Chenain CCIHKlogo
executive director
| www.fccihk.com

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