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Christelle : l’expatriation from Greek to Geek


ChristelleCalliframeBonjour, je m’appelle Christelle, j’ai 33 ans, expatriée en Angola depuis 5 ans et créatrice de calliframe.com, un site pour aider les webentrepreneures et blogueuses à prendre le contrôle de leur site internet.

L’expatriation ou l’envie de s’évader : une idée fixe depuis longtemps.

Je suis originaire d’une jolie ville médiévale de Picardie où très tôt je me suis intéressée à d’autres cultures : anglo-saxonne (j’ai eu un coup de foudre pour le Royaume uni), antique (j’ai poursuivi des études de Lettres Classiques). J’aimais la diversité et ce qui se démarquait de ma vie de tous les jours. Etudiante, j’ai voyagé un maximum en Europe (merci les copines parties en Erasmus !) et dès que j’ai eu mon Capes de Lettres Classiques en poche je me suis empressée de partir au Pays de Galles pour devenir assistante française pendant un an, ce fut en quelque sorte ma première expatriation. On peut dire que vivre ailleurs qu’en France m’a toujours attirée.

Deuxième expatriation entre bonheur personnel et doutes professionnels.

Quelques années plus tard, mon conjoint a trouvé un poste dans le Surrey en Angleterre. Connaissant mon amour pour ce pays je n’ai pas dit non. J’ai postulé dans les établissements anglais et le jour même où j’allais accepter un poste dans un lycée de la ville où nous habitions, j’ai reçu une lettre du lycée français de Londres me disant que ma candidature était acceptée. J’ai donc sauté sur l’occasion. J’étais déjà passé plusieurs fois devant ce lycée lors de divers voyages à Londres et je n’osais même pas en rêver. Ce rêve inaccessible venait d’être exaucé, par la même, mon rêve de toujours l’était également car en effet mon projet de vie c’était tout simplement d’enseigner les langues anciennes en Angleterre. J’ai donc passé deux ans à Londres. Et, doucement sans que je m’y attende je me suis sentie évoluer. Oui, j’aimais toujours les langues anciennes, oui, j’adorais transmettre un savoir, non le public adolescent ne m’épanouissait pas entièrement. Enseigner à des adultes ? Peut-être. Je gardais ça dans un coin de l’esprit.

Le grand départ : l’Angola

Mon conjoint qui entre temps était retourné à Paris, a eu le choix entre deux autres boulots. A Paris ou en Angola. J’ai dit sans hésiter : Angola ! Enfin je repartais vers de nouveaux horizons. L’idée de cette expatriation me plaisait car elle était plus éloignée des codes de la culture européenne. Je partais donc avec l’objectif de tenter l’expérience africaine. J’avais passé deux semaines dans un petit village en Mauritanie quand j’avais 10 ans. Là bas, j’avais pu me promener dans les rues, aller au marché avec ses étales de viande recouverte de mouches. Les tissus, les épices, les couleurs... Cela m’avait marquée et plu donc même si je ne savais pas à quoi m’attendre en Angola, l’idée d’aller en Afrique me plaisait.

L’arrivée en Angola n’a été ni facile, ni difficile. Notre installation fut peut-être un peu chaotique à l’époque, presque 3 mois passés dans un hôtel, difficulté pour trouver un logement, prendre ses marques, attendre indéfiniment un visa qui ne sortait pas, faire avec une nouvelle langue que je ne parlais pas (l’Angola étant une ancienne colonie portugaise)… Sur le plan "matériel" ce ne fut pas de tout repos mais sur le plan personnel, j’avais de grands yeux ouverts sur le monde qui m’entourait. Je m’émerveille toujours autant de la vie qui grouille dans les rues même 5 ans après mon premier jour passé à Luanda. Mais surtout ce qui m’a marqué c’est la façon de fonctionner ici : oui il y a des problèmes parfois, dans la vie, au quotidien… mais tout s’arrange tout le temps avec de la patience. Une philosophie que j’ai vite adoptée.

Un métier mais déjà nouveaux projets

Je ne me voyais pas ne pas travailler. C’était dans mon éducation, en outre j’avais des diplômes, et un concours en poche. J’ai postulé au Lycée Français de Luanda et j’ai enseigné… l’anglais ! Il n’y avait pas de poste de lettres, encore moins de lettres classiques ! J’étais heureuse d’enseigner une langue que j’adore mais au final je recommençais à avoir des doutes sur mon public… Je n’ai pas continué l’année suivante. L’expatriation avait cet avantage de me donner du temps. J’ai donc préparé l’agrégation de Lettres Classiques à distance. Ce fut un mauvais choix. Je voulais encore et toujours coller au moule français des concours et je nourrissais l’espoir que je pourrais enseigner à un public plus âgé avec cette agrég. Je n’ai pas réussi le concours et me suis retrouvée "sans rien". Qu’allais-je faire de ma vie vu que je ne pouvais pas enseigner les langues anciennes en Angola et que je ne savais rien faire d’autre qu’enseigner ? Du moins c’est ce dont je me persuadais.

La quête du job de mes rêves

Je suis passée par une énorme phase de questionnement et de perte de confiance en moi. J’avais jusque là toujours réussi mes études, mes concours… Et je ne connaissais que ce schéma. A force de ne pas trouver de réponse à mes questions sur comment me reconvertir et surtout que faire, j’ai suivi un coaching (avec Delphine Boileau Terrien, ndlr). J’avais surtout besoin d’être rassurée et guidée. Grâce à ce suivi, j’ai eu un déclic. Une autre activité me plaisait mais je ne pensais pas que ça pourrait être un métier à part entière. Outre mes dictionnaires de latin et grec mon second compagnon est mon ordinateur. J’avais fait quelques sites et dans mon entourage on faisait souvent appel à moi pour régler un problème technique ou faire fonctionner un logiciel. J’ai aussi toujours eu un côté créatif.

En mettant bout à bout mes passions et mes compétences j’en suis arrivée à la création de site internet. Cela regroupait tout ce qui faisait ma personnalité: créativité, informatique et même language non sous la forme de déclinaisons cette fois mais de codes… En outre cela me permet d’avoir une activité nomade. Je n’avais plus à avoir peur de : "que vais-je faire lors de la prochaine expat ?"

J’ai donc une nouvelle fois mis à profit mon temps pour approfondir mes connaissances et j’ai dans la foulée créé mon site www.calliframe.com où je propose mes services en tant que créatrice de sites internet. J’ai également une partie blog pour aider les femmes qui veulent se créer une présence en ligne à appliquer les bonnes méthodes, aussi bien du point de vue technique que professionnel.

Le bilan inattendu de cette expatriation

Je me suis réinventée. Je pensais suivre une ligne toute tracée par mes études et j’ai viré à babord. Je ne saurais trop recommander à des femmes qui comme moi peuvent avoir du temps, de le mettre à profit. Même si ce n’est pas pour en faire obligatoirement un métier. Profitez-en pour apprendre et pourquoi pas vous permettre d’avoir une deuxième casquette.

Je sais que de mon côté je vais persévérer dans ma nouvelle activité mais si un jour j’avais besoin de faire un CV je sais aussi que je pourrais mettre : Littérature - grec - Latin - Sanskrit à côté de WordPress - CSS - InDesign & Photoshop 😉

Cette expatriation n’a pas toujours été facile car je me suis parfois sentie isolée dans ce pays qui n’offre pas les mêmes avantages que la vie en Europe. Mais sur le plan personnel et professionnel elle a été synonyme de grands changements positifs dans ma vie. J’attends la prochaine avec impatience pour voir ce qu’elle va me réserver…

Par Christelle

Retrouvez les services de Christelle sur Calliframe.

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