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Bombay/Mumbai Gastronomie Inde Témoignages

Un salon de thé à la française à Mumbai


Severine-MAAvec de l'enthousiasme et surtout une bonne dose de ténacité, Séverine a ouvert un salon de thé à la française à Bombay où les clients se pressent. Elle nous raconte les péripéties de son aventure d'entrepreneuriat en Inde.

Je m’appelle Séverine Bresson, j’ai 23 ans et je suis célibataire.
Je suis venue en Inde avec Marc mon associé dans l’idée de monter un salon de thé pâtisserie à Bombay spécialisé en macarons. Le challenge était de taille : nous venions de terminer nos études, nous n’étions jamais allés en Inde et n’avions aucun contact sur place. Mais nous voulions absolument entreprendre dans un pays émergent où la tradition est forte et où peu d’entrepreneurs s’aventurent. Nous avions tout d’abord hésité à nous installer au Brésil, mais la barrière de la langue était trop forte, étant donné que nous ne parlons pas un mot de portugais. Du coup, notre choix s'est porté vers l'Inde où l'anglais était à notre portée.

Les difficultés ont commencé bien avant notre arrivée à Bombay. En effet, nous voulions nous spécialiser en macarons mais Marc ayant fait des études de finance et moi d’économie, nous avions tout à apprendre… Je me suis donc lancée dans l’apprentissage des macarons dans ma petite cuisine à Paris. Et mes 27 premiers essais ont été désastreux, 8 recettes différentes, 50 vidéos YouTube de recette visionnées et échec sur échec. Comprenant que je n’y arriverais jamais seule, j’ai demandé à un ami pâtissier de me former, puis j’ai fait un stage de pâtisserie. Enfin mes macarons ressemblaient à des macarons et en avaient le goût !

Concernant l’entreprise nous l’avons créée juridiquement à distance avec l’aide d’un expert comptable et cette étape a été très pénible : l’authentification des signatures par le service apostille de la cour de justice de Paris nous a valu quelques crises de nerfs et beaucoup d’allers retours (traducteurs agréés par la cour d’appel de Paris obligatoires mais indisponibles durant 2 mois, entre autre...).
Autre difficulté que les entrepreneurs expatriés connaissent bien : les visas. Et il faut bien le dire, dans notre cas la magouille nous a sauvés. Nous avons eu nos visas sans trop de problème mais les permis de séjour nous ont valu une grosse frayeur : il nous fallait une lettre rédigée par un Indien qui prenne la responsabilité de notre activité…sauf que nous ne connaissions personne... Nous avons frappé à toutes les portes mais personne ne voulait nous la faire, nous nous sommes donc débrouillés tous seuls, c’est donc notre propre entreprise qui a signé ce papier, la société étant indienne (le FRRO avait omis de nous préciser que la personne indienne pouvait être physique ou morale ...).

Ensuite, nous avons mis un mois et demi à trouver le local, principal problème à Bandra : loyers très élevés, caution exorbitante, peu d’offres. Parallèlement à la recherche du local, nous cherchions nos fournisseurs et je faisais des macarons...ratés. Matières premières différentes, hydrométrie différente, idem pour le four ... Le jour où j’ai cru abandonner les macarons pour de bon, j’ai réussi la dernière fournée, le problème était les colorants liquides que j’utilisais…car il fallait des colorants en poudre pour ne pas liquéfier la préparation (une vraie science).
Une fois le local trouvé, nous avons dû faire des travaux qui ont bien évidemment duré 3 fois plus de temps que prévu. Électricité, peinture, escalier, cuisine, décoration : il y avait tout à faire ! Et nous avons eu du mal à communiquer parfois car les ouvriers ne parlaient pas anglais, et nous ne parlions pas hindi !

Un mois plus tard nous avons pu ouvrir et contre toute attente, nous avons eu beaucoup beaucoup de monde, et ce grâce aux nombreux articles que nous avons eu : Mumbai Boss, hindustan times, mid day, Brown paper bag, inonit, time out, taj bandra journal ... Malheureusement, nous ne nous étions pas préparés à tout ceci et en cuisine, toute seule j’ai eu beaucoup de mal à suivre le rythme.
Il est donc arrivé durant les premières semaines que tout soit vendu à 16h alors que nous fermons à 23h ! J’ai donc cherché une cuisinière pour m’aider mais recruter rapidement du personnel sérieux, fiable et compétent à Bombay relève de l’impossible ! Je ne compte plus les lapins que les candidats m’ont posés et ce, alors même que je les avais eu au téléphone 3 heures plus tôt !
Ce n’est seulement qu’un mois et demi après l’ouverture que j’ai trouvé la perle rare: Tasneem, une mère de famille de 37 ans, incroyablement douée et digne d’une confiance absolue. Elle était venue en tant que cliente et nous avait connus grâce à son beau frère qui était notre fournisseur de boîtes. Une semaine seulement après notre rencontre elle était capable de faire les macarons toute seule, ce qui est tout simplement extraordinaire ! Depuis, elle s’occupe de toute la partie cuisine à merveille.
Dès le début, nous avions également trouvé une autre perle : Bajirao, serveur à l’ouverture et manager aujourd'hui. Il a travaillé très dur à nos côtés sans jamais se plaindre et ce, 6 jours sur 7. Depuis, nous avons embauché Inamul, un jeune de 20 ans très gentil et attentionné avec nos clients.

On peut dire que depuis le début, nous sommes très très chanceux y compris dans la rencontre de notre associée majoritaire qui gère le café de main de maître.

Marc et moi sommes rentrés à Paris pour quelques temps afin de compléter notre formation initiale et dans l’espoir de revenir  prochainement en Asie avec un VIE. Car le visa employement nous oblige à avoir un salaire de 1500 € que nous ne pouvons pas nous permettre !

Cette expérience d’entrepreneuriat a été extraordinaire surtout par les rencontres qu’elle m’a permise de faire : que ce soit les salariés auxquels je suis très attachée, ma nouvelle associée qui est devenue une amie, les expatriés rencontrés à Bombay et les fournisseurs énervants et bien souvent attachants. Si c’était à refaire, je signerais tout de suite !

Séverine

marie-antoinetteMarie-Antoinette est un salon de thé français, spécialisé dans les macarons (9 parfums différents : chocolat banane – noix de coco – rose – café – vanille - caramel beurre salé - mangue etc.) et un parfum différent chaque mois. Nous avons une clientèle mixte : expats et locaux qui ont pour point commun : l’envie de retrouver un petit de goût de France à Bombay. Nous sommes ouverts tous les jours de 11h à 23h sauf le lundi.

Nous offrons également en sucré : des financiers, crème brulée, mousse au chocolat et bientôt chouquettes et éclairs. En salé : nous proposons la célèbre quiche, et les salades. A venir le gratin dauphinois et les tartines ! Venez nous voir :

Marie-Antoinette
The Unique French Patisserie

White Rose Building, Sherly Rajan Road
Near Rizvi College, Bandra West 400050
+917506142013
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 Sur la photo en haut, on peut voir Séverine entourée Tasneem (à gauche) et  Bajirao (à droite).

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