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Afrique Ma destination Maroc

Expatriée à Rabat, au Maroc


Maroc-Rabat-HPLorsque mon mari et moi avons débarqué à Rabat, on nous posait sans cesse la même question : « Pour combien de temps êtes-vous ici ? ». Benoîtement nous répondions, « Oh, deux ou trois ans, le temps d’avoir une expérience sympa du pays. Contrat local, pas de limite, c’est nous qui décidons ! ». Et invariablement, l’expatrié r’bati qui nous avait posé la question opinait du chef, les yeux plissés, une moue sceptique accrochée aux lèvres. C’était agaçant à la fin ! Qu’avaient-ils, tous ces gens, à penser qu’ils savaient mieux que nous combien de temps nous allions rester ? Deux ou trois ans, le temps d’une belle parenthèse, et ensuite nous nous envolerions vers de nouveaux horizons. À l’époque, nous y croyions. Aujourd’hui, cinq ans et une petite fille née ici plus tard, lorsque l'on nous pose la question « vous restez encore longtemps ? », nous ne nous hasardons plus à donner d’estimation. « Pour l’instant, on est bien ici, on reste. On verra plus tard. » : voilà la seule réponse possible.

Et pourtant les débuts ont été difficiles

Deux mois d’ennui dans un appartement de transition, sans internet, sans mon cher mari occupé par ses longues journées de travail, avec pour seuls amis les programmes de TV5 monde et des agents immobiliers plus ou moins véreux. Deux mois à parcourir la ville à pieds, indisposée autant par la chaleur étouffante de l’été que par les regards indiscrets des hommes, qui reluquent et interpellent sans retenue toute ‘femelle’ ayant le malheur de croiser leur champ de vision. Deux mois de démarches administratives rocambolesques pour obtenir la carte de séjour, ouvrir un compte en banque, acheter une voiture… Autant de choses simples en apparence, mais qui sont un véritable casse-tête dans ce pays, surtout lorsque l'on vient d’arriver et qu’on ne s’est pas encore habitué aux usages locaux. Vraiment, l’arrivée est difficile. Pour tout le monde. Certains ne s’habituent jamais : à peine arrivés, ils rêvent déjà de repartir. Pour éviter cela et passer plus facilement l’étape délicate des premiers mois, le mieux est de se faire aider : par son employeur, par l’équipe ultra dynamique de Rabat Accueil  (l’association d’accueil des francophones à Rabat), par des amis déjà installés… Se faire aider et ensuite venir grossir le nombre des expatriés r’batis qui sont tellement bien ici qu’ils n’ont plus envie de repartir.

Car la vie est douce à Rabat
Lorsque l'on gagne correctement sa vie. Pour le prix d’un appartement de cinquante mètres carrés à Paris, nous habitons une petite maison confortable avec un jardin. Il fait beau 8 mois par ans, et il est facile d’en profiter : il suffit de faire une demi-heure de voiture pour se retrouver en train de manger des sardines grillées les pieds dans le sable sur une longue plage de sable blanc. Lorsque l'on a un peu plus de temps, les destinations ne manquent pas pour des vacances inoubliables : montagne, plage, désert, oasis, lacs, villes impériales, ruines romaines… Il y en a pour tous les goûts. Rabat, c’est une capitale qui a des allures de petite ville : beaucoup de verdure, peu d’embouteillages, mais quand même quelques événements culturels (en revanche, les inconditionnels des salles obscures, de concerts de musique classique ou de théâtre ne trouveront de quoi assouvir leur soif d’émerveillement qu’une ou deux fois par an). Autre avantage, il est très facile (et bon marché) de se faire aider à la maison : nounou, femme de ménage, gardien, jardinier, chauffeur… Cela peut paraître superflu à des candidats à l’expatriation habitués à se débrouiller sans tout cela, mais ce n’est pas si anecdotique. Parce que le fait de pouvoir déléguer un certain nombre de tâches domestiques offre un luxe incroyable : le temps. Le temps de s’occuper de ses enfants sans être toujours pressé(e) ou énervé(e) ; les temps de se mettre à ces loisirs que l’on a toujours voulu essayer : le tennis, la peinture ou le chant lyrique ; mais aussi le temps de lancer des projets. Les expatriées r’baties font preuve d’une créativité et d’une énergie impressionnantes : une telle a lancé une ligne d’articles en cuir, une autre s’est engagée dans une association d’accueil des migrants sub-sahariens, une troisième a monté sa propre petite entreprise de décoration d’intérieur, moi-même je me suis mise à l’écriture… Vivre à Rabat donne des ailes !

En revanche, si vous espérez trouver un emploi salarié sur place, ce ne sera pas forcément facile. Bien sûr, si vous savez faire preuve de flexibilité, tant sur le type de poste que sur le salaire (en contrat local trouvé sur place, on divise son salaire par deux environ par rapport à la France), vous pourrez trouver. Si vous avez des diplômes français, ils seront appréciés par les employeurs locaux qui manquent souvent de main d’œuvre qualifiée.  Mais les entreprises qui emploient des étrangers ne sont pas nombreuses à Rabat (beaucoup moins qu’à Casablanca, par exemple), et les obstacles sont nombreux.

Côté logement


Les trois premières années, nous avons habité à l’intérieur de la casbah des Oudayas (sorte de Montmatre local, en plus petit mais tout aussi touristique). Nous avons adoré cette vie tant que nous n’étions que deux. Mais l’habitat local qui nécessite de passer sous la pluie l’hiver pour aller se brosser les dents devenait difficile à gérer avec un nourrisson. Nous avons donc déménagé vers le quartier Hassan (à l’intérieur des murailles de la ville) : on peut faire beaucoup de choses à pieds, trois des quatre écoles françaises sont tout près, pour nous c’est l’emplacement idéal. Mais les logements sont rares et souvent trop petits pour des familles avec plusieurs enfants. Beaucoup choisissent d’habiter dans le quartier central de l’Agdal (proche du Lycée français). C’est pratique également, mais les logements sont chers et souvent petits. Enfin, il y a tous les quartiers résidentiels : plus on s’éloigne du centre, plus les maisons sont grandes. OLM, Souissi, Aviation, Hay Riad, Bir Kacem, Ambassador sont des quartiers prisés par les expatriés. On peut trouver de véritables palaces, avec piscine et jardin immense. Attention toutefois aux trop grandes surfaces : l’hiver, les maisons sont froides et humides, et on a beaucoup de mal à les chauffer. Et attention aux temps de trajet : ceux qui habitent à Ambassador passent une bonne partie de leurs journées en voiture… Ce qui n’a rien d’une sinécure ! Car le conducteur local est majoritairement un mauvais conducteur. Normal, en guise d’examen pratique pour obtenir son permis, on lui a seulement demandé de passer trois vitesses et de faire un créneau sur un parking désert. Alors savoir comment se comporter lorsqu’il y a d’autres automobilistes sur la route, forcément, c’est difficile.

En termes d’alimentation, une chose est sûre : le Maroc est un pays où l’on mange bien.

Tajines, couscous du vendredi, brochettes, briouates (feuilletés fourrés), salades, pâtisseries sont délicieux. Et lorsque vous en aurez marre de manger toujours la même chose, vous trouverez globalement assez bien de quoi satisfaire vos papilles occidentales. Les supermarchés sont plutôt bien achalandés, et il y a de plus en plus de bonnes adresses à Rabat pour se procurer les quelques aliments qui nous manquent cruellement : tout ce qui est à base de porc, mais aussi le fromage ou d’autres produits gourmets. Alors bien sûr, je ne vais pas vous cacher que quand je rentre à Paris je me précipite au Monoprix et j’achète toutes les merveilleuses choses qu’on ne trouve pas ici (ah, les bons petits gâteaux apéro, la mâche, les farandoles de yaourts, la bonne mozzarelle, les pâtes feuilletées prêtes à dérouler…). Mais on n’est quand même vraiment pas malheureux. Et globalement, on se nourrit mieux : comme il n’y a rien de tout prêt, on cuisine tout avec des produits frais, et c’est quand même meilleur pour la santé.

Côté enfants

Je vous ai déjà vanté les mérites de la vie à Rabat pour qui a des enfants en bas âge. Pour les plus grands, il y a à Rabat quatre écoles françaises, deux collèges et un lycée, tous de très bon niveau. Il faut savoir cependant que l’adaptation des petits français n’est pas toujours facile dans ces écoles : leurs classes seront composées à 90% d’enfants issus de la haute société marocaine, parmi lesquels ils peuvent parfois avoir des difficultés à s’intégrer. Pour les loisirs et activités extra-scolaire, il n’y a pas le même choix que dans les grandes villes françaises, c’est sûr. Mais il est quand même possible de faire un certain nombre de sports (tennis, danse, surf, équitation, golf…) ou autres activités (théâtre, musique, peinture, poterie…). Le mieux, pour cela comme pour le reste, est de se renseigner auprès de la communauté expatriée : le site de l’association Rabat Accueil comporte de nombreuses informations, et les bénévoles de l’association répondent à toutes les questions des nouveaux arrivants, avant ou après leur installation.

Vous hésitez encore ? Venez faire une petite visite de repérage !

C’est aussi l’un des avantages de Rabat : ce n’est pas loin de la France. Passez quelques jours dans l’un des riads de la médina, faites quelques courses au souk (où l’on ne se fait pas – ou peu – arnaquer : Rabat n’est pas Marrakech), promenez-vous le long du Bou Regreg, admirez les immeubles art-déco du centre-ville, goûtez un thé à la menthe ou un jus d’oranges frais en terrasse, faites-vous masser au hammam, posez des questions aux gens que vous rencontrerez… Mon petit doigt me dit que vous vous sentirez bien !

Bénédicte,

 

 


Commentaires

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  • Bonsoir Benedicte,
    Quel bel article!
    Je suis responsable dune association d’alphabétisation pour enfants à 20min de Rabat et je recherche des personnes qui accepteraient de donner 1h par semaine afin de prendre un groupe d’enfants et de leurs enseigner la langue française. Ecrire, lire, parler ! enseignants ou non vous êtes tous bienvenus !!
    et si certains ont des compétences pour la partie développement j’accepte volontiers aussi…
    Merci de votre aide et soutien.
    Florence pour l’association « Sable et Cahier »

  • Bonjour à toutes, juste un petit message pour dire aux futures rabaties de ne pas hésiter à me poser des questions : elles ne resteront pas sans réponse (mais je préfère répondre en message personnel).
    Bénédicte

    • bonjour Benedicte,
      je me hasarde à t’envoyer ce message car j’ignore si tu es toujours à Rabat en 2018 !
      Je cherche des renseignement car mon mari a une proposition pour venir travailler à Kenitra.
      nous avons 4 enfants dont 1 collegien de 14 ans et j’ai pris contact avec le college de Kenitra.
      Ce college me renvoie sur Rabat car mon fils fait allemant en 2eme langue vivante et latin en option, ces 2 matières ne sont pas ensignées à Kenitra…
      As tu dans tes connaissances une famille dans la même situation ?
      As tu une idée pour nous, j’ai regardé sur des cartes et je ne pense pas qu’il soit possible d’habiter à Rabat et de travailler à Kenitra.
      Sais tu s’il y a des transports pour le collège et lycée français ?
      je n’arrive pas à trouver ces informations et nous en avons besoin pour prendre notre decision…
      merci !
      Sophie

  • Bonjour, Bénédicte,
    Merci pour ton article très instructif qui donne envie de venir s’installer !

    Je suis Souhad, future ex-patriée à Rabat
    et enseignante d’anglais. Je suis mon conjoint. J’ai 38 ans et nous n’avons pas d’enfants. Ns arriverons soit mi-aout, soit début septembre.
    Se pose tout d’abord la question du logement et de son emplacement dans Rabat. Quel quartier nous recommanderais-tu tt en sachant que le bureau de mon conjoint sera à Souissi, que nous n’avons pas d’enfants et que ns aimerions une maison pas tp grande avec jardin et piscine, surtout pas isolée (l’isolation est ma grande crainte) et où je puisse tout faire à pied, car je ne conduis pas ? Vaut-il mieux passer par une agence immobilière ?
    De plus, comment puis-je rencontrer des gens et me faire un réseau avant d’arriver au Maroc ?
    J’aimerais également profiter de l’expat pr passer mon permis de conduire à Rabat. Est-il reconnu en France et sais-tu combien de temps cela prend de le passer ? Me recommandes-tu une école spécifique?
    Je ne suis pas sûre de vouloir travailler tt de suite. J’hésite entre trouver un poste d’enseignante ds les écoles françaises( Laquelle me recommandes-tu? Est-ce bien payé en tant que contrat local ?) ou faire de la danse, du chant et de l’équitation.
    Y a -t-il des endroits que tu me recommandes pour m’adonner à ces loisirs ?
    Merci d’avance pour ton aide et à très bientôt,
    Souhad

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