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Mon retour d’expatriation à Aix-en-Provence


aix-stockAprès plusieurs années à l'étranger, Bénédicte et sa famille ont mis le cap sur la Provence.  Elle partage ici ses impressions sur leur retour, avec les bonnes et moins bonnes surprises.

Notre parcours dans les pays scandinaves
Notre première expatriation date de 2007, à Helsinki en Finlande. Ensuite, nous avons enchainé sur une deuxième mission en Suède. Après 4 années en Finlande, la magie des pays nordiques nous avait conquis, les hivers rigoureux et la neige aussi. Sans transition, nous nous sommes installés à Stockholm, avec nos 3 enfants dont la dernière n’a connu que les pays nordiques. Notre ainée, en CP au moment de notre arrivée à Helsinki, n’a que peu de souvenirs de sa vie française, les 2 autres plus jeunes ne se souviennent de rien ! Quelle drôle de sensation le jour où vous réalisez que vos petits ont vécu plus de temps en expatriation qu’en France... A la vie scandinave nous nous étions faits, et c’est le cœur gros mais rempli de toutes ces riches expériences vécues, que nous avons troqué le soleil de minuit et le sauna pour rentrer en France. Tout expat’ averti le sait bien, un jour ou l’autre il faut rentrer, et ce retour est parfois douloureux. Nous ne ferons pas exception à la règle, nous vivons ce retour comme un choc, amorti en douceur par un atterrissage dans une région ensoleillée. C’était il y a 6 mois, en été 2013. Cap pour le sud de la France, direction Aix-en-Provence !

Les grandes joies du retour en France
La bonne surprise du retour, c’est de vivre dans une région où on profite d’autant de lumière et de soleil. Ces dernières années, nous en avions été un peu privés. Ré-atterrir dans le Sud de la France est une grande chance et nous en sommes conscients. On découvre la douceur de vivre à la provençale, Aix-en-Provence, Marseille, la proximité de la Côte d’Azur, l’arrière pays magnifique, ce qui comble notre soif de découvertes et de nouveautés propre au caractère expat’ que nous nous sommes forgés. Résider dans une zone si touristique, c’est l’occasion d’avoir de la visite : grande joie de retrouver famille et amis et de vivre avec eux des moments en chair et en os, un peu moins virtuels. Bien sûr, nous sommes tous ravis les premiers temps de retrouver aussi les trésors des boulangerie-pâtisserie, et les rayons familiers des grandes surfaces... Expat’ tu t’adaptes à ce que tu trouves sur place, nous étions bien lotis en Europe du nord, mais d’un seul coup d’un seul, dans les rayons tu retrouves ici les douceurs de ton enfance.

Réapprendre à vivre en dehors du cocon expatrié…
Ce qui frappe au début c’est le manque d’ouverture des gens, et l’intolérance par rapport à l’étranger que nous sommes devenus. Tu parles français, alors tu es français, tu dois comprendre vite ce que tu dois faire. Et bien non, quand tu vis longtemps hors de France que tu ne visites qu’en vacances, tu as forcément un peu perdu le fil dans certains domaines… et comme quand tu débarques à l’étranger il nous faudra quelques temps pour reprendre nos repères !

Le désintérêt des gens pour notre histoire fait mal. Nous avons le sentiment de rentrer d’une tranche de vie absolument géniale que l’on a envie de partager à tout instant avec tout le monde, mais on se ravise rapido et comprend qu’il faut faire profil bas et ne pas trop la ramener si on veut t’intégrer. Trouver des gens avec qui échanger sur ces difficultés du retour devient vite un challenge. La majorité des gens a du mal à comprendre notre parcours. Et la communauté expatriée nous manque déjà. Cette solidarité « à la vie à la mort » et ces relations humaines si intenses vécues en expatriation, on comprend vite qu’il nous faudra du temps pour les construire. Alors c’est dans l’intimité de notre cercle de famille que l’on partage nos souvenirs et nos impressions sur cette France que nous redécouvrons pour y vivre, ce qui n’a vraiment rien à voir avec y venir en vacances 3 semaines par an !

Autre sujet difficile : le retour sur les bancs de l’école pour nos enfants. Et ça compte quand on a 3 enfants. Loin du côté douillet des lycées français à l’étranger et de l’ambiance scandinave, le retour à la vraie vie s’impose là aussi pour nos jeunes, avec des camarades parfois peu accueillants envers les nouveaux, et un système en apparence bien plus strict.

Assez vite, l’impression de repartir à zéro nous envahit -pour nous qui débarquons dans cette nouvelle région, avec nos racines et nos familles à 1000 km- dans un monde où les réalités du quotidien n’ont rien à voir avec celles des expat’, et où la réalité des expériences expat’ n’intéresse que peu l’entourage. Une page blanche s’ouvre alors, et grâce à notre cellule familiale soudée-soudée, et une dynamique relationnelle sans faille, les choses se mettent en place, et petit à petit l’oiseau fait son nid. L’expatriation vous forge une capacité d’adaptation insoupçonnable, et avec une bonne dose de positif chaque matin au réveil, on y arrive… !

Les petites tracasseries du retour au pays
En cadeau de bienvenue, il faut passer par de laborieuses démarches administratives pour se réinscrire ici et là (sécu, impôts, CAF…): une seule solution, être organisé, et patient !

Et alors, on se rend vite compte que le sens du service n’est rien en comparaison avec les services publics en Suède, si organisés et courtois. Ensuite, on doit s’adapter au caractère méditerranéen. Nous adorons la « scandinavian attitude », mais là c’est une question de survie, il faut se réhabituer aussi vite que possible :

-         à la conduite en voiture tellement plus speed, à toutes ces incivilités au volant et aussi dans la rue… Piste cyclable tu oublieras et passage piéton tu apprivoiseras, le petit bonhomme est vert, mais reste dangereux… aïe aïe aïe…

-         au caractère des gens du sud, diamétralement opposé à celui des scandinaves. Les Suédois sont ponctuels,  rigoureux, réservés et tellement respectueux des règles. Ici, c’est vraiment différent !

-         à la « petite jungle » du système scolaire à la française, au stress mis sur les enfants avec les évaluations, les notes et les sanctions, et plus que jamais encourager et valoriser le travail de nos enfants, ce que le système oublie ici ;

-         à la place des enfants, des femmes et de la famille, qui n’est pas la même qu’en Suède,

-         et cette valeur Travail en France sans lequel on te fait vite comprendre que tu n’es rien. Cet équilibre vie perso-vie pro semble plus mis à mal ici… il faudra surveiller ca !

Nos choix en termes de logement
Lors du voyage de reconnaissance, nous avions visité des appartements et des maisons. Nous avons la chance d’avoir trouvé une location dans les quartiers sud d’Aix, avec un vaste garage où nous avons stocké tous nos cartons. Et oui, comme bien des familles sur le retour, il a fallu se refaire à la réalité des surfaces, et se serrer un peu pour habiter dans moitié plus petit. C’est cher de se loger dans la région. Mais notre incroyable capacité à nous adapter et rebondir est toujours là !

Le choix des écoles pour les enfants
Les enfants vont à l’école à Aix, dans le public et dans le privé. En revenant de Suède, nous savions que ce ne serait pas évident de se réadapter au système scolaire à la française. Mais la réalité en encore pire que ce que nous avions imaginé. Heureusement, les enfants ont cette faculté de vivre dans le présent et dès la Toussaint ils commençaient à se sentir à leur aise avec quelques nouveaux amis. Pour nous, les parents, tellement de choses nous choquent encore : organisation, surcharge des classes, accueil en masse et tellement moins individualisée qu’à l’étranger…

Les réseaux incontournables pour faciliter les contacts au retour
La cour de l’école, les réunions de parents d’élèves et les invitations aux anniversaires sont un bon vivier d’échanges d’informations et de premiers liens, mais les expat’ ont d’autres ressources cachées n’est-ce pas ? Il y a aussi l’AVF www.avf.com qui remplit parfaitement la mission d’accueil des nouveaux arrivants, on y croise des expat’ et des gens qui ont bougé toute leur vie en France. Ensuite tous les réseaux sont utiles : les réseaux sociaux, le réseau professionnel, les associations d’anciens élèves… et bien sûr, l’annuaire et le site www.femmexpat.com, avec lequel je me suis fait de nouvelles connaissances ici. C’est tellement plus simple d’échanger avec des personnes qui ont vécu le même parcours que vous.

Pour finir, je dirai que l’expatriation nous a changés. Notre regard sur les choses a changé. Cette prise de recul nous a rendus plus critiques par rapport à la France et aux français aussi. Un jour, j’ai lu ces mots de Maude, ancienne expat’: « Si vous revenez en France après de longues années d’absence, comme nous, envisagez l’expérience comme une véritable expatriation. C’est le seul moyen d’éviter les frustrations ». J’y pense souvent. C’est vrai que lorsqu’on revient -qui plus est dans une nouvelle région- on se sent comme expatriés dans son propre pays. On est accueilli en tant que tel d’ailleurs, il faut savoir l’accepter… et petit à petit ce refaire aux « codes » de l’endroit où on vit. Alors oui, on s’est installés ici comme si on devait y rester pour toujours, et en même temps, comme de bons expat’, on vit chaque jour comme si c’était le dernier, pour vivre une nouvelle tranche de vie intense en découvertes culturelles et humaines, jusqu’au prochain départ !?

Bénédicte P.
Aix en Provence

 

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Retour France : Inscriptions Collège et Lycée

Livre "De retour chez soi", par Florence Gindre

Quand le temps du retour a sonné...

La question est: «Quand est-ce que vous rentrez ? »

 


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