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Héloïse Delavenne, psychiatre et dessinatrice à Belo Horizonte


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Tous les parcours de femmes expats sont différents, moi c’est une histoire d’amour qui m’a fait traverser l’océan et m’installer au Brésil !

J’ai rencontré Frederico alors qu’il commençait son doctorat en neurosciences en France. Il est brésilien, je suis française et vu tous nos points communs, le même métier passionnant, les mêmes loisirs, la peinture, le vélo, les voyages, la famille, bref on s’est marié ! La question de l’immigration au Brésil s’est résolue devant une bonne opportunité de carrière professionnelle pour lui, aujourd’hui il est Professeur de psychiatrie à l’Université Fédérale de Minas Gerais, et mon gôut pour les défis !

Cela fait maintenant 3 ans que je suis arrivée à Belo Horizonte, petite ville de 3 millions d’habitants au Brésil. Le premier défi a été apprendre le portugais, ça a été plus simple que ce que j’imaginais, on se sent vite à l’aise dans une autre langue latine, « é bem intuitivo » , c’est bien intuitif!

La grande aventure ça a été de revalider mon diplôme de médecine au Brésil. C’est bien rodé comme processus parce qu’il y a en ce moment beaucoup de médecins des autres pays d’Amérique du Sud qui souhaitent exercer au Brésil, principalement des Colombiens et des Argentins. Il y a plusieurs étapes, une fois déposé le dossier avec tout l’historique scolaire et universitaire français, il faut passer une épreuve écrite sur 2 journées entières, puis, si on est accepté, une épreuve orale avec des mises en situation de médecine. Je m’en suis bien sortie, je suis arrivée première à l’examen écrit sur les centaines de candidats médecins inscrits ! J’ai beaucoup révisé mais il faut reconnaître aussi les bonnes bases des études françaises de médecine. J’ai discuté avec un médecin français quelques mois plus tard qui travaille aux Etats Unis et il m’a dit la même chose, que les études de médecine en France sont excellentes et que l’on s’en rend compte quand on passe ainsi des examens à l’étranger.

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Maintenant je travaille comme psychiatre, ma spécialité, dans un cabinet de consultation en ville, je suis en train de finaliser un master en médecine moléculaire et je m’investis dans la peinture. J’ai une vraie vie brésilienne avec plusieurs activités en parallèle tout en trouvant le temps de reprendre les études.

Mon travail de psychiatre est aussi passionnant qu’en France, c’est un métier très humaniste et très gratifiant au quotidien. Les « mineiros » (« mineurs »), les habitants du Minas Gerais (Mines Générales), un état de mines de fer, d’or et de pierres précieuses, sont très accueillants vis à vis des étrangers. Comme médecin française je n’ai pas de mal à gagner leur confiance, la France véhicule une image très chic au Brésil.

Une des principales différences pour l’exercice de la médecine est, à mon avis, la question de la sécurité sociale. Au Brésil il existe plusieurs système de soin, le SUS (« sistema unico de saude », système unique de santé) qui est le système de santé publique qui s’adresse, pour le moment, principalement aux personnes les plus en difficulté. Il existe un système de soin privé qui repose sur les mutuelles, les « planos de saude », quasi chaque profession a sa mutuelle. Les mutuelles passent des conventions avec certains médecins, certains hôpitaux. Mon cabinet de consultation a par exemple un accord avec deux mutuelles. La mutuelle prend en charge une partie ou la totalité du prix de la consultation. Et enfin un système de santé très libéral ou les patients paient entièrement les consultations, les actes, ect. Nouveauté pour moi, il m’arrive de négocier le prix de la consult avec le patient et de prendre en compte le prix des médicaments pour faire la prescription, aucune mutuelle ne rembourse les médicaments qui sont toujours entièrement à la charge de la personne. Cela modifie beaucoup la façon d’exercer la médecine, mais au fil du temps on s’adapte à cette réalité que toute la société accepte.

Pour ce qui est de la façon dont la dépression, l’anxiété et les troubles psychiatriques plus graves sont exprimés, c’est très intéressant de noter les différences culturelles, il faudrait un article entier pour décrire ces aspects. Ce que je peux dire succinctement c’est qu’il règne une « mentalité avec plus d’espérance » qu’en France, les patients se surmènent pour travailler dans plusieurs emplois et étudier, il y a une situation de plein emploi, un chômage quasi inexistant, des concours pour devenir fonctionnaire très fréquents. Les brésiliens ont le sentiment qu’ils peuvent améliorer leur vie et Cópia de ouro preto festaleur rente en s’efforçant. Et c’est le cas, beaucoup de personnes sont sorties de la misère, ou sont montées de classe sociale ces dernières décennies, mais cela amène aussi un bon nombre de personne dans mon cabinet de part l’extrême fatigue, la privation de sommeil ou la demande d’amphétamine pour être d’avantage concentré pour bachoter après 8h de travail... Tout cela sur un fond de grande inégalité sociale et dans un pays démocratique assez jeune. Au total, la vie au Brésil n’est pas dépourvue de tension sociale, de risque de vols, mais il y a comme une légèreté dans l’air... Les gens plaisantent et beaucoup de choses se résolvent en musique, par exemple pour les élections présidentielles actuelles, chaque candidat passe son annonce en clip !

L’expérience de l’immigration m’a beaucoup apporté et notamment a mis en avant mon côté artistique. Depuis petite je dessine. Partant en vacances avec les amis ou la famille, je ne prenais pas d’appareil photo mais mes carnets de dessin, cela a toujours fait partie de ma vie. Mais c’est seulement en arrivant au Brésil, sans pouvoir travailler, sans personne de connu, dans une langue que je maîtrisais peu que les dessins sont devenus aussi importants. J’ai dessiné d’avantage, suivi un semestre à la faculté des beaux arts, crée une page facebook et un blog où je poste presque tous les jours un dessin.

L’idée originale du blog était de capturer des moments de la vie quotidienne brésilienne en dessin, ce qui attire l’attention, ce qui est amusant, différent... Grâce à cela j’ai pu partager ma vision du monde, mes expériences et cela m’a apporté de véritables rencontres, cela m’a permis de passer au delà des différences culturelles et de me sentir comprise... Comme expatriée, dans mon expérience, on perd un peu ce sentiment d’être soi, d’être reconnu comme unique, on devient « un français », « une française » : tout ce qu’on pense ou que l’on dit est entendu comme « c’est comme ça qu’on pense en France, c’est comme ça qu’on s’habille en France, c’est comme ça qu’on cuisine en France...». Dessiner a été un moyen de me faire reconnaître comme Héloïse et pas seulement comme française. Je conseille vraiment les activités artistiques dans les expériences d’immigration ! Cela aide beaucoup à s’intégrer et à affirmer son identité.

J’ai commencé à montrer virtuellement mes dessins avec le blog et surtout la page facebook, réseau social très influent au Brésil et cela m’a amené des conséquences dans la vie réelle ! J’ai déjà pu monter deux expositions, écrire des rubriques avec des illustrations pour des magazines et j’ai beaucoup d’autres projets d’illustration, c’est passionnant ! Je continue à animer la page en français et en portugais même si la plupart des « fans » sont lusophones. C’est important pour moi de continuer à créer en langue française et je crois que cela plait aux brésiliens aussi d’avoir ce contact culturel francophone. En plus, il y a des « fans » francophones très actifs, je ne peux pas arrêter d’écrire en français pour eux. Je vous invite vous aussi à venir jeter un coup d’oeil et dialoguer sur ces instants du quotidien d’une française au Brésil sur la page facebook « desenhos de uma francesa no Brasil » !

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Par Héloïse D.

 

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