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Amérique du sud Nicaragua

Vivre à Managua -Nicaragua

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Managua, capitale du Nicaragua est un très beau pays, très vert, parsemé de volcans et de lacs ci-et-là, bordé par les Caraïbes à l’Est et le Pacifique à l’Ouest. Une fois à terre, c’est une autre histoire : je me pris à mon arrivée un bon gros choc culturel en pleine face (surtout avec si peu d’heures de sommeil au compteur et le décalage horaire). Le bruit d’abord. L’agitation. La chaleur.

Et puis au fur et à mesure que l’on arrive à Managua (la capitale du Nicaragua), la pauvreté omniprésente : des enfants de 6-8 ans qui se faufilent entre les voitures pour laver les pare-brise ou vendre des breloques afin de récolter quelques pièces ; des carrioles tirées par des chevaux faméliques entre un luxueux 4x4 et un taxi qui n’a plus de vitre arrière ; des routes défoncées, parsemées de trous lorsque ce ne sont pas des chemins de terre à certains endroits ; des maisons presque toutes semblables, au toit de tôle pour la plupart. La pollution, les gaz des pots d’échappements qui prennent à la gorge quand on ouvre les fenêtres, des détritus partout. Pas de centre-ville mais des successions de rues presque toutes identiques et sales.

Et oui, bienvenue dans le pays le plus pauvre d’Amérique Centrale et le 2e plus pauvre de toute l’Amérique Latine. Il m’a fallu quelques jours pour m’adapter à cet environnement et me remettre du décalage horaire (#jetlagéeTMTC). Une fois acquis un ventilateur salvateur et un anti-moustique de choc, la vie à Managua devient bien plus facilement supportable.

La maison où je vis est construite sur le même style que toutes les maisons de Managua : un petit patio couvert entouré par une grille, un salon, 3 chambres sans vraies fenêtres (plutôt des grilles qui donnent sur une petite cour dans mon cas, où poussent 2 cocotiers) et une cuisine qui est à l’extérieur. Les murs sont nus, le sol carrelés et les installations électriques comme le confort un peu sommaires. Au Nicaragua, très peu de maisons comportent un ou des étages en raison des risques sismiques. 

Le Nicaragua est ce qu’on appellera poliment une démocratie autoritaire. Le président, Daniel Ortega, est un ancien sandiniste (en gros un communiste qui a voulu libérer le pays d’une dictature – chose fort courante en Amérique Latine à l’époque – et dont les amis portaient les doux noms de M. Castro ou de M. Che (Guevara)), converti fort opportunément dans les années 2000 au catholicisme, ce qui lui a permis de revenir au pouvoir, qu’il garde précieusement depuis bientôt 10 ans. Au niveau politique et administratif, tout est donc extrêmement centralisé et doit d’abord passer par le tout-puissant ministère des relations extérieures. Ensuite, la famille et les copains sandinistes ont souvent des bonnes places dans l’organigramme étatique, et il n’est pas rare de croiser plusieurs personnes aux patronymes curieusement identiques à divers postes stratégiques.

Ce petit pays qui vous était donc (tout comme à moi) presque inconnu il y a 3 mois ne manque historiquement et politiquement pas d’épaisseur et de piquant – tout comme sa nourriture… Comme vous l’aurez compris avec cette transition de toute beauté, les Nicaraguayens raffolent de tout ce qui est piquant et pimenté. Heureusement, ce charmant supplément qui annihile vos papilles pendant les 5 prochaines minutes est généralement optionnel. La nourriture traditionnelle est en général plutôt bonne (quesadillos, tacos, tortillas…) quoiqu’assez grasse – ce qui fait qu’il y a énormément d’obèses au Nicaragua. Pourtant, il est très facile de s’approvisionner à moindre coût en fruits et légumes frais sur de petits marchés locaux. Difficile de trouver des pommes ou des oranges mais les ananas et les bananes les compensent aisément. On trouve souvent des vendeurs ambulants, de glace ou de tortillas qui déambulent dans les rues en annonçant leurs produits comme des vendeurs de plage. A l’heure du déjeuner, nous nous rendons souvent avec 2-3 collègues dans des « comedores », des petites cantines où l’on peut manger un plat chaud pour 4-5$.

Pour ce qui est de l’argent, le coût de la vie est en général moins cher (transports, fruits et légumes) mais pas autant que ce à quoi on pourrait s’attendre, surtout si l’on va dans les supermarchés pour acheter sa nourriture ou d’autres nécessités. Le système monétaire des nicaraguayens n’est par ailleurs pas des plus simples, car ils utilisent indifféremment leur monnaie (le cordoba) et le dollar américain – 27,5 cordobas équivalent en gros à 1$), ce qui ne facilite pas la vie des non matheux. 

Autre particularité locale, le système d’adresse. Les Nicaraguayens n’ont pas de noms de rue. Il s’agit donc de trouver votre direction grâce à un point de repère (la rue qui mène au volcan Masaya, ou l’église du Carmen par exemple…) puis de se diriger par rapport au 5 points cardinaux (le nord, le sud, abajo, arriba, et le lac) en précisant s’il faut remonter de 1 ou 2 pâtés de maison dans telle ou telle direction. Je vous laisse deviner mes aventures avec mon sens de l’orientation légendaire…

Le rythme de vie est assez décalé puisque les gens commencent à travailler tôt (7h30 pour ma part) pour finir tôt (16h30), la nuit tombant en effet rapidement dès 17h30 – et ce, toute l’année. Les rues sont donc animées dès 6 heures alors qu’il est déconseillé de sortir seul après 19-20h. Les week-ends, eux, n’ont pas grand chose à voir avec le reste de la semaine. Ils sont l’occasion de voyager à moindre frais pour découvrir des lieux paradisiaques, au point que, lorsqu’on revient à Managua, on se demande si on est vraiment resté dans le même pays…

Le premier week-end nous sommes allés à la Laguna de Apoyo, en réalité un lac, situé à une demi-heure de Managua et formé dans un ancien cratère volcanique (donc eau délicieusement chaude). Le lieu, en dépit de ses bons restaurants, est relativement peu fréquenté, ce qui est loin d’être désagréable.

Le deuxième week-end, nous nous sommes rendus à Granada, une ancienne ville coloniale à une petite heure de Managua. Toutes les maisons sont extrêmement colorées, l’architecture est ravissante et il y a pas mal de petites églises à visiter. Nous avons également fait du kayak dans les Isletas, qui sont des petites iles habitées, pas très loin du rivage, et où l’on peut apercevoir quelques beaux oiseaux et belles plantes en pataugeant au milieu de la mangrove.

Voilà pour les premières aventures de la chela (ce qui veut dire petite blanche) chez les Nicas !

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