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La Thaïlande et Bangkok, vue par l’oeil d’une expatriée


La thaïlande et bangkokImaginez une France tropicale et vous voilà en Thaïlande !

Superficie et démographie à peu près comparables, une capitale d’un peu plus de 10 millions d’habitants également, des régions aussi diversifiées, un accent aussi fort sur le tourisme...

Et une population toute aussi gouailleuse, amatrice de rire et de bonne chère, individualiste, soucieuse de la hiérarchie et de l’étiquette, et fière de sa culture et de sa langue que nos bons Gaulois. Et pourtant...

Ironiquement, les similitudes ne se reconnaissent souvent qu’après des années de séjour, lorsque l’on a enfin réussi à faire un sort aux différences qui, elles, assaillent l’expat dès son arrivée.

 

La Ville

Tout d’abord, Bangkok, c’est grand ! Certes pas aussi longue que son artère principale, Sukhumvit (qui va jusqu’au Cambodge et même jusqu’à Hanoi via la fameuse Nationale 1), la ville approche quand même 100km dans sa plus grande largeur. Elle est très désordonnée (urbanistes sensibles, n’approchez pas !), et constamment embouteillée d’un mélange de BMW et Mercedes derniers modèles, de ‘pick-up’ brinquebalants, d’autobus à peine visibles au milieu de leurs gaz d’échappement, de ‘tuk-tuks’ (un tuk-tuk est une mobylette aménagée sur trois roues qui transporte des passagers - très populaire à Bangkok) acrobates, de petites échoppes baladeuses... et d’une foule dense, fluide, bigarrée, asiatique. L’exotisme avec un grand « E », assené en surdose. Qu’importe que 65% de la population bangkokienne ne soit pas vraiment thaïe, mais sino-thaïe - la différence est énorme, mais pas à nos yeux de béotiens, qui nous empressons vers les quartiers fréquentés par les « farangs » (les Occidentaux).

De fait, peu d’expats - même de longue date - connaissent tout Bangkok.

Généralement, l’on se contente de Sukhumvit, Ploenchit, Sathorn et Silom, où se trouve aussi d’ailleurs largement de quoi s’amuser (restaurants, cinémas, centres commerciaux, le fameux Patpong et autres quartiers chauds pour étrangers, etc.). Quelques petites excursions vers le marché de Chatuchak, le Palais Royal et les temples, la rivière Chao Phraya, et le tour est joué. Evidemment, la délocalisation des entreprises manufacturières et des écoles internationales pousse à l’aventure vers Bangna (au sud), Rangsit (au nord) ou Lad Prao (au nord-est), mais les expats profitent souvent du réseau d’autoroutes de plus en plus pratiques pour maintenir leur confort de vie en centre-ville.

 

Le Climat

Ensuite, à Bangkok, il fait chaud ! L’année se divise en à peu près trois saisons, qui comme partout régissent la vie du pays.

  • De mars à juin, c’est l’été. Il fait très chaud (de 30 à 37°), et sec. Le point culminant est mi-avril, et c’est l’occasion de Songkhran, le Festival de l’Eau ( !) et le Nouvel An traditionnel thaïlandais. De façon assez logique, c’est aussi la période des grandes vacances scolaires, de fin février à mi-mai (les pauvres petits Français et autres étudiants d’écoles internationales, eux, dépendent de l’air conditionné pour ne pas ruisseler sur leurs cahiers !).
  • De juillet à octobre (27 à 30°), c’est la saison des pluies. Torrentielles, bien que moins bien réglées que les moussons classiques. C’est la période des inondations : bien que l’aménagement progressif de pompes nous prive aujourd’hui de l’expérience tragi-comique de Bangkok sous les eaux (avec crocodiles dans les rues comme en 1995), les provinces sont loin d’avoir passé le cap. C’est la saison des changements de temps, des rhumes et des grippes. Lorsque les eaux se retirent, les Thaïlandais y déposent leurs péchés de l’année sous la forme symbolique d’un petit bateau de fleurs - c’est la charmante cérémonie du Loy Kratong.
  • De novembre à février, c’est l’hiver. C’est-à-dire qu’il fait de 24 à 28°, avec un beau ciel bleu et une agréable petite brise. Seuls les masochistes s’absentent pendant cette période, et du reste, c’est la forte saison du tourisme. C’est aussi l’explosion des fleurs variant formes et couleurs à l’infini.

A toutes ces descriptions doit pourtant s’ajouter un bémol de taille : l’air conditionné !

Malheur à ceux qui viennent en tenues d’été, c’est la bronchite garantie. Car le climat ne s’applique qu’à l’extérieur. Pour l’intérieur (des bureaux, des centres commerciaux, des cinémas, etc.), la veste ou l’écharpe sont de rigueur. Mais soyons heureux : les Thaïlandais suivent la « voie du milieu » en ceci comme en tout, et nous sommes loin de la folie Singapourienne ou hongkongaise - la tenue polaire nous est épargnée.

 

Y vivre : la vie domestique

Pour les expats « de carrière », pas de surprise : ils pourront se recréer en un rien de temps la vie à laquelle les pays en développement les ont habitués.

Ceux dont c’est la première expatriation en revanche risquent de se laisser aller à quelques « oooh » et « ahhh » et « grrrr » au gré des émerveillements et des frustrations auxquels ils ne manqueront pas d’avoir droit :

  • Un grand appartement avec piscine, sauna, club de gym et restaurant ou une grande maison avec jardin tropical en plein centre ville... mais les enfants doivent se lever à 5h30 du matin pour aller à l’école, embouteillages et distances obligent.
  • Une femme de ménage / nounou / cuisinière à domicile appelée maid ... mais elle ne parle que thaï (ou plutôt son dialecte d’Issarn), vous laisse découvrir - trop tard - les problèmes et s’empresse de déguerpir à la première confrontation, mais rassurez-vous on trouve aussi des perles ! 
  • Une nourriture thaïe merveilleuse... mais plutôt épicée (et c’est un euphémisme !).
  • Des taxis en abondance et confortables... mais dont les chauffeurs ne connaissent pas du tout la ville.

Bref, soyons « zen » pour être bien à Bangkok, et voyons les bons côtés, qui sont nombreux.

Certes les Thaïlandais ne sont « pas comme nous » - surprise ! Eux non plus ne nous comprennent pas - et nous considèrent d’ailleurs comme assez peu civilisés en général. Mais ils en tirent la conclusion qu’il vaut mieux ne pas chercher à comprendre, et nous acceptent tels que nous sommes. D’où l’immunité peu commune dont bénéficient les Farangs, et dont ils abusent parfois.

En fait, pour un expat arrivant en famille pour un séjour limité à 2-3 ans, il est possible de s’aménager une vie confortable au creux de la communauté française, sans changer grand-chose à ses habitudes tout en bénéficiant d’une qualité de vie supérieure à celle de la France et en limitant les risques liés aux interactions locales. 

 

Valeurs et Culture

Certains désirent profiter de leur séjour pour mieux connaître la Thaïlande : c’est là où les problèmes commencent. Les bandes dessinées et livres humoristiques abondent sur les situations grand-guignolesques créées par les malentendus et chocs de cultures - leur lecture est amusante et édifiante.

Ils expliqueront à l’expat les valeurs essentiellement bouddhistes des Thaïlandais. De même, leur hiérarchie sociale complexe et stricte, quasi-féodale, et l’importance du Roi. Ils noteront les énormes différences de revenus, le petit nombre de Thaïlandais dotés d’une éducation supérieure, la corruption flagrante à tous les niveaux, les systèmes socio-économiques mafieux. Ils observeront les innombrables contradictions apparentes (la Thaïlande est leader mondial dans plusieurs secteurs agro-alimentaires tout en ayant un taux de rendement parmi les plus bas, par exemple).

En général, ils concluront ce que tout vieil expat confirmera : plus on connaît la Thaïlande, et plus on sait qu’on n’y comprend rien !

La preuve : demandez à n’importe quel « vieil » expat de raconter la Thaïlande, et il y a fort à parier pour qu’il s’adonne au sport national (parmi les « Farangs ») et se lance dans une inépuisable diatribe sur les défauts des Thaïlandais, du système, de tout le pays. Coupez-le alors pour lui demander pourquoi il y reste. Il vous regardera avec de grands yeux et vous dira : « parce que je ne vois pas où je serais mieux qu’ici ». Allez y comprendre quelque chose !

 

Isabelle Michelet

 

Liens utiles sur Bangkok:

Accueil Francophone de Bangkok - Réseau Fiafe
Alliance française de Bangkok
Lycée Français International de Bangkok

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