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Cécile Rogue et son école d’art de vivre à la française, à Moscou


cecile-rogueCécile Rogue s'est installée à Moscou où elle vient de lancer son école d'art de vivre à la française, destinée à la clientèle russe. Elle nous raconte son parcours que vient couronner le proverbe russe "Qui ne risque rien ne boit pas de champagne".

Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis arrivée à Moscou en 1995, philologue de formation, fascinée par la langue russe, et avec l’envie de faire découvrir aux Russes la France. J’y ai rencontré mon mari, qui est Russe, et suis aujourd’hui mère de 2 garçons de 10 et 11 ans.

Qu’est-ce qui vous a amenée à Moscou ?
Mon amour de la Russie et de la langue russe. J’ai eu la chance de commencer à apprendre le russe en 6ème en 1980, et plus je progressais dans la langue, plus le pays s’ouvrait. Ayant fait des études à Moscou en 1991-1992, qui sont pourtant des années difficiles pour la Russie, je n’avais qu’une envie – revenir. Tout était tellement différent, tout était à créer, les contacts humains étaient d’une richesse incroyable.

Comment vous est-vous venu ce projet d’activité?
Je suis arrivée à Moscou pour ouvrir mon agence de voyage (avec un partenaire russe) destinée à une clientèle individuelle désireuse de découvrir la France, ses régions, sa richesse, loin des voyages de groupes standards qui étaient alors la seule proposition sur le marché. Je continue toujours cette activité, qui a beaucoup de succès. Avec les ans j’ai établi énormément de contacts avec les français de Moscou ou ceux qui y viennent régulièrement, et qui sont porteurs de savoir-faire et de connaissances susceptibles d’intéresser mes clients russes.  D’un autre côté, j’ai beaucoup de clients russes qui adorent la France et ont envie de rencontrer des français et d’échanger. Je me suis donc dit qu’il y avait quelque chose à créer – un lieu de rencontre franco-russe en plein centre de Moscou.
Je n’ai pas suivi de formation, c’est un projet que je portais en moi depuis longtemps, j’ai lancé l’Ecole et la regarde grandir, un peu comme un enfant – dans des directions parfois inattendues.

Quelles ont été les démarches à faire, les éventuelles difficultés rencontrées ?
En Russie, je dirais que tout se fait facilement. Il suffit d’avoir de l’enthousiasme, les bons contacts et beaucoup d’énergie. Je ne fais pas de commerce, c’est donc aussi plus facile, pas de commissions sanitaires ou de problèmes de douane. J’y mets beaucoup d’énergie, de temps personnel, et les Russes y sont très sensibles. Etre Française est un vrai atout dans ce pays. Et puis bien sur, j’ai ma formidable petite équipe franco-russe, qui m’aide en tout !

Que propose exactement votre école d’art de vivre ? Qui sont vos intervenants ?
Notre école se veut un lieu d’échanges et de promotion de l’art de vivre à la Française dans toutes ses déclinaisons.
Vous le savez peut-être, les Russes adorent la France et tout ce qui est français, et nous envient nos traditions et notre art-de-vivre. En tant que Française vivant depuis longtemps en Russie, j’ai de nombreux amis russes et beaucoup me demandaient toujours de leur montrer comment je fais ceci ou cela, comment les Français dressent une table, comme s’habiller pour avoir notre style, etc… C’est donc tout naturellement que m’est venue l’idée de l’école. On peut dire que désormais il existe un lieu à Moscou pour ces amoureux de la France : une école de l’art de vivre à la Française qui leur est entièrement consacrée et pas besoin de parler francais puisque tout ce que nous organisons est animé en langue russe !
L’école est située en plein centre de Moscou, ce qui est pratique, j’ai voulu en faire un lieu à la fois convivial et raffiné. L’espace à l’état brut est volontairement sobre car nous mettons un point d’honneur à le décorer en fonction de chaque atelier, de chaque évément, ainsi nos élèves découvrent à chaque fois un lieu nouveau !
On y propose de suivre des conférences, de participer à des soirées à thèmes, des événements ou des ateliers interactifs sur des thèmes tels que la mode, le stylisme, la joaillerie, le luxe et le savoir-faire de ses grandes maisons, l’éducation à la Française, l’étiquette, le savoir-vivre à table et au travail, l’art de créer une jolie table et les arts de la table, la gastronomie, les recettes typiquement françaises, les vins et spiritueux, les jardins à la Française, les fleurs et l’art floral, l’histoire des grandes maisons et des marques françaises.
A chaque fois nous apportons beaucoup de soin à l’accueil de nos élèves, à leur confort, nous réalisons toujours un petit buffet de douceurs et de mets « fait maison », nous trinquons autour d’un verre, nous partageons un petit café, à la Française ! Nos clientes apprécient et nous demandent toujours nos recettes !
Nous aimerions à court terme pouvoir aborder des sujets tels que le design et la décoration à la Française, mais aussi l’art et l’histoire de l’art, la littérature, le cinéma et la culture. Le choix des thèmes est très vaste, du moment que nous parlons de la France, de sa culture et de son savoir-faire, et que l’approche a un côté pédagogique !
En fait le plus dur pour nous est de trouver des intervenants français et russophones, de préférence vivant à Moscou, car il nous est plus difficile de faire venir les gens de France, à la fois pour des raisons de coût mais aussi de visa.  Parfois nos intervenants vivent en France mais se rendent à Moscou régulièrement pour leurs affaires et nous font le plaisir de venir intervenir à l’école lors de leurs visites, c’est le cas de notre experte mode Dorothée Truchot, qui intervient chez nous une fois par mois. Pour nos dégustations de vins également nous profitons de la visite en Russie de sommeliers, d’œnologues ou d’experts pour faire profiter de leur savoir à nos élèves. Le problème de la langue reste présent, en effet, on peut utiliser des interprètes mais sur un atelier interactif c’est beaucoup moins fluide et convivial…

Qui sont vos clients/élèves ? Comment vous faites-vous connaître ?
Il est vrai que notre défi aujourd’hui est de nous faire connaître puisque notre activité est récente et nos moyens de communication limités. En effet, nous devons certes élargir notre réseau de diffusion pour aller à la rencontre de plus de Moscovites mais aussi pour trouver de nouveaux intervenants désireux de partager leur savoir et pouvoir, de notre côté, élargir les thèmes de nos ateliers afin de donner à notre école toute la dimension pensée au départ.
Mais je suis d’ores et déjà fière du chemin parcouru car même si nous organisons encore relativement peu d’évéments, environ un par semaine (sans compter les quelques séjours thématiques que nous organisons en France pour des petits groupes), tout ce que nous organisons est de qualité et nous recevons beaucoup de compliments, c’est ma vraie récompense aujourd'hui.
Le profil de nos élèves est varié mais je peux dire que, à part pour les dégustations de vins ou le public est mixte, notre public est pour l’instant quasi exclusivement féminin ! Nos élèves couvrent des tranches d’âge assez large puisque nous avons de toutes jeunes élèves et puis des dames beaucoup plus âgées et… toute la palette entre les deux !
Nos élèves sont souvent des femmes actives, c’est pourquoi nos ateliers ont souvent lieu le soir, même si, sur certains thèmes, nous avons deux sessions, une en journée et une en soirée.
Dans l’ensemble ce sont des gens assez aisés, des banquières, des designers, des responsables de boutiques, des cadres de haut niveau en entreprise, des femmes qui ont monté leur entreprise, sans doute aussi car notre carnet d’adresses provient au départ de notre agence de voyages qui est une agence très haut de gamme.
Bien souvent ces dames viennent accompagnées d’une amie et c’est pour nous le moyen d’élargir notre base d’élèves. Nous utilisons aussi beaucoup les réseaux sociaux, moyen moderne et actuel de communication et adapté à notre activité puisque nous pouvons poster des photos de ce que nous organisons, rappeler notre calendrier, présenter nos intervenants, etc…

Certaines viennent là pour élargir leur réseau, d’autres ont une vraie soif d’apprendre, leur culture de la France est déjà forte, elles sont cultivées, connaissent parfois même mieux notre littérature que nous mais elles veulent élargir leurs connaissances, aussi une manière de se différencier, d’élargir leur confiance en soi, au delà de se changer les idées ! Certaines travaillent avec ou pour des français et elles veulent pouvoir mieux comprendre notre culture et notre mode de pensée.

Que vous apporte l’expatriation ?
Je ne sais pas si je peux dire que je suis expatriée – je me sens émigrée dans ce pays fantastique qu’est la Russie, je ne bénéficie d’aucun des avantages souvent associés aux expatriés (appartement payé, école des enfants prise en charge, etc...). Mais là n’est pas le point. Etre Française en Russie est très agréable, la France occupe réellement une place particulière dans le cœur des Russes. Et cela incite à porter un autre regard sur la France, qui ne  sait pas toujours être à la hauteur de cet amour. Par exemple dans l’accueil des touristes étrangers en France, dans la diffusion à l’étranger de sa culture et de sa langue. En Russie je me sens très Française, et sans tomber dans les clichés, je fais toujours de mon mieux pour être à la hauteur des attentes de mes amis russes. Cela me donne aussi envie de transmettre mon patrimoine culturel à mes enfants, qu’ils en soient fiers, et qu’ils le connaissent bien. Les Russes ont été privés de racines, en 1917 le couperet de l’histoire a tout tranché, et ils nous envient ces traditions, ces racines familiales que nous avons. Avec eux j’ai vraiment appris à en prendre soin et à les apprécier.

Quels conseils donneriez-vous à une femme qui hésite à partir / à se lancer ?
Se lancer, ne pas hésiter. Ne pas se laisser gagner par la morosité ambiante, et faire le maximum pour réaliser son rêve où que ce soit et quel qu’il soit. Il est plus facile maintenant avec Internet d’avoir des contacts, des informations sur tel ou tel pays, et ainsi de préparer son départ et son arrivée. Je reçois souvent des mails ou des appels téléphoniques de personnes basées en France qui veulent venir en Russie, et je leur donne les contacts que j’ai. La Russie m’a donné énormément, je lui dois bien cela !

Y a-t-il autre chose que vous souhaiteriez ajouter ?
« Qui ne risque rien ne boit pas de champagne »  dit le proverbe russe. Je ne suis pas une oligarche, mais j’aime ce que je fais et gagne bien ma vie, dans un pays que j’aime, même après 19 ans d’hivers froids, d’embouteillages, de crises financières… Croyez-moi, cela en vaut la peine !

Cécile Rogue

6, Malaya Molchanovka, 121 069 Moscou, Russie
Tel : +7 (495) 787-77-13 Fax : +7 (495) 787-77-14
E-mail : ecole@cecile.ru
Site : www.cecile.ru
Facebook :  www.facebook.com/ecolececilerogue
Blog : ecolececilerogue.blogspot.ru

ecole-cecile-rogue

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