Connexion en tant que membre

Asie pacifique Australie Formations / Etudes Ma destination Ma vie en expatriation Vie pro

Etudiante à Sydney, Australie


ETUDIANTE SYDNEY

Je suis partie à Sydney avec l’idée que vivre mon expérience d’étudiante en échange le plus loin où il m’était possible d’aller, faciliterait bien des choses dans ma vie, et cultiver mon jardin par là bas, n’était pas stricto sensu, une idée déplaisante.

Et le fait est que, de savoir qu’on a des amis-pour-toujours en Australie, avec qui on a arpenté les mêmes rues, partagé les mêmes pizzas et rigolé des mêmes choses m’offrira une nouvelle réalité à mon retour à Paris, et une bonne faculté pour relativiser mes priorités. N’étant pas néanmoins là pour faire pleurer dans les chaumières, laissez moi vous dire que Sydney vaut à fond la tranche, le (long) détour.

N’en déplaise à tous ces gens qui prenaient un air louche, mi effaré, mi curieux quand je leur annonçai mon départ, je peux maintenant dire que venir habiter ici est tout le mal que je leur souhaite.

Je suis donc partie mi février avec le cœur gros, et une valise lourde de recommandations d’usages. Le vol était nécessairement long, mais que voulez vous, je ne vous apprends rien en vous disant que l’Australie n’est pas la porte à côté, et Sydney est une ville qui se mérite.

J’ai eu la chance d’être logée, nourrie, blanchie et aimée dès mon arrivée par une adorable famille d’amis français, histoire de remettre mon horloge biologique au goût du fuseau horaire local, et de me donner toutes les cartes en mains pour affronter moi même cette ville.

Ainsi donc, quand mon corps eut daigné s’adapter et que j’eu cessé de me cogner dans les murs, j’avais évidemment une liste de formalités relative à mon arrivée à résoudre. La première étant d’ouvrir un compte bancaire, cinq minutes, une ligne téléphonique, six minutes, une carte de transports, douze minutes. Nota bene : les Australiens sont efficaces.

Ma seconde priorité était d’aller en pèlerinage à l’Opéra, et en prendre un nombre scandaleusement élevé de photos, comme première étape pour justifier ma venue ici, narguer mes amis, et décorer le frigo familial. Reconnaissez que mes motivations sont bien fondées, vous auriez fait la même chose. Les photos souvenirs koalas/ kangourous/ boomerang/ didgeridoo peuvent attendre quelques semaines, après ça. Abnégation et humilité, je vous dis.

Quand ce fut chose faite, je pu véritablement m’atteler à la tâche ingrate de trouver mon home sweet home local, et me coltiner des heures de sites internet pour trouver la colocation de la mort qui tue.

Laissez-moi vous dire que ce n’est pas chose aisée. L’immobilier coûte un bras, et les distances sont très grandes : si on a un minimum d’intelligence, il faut considérer de près le système de transport. Comme j’en ai dans le ciboulot, c’est ce que j’ai fait, vous vous en doutez. La ville s’étend sur près de 80 km, sans compter la banlieue. Et on n’a pas tous les jours envie de s’enfiler 1 heure et demi pour aller travailler.

Forte de mon Street Directory, j’ai appelé, trottiné, visité, remercié, coché, attendu les réponses, et soupesé près d’une douzaine de chambres, balançant le pour (près de la plage) et le contre (loin de l’école) de chacune.

Ainsi, près de deux semaines après mon arrivée, où je m’étais permis d’être difficile, j’ai emménagé dans une petite maison en brique à Leichhardt, le quartier italien de Sydney, prête à partager mon quotidien du semestre à venir avec Tony, Julian, Glen, Piers, et un chat inclus dans le loyer, Brutus. Forte de volonté et d’une bonne éducation, je me suis tout de suite très bien entendu avec mes 4 nouveaux garçons, et le chat.

Ce n’était pas bien sorcier, au final : il suffit de revoir ses exigences hygiéniques à la baisse quant à la salle de bain et la cuisine, être disposée à regarder 4 films dans la même soirée en faisant des blagues, accepter que le chat vomisse et ramène des pigeons dans le salon, difficile à première vue à accepter, mais vecteur de bonnes histoires, ne pas refuser les très réguliers diners au pub, boire des bières, jouer au billard et les sorties occasionnelles à King’s cross, haut lieu de la vie nocturne du Sydneysider, pour continuer à souder des liens encore plus forts. Il va de soi que j’ai rempli ces exigences de bon cœur, pensez vous.

Je pressentais déjà, à ce moment là, que la saveur de cet échange passerait davantage par les gens que je rencontrerai ici, que par le travail que je devais supposément fournir à l’université. La prise des repères quotidiens s’est ainsi effectuée de pair avec la rentrée universitaire, début mars, après une semaine d’intégration organisée, où ils nous appâtaient avec des buffets démentiels et des informations pseudo essentielles.

Le niveau au SCA- University of Sydney est clairement moins bon que celui des Beaux Arts de Paris, mais leur manque d’esprit critique dont on m’avait averti n’avait pas suffit à m’effrayer.

Bien m’en a pris, puisque j’ai pu trouver une toute nouvelle manière d’enseigner la peinture, mais surtout une liberté incroyable, inhérente à la vie australienne déchargée du poids de l’histoire du vieux continent. Les cours se sont donc déroulés sans encombre, puisque la tonalité du pays, est, dois-je le rappeler, bonne ambiance.

Ainsi donc, les étudiants n’ont peur de rien, et surtout pas de la comparaison. Acquérir ici cette idée que tout est faisable, est devenu du même coup ma nouvelle priorité. Les étudiants font des propositions sans foi ni loi, sans que personne ne prenne au grand jamais, un air atterré. Et dédramatiser la peinture, fait parfois un bien immense, surtout au regard de l’année de diplôme qui m’attend à mon retour.

J’avais déjà réalisé, à ce point de l’expérience, que les voyages forment la jeunesse. Mais pour me former un peu mieux, et occuper mon temps libre, j’ai projeté un petit nombre de voyages, en accord avec mes finances inexistantes, pour rendre justice à l’Australie en général, et non uniquement à Sydney en particulier.

C’est très facile de voyager, avec les compagnies low cost locales, le train, le bus ou la location d’une voiture (14 minutes), et de se loger puisque il y a un paquet de backpackers, ou d’Anglais en Gap Year qui trainent leurs guêtres jusqu’ici, pour voir du pays. Les YouthHostels pullulent un peu partout dans Sydney, rendant la ville encore plus cosmopolite qu’elle ne l’est déjà, mais également dans les autres points névralgiques de ce pays-continent.

De l’Outback de Priscilla, au Darwin de Crocodile Dundee, des plages immaculées de la Great Ocean Road, à l’imposante barrière de corail, de la Pacific Highway à la Tasmanie, il y en a pour tous les goûts, mais les fadas de nature ne seront jamais au bout de leurs peines ici. Et ceux qui trouvaient que la nature, c’est bien mais pas top, en prendront pour leur grade.

Une balade en forêt dans le Royal Botanic Garden à Sydney, suffit pour se sentir misérable à côté des imposants arbres centenaires. Ce n’est pas les opossums de Hyde Park qui vous diront le contraire, si tant est donné qu’ils peuvent parler, bien sur, et que j’en croise un jour un, mais je pourrai marcher dessus et ne pas le voir, mais il s’agit là d’un problème de perception personnel.

J’ai pu voir au cours de mes pérégrinations un paquet de bestioles plus ou moins ingrates, mais toujours avec émotion : l’hôpital pour koalas n’était pas à la hauteur de mes délirantes attentes puisqu’il n’était pas question de les prendre dans mes bras, ni de leur faire un bisou sur leurs bobos, mais valait certainement le coup ; les kangourous morts sur le bord de l’autoroute m’ont fendu le cœur en grand pour la première demi douzaine, mais pas pour la trentaine qui s’ensuivit, et l’iguane, le serpent, les raies étaient, pourquoi pas, sympathiques à première vue. Je maintiens néanmoins que les pélicans et moi même, ne sommes pas sur la même longueur d’onde. Et les animaux précités ne sont que la minuscule partie émergée de l’iceberg.

Les Australiens, sont, pour énoncer des généralités tout à leur honneur, toujours sympas. On nous avait néanmoins prévenu qu’ils étaient « friendly », mais qu’ils ne faisaient pas « friends easily », ce qui n’est pas incompatible avec le chauffeur de bus, dont je ne projetai pas qu’il devienne mon meilleur ami, mais qui m’a aidé à soulever ma lourde valise, comme si c’était une évidence, ni ces inconnus à qui vous demandez un renseignement, et qui appellent leur femme ou leur coloc, pour qu’ils résolvent votre problème d’orientation en regardant dans les pages jaunes, comme de bien entendu, et cela rend la vie plus souple, plus « improvisable » qu’à Paris. Plus « laid back », comme ils disent. Je suis un jour passée dans une rue bardée de banderoles énonçant « Relax to the max ». Faites moi signe le jour où vous voyez le plaisir aussi simplement assumé.

Je mentionne la pratique de l’anglais en vitesse, puisque vous vous doutez bien que c’est la langue nationale : la bonne nouvelles est que, même si vous démarrez avec un niveau communément appelé « de bafouille », vous progressez nécessairement, et ce, dans la joie et la bonne humeur, puisque les Australiens sont suffisamment patients et désireux d’aider en prenant le temps de vous comprendre.

L’écueil à éviter en revanche est de prendre pour acquis, par flemme, que les Français sont nécessairement vos amis. D’une part, ca n’est pas le cas en France, alors je ne vois pas bien pourquoi ça le serait sur d’autres latitudes, d’autre part, il y a tellement de Français à Sydney, qu’on est pas rendu, si on suppose que l’identité nationale suffit pour faire copain-copain, et enfin, c’est tout bonnement stupide de venir jusqu’ici, pour parler français et de passer ses soirées à se taper les cuisses en disant à quel point c’est mieux par chez nous. Et mes amis français ici, sont dans la même optique, par chance : chacun profite de son expérience australienne à l’école, en stage, à l’université, et on met en commun régulièrement nos observations, toujours dans une bonne ambiance, bien sûr.

La découverte de la nourriture australienne mérite également qu’on s’y attarde : elle est « pouf-pouf », comme on la qualifierait chez moi, souvent basée sur le maïs, la citrouille, et les meatpie, comme bon nombre de pays anglo-saxons et la culture du barbecue occupe une place importante également, à tel point qu’on trouve souvent des plaques de cuisson en libre service, dans les parcs publics.
Après une période uniquement frugivore, au début de mon séjour, je me suis résolue à aller errer sans but dans les rayons du Woolsworth, ou du Coles, les supermarchés locaux, sans trouver quelque chose qui ressemble de près ou de loin à ce à quoi j’étais habituée, piochant au hasard des rayons des éléments supposément neutres, avant de trouver mes repères.
Je ne suis pas aidée par mes colocs qui achètent systématiquement leurs dîners take away, sous forme de sushis, kebabs, pizzas, sandwichs ou avatars, et conserves au poisson pour Brutus.

J’ai gardé un contact régulier avec la métropole, par voie de mails de nouvelles, lettres, séances son et lumière Skype et fax avec la BNP, parce que nouvelles, bonnes nouvelles (sauf pour la banque).

Les photos que j’envoie font un effet bœuf, pour mon (et leur ?) plus grand plaisir. Ainsi donc, j’espère ne pas avoir à affronter la fatidique question, pourtant inévitable du retour : « Alors, c’était comment ? ». Trop de choses à dire, envie de ne pas tout dire pour autant, ne pas savoir par où commencer, et finalement ne rien dire, pour ne rien gâcher. Notez bien qu’il est néanmoins probable que la banque ne me pose pas cette question : elle sait déjà.

J’aimerai ne pas faire la promotion de cette ville, pour qu’elle reste mienne, même en dépit des milliers de pèlerins qui débarquent en juillet, je me rassure en me disant qu’ils n’auront pas eu l’honneur et le privilège de vivre en son sein ces quelques mois.

Ces quelques mois se sont déroulés avec une vitesse affolante, et la date de mon départ se rapproche en même temps que germe en moi l’appréhension du retour. On a beau dire, bien sur que je serai contente de retrouver famille et amis, mais l’idée latente de bientôt devoir remercier cette ville pour son accueil, est peut être la chose la plus dure que j’aurai à faire de tout mon séjour.

Mais, croyez moi, le jeu en vaut mille fois la chandelle.

Maimiti.

Femmexpat vous conseille de lire :

Agnès, freelance et photographe à Sydney

Vivre à Sydney, Australie


INSCRIVEZ-VOUS GRATUITEMENT À NOTRE NEWSLETTER

ACCÉDEZ GRATUITEMENT À NOS FACEBOOK LIVE

VOTRE PROTECTION SOCIALE AVEC LA logo CFE

Nos derniers articles !