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J’ai monté mon agence de voyage en Nouvelle-Zélande


Adeline_OUAT_NZUne famille frogs chez les kiwis : larguer les amarres et partir au bout du monde monter son agence de voyages, c'est ce qu'Adeline et Franck ont fait en posant sacs et couffin en Nouvelle-Zélande. Mais pas n'importe comment.

"Je m’appelle Adeline, j’ai 36 ans, je suis l’heureuse maman de Pauline 8 ans, Gaspard 5 ans et Louise 10 mois et l’heureuse co-directrice avec mon mari, Franck, de Once Upon a Trip, une agence réceptive en NZ.

Nous sommes arrivés en janvier 2009 à Auckland et depuis nous ne cessons pas de nous dire « Oh combien nous avons de la chance de vivre ici avec nos enfants et de faire ce que nous aimons, malgré la distance avec nos proches et nos familles ».

Once Upon a Trip est un vieux rêve commun que nous avions avec mon mari, nous avons toujours voulu passer une partie de notre vie ailleurs qu’en France, notre passion commune pour le tourisme et de surcroît notre boulot nous permettaient déjà de passer beaucoup de temps à l’étranger et d’attiser un peu plus chaque fois cette envie de partir sans revenir. On s’est toujours bien sentis dans les îles : d’abord l’Islande, le Cap vert, Madère, les Seychelles puis la NZ.

En sept 2007, une semaine avant la naissance de Gaspard, Franck a eu un accident de moto dont il s’est sorti miraculeusement indemne et tandis que notre vie aurait pu basculer dans le drame, je pense que le déclic s’est fait à cet instant. J’étais en congé parental depuis la naissance de Pauline en 2004, je voulais retravailler mais en aucun cas au détriment du temps passé avec mes enfants, et surtout sans courir après le temps.

En 2008, on était prêts à partir, Franck avait envie d’entreprendre et de jouir des fruits de son dur labeur et moi j’en avais marre de l’agressivité et de la grisaille de la région parisienne et surtout de l’insécurité que je ressentais dans mon propre pays, je ne me projetais plus dans le futur sans être angoissée.

On a eu quelques pistes pour l’Amérique du sud mais cela ne réglait pas particulièrement mes soucis d’insécurité, l’idée de prison dorée ne me séduisait guère, par contre Franck y aurait certainement vécu une grande aventure professionnelle, l’entreprenariat en moins.

Mais pour une expatriation réussie, chacun doit trouver son compte, sinon c’est le foyer qui en souffre. J’ai donc soumis l’idée de la Nouvelle-Zélande où nous avions passé notre voyage de noces en 2003, c’était une destination en croissance, l’événement de la coupe du monde de rugby se profilait pour 2011 et question sécurité, c’était parfait sur toute la ligne. Seule la distance avec tous nos amis et nos familles était problématique dans ce choix.

Nous voulions monter notre agence réceptive anglophone, à savoir, une agence de voyage sur Internet spécialisée sur la NZ en proposant des voyages à la carte, pour tout budget : le voyage sur mesure sans démesure ! On gérerait la partie terrestre, sans proposer les vols internationaux. Ce genre d’agence peut également être le correspondant sur place de tour-opérateurs qui programment la NZ et vendent alors le package vols inclus. Franck qui était alors directeur de Nomade Aventure, un TO spécialisé dans le voyage à pied avait de bonnes relations avec les présidents du groupe Voyageur mais son départ après 10 ans d’ancienneté pouvait tout remettre en cause et nous ne pouvions pas compter sur eux comme des partenaires potentiels à ce stade.

L’un comme l’autre, nous sommes très instinctifs et spontanés et très vite nous avons potassé le site web du ministère de l’immigration pour savoir comment et quel visa nous devions obtenir : le Long Term Business visa était celui que nous voulions. C’est Franck qui a monté le « business plan » et demandé le visa à son nom, le gros avantage était que seul Franck avait l’obligation de travailler pour Once Upon a Trip, moi j’avais un visa de travail. Au cas où nous aurions eu du mal au démarrage, j’aurais pu travailler pour n’importe qui et les enfants avaient un visa d’étudiant. Certes à 16 mois et 4 ans, ça peut paraître prématuré mais cela rendait leur scolarisation gratuite pour la suite, ce qui n’est pas le cas pour tous les visas !

Tous les soirs, comme des gosses avec un nouveau jouet, nous potassions les documents, réfléchissions à notre stratégie et à notre site web, la clé du succès. On s’est tellement amusés à créer l’identité et le ton de OUAT, Once Upon a Trip, avec ses moutons et ses touches d’humour tout en restant très professionnels. Nous avons eu la chance d’entrer en contact avec un super Web Designer avec qui nous travaillons toujours.

Le gros avantage de notre projet c’est que l’investissement de départ était relativement bas et le risque assez faible : certes on avait des frais de départ (déménagement, visa et installation sur place) et un site web à monter, mais c’était tout. On pensait aussi louer notre maison en région parisienne mais la crise débutait et nous n’avons jamais réussi à trouver des locataires au prix que nous voulions, ce qui finalement nous a sauvés car nous avons vite réalisé que nous resterions en NZ et nous avons finalement vendu notre maison et acheté ici, ce qui n’aurait pu se faire avec des locataires et les lois françaises !

Enfin, une fois l’annonce de son départ faite, Franck était toujours attendu à son poste si notre petite entreprise n’avait pas fonctionné, son départ n’était pas une bonne nouvelle mais tout s’est fait en douceur.

Beaucoup nous ont dit qu’on avait de la chance de pouvoir faire ça, il en faut un peu mais cela ne suffit pas, il faut aussi une bonne dose de courage pour tout abandonner et tout recommencer à 19 000 km de tout le monde et il faut aussi des réserves de côté parce que rien que pour le visa, il faut pouvoir subvenir aux besoins de sa famille pour 3 ans.

Bref, notre dossier est parti aux antipodes fin mai 2008, en plus du « business plan », il fallait prouver notre niveau d’anglais, présenter toute une gamme d’examens médicaux sanguins et autre, radios des poumons, prouver que notre casier judiciaire était vierge et payer l’équivalent de 2100 euros que nous soyons acceptés ou refusés. C’est le 14 juillet que nous avons reçu la bonne nouvelle, notre dossier était approuvé et nous recevions un visa temporaire de 9 mois qui nous permettait de commencer à monter notre petite entreprise, puis de récupérer le solde des 27 autres mois si les preuves étaient satisfaisantes…

Tout a été très rapide, trop rapide, nous ne pensions pas arriver avant janvier 2009 et le visa commençait à la date de son acceptation, ce qui ne nous arrangeait pas, mais comme pour TOUT en NZ, on peut discuter et s’entendre, le tout par email, tout est si simple et si pratique ! J’ai commencé mon blog le jour où j’ai réservé nos billets d’avion, c’était pour moi le vrai point de départ de cette aventure. Il n’est pas public, c’est plutôt un moyen de communiquer avec ceux qui nous manquent.

Notre visa a donc débuté le 20 octobre 2008 (jour de la St Adeline !) et le 8 janvier 2009, nous arrivions avec nos 100 kg de bagages et nos 2 bambins âgés de 4 ans et 16 mois à l’époque, au pays des kiwis.

Le plan d’action de cette première année était de louer un meublé et de commencer à travailler sur notre site pendant 2 mois, de trouver et maîtriser un logiciel de cotations et de réservations, de nous faire des cartes de visite, puis de partir pour 9 semaines (3 en camping-car et 6 en auto-tour) à la découverte du pays car nous ne connaissions pas tout et nous devions prendre contact avec les opérateurs locaux : hôtels, B&B, activités, loueurs de voiture et de camping-car… et faire des photos pour alimenter notre site.

De retour en mai, nous devions louer une maison vide pour y accueillir notre container arrivé de France, pour s’installer enfin pour de vrai dans le quartier où nous souhaitions scolariser nos enfants. C’est la seule école du pays qui propose un cursus bilingue français/anglais. Elle propose aussi un cursus bilingue anglais/maori et anglais/samoan, ce qui rend l’école particulièrement pluriethnique, un bon moyen de s’intégrer rapidement.

En juillet et août, nous sommes rentrés en France pour 5 semaines avec les enfants (je savais que l’année d’après nous ne pourrions certainement pas revenir, n’ayant aucun employé mais certainement beaucoup de travail), Franck n’est resté que 2 semaines, il voulait lancer le site fin août pour notre première saison été décembre 09/janvier 10. Nous avons eu nos premières demandes de devis dès septembre et l’aventure a commencé…

Tout s’est plus ou moins déroulé comme sur le papier, je pourrais écrire des pages sur toutes nos anecdotes de départ, les 3 seules « surprises » à mentionner, furent :

-un : le référencement naturel, à savoir le fait pour un site web de remonter gratuitement et naturellement sur Google après x mois d’existence, c’était notre seul et unique moyen de trouver des clients à l’époque, depuis nous avons aussi des partenaires en France mais nous dépensons toujours beaucoup pour le référencement et ce après plus de 3 ans d’existence.

-deux : le marché local francophone de Nouvelle-Calédonie et de Tahiti qui se renouvelle tout le temps étant donné les contrats d’expatriation des profs et des militaires, que nous n’avions pas particulièrement visés mais qui s’est présenté naturellement à nous et qui nous a conduit à lancer la version francophone de notre site en juin 2010…

-trois : organiser des voyages de randonnées guidées, n’est pas simple au pays de la rando ! C’est complexe et technique à expliquer, mais en gros pour randonner avec un guide dans les parcs nationaux (soit 1/3 du pays) il faut montrer patte blanche ! Ca nous rappelle un peu ce qui ne nous manquait pas, la bureaucratie a la française !

A partir d’avril 2011, nous avons embauché Caroline, puis Romain en juillet 2012 et Alexandra nous rejoint en mars prochain, le but est de s’entourer de gens compétents et motivés que nous rémunérons en conséquence a hauteur de notre petite entreprise, a qui nous pouvons déléguer le travail sans angoisse.

Depuis août 2011 et dans la continuité de notre visa d’entrepreneurs, nous sommes devenus résidents néo-zélandais, nous avons du repasser une batterie de tests médicaux, montré les bilans de notre société et pour la rigolade, j’ai du prouver que j’avais un niveau d’anglais satisfaisant en passant l’IELTS. Certains se diront que c’est abusif, moi je trouve ça bien de sélectionner en amont, ce n’est pas facile de rentrer mais une fois qu’on est acceptés alors tout roule.

En août 2013, nous pourrons prétendre a la résidence permanente, nous serons à vie, toujours les bienvenus en NZ. Je crois que 5 ans de résidence nous permettent d’obtenir la nationalité néo-zélandaise, on avisera a ce moment mais comme notre petite Louise est kiwi (comprendre néo-zélandaise) de naissance et française, pourquoi ne le serions-nous pas tous ? Et puis cela nous ouvrira les portes de l’Australie si besoin pour des questions d’études par exemple.

Voila en gros ce que je peux dire de notre vie ici et c’est sans parler du pays en lui-même qui est d’une pure beauté et des kiwis qui sont des gens formidables, d’une générosité incroyable, qui n’ont pas perdu leurs notions de civisme et de patriotisme, on ne se lasse pas d’y passer nos journées, nos soirées, nos week-ends et nos vacances.

Le point noir reste la distance avec nos familles et nos proches, Franck le gère bien mieux que moi. On a pourtant la chance de pouvoir revenir une fois par an pendant 6 à 8 semaines tant que les enfants sont en primaire car nous leur faisons rater 4 à 6 semaines d’école, en juillet (ce sont nos vacances d’hiver et ils n’ont que 2 semaines). Mais 8 semaines par an pour profiter de sa famille et de ses amis, c’est toujours trop court. On a fait le sacrifice des grands-parents pour leurs petits-enfants et vice versa, ce n’est pas rien, j’en conviens, peut-être nos enfants nous le reprocheront un jour. C’est toujours avec un pincement au cœur que je vois mes enfants apprendre à faire de la confiture ou de la couture avec leur bonne-maman lors de ces « courtes » vacances en France, j’aimerais tant qu’ils en profitent plus souvent. Confier et m’éloigner de mes enfants a toujours été une épreuve angoissante, avec le temps, on a tissé des liens et la confiance s’est installée avec nos amis d’ici mais avec la famille c’est différent, on n’a jamais l’impression d’abuser.

On ne regrette rien, si c’était à refaire on referait tout de la même façon et si la NZ, c’est aussi bon d’y vivre que d’y travailler et d’y élever ses enfants, c’est aussi parce que c’est loin, c’est petit et c’est préservé."

Adeline Lemaitre
ONCE UPON A TRIP LTD
Tel: + 64 9 378 76 80 - Mob: + 64 27 298 51 40
PO BOX 147184 - Ponsonby - Auckland 1144 - New Zealand
Visitez leur site internet : www.ouatnewzealand.com

 

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