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Le violon dans les favelas de Rio de Janeiro


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Anne-Constance est arrivée depuis un an au Brésil où elle s'est très vite engagée dans le projet Uerê, auprès des enfants des rues. Sa passion et sa connaissance du violon l'ont amenée à mettre en place un beau projet musical qui rencontre un grand succès auprès de ces jeunes. Elle nous raconte.

UERÊ, une école qui redonne goût et confiance aux enfants des rues de Rio de Janeiro !

Le projet UERÊ  a été créé en 1998 après le terrible massacre d'enfants des rues par des policiers en 1993. Yvonne Bezerra de Mello, la fondatrice, coordinatrice et professeur du projet UERÊ est Docteur en Philologie et Linguistique, Maîtrise Politiques Publiques et Gouvernementales, Docteur Honoris Causa de l'Université de Chicago. Son premier projet fut la création du "Coqueirinho" (petit coquetier), première esquisse de ce que serait l'école UERÊ, de 1993 à 1997.

Aujourd'hui, l'école est située dans l'une des plus grandes favelas de Rio de Janeiro, le "Complexo da Maré" .
Depuis sa création Yvonne Bezerra de Mello a initié un programme adapté aux enfants souffrant de troubles cognitifs, psychologiques dus à la maltraitance, à l'alcool, à la drogue, à la rue ...
Chaque matin, la fondatrice s'efforce de trouver de nouveaux partenaires, de nouvelles idées, de nouveaux défis afin d'offrir à ces enfants le plus de chance de réussir. Cette école, où les enfants ne sont scolarisés qu'en 1/2 journée, vient en complément de l'école publique obligatoire.
Le projet UERÊ accueille 400 enfants de 6 à 18 ans, partagés entre le matin et l'après-midi.

Comment le violon est-il entré à UERÊ ?

Depuis mon arrivée au Brésil, il y a un an, j'ai été informée de ce projet. J'ai très vite cherché à rejoindre l'équipe de bénévoles françaises qui encadre les ateliers d'arts plastiques, les mardis et jeudis ... Je souhaitais apprendre la langue, et comprendre le fonctionnement avant de m'engager plus personnellement dans un projet musical. C'est un matin du mois de septembre, à l'occasion d'une visite de cinéastes venus présenter leur métier aux enfants de l'école que j'ai décidé de leur présenter le violon.

FAVELLAS 2J'ai alors rencontré le professeur de musique qui préparait sa prochaine audition avec la chorale des enfants. Elle me proposa sur le champ d'accompagner la chorale pour l'audition de la semaine suivante. Dans le même temps, la directrice m'a demandé d'enseigner le violon aux enfants, un souhait qu'elle avait depuis la création de son école. En quelques jours, nous avons réussi à financer cinq violons, et trois autres, trois semaines plus tard, offerts par des donateurs. Les cours ont donc pu commencer dès le jeudi suivant avec cinq élèves.

Depuis le 26 septembre, j'accueille ainsi huit élèves le matin et huit autres l'après-midi.

Les enfants découvrent l'instrument avec étonnement, je leur joue " Sur le pont d'Avignon ! " qu'ils chantent avec un charmant accent ! Les professeurs et les cantinières nous rejoignent afin d'écouter ce son qui les surprend !

Une amie brésilienne m'a éclairée sur le comportement des enfants des favelas, me disant que ceux-ci aimeront jouer, mais n'aimeront pas apprendre à jouer ! Là sera toute la difficulté de l'enseignement ... Je leur apprends donc des mélodies courtes, rythmées et répétitives, afin qu'ils aient rapidement des satisfactions. Leur joie est immense et leur plaisir de jouer est touchant. Certains se concentrent et apprennent vite, d'autres, peu habitués à ce travail de mémorisation, ont beaucoup plus de mal. Il faut répéter, les guider avec confiance, je dois les encourager, les féliciter en suivant la pédagogie du Projet UERÊ, qui vise à leur donner confiance en eux.

L'ensemble de huit violons se présentera au concert de bienfaisance de Noël, nous devons trouver des fonds afin d'embaucher un professeur de violon pour assurer un 2ème jour d'apprentissage hebdomadaire. Je ne sais pas combien de temps je serai au Brésil, mais je dois dès maintenant penser à pérenniser le projet. Car ici, le plus difficile est de maintenir les projets qui se créent chaque jour !

Il faut montrer aux enfants que l'adulte qui s'engage, s'y engage pour longtemps !

PS : l'achat d'un 8ème violon est prévu pour demain !

Anne-Constance Despretz
Rio de Janeiro, octobre 2013
Site internet : projetouere.org.br
Twitter : @projetouere


Vous aussi, vous êtes engagée dans un beau projet dans votre pays d'expatriation ? Envoyez-nous votre témoignage : 
editorial@femmexpat.com

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