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MATERNITE AU LIBAN


Voilà, c’est confirmé, je suis « fraîchement » enceinte de mon troisième enfant... Je sors de l’hôpital, heureuse, j’appelle mon mari, et je me retrouve en larmes sur le parking (joie immense mais angoisse de la perspective de vivre à nouveau les vomissements pendant 7 à 8 mois comme pour les deux premières grossesses, à 3 200 km des miens).

Là clairement je ne peux pas garder ça pour moi... Je file chez une amie qui habite à deux pas... je débarque sans prévenir et elle ne perçoit pas immédiatement que je suis là pour partager avec elle, une bonne nouvelle tellement je suis bouleversée et envahie de sentiments mêlés !
Les vomissements apparaissent très vite, les mensonges aux proches aussi (amis locaux et famille au loin) ... oh des petits mensonges... mais qui pèsent lourds.... Difficile, même à distance de faire croire à une gastro plus de 8 jours... Les vomissements s’intensifient, je ne peux plus assurer grand chose, il faut cette fois annoncer la grossesse, la naissance prévue en Août et le fait que nous ayons décidé que j’accoucherai au Liban (personne ne s’y attend... c’est du lourd).

48 heures après, je suis hospitalisée dans un petit hôpital (genre clinique de province mais conventionné), et même si tout le personnel ne parle pas français, la gentillesse ambiante me suffit, je suis exténuée. On me change de chambre (privilège car une chambre seule est un luxe) car je ne supporte ni le bruit, ni les odeurs liées à la présence d’une dizaine de personnes qui se relayent auprès de ma voisine de chambre.

Roger, mon gynéco passe tous les matins et tous les soirs, et mon mari une fois par jour (seules visites autorisées, c’est donc surtout Anna Gavalda avec « Ensemble, c’est tout » qui me tient compagnie). Retour à la maison après 15 jours passés hors du temps. La vie à la maison s’est organisée sans moi, et c’est tant mieux car la stabilité du traitement est toute relative. Maman prend la suite de ma belle-mère, elles se sont organisées pour venir gérer les enfants pendant mon hospitalisation puis à mon retour... comme pour les grossesses précédentes en France... mais c’était plus facile !

Les rendez-vous d’échographie et de gynéco sont extrêmement chaleureux. Ils ont le temps ou le prennent (les rdv d’échographie sont notamment des moments particulièrement agréables... on explique, commente, le gynéco parle beaucoup au bébé, ce sont des moments que j’adore !). Le corps médical en général ici est très attentif... Les jours passent, je m’arrondis, je vomis un peu moins systématiquement, je reprends donc quelques activités et mais autour de nous les attentats s’enchaînent depuis celui qui a atteint Raffic Hariri mi février. Nous sommes ultra vigilants et je m’efforce de ne pas stresser... La perspective de mon prochain séjour en France en mai (je ne suis pas rentrée depuis un an) pour le baptême de ma filleule s’effondre : l’équilibre (politique et celui de ma santé) est trop fragile, le voyage en avion n’est pas recommandé, et si je pouvais partir, je risque de ne plus pouvoir revenir ! Tout s’écroule... et se complique.

Bêtement, comme le moral est en berne, l’aspect pratique me préoccupe beaucoup (je ne vais donc pas pouvoir ramener ce qui était stocké au garde meuble dans la partie accessible). J’ai demandé le sexe du bébé (c’est une fille et secrètement c’est ce dont j’avais envie) et je mets une amie dans le secret et lui demande de concocter une valise spéciale naissance de notre future puce que le chef de famille nous apportera lors de son prochain passage. Ma soeur m’annonce sa venue, elle ne conçoit pas de ne pas m’avoir vu enceinte (je trouve ça très touchant et le sourire me revient).

La fin de grossesse dans la chaleur libanaise est difficile, mais heureusement les vomissements sont beaucoup moins fréquents. Mon gynéco est toujours dispo, attentif, rassurant. Le propriétaire a pitié de moi et accepte ENFIN l’installation de la clim dans une partie de la maison. Le bébé va naître en fin d’été, et j’espère que mes amies seront revenues de leurs vacances en France. L’été sans elles est bien long ! Et cerise sur le gâteau il plane une grosse incertitude sur la durée de la mission de mon mari ! On parle d’une fin brutale du contrat début Août ! Le moral est mis à rude épreuve !

Nous faisons le choix d’aller au bout de la signification de cette naissance au Liban : notre fille portera pour deuxième prénom un prénom libanais que nous adorons entendre prononcé ( Nour qui veut dire lumière) que nous faisons calligraphier pour l’apposer sur le faire part, un avis sera publié dans le journal local, nous achetons les confiseries et petits cadeaux que l’on se doit de remettre aux visiteurs qui viendront TRES nombreux à la maison au retour de la maternité (employés de la société, voisins, amis, parents des amis des enfants). J’accepte l’offre d’une voisine, qui se propose pendant les 10 jours qui suivront mon retour à la maison, de confectionner quotidiennement le ’’Méghlé’’.

Accouchement... là encore, comme l’hôpital est loin, que la circulation peut être ultra dense... nous convenons d’une date « raisonnable » avec le gynéco (il me veut sereine au maximum) à laquelle si le bébé n’est pas arrivé seul, nous l’aiderons à pointer le bout de son nez... sous contrôle. Mais chut, on ne le dira à personne ! Cela permet d’organiser la venue de ma belle-mère, puis de maman ensuite, et de tout préparer tranquillement. Il fait horriblement chaud, mes jambes me font souffrir terriblement malgré les affreux collants de contention (moins de choix qu’en France), mais la date approche fixée le 24 Août, deux mois pile poil avant mon 40ième anniversaire.

Tout est en place, je pars donc tranquillement tôt le 24 au matin, en confiant les deux grands à ma belle-mère. Je ne suis pas pliée en deux mais les contractions sont régulières... Sur place tout se passe en douceur, avec une équipe très gentille et aux petits soins... Injection, monitoring... puis en milieu de matinée on m’emmène en salle de travail. En fait je me retrouve dans une pièce qui est, en apparence une petite chambre cosy ! Quand les choses se précisent, que l’on prépare la péridurale, que le gynéco arrive dans un premier temps pour dire bonjour et me dire qu’il est là et que donc je peux me laisser aller... la pièce se transforme... les placards s’ouvrent et laissent apparaître TOUT le matériel nécessaire. Sans avoir bougé, je suis en salle de travail mais sans l’aspect impersonnel et glacial ! Tout va se passer dans la douceur et la bonne humeur, la jeune sage femme est adorable, on échange beaucoup par le regard car son français et son anglais sont minimalistes... Le gag a été qu’au moment où les choses s’accélèrent un peu, mon mari est appelé par la direction de l’hôpital, car mon dossier de prise en charge par la mutuelle de son entreprise vient d’être rejeté !!!! Il part comme une furie, et cherche les numéros des personnes à joindre en France. C’est le plein été, les numéros ne répondent pas... alors gonflé à bloc (un peu stressé aussi !) il appelle le big boss des RH expatriés ! Un stagiaire a mal coché la fiche informatique dans le système ! Il le rassure et lui dit de retourner à mes côtés, il se charge de faire remettre tout ça d’équerre ! Quand Rémi remonte, il a juste le temps de me rassurer... et hop.... il sort car notre poupée commence à apercevoir la lumière du jour !!! C’est toujours à ce moment qu’il sort ! Le gynéco est adorable et me fait mettre dans une position qui me permet de voir sortir ma puce... C’est génial (cela ne m’avait pas été proposé les deux fois précédentes). Tout va vite et se passe super bien... Paul est né à 12h27, Louise a 12h37 et Julie... a 12 H47, troublant non ? ! Premiers cris, premier échange de regard avec Julie, et Roger (le gynéco) va chercher Rémi.

La suite est juste ultra confortable, et douce... Je suis quelques heures après installée dans une grande chambre... où très rapidement les fleurs, les ballons gonflables (tradition libanaise) arrivent ! Rémi a passé les x coups de fil en France et au Liban... Les enfants viendront juste après la sortie de l’école... C’est le bonheur ! Le séjour à l’hôpital sera court mais confortable. Le petit berceau de Julie attire l’attention du personnel... nous sommes les seuls « étrangers » et y cohabitent au dessus de sa tête la médaille miraculeuse (le traditionnel cadeau de ma belle-mère) et un oeil bleu (qui protège du mauvais oeil) cadeau d’une amie libanaise !

Côté démarches administratives : il faut faire traduire le certificat de naissance et faire la déclaration au Consulat. Nous savions quoi faire et à qui nous adresser, connaissant du monde à l’Ambassade et au Consulat.

4 jours après la naissance, c’est le retour à la maison... défilé d’au revoir du personnel chaleureux, et sortie... il fait 43° dans la voiture ! Dur dur pour Julie... et gros stress pour moi ! Elle boit beaucoup et très régulièrement... les temps de repos sont donc très limités ! Et puis traditionnellement, c’est à la maison que l’on vient féliciter les parents et gâter le bébé ! Alors c’est un défilé quasi incessant... ma voisine nous livre comme convenu quotidiennement le « Méghlé* » dont ma belle-mère maîtrise parfaitement le service et la présentation !

Je garde un doux souvenir de cette grossesse et de cette naissance au Liban... moins médicalisées qu’en France.

Marie-Christine

 

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