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MATERNITE EN INDE : DELHI


new delhi

DOMENICA
"Quand je suis arrivée à Delhi je n’étais pas trop mariée mais très enceinte. Ce qui ne plaisait évidemment pas à ma famille chilienne pour qui on fait les choses dans l’ordre ou on ne les fait pas. Mon pas encore mari mais très père de mes « espoirs maternels » étant autrichien, donc pas forcément le plus expansif des êtres, a trouvé que l’attente et la naissance d’un baby était une affaire de femme et donc pas trop la sienne. Comme vous diriez en France démerde sie sich.

J’ai donc fait le tour des possibilités :
Hôpital public, j’étais d’une naïveté qui confinait à la stupidité. J’ai bien vu dans la file d’attente que j’avais l’air d’un alien dans ce service. Les infirmières ne voulaient même pas prendre mon dossier et me répétaient que je devais aller dans la clinique chic et choc pour occidentaux.

Clinique Privée, mon choix s’est finalement porté sur un établissement de ce type, tout allait très bien jusqu’au jour où j’ai eu ma première échographie, théoriquement interdite dans ce pays où les petites filles ne sont pas les bienvenues. Je l’ai immédiatement constaté auprès du médecin qui me suivait. Il avait l’air tellement déçu pour moi que j’ai presque du le consoler !
Et pour finir : je m’en suis ouverte à une amie indienne qui m’a donné les coordonnées d’une "médecin" qui assistée d’une sage femme accouchait à domicile. C’est donc la solution que j’ai choisie. Pour deux raisons : le futur papa qui a bien voulu m’accompagner une fois à la clinique pour la visite des salles d’accouchement est ressorti blanc comme le carrelage en entendant les cris que poussaient les accouchées et j’ai eu des doutes sur sa résistance à l’instant T. La seconde c’est que j’ai craint les maladies nosocomiales qui me paraissaient d’un risque supérieur à d’éventuelles complications d’un accouchement at domus."

Mes impressions
De par mes origines j’ai la peau plutôt mate et lorsque j’étais habillée en sari je passais facilement pour une indienne. J’ai été frappée par le fait que alors être enceinte ne me procurait aucun égard particulier (bousculades, des heures debout dans la queue pour des démarches administratives etc... En revanche dans les mêmes circonstances, habillée manifestement en occidentale et en faisant semblant de ne parler qu’un anglais approximatif et pas du tout l’hindi les comportements changeaient. J’en suis encore perplexe.

Dans cet état « intéressant » on me félicitait pour la prochaine naissance et quand j’annonçais que j’attendais une fille des regards consternés se tournaient vers mon mari (enfin le futur papa). Là encore j’étais naïve car il ne faut pas dire le sexe de son futur enfant (la superstition se mêle à l’interdiction légale pour un praticien de révéler le sexe de l’enfant).

Le fait d’être seule sans famille et d’un soutien assez mou (il n’a même pas assisté à la naissance, il le reconnaît maintenant) de mon devenu mari a été pesant mais pas aussi autant que je le craignais. J’ai aimé en fait cette histoire de femme entre femme : médecin femme, sage femme, mère, fille....

MARIE
"Notre fille est née à Delhi trop précipitamment pour laisser le temps à sa grand-mère d’arriver. La grossesse a été difficile et initialement je devais rentrer pour accoucher en Europe. Mais la nature en a décidé autrement et à cinq mois j’étais alitée, j’ai eu donc tout le temps de lire et relire tous les Pernoud, Cyrulnik et autres spécialistes de la vie in utero et petite enfance. Le désir de tout maîtriser et la peur de l’inconnu sans doute. Des visites d’amies dans la journée, ma mère qui est venue deux fois un mois ont atténué un peu le sentiment de solitude mais c’est vrai il y a eu des moments de découragement. Mon mari a été très présent, refusant tous déplacements les deux derniers mois mais je crois que c’est pour lui que la grossesse a été le plus dur. Il dit maintenant en riant qu’il a plus vécu avec sa belle-mère qu’avec sa femme, qu’il a autant grossit que moi puisque le week-end il ne faisait plus de sports pour rester à mes côtés."

Mes impressions
Avec le recul je ne garde comme toujours que des bons souvenirs de cette période : une quasi fusion avec mon mari que de telles circonstances ont rendues possibles et même inévitables puisque j’étais dépendante et que je n’aurais pas connu sinon. Une proximité avec ma mère qui est de l’ordre de la transmission de flambeau des générations, il faut dire que ma mère est anglaise et est née elle-même à Chandigarh en Inde il y a quelques... décades ! Des amitiés qui se sont nouées et qui me semblent indéfectibles alors que probablement ces mêmes personnes vues dans un contexte social ordinaire n’auraient pas donné lieu à des échanges aussi intenses. En fait cette vulnérabilité momentanée s’est transformée en force. Un truc bête mais qui m’a fait pleurer c’est quand une amie est venue me voir quelques heures après la naissance avec un flacon de parfum Tartine et Chocolat qui sentait bon la France. C’est à ce moment là que j’ai réalisé combien j’étais loin de chez moi et comme j’avais été forte, oui je n’ai pas honte de le dire ! Ce parfum avait alors l’odeur de la petite madeleine de Proust.

Merci à Domenica et à Marie pour ces beaux témoignages !

 

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