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Portrait : Sophie, nutritionniste au Brésil


sophie-nutritionniste-brésilSophie Deram habite au Brésil. Elle y est devenue nutritionniste spécialisée en troubles du comportement alimentaire et a passé un Ph.D. en Endocrinologie à la Faculté de Médecine de l'Université de São Paulo (USP).  Portrait d’une femme active, qui a osé tout recommencer dans son pays d’adoption.

Son mari est arrivé au Brésil comme expatrié. Avec lui, sa famille a beaucoup voyagé. Dans chaque lieu, Sophie a toujours travaillé. Mais à chaque mutation de son époux, il fallait démissionner. Lassée de toujours recommencer à zéro, Sophie pense alors à une reconversion professionnelle.

Nutritionniste française
« La nutrition m’a toujours passionnée » explique-t-elle. Son passé d'ingénieur agronome n'est pas si éloigné de ce domaine. Avoir élevé et nourri 4 enfants dans des pays différents a renforcé cette sensibilité. Pour Sophie, « la nutrition, c’est un peu ce qui manquait pour clore la boucle de l’alimentation. »
Elle décide donc d’entreprendre une formation par correspondance avec le CNED. «Notre séjour au Brésil devait être temporaire. C’est pour cela que j’ai choisi cettesolution, en lien avec la France. Je voulais me constituer un bagage professionnelque je pourrais toujours emmener avec moi, où que nous soyons dans le monde. »

Un PhD. au Brésil
En 2004 Sophie et sa famille décident de rester au Brésil. C’est la fin de la vie nomade. Elle fait alors valider son diplôme par une équivalence brésilienne. Elle décide même de passer un doctorat en endocrinologie à la Faculté de Médecine de l'Université de São Paulo (USP) qu’elle obtient en 2010. « C’est grâce à SandraVillares, professeur à la USP, que j'ai pu faire cela. Elle m’a ouvert les portes de sonlaboratoire, j’ai été accueillie à bras ouverts » se souvient Sophie. Elle se spécialise en obésité infantile et troubles du comportement alimentaire àl'Hôpital das Clinicas de São Paulo. Sa motivation vient de ses observations : « Cequi m’a inspirée, c’est d’être confrontée à des drames d’obésité infantile et des troubles alimentaires. Je vois un malaise et beaucoup de souffrance. »
L'éducation alimentaire est primordiale pour Sophie "Restreindre les enfants n’est pas une bonne solution, cela augmente leur risque d’être en surpoids à la longue. Je crois au plaisirde manger, pas aux régimes."

Aujourd’hui la nutritionniste partage son activité entre son cabinet de coaching et l’hôpital public, où elle constitue une banque de donnée génétique des patients ayant des troubles du comportement alimentaire. « Nous ne sommes pas tous égaux face au poids, la génétique joue beaucoup. C’est ce que je veux montrer avec ces recherches » rappelle Sophie. « J’ai beaucoup de compassion envers ceux qui ontdes problèmes de poids, particulièrement les enfants qui sont souvent stigmatisés.»

Transition alimentaire et perte de repères
Pour la scientifique, le cas du Brésil en matière de nutrition est très intéressant. Une urbanisation très rapide a changé de façon radicale les modes de vie. Elle a fait perdre beaucoup de repères, notamment en matière d’alimentation.
« Il y a eu une transition nutritionnelle qui s’est faite en l’espace d’une génération.Beaucoup de personnes se nourrissent essentiellement avec des produits préparés.C’est l’industrie qui fait l’éducation nutritionnelle des gens, au travers du matraquage publicitaire» commente Sophie.

« Activiste en matière d’obésité infantile »
Sophie a une mission : « En ce moment je me tourne vers un rôle d’activiste en matière d’obésité infantile. » Elle s’est rendue à Brasília pour participer à un colloque sur le sujet. « L'Amérique latine est en grand danger concernant l’obésité infantile.Le Brésil commence à rattraper les États-Unis. Le diabète augmente de façon inquiétante. »

Sophie Deram, intervention pour la conférence TEDxFMUSP
Pour la nutritionniste, ces indicateurs font craindre une crise de santé publique au Brésil dans les années à venir. « Il est important que le gouvernement prenne lamesure de l’enjeu et mette en place des mesures de prévention »
Des programmes existent déjà dans les écoles brésiliennes pour mesurer et peser les enfants. Mais ils ne prennent pas en compte le stress, voire les traumatismes que cela peut créer chez les enfants. Sophie insiste : « Pour faire maigrir un enfant, il ne faut pas de régime mais une rééducation alimentaire. »

 « Pas de régime, des aliments vrais, cuisiner »
« Ma devise tient en 3 principes : pas de régime, manger des aliments vrais et cuisiner. » Envoyer un message simple et tranquille vis-à-vis de la nourriture n’est pas si facile qu’il y parait reprend Sophie. « Une grande partie de mon travailconsiste à déstresser les patients, les parents surtout. »

Manger en famille, une des solutions proposées par Sophie "Les enfants ont besoin de routine, le corps humain aussi."
Loin d’un discours scientifique et abstrait sur la nutrition, Sophie prône une attitude« relax » face à la nourriture. Elle tente avant tout de rappeler le plaisir que l’on peut prendre en mangeant, au-delà du nombre de calories. La nutritionniste française insiste : « Je suis contre tous les régimes, pas un seul en particulier. »

« Dédramatiser la nutrition »
Citoyenne du monde, elle voit pour l’instant son avenir au Brésil. « J’ai vraiment envie de trouver un moyen de faire passer mon message. » Pour cela, elle est en train de construire un site internet (http://www.nutricoach.com.br/) qui rassemble des informations sur l’alimentation, pour bien manger, et bien se nourrir.

Pleine d’entrain, Sophie explique : « Je veux un site dynamique et sympa. Avec des conseils et des recettes. Mon but est de dédramatiser la nutrition et aider les parentsqui sont parfois un peu perdus. Aujourd’hui je veux me tourner vers les gens.»

Voici le lien d´un très bon reportage sur l´environnement actuel des enfants brésiliens

Sophie Deram PhD
Site internet : 
www.sophiederam.com

Article et interview réalisé en mai 2013 par  Justine Franchina  pour  Aujourd'hui le Brésil (page Facebook).

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