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Stéphanie, d’une recherche de boulot dure dure au Brésil à un vrai job au Mexique


StephBocc

Stéphanie et son mari mènent des carrières "en mobilité". En arrivant à Rio, malgré un beau parcours international, elle se heurte à la difficulté de la recherche de travail. C'est finalement au Mexique qu'elle rebondit. Ou comment ne pas se laisser décourager quand on veut une vraie carrière, même en expat.

Stéphanie, quel est votre parcours ?

Stéphanie, 39 ans, Bac+5, mariée, 2 enfants. J'ai vécu différences expériences à l'étranger : 1 an à Atlanta en année en entreprise, 2 ans à Mexico en fin d'étude et début de carrière, 4 ans à Rio, et depuis 2 ans je suis à Mexico. A chaque fois avec mon conjoint, devenu mon mari.

Dans toutes vos expériences d’expatriation, vous avez réussi à travailler : au Mexique, aux Etats-Unis, au Brésil, au Mexique encore : quelques infos sur ces jobs ?
Aux Etats Unis, tous les 2 en stage / année en entreprise, dans des PME (voire micro PME). Le choix étant l'expérience à l'étranger plutôt que le stage dans un grand groupe. J'ai démissionné d'un stage en audit interne chez Renault pour me lancer dans l'aventure de la PME boulangerie industrielle à Atlanta…
Au Mexique, lui a trouvé son CSNE dans un grand groupe automobile (ex-VIE) dans des conditions financières exceptionnelles pour un débutant. J'ai commencé ma carrière dans un groupe international de petit électroménager en contrat local. J'ai trouvé ce job en 2 mois.
Nous avons pu rebondir tous les 2 dans nos entreprises respectives en France. Les choix géographiques ont pesé également. On ne parle pas d'expatriation, mais la mobilité a fait partie intégrante de nos évolutions respectives, en nous suivant qui dans les Vosges, qui à Paris ou à Lyon.
Au Brésil, j'ai dû faire une pause dans mon entreprise (nous étions basé à Rio, le siège de mon entreprise à São Paulo). J'ai malgré tout trouvé un job dans une entreprise de recrutement dans le pétrole. Après plusieurs essais en tant que bénévole. Aucun lien avec ma spécialité (marketing), et gros sacrifice de salaire. Mais nécessaire pour retrouver mon équilibre, m'intégrer dans le pays, garder le pied à l'étrier  et ne pas creuser le trou dans le CV.
De retour à Mexico, j'ai eu l'opportunité de trouver un job dans mon entreprise "historique", bénéficiant même d'une promotion.

Avec un bon diplôme et une belle expérience, vous avez malgré tout rencontré des difficultés à trouver du travail au Brésil : comment les expliquez-vous ?
Plusieurs facteurs.
La préparation, tout d'abord. N'ayant eu aucune difficulté aux US et au Mexique, je pense n'avoir pas assez anticipé la réalité brésilienne, les différences culturelles, les codes locaux. Je ne me suis pas assez renseignée sur les enjeux, les difficultés, les étapes à suivre, et ai foncé sans creuser et enrichir qualitativement mon réseau. Sans maîtriser parfaitement la langue, et en faisant un amalgame absolument involontaire, mais réel, entre le Mexique et le Brésil. Après quelques semaines et quelques échecs, je me suis épuisée et ai perdu confiance en moi, ce qui a rendu la démarche encore plus difficile. Je me suis essoufflée et étais prête à tout… ce qui a paradoxalement dévalorisé ce que je pouvais apporter.
Le contexte ensuite : le Brésil est beaucoup plus différent culturellement qu'on ne le pense a priori, les différences de communication / perception sont immenses. Tudo bem ! Tellement accueillant de prime abord, le pays est plutôt fermé, il n'a pas besoin des étrangers (contrairement au Mexique qui a tendance à survaloriser les étrangers). Je dis cela sans jugement, et avec beaucoup de respect. C'est une réalité.
Enfin, Rio est une petite ville, très attirante. Le peu de postes disponibles sont arrachés par les brésiliens, qui ont du mal à en bouger. Enfin, il y avait en 2010 / 2011 une immense marge entre la perception du Brésil avec le marketing de Lula (le pays de tous les possibles selon les médias internationaux) et les réelles difficultés du pays. Cette marge donne l'illusion de l'impossible, de l'extraordinaire. Le retour sur terre est parfois délicat.
J'ajouterais qu'obtenir un visa au Brésil est mission impossible, mais je n'ai pas été confrontée à cela de par mes enfants nés sur place (me donnant accès automatiquement au droit de travailler). J'ai eu la chance de ne pas avoir en plus cette difficulté.

Au Brésil, vous avez fini par trouver un emploi, sauf que…  Si c’était à refaire, vous y prendriez-vous différemment dans ce pays ?
Davantage de préparation, d'échanges avec des étrangers afin de mieux comprendre les enjeux et les difficultés. Davantage d'intégration culturelle, plus rapidement, par la langue. Je n'aurais pas envoyé mon CV systématiquement, mais aurais passé plus de temps à échanger, "gratuitement", pour m'enrichir. Davantage d'humilité et de patience aussi.
J'ai appliqué à la lettre ces enseignements avant de revenir au Mexique, afin de rendre la recherche de travail plus agréable. Cela m'a permis de rencontrer très rapidement beaucoup de personnes, d'enrichir mon réseau pro et personnel, d'accélérer notre intégration familiale et de trouver un vrai job.

Dans la même situation au Mexique, vous avez réussi à trouver un emploi à la hauteur de vos exigences, et assez rapidement : est-ce simplement la courbe d’apprentissage ? Le pays ?  Qu’avez-vous changé pour cette recherche ?
La courbe d'apprentissage, c'est évident. Les échecs répétés au Brésil m'ont permis d'acquérir sagesse et sans doute un peu d'humilité. J'ai aussi fait un coaching avant d'entreprendre ma recherche ici pour reprendre confiance en moi.
La dimension culturelle n'est toutefois pas à négliger. Le syndrome de la malinche qui amène les mexicains à préférer l'étranger aide, c'est évident, et a sans aucun doute contribué à mon succès.
Ainsi, je suis certaine que, malgré la courbe d'apprentissage et l'expérience, la recherche serait toujours très difficile à Rio si je devais y retourner.

Dur dur de s’entendre demander « vous êtes ici pour suivre votre mari, combien de temps allez-vous rester ? » « tu veux bosser ? mais pourquoi ? profiiiite »… Comment réagissez-vous à ces petites phrases, et attitudes, qui constellent la recherche d’emploi d’une conjointe d’expat ? Quels sont vos conseils à quelqu’un qui a vraiment envie de travailler, pour spécifiquement gérer ces remarques ?
Je réagis globalement très négativement car j'ai toujours souhaité travailler et je n'ai jamais accepté qu'on puisse me conseiller de ne pas le faire. Cette intrusion, je l'ai toujours mal vécue.
Je répéterais ainsi les conseils de mon coach avant d'arriver à Mexico : « tant que tu n'as pas trouvé, ne t'approche pas de ces ondes négatives qui vont te faire perdre confiance en toi. Entoure toi de personnes (hommes ou femmes, expatriés ou non, locaux ou non) qui sont dans la même dynamique que toi à savoir : en poste, ou en recherche de poste. »
Ce que j'ai fait en arrivant au Mexique.
Cette protection m'a réellement permis de garder le cap, et de continuer à suivre mes objectifs sans jamais douter de la légitimité de ma démarche.

On peut donc concilier expatriation et double carrière ?
Oui, mais c'est très difficile.
Cela demande patience et écoute mutuelle.
Et une grande ouverture d'esprit de la part de l'entreprise de "celui qui suit", surtout si c'est une femme. Les clichés ont la vie dure, et le fait que la plupart des expats soient des hommes les alimentent d'autant plus.

Des conseils à donner, un message à faire passer, à celles et ceux qui hésitent à partir, ou qui sont en recherche à l’étranger ?
A celles et ceux qui hésitent à partir : soyez certaines des raisons pour lesquelles vous le faites, et entourez vous rapidement de personnes avec qui vous pourrez échanger sur vos doutes; ne faites pas semblant, et osez partager. Mesurez parfaitement le potentiel avant de partir, et ne vous faites pas d'illusions. Si les témoignages concordent dans la difficulté à trouver un job, les témoignages ont sans doute raison.

Si votre souhait est de bosser, n'abandonnez pas et entourez vous de personnes dynamiques et partageant les mêmes aspirations. Ne remettez pas tout en cause tout de suite, et n'écoutez pas les "t'as qu'à faire prof" ou "t'as qu'à bosser dans l'humanitaire". Prof ou humanitaire sont de vrais choix, aussi valables que tous les choix, mais ne doivent pas être des choix par défaut (pas respect pour ces professions pour commencer). Ecoutez-vous. Entourez-vous. Si vous avez des enfants, veillez à vous libérer du temps immédiatement si votre choix est de trouver un boulot et veillez à ne pas sombrer dans la logistique familiale.

A celles et ceux qui sont en recherche : si vous êtes dans un pays avec du potentiel, n'abandonnez pas la recherche.

Si tous les voyants sont au rouge, détendez-vous et préparez l'étape suivante. Ne vous épuisez pas.

Merci Stéphanie


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