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Travailler au Brésil entre plage et business !


La vie carioca ne rime pas seulement avec Havaianas et Copacabana. Avec de la persévérance et de bonnes idées on peut y travailler.

 

L’autre jour, j’ai participé à un petit-déjeuner conférence de la toute nouvelle Présidente de Petrobras, géant du pétrole brésilien. L’événement ayant lieu au Copacabana Palace, j’ai d’abord dû surmonter la tentation de lâcher mes talons et mon chignon pour enfiler mes havaïanas et mon maillot et peaufiner mon bronzage, de plonger dans les vagues cariocas avant de boire une bonne eau de coco fraîche à même le fruit.

 

Finalement, en dehors de la plage, en France cela aurait été semblable : une salle remplie d’hommes quinquas (sexa ? ....) sur leur 31, et une conférence d’industriels sérieux. La vraie différence ? La teneur des propos. Là où en France nous aurions entendus les défis, les challenges à relever, le Brésil, lui parle des immenses opportunités à saisir. Les uns voient le verre à moitié vide, les autres le verre à moitié plein.

 

Caricature ? Presque pas.

Alors je ne vais pas renier mes racines frenchy, et vais lister tous les « challenges » d’une femme française travaillant au Brésil. Mais à force de côtoyer ce peuple tourné vers l’avenir, il devient naturel de voir aussi les opportunités que cela crée ...

 

Le tampon rouge sur ses papiers

L’histoire peut commencer simplement mais fermement par un « NON ». Si vous êtes « conjoint de » (très agréablement dénommé « dépendant de » sur votre visa brésilien...), vous n’avez légalement pas le droit d’exercer une activité professionnelle au Brésil avec ce visa. Cela en décourage plus d’une (pour ne pas dire déprime) et il y a de quoi.

En creusant un peu, il y a des exceptions (ah le Brésil !) : être parent d’un enfant brésilien, être conjoint d’un investisseur ou être embauché par une entreprise locale qui fera une demande de visa spécifique.

Donc en résumé, soit vous vous lancez dans le projet d’un enfant à naître sur le sol brésilien (aïe, depuis quand on a des enfants pour avoir un boulot ?), soit vous avez été assez fou pour suivre un entrepreneur qui tente sa chance au Brésil, soit vous arrivez à négocier avec une boîte locale qui en plus de prendre le risque (l’opportunité ?) de contracter une personne étrangère dont elle ne comprend rien, ni au diplôme, ni à l’expérience ni à la langue, accepte de se lancer dans l’aventure administrative folle de faire une demande de visa de travail pour vous auprès des autorités brésiliennes. Il y a un peu d’espoir, non ?

 

Les « deixa comigo »

Une fois passée les étapes administratives, vous commencez à bosser avec les brésiliens.
Une très sérieuse formation interculturelle nous a appris que les brésiliens ont une peur bleue des conflits, et évitent toute possibilité de s’en approcher. Donc quand vous demandez à un brésilien de faire quelque chose, il ne vous répondra jamais non. Dans la vie pratique, vous pourrez ainsi attendre 3 mois le réparateur de la clim qui vous a promis qu’il viendrait demain. Dans la vie pro, le résultat est qu’à force de dire oui, ils ont du mal à tenir les délais. La note de synthèse dont on a besoin pour préparer le CODIR de la semaine prochaine, ne voit pas le jour, même après un « deixa comigo » (Laisse-moi faire - je m’en occupe) quasi quotidien. L’approbation des autorités qu’on attend depuis 3 mois n’intervient toujours pas, mais « fique tranquilo » (Sois tranquille). Imaginez donc en situation le français avec sa patience et finesse légendaire ...

Mais vous savez quoi ? Tout arrive ... un jour. Et cela arrive bien. Car à force de dire oui, ils deviennent polyvalents et savent tout faire. Donc 6 mois plus tard, non seulement la clim est réparée mais le pommeau de douche avec. Alors finalement, quel besoin de courir au risque de se rompre le coup pour attraper le RER bondé à La Défense, après avoir attendu 10 min l’ascenseur au 35ème étage, en regardant 18 fois sa montre pensant aux remontrances de la nounou ? D’un autre côté aussi, pourquoi le chef a-t-il attendu 18h30 pour faire sa demande urgente ? Ici, à Rio, on aurait dit « Deixa comigo, amanhã, se deus quiser » (Je m’en occupe, demain, si Dieu le veut).

 

 

Les week-ends trop courts

Finalement, dès qu’on bosse à plein temps, les week-ends sont toujours trop courts. Mais au Brésil... comment ne pas rêver des milliers de destinations de rêve, de la plage paradisiaque, des plusieurs villes classées au patrimoine mondial de l’humanité, du berceau de la capoeira, des chutes vertigineuses, de la forêt tropicale ?

Avec ce regret permanent d’avoir pensé à tort que sur la carte à l’échelle du pays Lille - Marseille, ça doit être comme Manaus - Porto Alegre. C’est vrai à 3500 kms près... Alors, on s’adapte, on trouve les plages paradisiaques à 40 min de Rio, les cascades au pied du Corcovado et on fait ce qu’on aurait jamais imaginé dans un autre contexte : un planning 2012 des voyages au Brésil. Brasilia pour début mars, Salvador pour Pâques, Nordeste pour septembre. Et ça tourne ! Il faut dire qu’avec 18 jours fériés par an, on s’arrange.

 

 

Et les enfants laissés dans une jungle inconnue

Pour les enfants, déjà qu’en France, on a des scrupules à laisser les bambins loin de leur chère mère qui travaille trop... ici en plus dans une jungle inconnue, sans la langue, sans les repères, sans les transports en commun parisiens si précieux et si sûrs, et avec tous ces embouteillages infinis ! Mais les appréhensions finissent par disparaître vite. Car après avoir râlé et pleuré ce qu’il faut jusqu’à quasi vous faire regretter votre choix, ces chérubins finissent par attraper la langue mieux que vous, comprendre qu’avec la baba tout passe mieux qu’avec les parents, et que les activités extra scolaires quand l’école finit à 13h c’est quand même le pied. Jusqu’à l’apothéose de la demande de partir en colo alors que ça, en France, jamais !

 

 

La montagne de paperasse administrative

Pour les moins chanceux ou les plus courageux, ceux qui n’ont pas réussi ou voulu se lancer dans l’expérience salariée au Brésil, et ont exploré la voie de l’entreprenariat (et ils sont nombreux ou nombreuses), le Brésil est le pays de toutes les opportunités. Ici, on sent et on voit que tout est possible, que c’est le moment, que malgré des chiffres de croissance plus timides qu’avant, les opportunités sont là. Seulement, si vous voulez monter une boîte, alors, il faut surmonter la montagne des administrations brésiliennes : prefeitura, policia federal, receita federal, ministero do trabalho ...

Mais avec des nerfs solides, beaucoup de patience, et du temps, vous arriverez à ce à quoi vous avez rêvé. Vous verrez aussi a posteriori la montagne de coups de main que vous aurez reçue pour vous en sortir ... le « jeito » brésilien.

Et comment moi, je vis tout cela ? J’ai de la chance et je fais beaucoup d’envieuses.
Les envieuses que j’ai laissées là-bas, qui luttent contre le gris de l’hiver, les grèves de transport, et les problèmes de nounou alors que, moi, le soleil me régénère quasi chaque jour, que je vais à pied au bureau après avoir fait mon marché de produits frais, et que je rentre zen du bureau ...
Les envieuses d’ici qui ne peuvent pas bosser. Ces mêmes envieuses qui sont toujours là pour me dépanner en cas de galère à cause du boulot ou des enfants...

La rupture de carrière est là certes mais légère : je suis restée dans le même groupe, je découvre un monde fascinant, je mets mon énergie au service d’un objectif précis avec des collègues passionnés. Bien sûr, je ne vais pas aussi vite aussi loin que cela aurait été le cas en France, mais en fait si nous sommes partis en expat c’est aussi pour prendre du temps et pour faire les choses avec plaisir.

Alors au Brésil, là où tout est possible, là où tout est opportunité, à Rio, imaginez ...

Stéphanie

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