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Vidéo : Expatriation à New York, mythes et réalités – Décryptage de la présidente de l’Accueil


Christel Grein a vécu en Suisse, au Sénégal et au Danemark. Elle y a beaucoup reçu des Accueils et elle a vu aussi la difficulté de vivre dans une ville où il n’y en a pas. Elle a donc décidé de s’impliquer dans l’Accueil de New York et en est devenue présidente. Dans cette vidéo, elle décrypte pour nous les rêves des nouveaux arrivants à Big Apple, leurs désillusions et leurs bonnes surprises. Un rapide 360° pour se faire une idée de la vie new yorkaise.

 
Ta définition de l’expatriation ?

Tu pleures quand tu pars, tu pleures quand tu arrives. Entre les deux, tu te réjouis.

Quels sont pour toi les pièges de la vie à New York ?

New York est souvent un leurre. Les gens viennent en vacances, ils parlent bien anglais. Ils ne se rendent pas compte de la dureté de la vie quotidienne ici. Ce pays est la plus vieille démocratie du monde mais beaucoup de choses sont extrêmement réglementées.

Sinon, un autre point est celui de l'argent qui est au coeur des discussions. Tout y est assujetti même pour les écoles ou la santé. En France, ce sujet est tabou. Nous sommes bien pris en charge et la scolarité est gratuite. Ici, partout, on est sollicité en permanence.

Que faut-il prendre en compte dans un budget ici ?

Les loyers qui sont très élevés dès qu’on choisit de vivre dans Manhattan.

Sinon, l’école est également très onéreuse. A titre d'exemple : le lycée français, en terminale revient à 41 000$. C’est le coût moyen d’une école privée américaine.

Le coût de la vie quotidienne (un ticket de métro coûte 2$76) et la nourriture, (surtout si tu veux manger français, ou au moins sainement) impactent aussi le budget.

Enfin, les frais de soins de santé sont chers et même avec une bonne couverture, il reste beaucoup de choses à payer de sa poche. Une consultation de médecin vaut au moins 300$. Un vaccin (et beaucoup sont obligatoires) coûte 150$. Certains sont rarement remboursés.

Vidéo : Expatriation à New York, mythes et réalités - Décryptage de la présidente de l’AccueilQuels sont les changements dans la typologie des expatriés?

Moins de familles arrivent avec le fameux golden package où tout est pris en charge. On voit beaucoup plus des jeunes qui, attirés par la ville, viennent directement à New York peu après leur diplôme. Ils s'installent en contrat local. Et, quand ils font leurs comptes, ils réalisent finalement que ce sera très difficile sur le plan financier.

Un enjeu pour ces jeunes est le mariage. Ils sont en couple en France et pour avoir un visa ici, se marient à la hâte. Cette précipitation n’est pas toujours la meilleure façon de commencer sa vie de couple.

Il y a aussi de plus en plus d’entrepreneurs qui ont tout laissé en France. Comme si, parce que c’était les Etats-Unis, cela marcherait mieux. Ceux qui arrivent avec une entreprise déjà très internationale y arrivent mieux. Ceux qui repartent, le font parce que le marché est extrêmement compétitif.

Et au niveau de l'éducation?

Le Lycée Français est très cher et comme les places sont rares, les fratries ne sont pas toujours acceptées.

Du coup, de plus en plus de familles envoient leurs enfants à l’école américaine avec des renforts du CNED.

Où habiter ?

Avant, la majorité des membres de l’Accueil résidaient à Upper East Side près du Lycée Français.

Maintenant, de plus en plus migrent à Brooklyn où les loyers sont moins prohibitifs et où il y a beaucoup de petites écoles à programme bilingue. Attention, cependant au fait que Brooklyn est très excentré. Il faut souvent une heure trente pour rejoindre Manhattan.

Comment se passe la recherche d’emploi?

On annonce 2% de chômage mais c’est trompeur.

Ici, tout le monde est très diplômé. Il y a la crème de la crème. Il n’est donc pas facile de se distinguer. D’autant plus que les diplômes français ne sont pas du tout connus.

Un problème classique auquel les femmes se confrontent est que les vacances sont limitées à deux semaines par an.

La durée moyenne de la recherche d’emploi chez les personnes qui fréquentent l’Accueil est d’au moins un an.

Attention aussi aux visas. Certains ne donnent pas le droit de travailler. C’est le cas notamment du visa O qui est celui demandé par certaines entreprises. Le conjoint est alors dans une totale dépendance : il ne peut ni travailler ni passer son permis de conduire ni même avoir une carte de paiement !

Au-delà du visa, il faut également un permis de travail. Là, des changements sont en cours. La demande de permis de travail devient un enjeu majeur. Avant, il fallait 3 mois pour l’obtenir. Le délai est passé à 6 mois sous l’effet de la nouvelle administration.

Mais au bout d’un an, il faut le renouveler. Ici, à nouveau, les délais d’émission se rallongent et atteignent souvent 4 mois pendant lesquels il est strictement interdit de travailler. Cette période de carence n'est pas évidente pour que l'entreprise garde le poste vacant.

Faut-il craindre pour sa sécurité?

Le côté très positif ici est qu’on se sent globalement en sécurité. Nos sacs à main sont ouverts et si j’oublie mon portable, on me le rapporte. On peut rentrer tard sans crainte par les transports en commun.

Les gens font la queue dans l’ordre. Ils ne se ruent pas dans le métro.

En revanche, tout est très procédurier. Un contrôle de police ou de douane peut facilement dégénérer: il faut être extrêmement réservé. Attention, il est indispensable de repasser son permis de conduire au bout de trois mois, aussi bien le code que la conduite.

L’alcool est interdit pour les moins de 21 ans et les dérogations peuvent coûter extrêmement chères : on peut perdre son visa si son adolescent boit de l’alcool. Et on peut se faire dénoncer facilement sur ces sujets. Il y a beaucoup de délation ici, ce qui est très difficile à comprendre pour les Français. Nous n’avons pas la même façon de considérer la citoyenneté.

Est-il facile de se lier avec les new yorkais?

Il n'est pas simple de créer des liens forts avec les new yorkais. Ici, la vie est difficile et trépidante et les entend souvent dire : « on travaille comme des fous pour financer notre assurance santé et notre train de vie. On n’a pas le temps de copiner avec des étrangers dont on sait qu’ils ne sont là que de passage. D'autant que le week-end est pris par la paroisse, les activités des enfants pour lesquelles il faut être très investi. » Il y a beaucoup de pression, peu de temps.

 

Propos recueillis par Alix Carnot

Directrice associée d’Expat Communication
Alix.carnot@expatcommunication.com

 

 

 

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