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Vivre à Kansas City, MO


Kansas_CityL’histoire de notre installation dans le Kansas près de Kansas City, Missouri

La décision : Une mission qui se termine dans la baie de San Francisco et une proposition de travail qui tombe pour Kansas City : vous le prenez comment ? Moi j’ai dit à mon mari : « No way, va aux entretiens, si tu veux, mais hors de question d’aller dans ce trou paumé ! » Il est allé aux entretiens d’embauche et, les entretiens se sont multipliés et de finaliste, il est devenu l’élu. J’ai pleuré, car je ne me voyais pas quitter cette belle région de Californie pour cette ville perdue au milieu de nulle part. De fil en aiguille, nous nous sommes renseignés, avons pesé le pour et le contre : les avantages et les inconvénients de quitter notre statut d’expatrié, de salariés français et de plonger dans le statut de résident. Alors nous avons dit OUI et nous avons annoncé autour de nous notre décision : tout le monde semblait connaître cette ville et les échos étaient plutôt bons. Mon mari est parti et a commencé en janvier son nouveau poste, en faisant les navettes presque tous les week-ends (4h minimum d’avion et 2h de décalage) jusqu’au mois d’août où nous avons déménagé.

Premières impressions
En février, nous l’avons rejoint là-bas pour 4 jours pour venir visiter : nos 4 enfants âgés de 4 à 14 ans étaient du voyage. Première plongée dans le MidWest : c’était plat, c’était gris et c’était immense, pas dense du tout ... tout le contraire de la Silicon Valley.  Plat : vallonné mais pas de collines, un horizon à perte de vue.   Gris : les arbres avaient perdu leurs feuilles et les champs étaient brûlés par la neige qui venait de fondre.   Immense : l’impression de faire énormément de kilomètres le long d’interminables highways.

Nous sommes arrivés, il faisait 0°C, le lendemain, il faisait 20°C. Nous sommes restés 3 jours. Nous avons visité des tas de maisons et cela a été une très belle surprise : les maisons étaient belles, grandes et les quartiers vraiment sympathiques et surtout .... 5 fois moins chères qu’en Californie. Bref, cette première visite n’avait pas été très concluante d’un côté mais d’un autre, plutôt encourageante. J’y suis revenue plusieurs fois dans le courant du printemps et mon regard a changé au fur et à mesure que la nature se réveillait : vert avec des feuilles sur les arbres, cela changeait la donne. Et petit à petit, j’ai commencé à cerner les quartiers où habiter, comprendre cette ville qui est en fait une double ville à cheval sur deux états, Kansas et Missouri. Nous étions aidés par deux personnes formidables, agents immobiliers, qui nous ont guidé pour trouver le logement qu’il nous fallait. Voilà, nous partions avec la promesse d’avoir une belle maison. Lors de ces séjours préliminaires, nous avons eu aussi le sentiment d’être vraiment très bien accueillis : nos futurs voisins nous donnaient du « Welcome in Kansas : nous sommes tellement contents de vous avoir comme nouveaux voisins ». .. Une fois arrivés sur place, installés et un peu remis de la fatigue du déménagement, commençant à nous faire à la chaleur qui nous avait surpris en arrivant en août, les enfants inscrits et rentrés en classe, nous avons commencé à souffler... pour découvrir un autre monde. : cela a été un vrai choc culturel. Et là, comme lors de chaque nouvelle expatriation, j’ai ressentie un grand vide, mais pire cette fois, une immense solitude. C’était en fait la première fois que nous nous trouvions dans un environnement complétement étranger sans aucun contact avec un point d’ancrage français. J’ai déjà été plusieurs fois expatriée et je dois dire qu’à chaque fois, une solidarité s’était mise en place pour nous accueillir : ici, pas d’école française, les enfants étant en école américaine, pas de réseau francophone, nous étions anonymes parmi les anonymes.

Les « Welcomes in Kansas » ne se sont pas vraiment concrétisés. L’indifférence a fait place au maigre intérêt que nous avions pensé recevoir. Les invitations promises ne se sont jamais tombées aussi. Nous avons très souvent fait le premier pas, même avec les voisins, et il n’y a eu aucun retour. Au pire, nous nous sommes heurtés à de l’indifférence au mieux à un vague intérêt très fugace. J’ai essayé de m’intégrer dans divers groupes : à l’école ou dans un groupe de marche... sans succès. Les gens sont charmants partout, mais c’est tout et dès que nous ouvrons la bouche, nous sommes catalogués par notre accent : les gens se ferment. Alors oui, on a lâché prise après quelques mois ici : j’en ai pris mon parti et cessé d’attendre quelque chose de mes voisins ou des gens que je rencontre : on se fait toujours de grands signes en souriant, mais je sais que la relation n’ira pas plus loin. Ce côté « friendly » adoucit cet isolement mais cette superficialité agace aussi. Les gens de Kansas City ne savent pas accueillir l’étranger, n’ont aucune curiosité à vrai dire pour connaître des nouvelles personnes : ils sont nés ici, ont grandi ici et ont leur cercle et n’en sortent pas. _ J’en suis arrivée à cette conclusion et tous les étrangers rencontrés ici m’ont confirmé cette sensation : il est très dur de se faire des amis américains ici.

La question religieuse
Une question essentielle aussi ici est la question religieuse qui revient assez rapidement quand on arrive à échanger plus de trois phrases avec quelqu’un : « à quelle église, appartenez vous ? ». Ici dans le Midwest, la religion est omniprésente. Il y a beaucoup d’églises et elles sont pleines le dimanche. On me l’avait dit, l’appartenance à une église est un facteur d’intégration : cela aurait peut-être pu nous aider et encore, je n’en suis pas si sûre.

L’installation n’a donc pas été évidente. Ce sont mes enfants qui cette fois en ont le plus souffert. Surtout mes deux ado (High school et Middle school) qui ont été très seules les premiers mois, ce heurtant aux mêmes problèmes. Nous avons aussi été assez surpris par le manque de culture générale voire des idées complétement rétrogrades : le courant créationnisme est ici très fort et cela se ressent même jusque dans les salles de classes où les profs de sciences s’excusent de ce qu’ils enseignent : notamment sur les sujets concernant la dérive des continents ou sur l’évolution. Cela nous a permis d’en discuter avec nos enfants.

Le réseau francophone
Sans réseau, ni association d’accueil de français, il nous a été très difficile de rencontrer des français, des francophones, voire des étrangers. En effet, il y en a très peu et il n’existe pas de réseau francophone : il y a bien une alliance française mais, on m’a clairement fait comprendre que son rôle n’était pas d’accueillir les français : les réunions se font en anglais et même les messages laissés sur le groupe Facebook sont restés sans réponse. Etant complétement seule mon premier mois à Kansas City, j’ai attendu avec impatience leur premier café. On m’a tout de suite orienté vers un couple de français qui était venus comme moi. Les rencontres de français ou francophones ont été le fruit du hasard, et quand on en rencontre un, on en rencontre 10, mais pas plus : communautarisme, quand tu nous tiens ... Rencontrer des français, nous a permis de nous sentir un peu moins seuls : on a pu ainsi partager nos expériences et puis nous créer un nouveau réseau. Nous sommes une petite poignée et nous nous retrouvons de temps en temps : pour des pique-niques, pour un dîner de filles, un club de lecture ou une marche hebdomadaire. J’ai essayé de lancer l’idée de créer un groupe, une association d’accueil : l’idée fait son chemin peu à peu ...

Une ville où il fait bon vivre Finalement, c’est la qualité de vie qui a adouci notre séjour ici : le Johnson County où nous résidons a été déclaré l’un des meilleurs counties en terme de qualité de vie aux US. La banlieue est aérée, les maisons sont assez jolies. Le centre ville, La Plazza, est un vrai petit centre ville assez mignon, dans un style espagnol. Nous avons été surpris par la richesse culturelle de la ville et de ses environs : une ville de jazz avec de beaux et très intéressants musées : celui de la première guerre mondiale, le musée d’art...etc... En fait, la ville est à cheval sur deux Etats : le Kansas et le Missouri. Ce sont deux villes qui portent le même nom mais qui se différencient par le nom de l’Etat : Kansas City, Kansas et Kansas City Missouri. Le centre ville est côté Missouri mais il fait bon vivre côté Kansas et surtout les écoles sont bien meilleures. Kansas City est aussi très riche en terme d’intérêts historiques : elle était située au carrefour des chemins que les migrants empruntaient pour gagner l’ouest. Comprendre leur histoire c’est aussi comprendre leur culture actuelle : on appréhende mieux ainsi leur rudesse et leur ferveur religieuse : les migrants fuyaient souvent un état totalitaire en Europe et ils devaient traverser ces milliers de kilomètres de plaines où les attendaient des intempéries mais aussi les indiens. Kansas City est aussi très riche au niveau industriel et de nombreux sièges d’entreprise sont présents dans son agglomération : SPRINT (N°2 du téléphone mobile), Garmin (les GPS), Hallmark (les cartes) etc ...

Oui Kansas City est une ville plaisante quand on dépasse les petits aléas des débuts et quand on fait abstraction de cette superficialité. La ville est agréable en toute saison : à l’automne avec son festival du Moyen Age et ses arbres de toutes les couleurs, la nuit en hiver quand le quartier de Plazza est illuminé, au printemps quand les arbres sont en fleurs et que l’on peut assister à un concert en plein air : le seule hic, une chaleur écrasante en été, des tempêtes et orages très intenses avec parfois des alertes aux tornades. L’hiver n’a pas été trop rude cette année mais il est d’habitude plus froid et plus enneigé. Les écarts de températures sont parfois impressionnants et épuisants d’un moment de la journée à un autre mais dans l’ensemble, le temps est plaisant : il y fait la plupart du temps très beau. Le vent parfois souffle toute la journée.

Nous vivons très proches de la nature : de notre maison, nous voyons souvent des troupeaux de biches traverser la prairie, il y a des oiseaux magnifiques et les lapins viennent manger nos plantes.

Cependant, c’est une ville extrêmement isolée, vraiment au milieu des Etats Unis : le ski est à 800 km à l’est, Chicago, 800 km au nord, Saint Louis, 350 km à l’Est et au Sud, l’Oklahoma et le Texas. Le Kansas est un état très peu peuplé. Sa situation est idéale pour partir en vacances car centrale, mais il faudrait presque prendre l’avion à chaque fois. L’expression : « être perdu au milieu d’un océan de plaines » est vraiment justifiée. Les gens n’hésitent pas à traverser le Kansas (10 h de route pour aller skier : c’est un peu fou car été comme hiver, nous ne sommes jamais à l’abri d’une très forte perturbation), les moins chanceux restent ici et ne bougent pas, mais il y a de nombreux lacs et parcs, où les gens aiment à faire des barbecues. La vie y est aussi agréable dans la banlieue, côté Kansas : c’est la qualité des écoles publiques qui conditionne l’emplacement de son habitation : la majorité des français que j’ai rencontrés habite dans la commune de OVERLAND PARK : le school district (Blue Valley) est l’un des meilleurs des Etats-Unis. Nous habitons nous, un peu plus au nord à Shawnee, car nous souhaitions envoyer nos enfants dans une high school avec programme IB (International Baccalauréat). Pour les familles, le Kansas (Shawnee, Overland Park ou Leawood) est plus agréable à vivre que le Missouri : le contraste est assez flagrant : dès que vous passez la « State Line », les quartiers semblent plus pauvres, sauf dans le centre ville lui-même. Pour les couples sans enfants ou les célibataires, il semble plus justifié de vivre près du centre dans le Missouri : le quartier de Westport est très chaleureux, plein de restaurants et à deux pas du centre ville. Les petites villes côté Kansas, juste à côté sont Fairfield et Westwood.

La circulation n’est pas très importante : il y a tant d’espace que la moindre route a trois voies et les gens ne sont pas très stressés au volant.

Et moi ? Et moi dans tout cela ? Condamnée à être une femme expat for ever parce-que nous avons décidé de faire de notre vie un perpétuel voyage ? L’an dernier quand j’animais l’association de parents d’élèves de l’école où étaient mes deux plus jeunes enfants, j’avais pressenti qu’il me faudrait un fil conducteur plus fort. Alors je me suis mise au boulot, devant mon mac, dans le secret de mon bureau, quand je ne vais pas marcher avec les copines, ou je ne vais pas à la salle de gym, je travaille à un projet qui j’espère, verra le jour prochainement.

Je dirais que ce début d’année dans le Kansas a été vraiment difficile... mais le changement valait le coup même si je retournerai certainement, les yeux fermés dans la baie de San Francisco si on me le proposait. Quelle plus belle récompense, quand vos enfants vous déclarent qu’ils ne veulent pas repartir ? Que finalement on n’est pas si mal que cela ... malgré les tornades, les tempêtes et l’isolement, mais surtout le choc culturel ... Ils se sont finalement fait quelques amis, comme nous : cette expatriation est riche d’enseignements : on survit à tout : il faut trouver son équilibre dans ce que nous offre ce perpétuel voyage : quelques nouvelles amitiés, même si elles sont peu nombreuses, une douceur de vivre et la chaleur d’une maison ...

Quelques conseils pour une future expatriée qui arrive : Ne pas rester isolée. On en parlait encore ce matin avec d’autres françaises, on va essayer de créer un lien pour les personnes qui arrivent. Installer vous dans la ville de Overland Park si vous êtes une famille, plutôt en centre ville ou dans les petites villes alentours côté Kansas, si vous êtes sans enfants. Le reste se fera tout seul : l’offre ne manque pas. Concernant, les réseaux francophones : un groupe Facebook Kansas City Accueil vient de voir le jour avec éventuellement par la suite une association. Nous travaillons aussi avec d’autres françaises à créer un site web.

Isabelle Guglielmi
Email : gimasc@ymail.com
Voici son blog : http://fromside2side.blogspot.com/

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