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Afrique Ma destination Rwanda

Vivre à Kigali, au Rwanda


RWANDA

L’annonce de notre départ éventuel sur Kigali fut, pour moi, un embrouillamini de sentiments ambigus

Depuis 23 ans, nos ribouldinguons à travers l’Afrique... de pays en pays, de poste en poste, mon mari et mes 4 enfants avons goûté tant à la douceur qu’à l’amertume de l’expatriation.

Nous étions en Afrique du Sud et de toutes les possibilités de pays, le Rwanda était mon dernier choix. Pourquoi ?
L’Afrique du Sud avec son passé très lourd a été pour moi un passage difficile. L’impression par moments de porter sur mes épaules un passé qui ne m’appartenait pas mais qui m’était mis devant les yeux à chaque coin de rue. L’apartheid est terminé, mais sa réalité, comme par ricochet est encore présente malgré les efforts de beaucoup de Sud Africains.
L’insécurité et la violence crue font partie du quotidien.
L’idée d’une fois encore, vivre dans un pays avec un passé lourd de ségrégation et de violence me laissait très pensive !
J’ai alors fait ce que je conseille aux personnes que je coache... j’ai fait ’Lumière’ : Éclaircir, comprendre, recevoir des opinions diverses en posant PLEIN de questions ! Au plus, je recevais des informations de personnes ayant vécu à Kigali, de Rwandais eux-mêmes, je me suis mise à vouloir aller dans ce pays. Le retour au cœur de l’Afrique m’attirait, la sécurité omniprésente me soulageait, et la possibilité d’école pour mes plus jeunes me réconfortait. Et professionnellement, le fait que le Rwanda ait un système Internet tout à fait correct me permettait de continuer de développer ma carrière mobile.

L’arrivée à Kigali ne m’a pas surprise. Une bouffée d’air africain comme je m’y attendais. Le chaos sur la route me faisait sourire. Et, à part les montagnes russes qu’apportent les débuts d’une transition, je me suis sentie assez vite à l’aise dans ce pays. J’y aime la simplicité de vie, le calme, une ville à dimension humaine.

Par rapport à d’autres pays d’Afrique, les Rwandais sont très calmes. Pas de radios tonitruantes dans les rues, quelques bars, mais rien de dérangeant dans le quotidien.
Leur calme olympien peut être perçu, par moment, comme de l’indifférence désarçonnant.
Le contact avec les Rwandais ne se fait donc que petit à petit, tout en douceur.
Parfois, je me pose la question de ce qui se cache derrière ce calme apparent. N’est-ce pas un couvercle sur une cocotte minute qui serait prête à exploser ? Je n’en sais rien... La réalité est que, même si cela reste un sujet délicat, le génocide n’est pas loin et lentement, je me rends compte de l’ampleur des conséquences de ce désastre. Un sujet que je ne suis pas encore à même de traiter après seulement 3 mois sur place. J’observe...

La culture rwandaise est une culture hiérarchique et de ce fait toutes les marques de respect, les titres et le vouvoiement sont de rigueur.
C’est aussi une culture que l’on appelle ’high context’, ce qui veut dire que tout doit se discuter dans le contexte. On ne pourra pas aller droit au but de la quête sans passer par une explication longue et détaillée des raisons et des circonstances ainsi que du contexte dans lequel on fait la demande.
Le meilleur exemple auquel je puisse penser est lorsque, devant ses subordonnés, je me suis énervée sur le représentant d’une compagnie de sécurité en lui disant de but en blanc que je n’étais pas d’accord avec lui car il avait changé le prix entre son bureau et ma maison (à mon désavantage !). J’ai vraiment cru qu’il allait s’évanouir devant moi. Il essayait de se mettre entre moi et ses subordonnés, pour que ceux-ci ne me voient pas me fâcher sur leur patron. Je n’ai réalisé que quelques secondes trop tard, que je me trompais de culture et que je n’étais ni en Hollande ni aux États-Unis ! Mais le mal était fait... je n’ai jamais eu gain de cause ! (Et dire que je donne des formations interculturelles !).
Pour mieux comprendre ces différents aspects culturels, je me suis lancée dans l’apprentissage du Kinyarwanda. Une langue surprenante qui non seulement demande à mes méninges de se réveiller, mais me donne un aperçu plus profond de la culture et de la manière dont cette population fonctionne.

Infos pratiques :

La ville de Kigali est repartie sur 3 collines. Kiyovu est la ville la plus ancienne. En voiture, tout est à dix minutes ! (sauf s’il y a des travaux) La ville est en pleine extension de développement d’infrastructures.
Taxis, taxis motos (pour les plus braves) et la marche à pied est à porté de ceux et celles qui, comme moi, n’ont pas, ou pas encore de voiture.

Logement : plusieurs quartiers résidentiels s’offrent aux expatriés : Kiyovu, la colline sur laquelle est la vieille ville offre des maisons anciennes en bon ou en mauvais état ! A bien vérifier. Nyarutarama est tout nouvellement construite, mais les coupures d’électricités y sont plus nombreuses qu’à Kiyovu.

Le transport / la circulation /la conduite : Franchement, ils conduisent comme des fous ! Ils ne semblent pas avoir la notion de droite et gauche, il est donc parfois difficile d’identifier du quel côté de la route il faut rouler ! Bon...j’exagère un peu, mais c’est parfois assez surprenant ! Logiquement, ils roulent à droite. L’avantage est que la vitesse est limitée à 50 en ville et 80 en dehors, ce qui limite, non seulement les accidents, mais aussi leur gravité.
Dès que l’on sort de Kigali, le plus grand danger est le nombre impressionnant de personnes qui marchent sur la route. Depuis peu, le président a interdit tous les animaux sur la route et cela fluidifie un peu la circulation.
Les agents de la circulation sont très présents et très sévères. Attention au l’alcool au volant... sous peine d’une visite à la prison !

Les supermarchés, l’adaptation à l’alimentation locale : Kigali présente un centre commercial qui est le centre-ville. Quelques rues où les boutiques s’alignent dans l’ordre et le désordre. Boutiques d’architecture coloniale qui exposent quelques marchandises spécialisées. On aura ainsi la rue des papeteries, celle des tissus, celle des quincaillers...
Kigali a aussi ouvert un centre commercial qui abrite le Nakumat, magasin d’une chaîne Kenyane. On y trouve de tout, à un prix élevé ! Plusieurs magasins plus petits s’approvisionnant presque uniquement au Colruyt en Belgique sont répartis dans la ville. Pour les Belges habitués au Colruyt, pas de problème. La seule différence est le prix ! On fait son Colryut aux prix du Rob* (*magasin traiteur gourmet belge) !

Les enfants : l’éducation dans les écoles Rwandaises n’est pas reconnue en Europe ou ailleurs. Il y a donc pour les enfants expatriés, et les Rwandais qui désirent une équivalence internationale quelques écoles :
-L’école belge. La plus ancienne des écoles et réputée pour son niveau d’étude.(éducation en français).
-L’école française vient de rouvrir en septembre. Elle offre le curriculum français par correspondance.
-Il existe deux autres écoles internationales anglaises (je ne suis pas sûre du curriculum qu’ils offrent).
-Green Hills offre le Cambridge jusqu’au « grade 10 » et ensuite le Bac international.

La plupart des écoles internationales ont adopté le calendrier Hémisphère Nord.

Domestiques : chaque maison a au moins un ou deux domestiques qui y travaillent. En général un cuisinier et/ou une ménagère. Malgré la sécurité acceptable, un garde de nuit est indispensable ainsi qu’un garde/jardinier de jour.

Le sport/les activités du WE : Kigali est une ville calme, pas de cinéma, quelques boîtes de nuit. Deux cercles sportifs sont les lieux de rencontres tant des jeunes que des adultes. Cette absence d’activités ’organisées’ éveille la créativité des familles qui organisent des soirées jeux, danses, rencontres piscine...
Les week-ends se passent chez les uns et les autres ou au bord du Lac Mhozi ou Kivu qui offrent de beaux endroits et quelques activités aquatiques. Le parc de l’Akagera ainsi que d’autres parcs sont aussi de bonnes destinations de week-end.

Présence militaire et corruption : les militaires sont fort présents. Des patrouilles sillonnent les rues et tout le pays. La présence de la police se fait aussi fort sentir. Pas question de corruption dans ce pays qui se bat contre cette image de l’Afrique.

Langue : le Rwanda vient de changer de langue officielle. Du français, ils sont passés à l’anglais. Depuis deux ans, les écoles locales sont anglophones. Malgré tous les efforts faits pour faciliter cette transition, il est parfois difficile de sentir comment aborder les gens. Les anciens parlant encore français et les jeunes n’ayant pas encore acquis les fondements de la nouvelle langue. De manière générale, je suggère d’aborder les gens en anglais et ensuite changer si nécessaire.

Natalie Tollenaere
Life coach et formatrice interculturelle pour globe trotters
Auteur de "L'art des Possibles: creer son chemin dans une vie internationale mobile"
Visitez son site Internet : www.transitionstoafrica.com


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