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Afrique Angola Ma destination

Vivre à Luanda en Angola


luanda_angola-Tu vas habiter où ??
-A Luanda, en Angola.
-C’est où ça ?
-C’est au sud-ouest de l’Afrique, juste au dessus de la Namibie.
-Et ce n’est pas dangereux par là ?
-Et bien, il y a eu la guerre mais le pays est en reconstruction... »

Voilà à peu près de quelle manière commence une discussion avec une personne à qui vous annoncez que vous allez partir en Angola. Peu de gens arrivent à situer ce pays dont, il est vrai, on n’entend pas beaucoup parler en Europe.
De même, la première réaction de votre entourage est plutôt l’inquiétude. Ce qu’ont pu retenir ceux qui connaissent l’histoire du pays, c’est la guerre civile qui y a fait rage pendant trente ans.
Lorsqu’on a annoncé à mon conjoint qu’il pourrait avoir une opportunité de travail en Angola, je lui ai dit de foncer. C’est justement le manque d’informations qui pour moi rendait ce pays attirant. Il y avait tout à découvrir.

Premières impressions
Le jour de mon arrivée, la première chose qui m’a frappée fut le temps d’attente à l’aéroport afin de contrôler nos visas. Une heure et demie. Mais en deux ans les choses ont déjà évolué et maintenant on passe plus rapidement. Ensuite, on nous a conduits à notre hôtel. Là encore, il a fallu plus d’une heure de trajet pour une poignée de kilomètres. Néanmoins, j’ai pu mettre à profit ce temps pour observer ce nouveau monde : un soleil éblouissant, des vendeurs de rue partout avec des objets parfois insolites (vente de lunettes de toilettes au milieu des embouteillages), de la poussière, des bidonvilles, et surtout d’immenses bâtiments modernes en cours de construction. Une ville en mouvement où des femmes portant des bassines remplies de denrées sur la tête parcourent les rues, où d’autres trottinent habillées en tailleur avec des talons aiguilles, et où l’on voit se déplacer beaucoup d’hommes en costume, ils ont l’air de soigner leur apparence. Des scooters et des mobylettes frôlent les voitures et chacun joue des coudes, ou plutôt des enjoliveurs, pour passer en premier. En bref, une belle pagaille mais qui semble réglée comme du papier à musique. Drôle d’impression.

Se loger
Nous étions logés dans un hôtel en attendant de trouver un appartement. Nous avons été surpris par la qualité de l’hébergement et des repas. Il faut préciser que nous nous attendions au pire. Nous pensions que cette ville était délabrée, pauvre, impraticable et que nous devrions faire avec les moyens du bord. Mais Luanda a une face cachée qu’on a découvert peu à peu.
Les choses se sont corsées lorsqu’il a fallu chercher un endroit où vivre. Les loyers sont extrêmement élevés, de l’ordre de 6000 à 20 000 $ par mois (non, il n’y a pas de zéro en trop !) et il faut le plus souvent payer le loyer un an à l’avance. Nous étions pris en charge par un intermédiaire local et nous avons visité quelques maisons et appartements. Cependant, Il ne faut pas hésiter à faire des recherches soi même et demander à visiter un endroit qu’on a pu repérer soi même. Dans tous les cas, il y a des choses à prendre en compte : une maison signifie qu’il faudra un gardien, avoir un bon générateur en cas de coupure d’électricité et une bonne réserve d’eau.
Les quartiers à privilégier sont Miramar et Maïanga où il y a déjà beaucoup d’expatriés et où l’on peut trouver des maisons mitoyennes ou individuelles et des commerces de proximité. Sinon on peut se rabattre sur Samba, plus excentré, ou aller en dehors de la ville, à Luanda Sul dans des compounds plutôt modernes où l’on pourra bénéficier d’un jardin. Mais le temps de trajet pour aller dans le centre de Luanda n’est pas à négliger. Des français mais surtout des américains préfèrent cette option d’autant plus que l’école internationale est basée à cet endroit et qu’il y a un grand shopping center moderne à tout près.
En ce qui concerne les appartements, de plus en plus de bâtiments neufs voient le jour et il devient possible de trouver un appartement décent en centre ville dans le quartier de Kinaxixi (prononcez « Kinachich ») et aux alentours. Il faut également savoir que tout ne se règle pas en un jour. Il nous a fallu deux mois avant que les papiers soient signés. Il n’y a pas de règle, cela peut prendre plus ou moins de temps, il faut donc faire preuve de sang froid face à l’incertitude qui régit le cours des choses ici.

La vie quotidienne
Une fois installés, il a bien fallu nous ravitailler. Luanda ne manque pas de supermarchés, heureusement ! Les produits y sont hors de prix mais on peut y manger à l’européenne à condition de ne pas avoir peur de faire un peu de cuisine. Casa dos Frescos, intermarket, jumbo, Martal, shoprite, ces enseignes sont disséminées dans chaque quartier de la ville où vous êtes susceptibles de résider et même si parfois il faut faire plus d’un supermarché pour avoir ce dont on a besoin, on trouve toujours de quoi faire.
Deux règles clés sont, pour ma part, à observer : la date de péremption des aliments et, vérifier qu’il n’y a pas quelques petits insectes dans le riz, les pâtes ou la farine pour éviter une contamination des placards. On peut également acheter des légumes et des fruits aux vendeuses de rue ou sur quelques marchés situés davantage en dehors de la ville. Le prix d’un caddie pour deux personnes tourne aux alentours de 400$. On n’hésite donc pas à ramener plein de bonnes choses de France dans ses valises lors de nos retours en métropole.

Se déplacer
Pour découvrir la ville, faire ses courses ou se rendre sur son lieu de travail il est plus facile d’avoir un chauffeur notamment parce qu’au début il faut s’habituer aux rues en sens unique qui font de Luanda un labyrinthe, aux interdictions de tourner à gauche, aux policiers, aux trous qui parsèment la route, aux embouteillages et enfin aux places de parking qui sont extrêmement difficiles à trouver... Pour dénicher un chauffeur on utilise la plupart du temps le bouche à oreille. Untel connaît untel qui pourrait vous trouver un chauffeur. On peut tomber sur le bon, ou pas. Il faut être précis sur les horaires et ne pas laisser un certain laxisme s’installer sinon on ne s’en sort pas. Il y a aussi la possibilité de conduire soi-même. Avec un peu d’entraînement on y arrive, c’est l’option que j’ai choisie car elle me fait notamment me sentir plus libre et indépendante. Néanmoins le permis français n’est pas reconnu et le permis international n’est valable que trois mois. Il faut donc songer à passer le permis angolais, et oui, le panneau « pneus neige » fait partie du code.
En règle générale il est assez facile de trouver des employés de maison en Angola (ménagère, nounou, gardien, chauffeur). Les expatriés qui partent recommandent souvent les leurs.

Travailler et trouver des activités
Sur le plan professionnel, il n’est pas aisé pour le conjoint de trouver facilement un emploi rémunéré. En effet, l’Angola ne délivre pas facilement de visas de travail aux étrangers. Il est possible pour une femme d’expat de se renseigner auprès du lycée français qui propose parfois des postes en contrat local. Sinon il faut faire fonctionner ses réseaux et une opportunité peut s’offrir à vous sans que vous vous y attendiez en premier lieu. Il y a également la possibilité de faire du bénévolat. Une amie par exemple donnait des cours de mathématiques dans un orphelinat à un petit groupe de filles. D’autres font des campagnes de vaccination, d’autres encore ont monté leur propre boîte dans l’événementiel. Mais pour être honnête, ce n’est pas le pays idéal pour suivre une carrière professionnelle sauf si vous travaillez dans le domaine du pétrole.
Il est par contre possible de trouver des activités pour remplir ses journées. La société Total propose de nombreux ateliers qui sont ouverts à tous : Chorale, cuisine, couture, peinture, sport etc. L’Alliance Française propose des cours de portugais et différentes salles de gymnastique angolaises existent en ville. En outre certaines, comme moi, peuvent également voir dans cette expatriation l’occasion de suivre des cours par correspondance avec le Cned. Le temps libre dont vous bénéficiez peut vous permettre de préparer un concours ou un diplôme universitaire français.

Pour les enfants
La plupart des expatriés de Luanda sont là en famille. Ainsi, des infrastructures sont prévues pour les enfants. Crèche pour les plus petits et école française pour les plus grands. Le lycée français prend en charge les élèves de la maternelle à la terminale. J’y ai enseigné pendant un an, les élèves y bénéficient de conditions idéales. Ils sont peu nombreux dans les classes et se connaissent presque tous. Les cours débutent à 7h30, ce qui est tôt mais permet d’éviter le trafic, et se terminent aux alentours de 15h. Les élèves peuvent donc profiter du reste de l’après midi avant que la nuit ne tombe à 18h. En plus des matières habituelles, les élèves se voient proposés des cours de portugais et le lycée étant également ouvert aux angolais, la langue du pays prend vite le dessus entre amis et se parle presque naturellement.

Se divertir
Pour ce qui est des adultes, des parents, des célibataires, des jeunes, des moins jeunes, il y a aussi de quoi s’occuper durant son temps libre. Les restaurants et les clubs ne manquent pas à Luanda et la presque île d’Ilha est très animée le vendredi soir et le week-end. Il est aussi possible de se rendre sur les plages de las palmerinhas pour y camper ou faire un pique nique entre amis. Plus loin, Cabo Ledo est le paradis des surfers. Enfin, le pays s’ouvre de plus en plus au tourisme donc de nouvelles infrastructures voient le jour. Hôtels, lodges, près de la plage ou dans les terres, il y en a pour tous les goûts. Un parc national à proximité de Luanda permet d’observer girafes, impalas, éléphants et autres espèces.
Depuis deux ans il est de plus en plus facile de visiter ce pays qui, en termes de paysages et de diversité, est tout simplement sublime. Des palmeraies et une végétation luxuriante font place à des paysages désertiques. Le sud est ensablé sous des dunes magnifiques. Il y a bien sûr des consignes de sécurité à observer et il faut faire attention sur les routes car les angolais conduisent très mal mais j’estime que c’est une chance de pouvoir découvrir ce pays avant tout le monde.
De plus, l’Angola de par sa position géographique est le point de départ idéal pour visiter les pays alentours. Parmi les destinations les plus prisées : la Namibie et l’Afrique du Sud. Mais le Botswana, le Mozambique, le Kenya sont aussi des destinations à considérer.

En deux ans, ce pays a considérablement évolué. Les démarches commencent à se simplifier. L’internet s’est développé, des commerces et des restaurants voient le jour. La nouvelle marginale vient d’être inaugurée et l’on pourra bientôt s’y promener. Bien sûr j’ai tendance à voir le verre à moitié plein et à considérer cette expatriation comme une belle expérience, mais il ne faut pas oublier non plus que les conditions d’expatriés y sont pour beaucoup. Nous sommes privilégiés dans un pays où la vie n’est pas rose pour tous. En outre, Luanda n’est pas une ville où l’on se balade facilement car il n’y a pas de petit centre agréable. La moindre tâche à faire prend du temps. Il faut s’adapter à un autre rythme. Des agressions ont également été rapportées, mais elles ne concernent pas que les expatriés. On fait donc attention, on observe certaines règles. Tout ceci fait partie du quotidien et devient des habitudes à prendre mais il est vrai qu’inconsciemment, étant habitués à une vie de liberté, d’insouciance à l’européenne parfois on se sent étouffer et il est utile de « faire un break » avec Luanda. Une semaine ou deux loin du tumulte et on repart de plus belle.

La création de mon site internet
Mon site http://chrysangol.jimdo.com est né, je dois l’avouer, d’une frustration. En effet, en arrivant je ne connaissais pas la ville, je ne savais pas comment trouver tel ou tel produit, je n’étais pas au courant du nom des supermarchés ni de leur adresse. Comment me procurer une carte téléphonique ? La recharger ? Comment avoir un accès internet ? Quel fournisseur ? Dans la salle des professeurs du lycée, j’entendais parler les autres expatriés de leurs week-ends, de leurs voyages etc. Je posais des questions auxquelles on me répondait bien volontiers, mais je ne retenais pas toutes les indications qui m’étaient données. Tout leur semblait si facile, mais à moi qui débarquais cela me semblait au contraire bien compliqué. Sur internet on ne trouvait pas encore beaucoup d’informations non plus. J’ai donc décidé de consigner chaque chose qui me semblait essentielle sur ce site pour aider d’autres personnes qui comme moi chercheraient des informations pratiques sur la vie locale en Angola.
En outre, chaque fois que je parlais de l’Angola avec des amis de métropole, je pouvais observer l’étonnement et l’ignorance des gens concernant ce pays et en même temps une lueur de curiosité dans leurs yeux au point de me sentir comme Usbek dans les Lettres persanes lorsqu’il décrit le nouveau continent qu’il visite. A l’ère du numérique et de la communication mondiale, une terre inconnue existait encore... J’ai donc décidé de mettre en ligne des informations sur l’Angola afin que quiconque se demandant : « C’est où ça ? Ce n’est pas dangereux par là ? » Trouve des réponses à ses questions et visualise enfin à quoi ressemble cette contrée.

Chris Bourgeois
Visitez son site internet : http://chrysangol.jimdo.com/

Vous pouvez joindre Chris via l'annuaire des expats 

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Crédit Photo : chrysangol


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