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Afrique Kenya Ma destination

Vivre à Nairobi, Kenya


nairobiLa vie à Nairobi c’est un safari, urbain, mais safari quand même. Avec ses bons et moins bons côtés. Nathalie nous raconte.

Quand la nouvelle d’une expatriation au Kenya est tombée, aussitôt le cliché du Kenya et de ses safaris s’est imposé. En plus un pays anglophone, donc une réelle chance pour nous tous, parents et enfants. Nul doute tant qu’à changer de pays en Afrique, on avait touché le gros lot !

Une fois arrivée sur place, je suis tombée sous le charme : de la verdure, du choix et de la proximité des magasins, du climat où la climatisation n’est pas nécessaire au quotidien, pas de problème de malaria, la féminité des tenues des nombreuses indiennes qui vivent à Nairobi et leur nourriture. Très pratiquement, la conduite à gauche version africaine couplée à l’anglais absorbent pas mal d’énergie au début.

 

Rapidement, j’ai réalisé combien la séparation était assez nette entre les quartiers aisés et le reste de Nairobi.

On pourrait prendre un compas et délimiter un certain angle où, en tant qu’expat, notre vie quotidienne se déroule. Et ce, pour des raisons tant de sécurité que pratiques (trafic épouvantable). Le centre ville a vraiment peu d’attraits et une réputation de coupe-gorge...

 

Nairobi se situe à 1600 m d’altitude et son climat est génial.

Il fait bon en journée et frais le soir ; comme il fait plutôt frisquet en soirée, cela influence la vie sociale de tous. Du coup, on vit moins dehors qu’ailleurs en Afrique, que ce soit pour les locaux, ou pour les expats. Cela permet des tas d’activités, de ne pas avoir à se préoccuper de la malaria, et -cerise sur le gâteau- de trouver des fruits et légumes très variés. Rien à voir avec les plans ’ananas-mangues ou mangues-ananas’ d’autres régions d’Afrique !
A noter que le Kenya étant situé à la latitude de l’Equateur, il fait noir dès 19 h tout au long de l’année. En hiver, le thermomètre "plonge" jusqu’à 12° la nuit. Polaires, duvets et feux ouverts sont de service car il n’y a pas de système de chauffage dans les maisons...

 

La partie "Safari", la beauté et la variété des paysages, la longue histoire du pays sont un réel plaisir d’une expatriation par ici.

Mais vu le budget que représente un safari même en vivant sur place, cela reste quand même occasionnel. Au quotidien, le développement récent de grands magasins, du réseau mobile, du bon réseau médical, des écoles et une vie sociale variée feraient de Nairobi un paradis, si ce n’était le problème de sécurité.

Nous venons de fêter notre 10ème anniversaire sur place, mais on a beau dire, on a beau faire, la tension est toujours là.

Il y a d’abord toutes les inégalités sociales que comporte le Kenya, qui font du mzungu (Blanc) une cible privilégiée. Ensuite, l’instabilité des pays environnants et la circulation d’armes aggravent la situation. Une kalachnikov contre 3 chèvres.

Nairobi est souvent baptisée en anglais "Nai-robbery" (agression nocturne) et est connue pour ses problèmes de sécurité.

 

Du coup, au quotidien, la vision "Out of Africa" vire au Far-West Africain... un safari relooké.

Les maisons sont bardées de barbelés, de grilles aux portes et aux fenêtres, de clôtures électriques, "panic buttons" (bouton d’alerte en cas de problème)...Carjackings violents, kidnapping, et attaques dans les maisons font partie du quotidien à n’importe quelle heure.

Les Kenyans en sont les premières victimes. Ce sont souvent des bandes qui procèdent par vagues et par quartier. Nous vivons actuellement près de l’école internationale, et l’année passée durant 2 semaines nous avons eu droit à tout l’échantillonnage des problèmes. Il y a quelques semaines, notre famille a fait l’objet de menaces de mort par téléphone. Le but est d’extorquer des fonds sans doute. C’est notre fils de 15 ans qui a reçu le premier appel... La police est sans moyen, mal payée et souvent corrompue.
Alors en respectant certaines règles de sécurité, on gère le quotidien mais je trouve lourd le fait de circuler toujours sur mes gardes. Et c’est bien cette liberté de mouvements que j’apprécie le plus une fois de retour en Europe, de même que l’électricité en continu, l’eau sans restrictions, et la télévision même quand il pleut.

De nombreux nouveaux expatriés se plaignent de la lenteur des choses à beaucoup de niveaux. Les rendez-vous non respectés, le manque de communication. La notion de temps, d’anticipation est fort différente.

Par exemple, si l’électricien vient chez vous la première fois sans outils, ne pas s’étonner car il reviendra avec ceux qu’il a pu emprunter, et vous demandera peut-être même une avance pour acheter ce qui est nécessaire. Cela nous prend du temps pour réaliser que la majorité des kenyans vivent au seuil de la misère et que cela se répercute fortement dans la vie pratique. L’électricien repartira en minibus dans le centre avec ses embouteillages, car c’est là qu’il aura les meilleurs prix, le temps de revenir chez vous...

D’autres kenyans sans ressources se lancent dans la réparation des trous dans les routes. Ils les remplissent avec de la terre du talus avoisinant (solution pour le moins court terme) et demandent de l’argent aux conducteurs de voitures. C’est la débrouille locale, tout à leur honneur, plutôt que simplement mendier ou voler.

Sinon, les kenyans sont assez réservés et ont un "dress code" très formel : costume-cravate au quotidien. Les marchés regorgent de vêtements de seconde main importés.

 

Ce qui me plaît beaucoup à Nairobi après ces 10 ans, c’est aussi la large communauté d’expatriés et les nombreuses occasions d’amitiés et de solidarité.

Nairobi -grâce à sa stabilité depuis son indépendance- accueille les sièges des Nations Unies pour toute l’Afrique ainsi que les deux seuls sièges mondiaux pour l’environnement et l’habitat. C’est aussi le centre nerveux des interventions diplomatiques et humanitaires sur toute la région pour sa proximité des zones de conflits (République Démocratique du Congo, Somalie, Soudan,...) Ajoutons à tout cela un bon nombre d’agences non gouvernementales.

47 nationalités sont représentées à l’école, dont plus d’une quinzaine parmi nos voisins directs. Beaucoup travaillent dans l’humanitaire et dans des projets de développement pour l’Afrique. Je les trouve passionnants et aime la solidarité vécue au quotidien tant vis-à-vis de kenyans que des expatriés.

 

Pour ceux qui sont sur le point de venir s’installer à Nairobi

  • Un contact avec Nairobi Accueil s’impose. Groupe de francophones, surtout de femmes, qui se réunissent une fois par mois le vendredi, organisent plein d’activités... Voici leur site Internet : Nairobi Accueil et leur adresse email : nairobiaccueil@gmail.com demandez-leur de vous envoyer un exemplaire du dernier bulletin version email.
  • En anglais, le site www.kenyabuzz.com donne un instantané complet de la vie sociale à Nairobi et diffuse chaque semaine une newsletter.

 

En ce qui concerne le logement, vu les problèmes de transport et de sécurité...

  • Si vous avez des enfants, le plus pratique est sans nul doute de choisir la proximité de leurs écoles.
  • Si c’est l’école française, Lavington est un quartier charnière, encore relativement vert. Si c’est une école anglaise et internationale, là aussi viser la proximité, Loresho, Hill View, Runda...
  • Dans tous les cas, ne pas perdre de vue que loin du cliché nature du Kenya, il est difficile de trouver une maison en bon état, abordable avec un jardin. La formule "compound" -soit sa maison avec un jardinet et services de sécurité et autres (générateur, réservoir d’eau) communs- est la plus fréquente. Nairobi explose en terme de nouvelles constructions sous forme d’appartements avec services de gardiennage, piscine, salle de sports... Un jardin, c’est du travail toute l’année, avec des traitements contre multiples petites ou plus grosses bestioles...)

Question budget, une maison de 3 chambres dans un bon compound tourne autour des 170.000 shillings (hors électricité), soit 1600 euros.

 

Côté transports, si vous avez survécu à la place de l’Etoile à Paris à 17h, tout devrait bien se passer.

En ville, comme ailleurs, il faut rester vigilant et concentré au volant. Les fameux matatus (minibus collectifs) sont une calamité car imprévisibles quand ils changent de file, doublent au milieu d’une rue normale ou escaladent des trottoirs... Et ils ne sont pas les seuls !

On roule à gauche mais la priorité est à droite. Pour des raisons de sécurité et pour éviter les agressions, attention aux arrêts prolongés la nuit. En pratique, on ne s’arrête pas du tout, ni aux panneaux stop, ni aux feux rouges. On ralentit, vérifie que la voie est libre et on dégage rapidos. Il y a un bon réseau de taxis mais pas de services de bus comme en Europe. Vu la conduite locale, marche à pied et vélo sont peu utilisés. Les motos commencent à gagner du terrain mais comme les routes ont de nombreux trous titanesques, ce n’est pas la panacée.

 

Nairobi nous gâte en matières de magasins, comparé à d’autres pays de la région.

Il y a plusieurs nouveaux centres commerciaux bien dispersés dans la ville. On y trouve l’alimentation, l’électroménager, les vêtements, la pharmacie, les cinés, des restos... De temps en temps, il y a des pénuries de sucre ou autre. Les prix sont devenus de plus en plus abordables avec la multiplication des magasins et des stations essence avec petits magasins.

La seule chose qu’on retrouve toujours dans nos valises quand on revient, ce sont les chaussures et les fromages. La large communauté d’expatriés trouve de multiples restaurants de qualité. Il y a beaucoup d’indiens établis depuis des générations, et c’est l’occasion rêvée pour découvrir toute la richesse de la nourriture végétarienne. J’allais oublier de mentionner la nourriture locale... Il y a le fameux ugali : porridge de maïs concassé, les épinards locaux très goûteux, beaucoup de fruits frais.

 

Question écoles, il y en a pour tous les goûts et toutes les couleurs :

école française, anglaise, internationale, américaine, allemande, suédoise, japonaise,...
Chacune garde son rythme national. L’école française démarre en septembre, tandis que les enfants à l’école internationale sont sur les bancs avant le 15 août. Dans l’ensemble, il y a beaucoup d’activités sportives, musicales, artistiques dans les programmes anglophones. Il existe aussi des structures à l’école internationale pour les enfants dont l’anglais n’est pas la première langue ou pour les enfants ayant des problèmes d’apprentissage. Partout, le public des écoles est très diversifié culturellement. Beaucoup d’écoles organisent des ramassages scolaires, ont encore des uniformes et des cantines.

Pour être aidé à la maison, la plupart des familles ont un ou une "ayah ou housekeeper".

Le meilleur moyen pour les recruter reste le bouche à oreille. Côté budget, c’est tout à fait abordable mais il ne faut pas perdre de vue que tout ici va beaucoup plus lentement et qu’il faudra peut-être changer plusieurs fois d’employé avant de trouver celle avec qui le courant passe bien. Aussi, vu la congestion du trafic, beaucoup ont également un chauffeur qui fera office de ping-pong entre la maison et le bureau. D’autres préfèrent l’option deuxième voiture.

 

Côté activités, il ya de multiples possibilités de sports ou de loisirs.

Les amateurs de golf seront aux anges (moyennant finance), les randonneurs, les joueurs de tennis... Un conseil, regardez la rubrique kenyabuzz pour un plus large aperçu sur les cinémas, conférences, cours de danses, théatre, concerts de musique, ventes,....

 


Nathalie Tamigneaux

 

Liens utiles sur le Kenya et Nairobi :

Nairobi Accueil
Ecoles internationales à Nairobi
Lycée Français de Nairobi
Petites annonces sur Nairobi

 

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