Connexion en tant que membre

Asie pacifique Ma destination Polynésie Française

Vivre à Papeete – Tahiti


Sea, sex and sun, vahine, colliers de fleurs et cocotiers, voilà l’image que l’on a de la Polynésie en général et de Tahiti en particulier

papeete-marché

Oui , il y a un peu de ça mais pas que ça heureusement ! . Rien qu’à voir l’œil pétillant des copains quand on leur annonce que l’on est nommé à Tahiti, il y a comme une bulle de BD au-dessus de leur tête avec dedans « travailler, travailler, tu parles »

Les Gauguin et autres Bougainvilliers ont véhiculé cette imagerie populaire mais de leur époque à 2011 , les choses ont légèrement évolué. On ne va pas vous faire pleurer sur la dure condition des travailleurs à Tahiti mais recadrer un peu la vie sous les cocotiers.

-  Sa situation

La Polynésie est un POM (pays d’outre mer) donc jouit d’une autonomie locale avec un représentant de la France : le haut-commissaire. Dans certains domaines le gouvernement local est souverain même si une grande partie des finances vient de métropole. Située à 18000 km de la France (12 heures de décalage horaire en été et 11 en hiver) , sur un territoire grand comme l’Europe, elle se compose d’environ 130 îles ( volcaniques : îles hautes, coralliennes : atoll). Autant dire qu’on a pas fini de faire le tour des cinq archipels. Question climat, il y a pire : une moyenne de 26,5° toute l’année, un taux d’hygrométrie de 75% qui vous évite de vous dessécher comme une vieille datte. Une saison des pluies (relative selon les caprices Del Nino) de novembre à mars et sèche d’avril à octobre, en juillet après quelques années on finit par mettre une petite laine sur les épaules le soir. Quant à la température de l’eau, faut-il l’avouer....entre 23 et 26°.

-  L’île de Tahiti C’est l’île principale sur laquelle se focalise l’essentiel de l’activité économique. Elle compte 120 km de tour et comme au milieu il y a la montagne (avec l’Orohena qui culmine quand même à plus de 2000 m.), forcément le plus simple était de faire une route qui en fasse le tour avec quelques bretelles à l’intérieur. Ca a l’air anecdotique mais quand on vit « Tahiti et ses embouteillages », ça ne l’est plus du tout. Tout autour de l’île : les districts et la ville principale est Papeete ( prononcez Papéété, Papête, ça le fait pas du tout.). Papeete ressemble à une petite ville de province dans le sud de la France avec son front de mer, sa cathédrale, ses boutiques, son marché, le tout dans une ambiance aussi décontractée que colorée. Papeete est le noyau central, l’espèce d’ombilic puisque de cet endroit stratégique se définit la côte ouest et est et de chaque côté de la route on habite soit côté mer , soit côté montagne, le tout signifié par des PK. (comprendre :points kilométriques). Alors si l’on vous dit : j’habite côte ouest, côté mer , PK 15, n’ouvrez pas des yeux gros comme des napoléons (poisson local délicieux), vous vous y ferez très vite. Le seul « hic » c’est qu’en fonction de son lieu de travail, il faut réfléchir à deux fois avant de choisir son lieu de vie. Traverser Papeete matin et soir en même temps que tout le monde vous vrillera les nerfs aussi sûrement que le soleil se couche tous les soirs !!! En règle générale , les principaux services se situent à Papeete (ou Fare Ute).

-  Où habiter : les districts
Si on veut un fare (maison) agréable, il faut prévoir large. Les loyers sont comme le coût de la vie : élevés. L’indice des prix est de 1,8 soit deux fois plus chère qu’en métropole. Entre les maisons en « dur », genre américain (avec ou sans piscine) , les fare « niau » (pendanus) et les maisons pinex (mélange de bois et de carton), tout ça fait un peu la maison des trois petits cochons, l’échelle des prix est sensible. Il existe des « fare » bord de mer mais peu sont disponibles à la location. Peu de personnes habitent « en ville ». Dans tous les districts on trouve : écoles (primaires et secondaires), dispensaires ou centres médicaux avec PMI, commerces, chaque côte, chaque district a ses avantages , bien se renseigner. A prendre en considération, si vous êtes une famille, il est absolument nécessaire d’avoir deux véhicules. Les transport en commun sont pratiquement inexistants et ceux qui existent absolument pas fiables.

-  Les écoles
Elles sont d’un bon niveau, voir très bon et à ce jour ce sont les écoles les mieux équipées que j’ai vues. Les lycées (Gauguin, Taone.....) mais aussi les écoles confessionnelles sont également très bonnes. Si le cœur vous en dit sachez qu’un enseignement supérieur est possible à Tahiti. La population étant très jeune, l’instruction est une priorité.
Une université a ouvert depuis quelques années : droit, LEA, médecine (première année et ensuite Bordeaux), Histoire géo, etc. La population étant très jeune, l’instruction est une priorité.
Leurs horaires sont en général : 7h au lycée, et 7h30 pour le primaire qui se termine à 15H30, pas de classe les mercredi et vendredi après midi .

Garderies :
Elles sont nombreuses, un peu partout dans les quartiers, de bonnes réputations si vous choisissez une garderie avec agrément, ce que je vous conseille vivement.On y trouve des places assez facilement et les « taties » aiment beaucoup les enfants.

-  La santé Sur ce point et sur d’autres, la Polynésie est un pays béni des dieux : pas de maladie endémique, pas de bête féroce. La seule infection fréquente est la dengue (qui vous laisse sur le flanc) transmise par les moustiques (nono) et la gratte dans les atolls dont certains poissons peuvent être vecteurs.. Tahiti dispose d’un très bon hôpital, avec une sécurité sociale (ici la CPS) efficace. Un nouvel hôpital, quasi pharaonique, vient d’être inauguré, offrant un plateau technique à faire pâlir d’envie nombre de régions françaises. Il existe également deux cliniques (Paofai et Cardella ). Pour les pathologies gravissimes, on évacue sur les US ou la métropole ou Nouvelle Zélande. Dans les pharmacies on trouve tous les produits de métropole, pas de soucis. A surveiller , les bobos qui s’infectent rapidement à cause de la transpiration et des bains de mer . Les enfants peuvent souffrir de la bourbouille, rougeurs dues à la chaleur, mais les pédiatres sont archi compétents. Attention aussi aux coupures de corail, on passe un citron sur l’éraflure pour dissoudre les madrépores, un peu d’éosine et voilà.

-  Les commerces

On trouve tout ce que l’on veut, ce n’est pas donné (importation) mais dans le Carrefour, chez les chinois (commerce de proximité) fournissent largement toutes vos envies. Au marché vous vous régalerez les yeux et les papilles avec les fruits et poissons. La viande, importée de Nouvelle Zélande, fera le régal des carnivores.
Côté habillement, oubliez les tailleurs chicos . Dans la journée une tenue légère (même dans les bureaux mais attention à la clim) colorée, chemise sans cravate pour les hommes et le soir on s’habille volontiers en robe longue dans les bringues (soirées décontractées) surtout pour éviter les moustiques. Privilégiez les cotonnades au matières synthétiques. La vie du shopping est rythmée avec l’arrivée des bateaux qui débarquent différentes denrées ou des appareils ménagers, ou les voitures... Il vous faudra quelquefois quelques mois de patience pour obtenir un produit en rupture de stock... Quand aux petites îles aux alentour, le problème est encore plus crucial !

-  Les affaires
Ne croyez pas que cette ambiance décontractée soit synonyme de laissez-aller. A Tahiti, on bosse et même beaucoup. Si les rapports humains ne sont pas contraints, les affaires restent les affaires. On peut être surpris par une certaine nonchalance mais ne vous y trompez pas le business reste le business même sous ces latitudes.
Les horaires de bureau sont adaptés aux heures scolaires : 7h/15h mais bien évidemment les cadres ne sont pas vraiment concernés.

-  La population
Largement métissée :maori 66%, chinoise entre 5 à 10 %, popaa (blancs de métropole) 12%, demi 17% (rien de péjoratif) cohabitent sans problème majeur. Ces stats datent des années 60, depuis il a été impossible de faire un ratio plus fin depuis, plus en plus de personnes appartiennent de fait à une ou plusieurs catégories. Le « vous » n’existant pas en tahitien, vous vous ferez très vite au tutoiement en vigueur partout, on s’appelle par son prénom sans ostentation. Si gémir n’est pas de mise aux Marquises, comme disait le grand Brel, les barrières sociales ne sont pas de mises non plus. Rien de choquant si vous avez une femme de ménage à la retrouver assise sur votre terrasse buvant un jus, elle a juste une attaque de « fiu » que l’on peut traduire par lassitude. Le « fiu » est une composante très importante de la vie polynésienne.
Il peut être un peu compliqué de se retrouver dans la famille faamu (l’équivalent de la joint family en Asie) mais l’alchimie entre enfant de sang, enfant adopté, mari ou mari-mari (on est alors passé devant le maire), est plutôt réussie. 
Les tahitiens sont dans l’ensemble très religieux, héritage des missionnaires débarqués des galions et des témoins de Jéhova et adventistes débarqués des avions. Les messes et cultes sont très beaux et fervents. Un doux mélange de sensualité et des seins que les missionnaires n’auraient su voir, font que les femmes s’habillent de blanc en robe mission, chapeautées, un vrai régal pour les yeux et un enchantement pour les oreilles avec leur himene, chants bi-tonaux.
On notera l’influence des descendants des protestants anglo-saxons qui régissent encore aujourd’hui la vie culturelle, associative et dans une certaine mesure la vie économique et politique.Leur poids est non négligeable. Les tahitiens aiment rigoler, ils sont gentiment moqueurs (et aussi un peu bagarreurs quand la Hinano (bière) a coulé à flot).

Si l’insularité vous fait peur, et c’est vrai que ça peut être pesant, il y a des moyens de s’échapper dans les îles avoisinantes ainsi que dans les pays pas trop lointains : île de Pâques, Nouvelle-Zélande, Australie, USA... néanmoins sachez que le quasi monopole de certaines compagnies (Air France, Air Tahiti Nui et Air New Zeland) vous font grimper les prix à des niveaux stratosphériques, particulièrement en période de vacances scolaires.
Enfin il y a une multitude de réseaux pas toujours faciles à décripter (confessionnels, ethniques, politiques) et comme dans toutes sous préfectures le clivage se fait en cercles concentriques. La Polynésie est en ce moment en période d’instabilité politique et la vie économique s’en trouve durement impactée.
Si vous compter monter une affaire sur le territoire, prenez cet élément en compte. Il vous évitera des désillusions. De même il y a une préférence territoriale en matière d’embauche et à compétences égales, un polynésien aura la préférence. Les métiers de la santé et de l’hôtellerie sont en revanche très recherchés.

Sachez enfin que l’éloignement ne règle pas tout les problèmes et que la vie à Tahiti tant par sa population, son climat et ses paysages reste une destination de rêve .... même pour y travailler.

Géraldine, Papeete

Femmexpat vous conseille de lire :

PAPEETE : bonnes adresses

PAPEETE : à savoir avant le départ


Commentaire

Poster un commentaire

  • Bonjour,

    Je suis fonctionnaire et ai la possibilité de postuler pour Papeete. J’ai 52 ans (1 fils de 23 ans qui fait des études en métropole) et je vis seule en Guyane depuis 2 ans. Tout se passe pour le mieux, dans la mesure où je me suis fait un cercle d’amis via O.V.S., je fais des sorties en forêt (hamac, …), des restos, ciné, ….
    Egalement, je ne « vis pas à la métro », je m’adapte à la nourriture locale (il y a quand même super U et Carrefour), et je vis dans un container aménagé, dans une sorte de résidence, au milieu de la forêt (malgré tout c’est très secure).

    En fait je crains d’être … isolée à Papeete : y a t il OVS ou équivalent ? les déplacements d’une ile à l’autre sont ils très onéreux ? y a t il des excursions d’organiser sur l’ile (associations, clubs, … ) ? Est-il envisageable d’avoir un logement comme celui que j’ai actuellement ou vais-je me retrouver dans un studio ??

    D’avance merci vivement pour votre attention et vos réponses précieuses.

    Bien cordialement,
    Marie

INSCRIVEZ-VOUS GRATUITEMENT À NOTRE NEWSLETTER

ACCÉDEZ GRATUITEMENT À NOS CONFERENCES ONLINE

Nos derniers articles !