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Faut-il encore s’inscrire dans les universités britanniques ?


Mars 2018, Londres accepte les conditions posées par Bruxelles dans la cadre du Brexit : les étudiants de l’Union Européenne s’installant au Royaume-Uni gardent leurs avantages durant la période de transition (jusqu’au 31 décembre 2020).

 

Yo-yo des inscriptions dans les Universités UK pour les européens depuis le référendum du 25 juin 2016

Selon les chiffres donnés par the The Universities and Colleges Admissions Service (UCAS (www.ucas.com), 43 500 étudiants de l'UE ont postulé en 2018 dans les universités UK niveau premier cycle, soit une hausse de 3% par rapport à 2017. On compte 7 300 demandes supplémentaires par rapport à 2017.

Le nombre d’étudiants hors Europe a également augmenté pour atteindre le chiffre de 565 000 étudiants. La plus grande partie de ces candidatures provient de Chine (+20% en 2017) et d’Inde (+36%).

 

Un optimisme affiché pour les universités en tête des classements

La plus forte demande concerne aujourd'hui les universités d’Oxford et Cambridge ainsi que les facultés de médecine. Cela a d’ailleurs permis de dissimuler les modestes chiffres concernant les demandes d’inscriptions nationales (baisse de 3% des demandes en 2017, et 4% en 2016).

Les universités de premier plan telles que Warwick et University College London (UCL) gardent également leur caractère attractif envers les étudiants venant du Royaume-Uni, de l'UE et d'autres pays. Et ceci, malgré une concurrence accrue pour les études à l’étranger.

Seán Hand, vice-chancelier pour l'Europe de l'Université de Warwick, indiquait dans la presse britannique que les candidatures des étudiants de l'UE avaient augmentée de 10% cette année au sein de son université. Warwick continue à maintenir des partenariats forts et nombreux avec les universités de l'UE.

UCL connait également une augmentation de ses effectifs de l’ordre de 11%. Pour Anthony Smith, vice-recteur de l'Université : « les demandes de cette année réaffirment notre statut d'université mondiale avec l'un des plus grands corps d'étudiants multinationaux au Royaume-Uni»

 

Les raisons d’espérer

La garantie donnée par le gouvernement britannique concernant le maintien, pour 2018, des mêmes droits d’inscription qu’auparavant pour les étudiants de l'UE a été considérée comme une dernière chance d'étudier au Royaume-Uni. En effet, ces étudiants pourront donc s'inscrire et étudier dans les mêmes conditions que les britanniques.

Avec les dernières annonce de Bruxelles, le temps devient plus stable jusqu’à la fin de la période de transition (déc. 2020). Aujourd’hui, un étudiant européen au Royaume-Uni continue de payer les mêmes frais qu’un Britannique (autour de 10 500 euros). Après le Brexit, il est possible que cela ne soit plus le cas.

 

Les MBA britanniques n’ont pas connu « la crise »

Concernant les MBA (niveau Master) et contrairement aux inscriptions en première année, il n’y a eu aucun effet repoussoir depuis le référendum du 23 juin 2016. Le nombre d’étudiants européens est resté le même qu’avant : autour de 10 % pour les MBA à temps plein (« full time ») et de 25 % pour les MBA pour cadres (en formation continue). 

Mieux encore, la dépréciation de la livre sterling de 15 % depuis le référendum rend ces cursus (un peu) moins chers pour les étrangers. « Le taux de change a joué en notre faveur », reconnaît Gareth Howells, directeur du MBA de la London Business Scholl.

 

Conséquences du Brexit

2017 a été l'année où les universités anglaises dans leur ensemble ont commencé à sentir l'impact du Brexit. Les universités prestigieuses ont peu souffert tandis que d’autres, plus petites, ont connu une baisse notable.

Dans le cadre d’une conférence le 31 janvier 2018, au siège du journal the Guardian, les vice-chanceliers et hauts responsables de l'enseignement supérieur qualifiaient les défis posés par les Brexit parmi les plus graves auxquels le secteur de l’enseignement supérieur britannique était confronté aujourd’hui. Et cela, même si les chiffres des inscriptions des étudiants sont restés globalement stables. Il est probable selon leur conclusion que cette situation évolue à terme, à la baisse.

La perte du personnel de l'UE et celle du financement de la recherche sont également des sujets sensibles. En seulement deux ans, les auteurs notent une augmentation de 30% des départs du personnel. Plus de 1 300 universitaires- chercheurs de l'Union européenne ont quitté par ailleurs les universités britanniques au cours de l'année 2017.

Parmi les universités les plus touchées, Cambridge a perdu 184 employés au cours de la dernière année, soit en hausse de 35% par rapport à 2014-2015. L’université d'Edimbourg a également perdu 96 membres de l'UE, contre 62 en 2014-2015.

L'attraction du Royaume-Uni

A écouter les étudiants en MBA, le Royaume-Uni conserve tout son pouvoir d’attraction par son dynamisme sa créativité. Brexit ou pas Brexit, Londres reste un endroit extraordinairement divers et dynamique. La présence de nombreuses start-up, notamment dans le domaine des nouvelles technologies en témoignent.

Tim Bradshaw est directeur intérimaire du groupe Russell qui représente 24 des principales universités du Royaume-Uni. Il réclame pourtant des garanties pour l’avenir de la part du gouvernement. 

"Les étudiants, les enseignants, les chercheurs et le personnel des services professionnels de toute l'Europe ont contribué à faire de notre secteur de l'enseignement supérieur un leader mondial », a-t-il déclaré. "Nous voulons qu'ils restent après que le Royaume-Uni ait quitté l'UE. Nous avons besoin d'un système d'immigration qui nous permet de recruter et de conserver les meilleurs esprits du monde entier ».

Parallèlement à l’effet Brexit,  on note, pour les universités UK, un engouement de la part des étudiants vers le Canada et l'Australie. Il tire son origine du rejet par un nombre croissant d’étudiants de l’administration Trump (Trump America).

Les universités européennes offrent de plus en plus de cursus complètement en anglais.  Ceux-ci encouragent les jeunes à rester dans leur pays d’origine ou à à venir s’y inscrire pour les autres, hors Europe.

 

Les universités chinoises

Elles gagnent enfin, quant à elles, rapidement en qualité et notoriété. Leurs formations viennent concurrencer celles existantes aux Etats-Unis ou en Europe.

 

En conclusion

Finalement, les chiffres stables (hausses pour les universités prestigieuses et baisses pour les petites) ne satisfont pas les universitaires britanniques face à un marché de l’enseignement supérieur aujourd’hui en pleine croissance.

 

Sabine Cros-Scherer 

 

Sabine Cros-Scherer est responsable des pages Education de FemmExpat. Un témoignage à partager, un sujet que vous souhaitez voir traiter ?

Ecrivez-lui à sabine.cros@femmexpat.com

 

 

 

Pour aller plus loin :

Classement 2018 Universités UK
Uk universities rise in applications EU Students, Richard Adams, The Guardian, 5 février 2018
Opportunity and risk: universities prepare for an uncertain future, Harriet Swain, The Guardian, 7 Février 2018

"Face au Brexit, les MBA britanniques restent flegmatiques", E. Albert, Le Monde, 14.03.2018

 

 


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