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ADOLESCENTS EXPATRIES : LEUR ORIENTATION, UN PROCESSUS COMPLEXE


adoA une période charnière

L’orientation des jeunes se situe au moment délicat où s’opère la transition entre la dépendance de l’enfant et la toute nouvelle indépendance du jeune adulte. Ce processus recouvre beaucoup d’espoirs et d’enjeux mais génère aussi du stress tant chez le jeune que chez ses parents. Confronté à des choix cruciaux souvent perçus comme définitifs, le jeune adolescent est en pleine construction de sa propre identité, voire en rébellion face à ce monde adulte dont il conteste les exigences.

Vu de l’étranger

Cette délicate démarche d’orientation prend une plus grande ampleur lorsque le jeune est expatrié, comme si la distance faisait l’effet d’une loupe grossissante sur les difficultés liées à l’orientation.

En quoi l’expatriation rend-elle ce processus encore plus délicat ?

Manque de soutien

Des familles expatriées témoignent* : « La spécificité de l’expatriation rend l’aide nécessaire au niveau du support psychologique, des recherches d’informations, de conseils d’orientation... difficiles à trouver localement, dans la langue natale et tenant compte du contexte éducatif français. »

Doutes et questionnements

Le phénomène de distance accroît le sentiment d’être privés de sources d’informations précieuses et de soutiens variés apportés aux parents et lycéens français (salons, portes ouvertes etc...) dont découle un sentiment de solitude face à la multiplicité et la nouveauté des filières d’études. A cela, s’ajoute parfois la crainte que le lycée d’origine ne soit pas connu ou reconnu par les filières sélectives françaises. Enfin, les procédures d’inscription, dont la forme et les délais diffèrent des consignes suivies par les amis ou cousins restés en France, finissent par stresser plus d’un jeune ou d’un parent !

L’orientation peut remettre en question le choix de l’expatriation

Aux questions spécifiques relatives à l’orientation s’ajoutent des décisions familiales importantes.

Les années lycée :

  • Choisir de consacrer les années lycée en France ou rester à l’étranger ?
  • Décider de « rentrer » (parfois à contrecœur) en France ?
  • Choix du programme d’enseignement secondaire pour les jeunes lycéens expatriés ayant suivi un cursus international :
    -Faut-il les rediriger sur le programme du baccalauréat français ?
    -Ou le baccalauréat à option internationale ?
    -Ou un enseignement étranger ?... autant de questions auxquelles sont confrontés les parents.

Les études supérieures :

  • Choisir de laisser partir le jeune seul en foyer, internat ou chambre d’étudiant lorsque sa famille réside encore à l’étranger ? (Nous avons par exemple rencontré le cas de ce jeune lycéen qui décide de poursuivre ses études au Canada, tandis que ses parents sont basés en Chine et sa sœur en Europe). L’éventail de choix d’études post bac s’élargit donc souvent à un niveau européen, voire mondial, entraînant malgré tout beaucoup d’incertitudes et de questions d’organisation mais aussi de financement.

Impact sur la famille :

La problématique de l’orientation prend alors une dimension toute autre. Ce n’est plus le jeune seul qui est en jeu, mais bien l’ensemble de la famille, avec comme conséquence doutes et questionnements sur le choix même de l’expatriation (entraînant parfois tensions familiales, conflits d’intérêts entre la carrière de l’expatrié(e) et les études de leurs enfants). Décision pouvant aboutir à une séparation familiale : l’un des conjoints « rentrant » avec ses enfants laissant son conjoint poursuivre sa mission à l’étranger.

Ce que le système leur offre

Certes les établissements français à l’étranger mettent en place des actions d’orientation, mais les moyens sont parfois limités et pas toujours adaptés. L’aide reste très inégale selon l’implication du proviseur, des enseignants et de l’association des parents d’élèves. Lorsque des forums des métiers sont organisés, le panel de métiers offerts (présentés) n’est pas forcément très large.
Les lycées français à l’étranger dépendent d’académies souvent éloignées de la base familiale. Leurs CIO ne maîtrisent pas forcément toutes les offres qui s’ouvrent aux jeunes expatriés.
Les écoles internationales, quant à elles disposent souvent d’un département de « student guidance » étoffé, particulièrement adapté aux jeunes souhaitant effectuer leurs études dans une université anglo-saxonne.

*Je remercie les jeunes et les parents expatriés que j’ai rencontrés au cours de missions pour leurs témoignages et tout particulièrement un groupe de parents basé à Milan.

Par Jeanine Over de Linden

 

Issue d’une famille d’expatriés, née en Asie, Jeanine Over de Linden a aussi vécu avec son mari et ses enfants à l’étranger. A son retour, elle voue, dans le cadre d’OPTIONS AVENIR, aux adolescents étudiant à l’étranger un intérêt tout particulier. Ses enfants, après une scolarité bilingue, poursuivent aujourd’hui des études en France et à l’étranger. S’ajoute à cette activité celle de consultante Ressources Humaines en entreprise (coaching d’expatriés, formation et l’accompagnement d’adultes en transition de carrière) et des interventions en écoles de commerce sur le thème du développement personnel et de la gestion de carrière. Jeanine, diplômée de l’ESSEC, participe régulièrement au jury d’admission de cette école.

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