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Bac et post-bac Orientation

Combattre les idées reçues sur les universités américaines


Quand vient le moment de réfléchir aux études supérieures avec nos enfants, un vent de panique se met parfois à souffler dans le foyer… En seconde ou première, il est rare de se projeter dans un métier par passion, les alternatives post-bac sont donc multiples. 

Parmi elles, les études à l’étranger apparaissent comme une possibilité excitante. Elles inquiètent cependant encore un peu plus : séparation plus lointaine, budget incertain, procédures d’admission méconnues, et souvent des conseillers d’orientation qui connaissent mal les systèmes scolaires des autres pays.

Dans ce contexte, si les universités américaines font rêver, le système américain peut en décourager plus d’un. Beaucoup d’idées reçues et de témoignages de la copine, du cousin, de la voisine désorientent encore plus les parents, qui essaient d’y voir clair. 

Penchons-nous sur les obstacles majeurs qui pourraient vous faire abandonner ce rêve. Découvrons comment les contourner ou trouver des solutions.

 

Idée reçue n°1 : le coût est forcément exorbitant

Je ne vais pas vous dire que les universités américaines privées les plus cotées sont accessibles financièrement. Les tarifs autour de 40 à 50 000 $ par an dont vous avez peut-être entendu parler sont véridiques, surtout si vous visez les établissements de l’Ivy league* ou le haut du panier. Et à cela s’ajoutent les frais de vie. Donc, si on envisage un master de 4 ans, on explose inévitablement le budget familial.

Cependant il y a des alternatives à étudier. 

 

Les universités publiques

Elles ont des coûts moins élevés (à partir de 15 000 $ par an environ) et certaines ont un très bon niveau. 

Citons par exemple celle de Berkeley, à San Francisco, qui est généralement placée dans le Top 5 aux Etats-Unis et même au niveau mondial. Parmi près de 5000 établissements universitaires américains il faut évidemment faire le tri. Il y a pour cela, plusieurs types de classement auxquels se référer.

Tous les enfants n’ayant pas un dossier pour intégrer Harvard, cela peut valoir la peine de réfléchir à une université moins reconnue. Celle-ci sera tout aussi intéressante en termes d’expérience culturelle et linguistique, et valorisante pour un CV ou pour intégrer ensuite une grande école, en France.

 

Community College

On peut aussi envisager d’intégrer un Community College pour la première année ou pour passer un Associate Degree (bac+2).

Là aussi il faut se renseigner sur la réputation et les transferts de ce diplôme vers d’autres universités, plus prestigieuses pour continuer son cursus. C’est un parcours de plus en plus fréquent, à la fois pour les américains comme pour les étrangers. Il évite de payer très cher pour les 2 premières années où le jeune se cherche et peut tester des matières qu’il abandonnera ensuite. Les frais de scolarité sont bien moindres, comptez autour de 7 à 8000 $ par an.

Là aussi, renseignez-vous sur le classement de ces Colleges et sur les Associate Degree. Certains sont professionalisants, d’autres sont plutôt une entrée en matière permettant de s’orienter dans une voie.

 

Les tarifs varient selon le lieu de résidence de la famille 

Si vous habitez à l’étranger ou aux USA. Dans ce dernier cas, si vous êtes in-state ou out of state, résident sous green card ou sous visa, vous n’avez ni les mêmes tarifs ni les mêmes droits aux aides financières. Il vous faudra consulter chaque université pour connaitre les écarts de tarifs qui peuvent facilement atteindre 20 000 $.

 

Avoir un petit travail sur le campus 

Beaucoup d’étudiants travaillent en parallèle de leur cursus, souvent en ayant un job sur le campus. Les francophones sont en compétition avec les américains pour obtenir un travail mais ils ont l’avantage de pouvoir postuler en tant qu’assistant d’un professeur de français ! A l’université, la quantité de travail et l’implication demandé aux élèves peut être importante. Ainsi, l’option d’un petit boulot en plus est à discuter avec votre enfant. C’est aussi un bon moyen de mesurer sa motivation avant d’investir toutes vos économies ! 

 

Idée reçue n°2 : Obtenir une bourse, c’est comme gagner au loto

Avez-vous une quelconque chance d’obtenir une aide financière pour payer vos années à l’université américaine ? La réponse est oui. Il faut cependant s’y prendre à l’avance pour bien choisir ses cibles et préparer ses dossiers.

Il existe plusieurs voies pour obtenir des aides pour les étrangers. Pensez aux subventions distribuées par la France (conseils régionaux, associations, commission franco-américaine Fulbright…) et bien sûr aux différentes bourses américaines dont les montants peuvent être élevés : bourses des universités, des fondations, bourse au mérite, etc…

Evidemment obtenir une bourse demande des efforts: de recherche d’abord, d’analyse ensuite pour choisir où dépenser son énergie, et de créativité. Et enfin, pour se démarquer. Ne manquez pas les 2 premières étapes. Se lancer corps et âme dans un dossier pour une bourse, pour laquelle vos chances sont réduites sera certainement peu productif. 

 

Idée reçue n°3 : l’investissement n’est pas rentable si on n’obtient pas un Master réputé 

L’avantage des universités américaines est que leurs programmes sont innombrables. De plus, elles offrent de plus en plus la possibilité de les personnaliser. Ainsi, vous pourrez certainement trouver un établissement proposant un programme qui correspond exactement à ce que vous cherchez. Que ce soit dans une discipline bien spécifique, de la durée qui vous convient (cours d’été, semestre, cycle complet, avec des stages professionnels ou non), etc… 

Il faut considérer l’ensemble des programmes académiques dans votre domaine et pas seulement ceux des grandes universités. Une université peu connue sur la scène internationale peut avoir développé un master ou un doctorat (PhD) unique, qui sera réputé dans sa spécialité.

Un cours dans un domaine précis avec un professeur reconnu au niveau international sera un atout sur votre CV. Et ceci, même si le nom de l’université ne vous évoquait pas grand chose a priori. 

Enfin, ouvrir votre sélection à des universités moins renommées, mais plus en ligne avec votre profil. Cette sélection peut augmenter aussi vos chances d’être admis. 

 

Idée reçue n°4 : La vie sur un campus américain est géniale

Bien sûr, l’expérience du campus américain est unique. L’état d’esprit et la relation avec les professeurs sont vraiment différents des universités françaises. Les étudiants sont très pro-actifs par rapport à leur parcours et à ce qu’ils en font. Ceux qui veulent alimenter leur CV pour leur avenir ont de quoi s’investir dans de beaux projets. Ceux-ci peuvent consister en publications universitaires, projets de recherche, voire même des brevets. Donc oui, c’est génial !

Cependant, la taille du campus, sa localisation sur le vaste territoire américain, les installations et les activités extra-scolaires changent totalement la vie étudiante, d’un campus à l’autre. Un autre élément rend l’expérience relativement différente : le choix du logement (sur le campus ou non, en « dormitory » ou en maison partagée, etc…). Faites-vous une grille d’analyse pour bien prendre en compte tous les critères. Si possible, allez visiter les universités ciblées.

Pourquoi ne pas partir en famille faire la tournée des universités ? Pendant les vacances de Pâques, de l’année de première de votre enfant, par exemple ? C’est l’occasion d’un voyage un peu différent et culturellement intéressant. Cela permet également de s’imaginer plus concrètement ce que sera la vie sur ces campus.

 

Idée reçue n°5 : Aux USA le client est roi, si on paie on obtient ce qu’on veut 

Il est vrai qu’aux Etats-Unis le billet vert règne en maitre. On a parfois l’impression qu’en ayant des dollars on pourra toujours se débrouiller pour trouver n’importe quel produit ou service.

Il ne faut pas oublier l’un des nombreux paradoxes de cette société de sur-consommation : tout est possible en effet, mais en parallèle « the rule is the rule »… on aime créer des règles dont la logique est souvent discutable et les faire respecter sans état d’âme! Alors, si vous voulez intégrer une université, commencez par bien prendre en compte les procédures et les dates à ne pas manquer. Armez-vous également, de votre plus grande rigueur pour les respecter.

Vous trouverez sur le blog Devenir Bilingue, un modèle de rétro-planning et une check-list pour mettre toutes les chances de votre côté. En effet, si vous ratez la date fatidique, vous pourrez toujours aller pleurer au bureau des admissions, il n’y aura pas d’exception pour vos beaux yeux !  

 

En conclusion

Pour toutes ces raisons, il est sage d’avoir un an et demi devant soi pour étudier les possibilités d’un diplôme universitaire, aux Etats-Unis.

Cela vous permettra de ne pas vous arrêtez aux idées reçues ni aux obstacles à franchir. Je ne peux que vous encourager à, au moins envisager cette perspective. La majorité des étudiants disent en retirer une grande richesse intellectuelle, culturelle et en terme de développement personnel.

J’irai même jusqu’à citer Mère Teresa qui a écrit « La vie est un défi à relever, un bonheur à mériter, une aventure à tenter ».  Cela s’applique parfaitement à l’université américaine !

 

* L’Ivy league regroupe 8 universités privées du Nord-Est des USA (dont Harvard, Columbia, Princeton, Yale…) parmi les plus anciennes et les plus prestigieuses du pays. Elle a une connotation d’excellence universitaire, de grande sélectivité des admissions ainsi que d’élitisme social.

 

Par Emmanuelle Labbé

Pour plus d’informations sur le système universitaire américain (choix des établissements, dossiers d’admission, réussir son diplôme), consultez le dossier sur le blog Devenir Bilingue.

 

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