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Orientation post-lycée : le cruel facteur temporel


Orientation post-lycée : le cruel facteur temporelL’orientation après le lycée semble à beaucoup d’entre nous d’une infinie complexité et/ou relever d’un détestable aléa. Pourtant, ma longue expérience des admissions dans les meilleures grandes écoles et universités françaises et étrangères me permet de dire simplement que le principal facteur est maitrisable par tous : le temps.

Je suis le premier à pester contre les parents qui s’inquiètent déraisonnablement et créent un climat anxiogène autour de leur progéniture dans ces années lycées. Ce qui suit n’est donc surtout pas une invitation à l’empressement, bien au contraire; elle est un encouragement à une sereine anticipation. C’est LA clef. Pour deux raisons.

D’abord, l’asymétrie d’information.

Entre ceux qui savent, ou non

Elle est considérablement amplifiée pour les Français de l’étranger, dans l’ensemble peu aux faits des possibilités du supérieur français et pas toujours à l’aise avec le système anglo-saxon (et lesdits « conseillers d’orientation » n’arrangent souvent rien à l’affaire). La principale inégalité dans l’orientation est bien entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas, ou pas encore… et l’apprendront trop tard.

Qui sait que les programmes grande école de Polytechnique ou Centrale-Supelec, si difficiles à intégrer après les classes préparatoires, offrent à eux deux plus de 60 places aux titulaires d’une licence de maths ou physique, avec un taux d’admission 5 fois supérieur à celui des classes prépas ?

Combien d’élèves de terminale pensent à postuler à la Rotterdam Business School ou à IE, bien plus réputées que les écoles de commerce post-bac françaises et même que leur équivalent anglais ?

Combien savent que pour avoir des chances d’intégrer HEC ou l’ESSEC en admission parallèle (niveau master), il vaut mieux avoir étudié l’anthropologie ou la mécanique plutôt que le management en premier cycle (bachelor) ? Que pour intégrer l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, qui équivaut aux toutes meilleures écoles d’ingénieurs françaises, il « suffit » d’une mention très bien au baccalauréat ?

Prendre le temps de s’informer

Le temps dans tout cela ? Le temps permet de capter l’information, de trier, de hiérarchiser. Le processus de recherche doit débuter au plus tôt, dès la fin de la troisième ou dès la seconde. Ne vous trompez pas : il ne s’agit pas ici de se trouver un avenir professionnel (il est beaucoup trop tôt) mais de commencer un cheminement qui va écarter des pistes et resserrer progressivement les cibles.

Tout cela pourra bien sûr évoluer, mais s’inscrira dans un processus éclairé. Car enfin, beaucoup cèdent,  au final, dans l’urgence, à des pis-allers ou aux sirènes d’institutions au rapport qualité-prix désastreux.

L’information ? Elle n’a jamais été aussi disponible, pour peu que vous ne vous en remettiez pas aux discours commerciaux des salons et autre supports publicitaires.

Ensuite, la capacité à agir.

Plus vous anticipez, plus vous connaissez tôt les conditions d’admission et plus vous pouvez agir positivement sur la probabilité d’intégration.

Exemple : la candidature aux universités anglaises

Elle se fait habituellement entre le 15 octobre (Cambridge, Oxford) et le 15 janvier de l’année de terminale. Mais la rédaction de l’assessment, la réunion des recommandations, demande de s’y prendre quelques mois en amont. S’ajoute parfois un test de compétence (en maths par exemple) qui nécessite plusieurs mois de préparation. Et puis surtout, le dossier scolaire, qui va être épluché depuis la classe de troisième et s’arrêtera à la fin de la classe de première.

Un processus dynamique

Avantage aux meilleurs élèves de terminale ? Non. A ceux qui auront identifié très tôt que la qualité de leur dossier devait porter sur les années de seconde et première. A ceux qui auront compris très tôt que des stages, des implications associatives, des lectures peuvent donner une consistance avantageuse à leur dossier. Identifier les institutions-cibles et leurs exigences suffisamment tôt est donc un puissant moyen d’action sur soi. Non, les dossiers de candidature ne sont pas un état donné des choses; ils  sont un processus dynamique, vous pouvez considérablement agir dessus… pour peu que vous anticipiez !

Adopter un cheminement précoce

Rien n’est compliqué à ce stade, tous les process d’admission sont clairement expliqués sur les sites de toutes les écoles et universités du monde entier. Tout est question de temps, adoptez  un cheminement précoce, assidu et serein.

Le facteur temporel est bien cruel. Beaucoup d’élèves de terminale, même très bons, en font les frais chaque année. Et sa cruauté tient à une évidence que l’on ne perçoit souvent que bien trop tard : la quasi-irréversibilité de l’orientation. Il est évidemment toujours possible de changer d’orientation, bien sûr et je passe beaucoup de temps à aider des jeunes qui veulent opérer un changement; par contre, avoir mis les pieds dans une institution de qualité moyenne ou faible ne vous permet plus d’intégrer les meilleurs établissements par la suite, ou seulement au prix d’un effort de différenciation considérable. Anticipez !

François Morin

Sciences Po, HEC, Paris I-Sorbonne. Responsable de la préparation aux concours des grandes écoles au sein d’Ipesup pendant 10 ans, fondateur de campus-channel.com (Figaro), coach.


Commentaire

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  • Bonjour, je suis la maman de 2 garcons qui etudient en universite en angleterre. Si il est vrai que Oxford et Cambridge ont des processus de candidature et un timing particuliers, pour la tres grande majorite des universites anglaises ce ne sont pas les dossiers de la seconde et premiere qui sont pris en compte. Les universites se basent quasimment uniquement sur les notes projetees pour le bac (ou IB ou autre) – ces notes etant emises a la fin du premier trimestre de terminale – et elles font des offres conditionnelles d’acceptation sous reserve de l’obtention de ces notes.

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