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Quand et comment se faire orienter ? – Interview de François Morin


Quand et comment se faire orienter ? - Interview de François MorinVous avez des enfants au lycée ? Ou bientôt lycéens ? La question de l'orientation est incontournable. En même temps, pour la plupart d'entre nous, c'est un brouillard obscur dans lequel on a du mal à trouver son chemin.

Pour FemmExpat, François Morin, coach en admission aux grandes écoles et universités, répond à la question de se savoir quand et comment se faire orienter.

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je viens du monde des grandes écoles. Je suis passé par l’Institut d’Etudes Politiques et par HEC. Pendant plus de 10 ans j’ai préparé aux concours au sein d’une grande prépa parisienne, IPESUP, pour l’entrée à HEC, à l’ESSEC, à l’ESCP, à Sciences Po... Je préparais les candidats pour la partie dossier, mais aussi pour la partie entretien.

Ensuite j’ai créé une entreprise, Campus-Channel. Cette plateforme met en relation les grandes écoles et les étudiants, en live sur Internet. Donc j’ai rencontré et interviewé tout ce que la France compte de directeurs de grandes écoles, qui passaient leur grand oral sur Campus-Channel. Ce site appartient aujourd’hui au Figaro.

En 15 ans, j’ai donc acquis une très bonne connaissance des grandes écoles, de l’intérieur. Y compris des procédures d’admission, avec notamment tous leurs non-dits : tous ces codes, ces trucs qu’il faut savoir, mais qui ne s’acquièrent pas en un clin d’oeil.

 

A partir de quand faut-il préparer l’orientation de ses enfants ?

Tout d’abord je veux préciser que je ne fais pas partie de ceux qui veulent créer un climat anxiogène. Je sais à quel point on peut mettre la pression aux enfants pour qu’ils se déterminent le plus tôt possible. Je ne suis pas là pour stresser les gens. Face à cette pression, gardons en tête que le parcours dans le supérieur doit quand même conserver une notion de plaisir. On n’a pas besoin de savoir dès la 5e qu’on va faire HEC ou Sciences Po.

Maintenant, quand on choisit de s’orienter vers les grandes écoles et les universités, il y a des temps qu’on ne peut pas réduire. On postule en général au début de l’année de terminale pour les universités étrangères par exemple. Ce qui signifie que ces universités vont devoir recruter à partir du dossier de seconde et de première. De fait, nous voilà donc arrivé quasiment au début de la seconde. C’est le mo-ment à partir duquel il faut éviter de faire des erreurs et donc être vigilant.

Cependant, une candidature n’est pas jugée sur la seule partie académique, mais aussi sur tout une partie personnelle. Je parle là des activités sportives, associatives… Certaines activités peuvent être très valorisées. Il n’est pas question d’organiser ses activités d’un point de vue utilitariste, mais au moins de savoir assez tôt qu’il y a des aspects qui comptent en plus des résultats scolaires.

 

Quelles seraient alors les grosses erreurs à éviter ?

Comme je m’adresse là tout le monde, mon propos va être général. Les grosses erreurs sont avant tout les erreurs académiques. Les mauvais résultats d’une part, mais aussi les mauvaises appréciations. On l’oublie souvent, mais les dossiers ne sont pas faits que de notes. Les appréciations aussi sont importantes.

En parlant des erreurs, gardez en tête qu’il y a une incroyable valorisation de la notion de progression dans les dossiers. Si vous partez d’un niveau inférieur à ce qui est attendu mais qu’il apparaît ensuite une nette progression, qui plus est corroborée par les appréciations des professeurs, vous aurez plus de chances qu’un candidat dont les notes son meilleures mais affichent une baisse ou aucune progression.

La dernière erreur serait de ne pas avoir de vie au delà de l’académique. Si vous êtes un pro du saxophone, si vous êtes un fan du cinéma de Scorcèse et que vous en parlez avec consistance, si vous êtes investi dans la vie de votre lycée, ville… Tout cela a beaucoup de valeur du moment que vous avez une certaine expertise et ne le faites pas simplement en dilettante.

 

Peu importe l’activité du moment qu’on a une réelle expertise ?

Oui, à une exception près. Pour les universités américaines qui peuvent avoir des systèmes de bourses qui sont déterminées par les besoins de l’université. Ces bourses sont attribuées pour des activités le plus souvent sportives. Aux Etats-Unis, le sport est un élément fondamental, contrairement aux grandes écoles françaises, où là, absolument tout est valorisé, sans prime au sport.

Les écoles cherchent des têtes bien faites. Des gens qui sont capables d’être animés par une passion, d’être engagés pour une cause. La notion de personnalité est très importante.

Dans ce domaine, je pourrais finalement vous donner des milliers d’exemples. Dans l’ordre des gens qui m’ont le plus impressionnés, je voudrais citer ce jeune homme de 18 ans qui était fan de parcs d’attraction. Il inventait de nouvelles attractions. Il en faisait des croquis absolument d’une précision incroyable et au stylo à bille s’il vous plaît, sans une rature. C’était d’une minutie remarquable. C’était complètement inattendu.

 

Comment choisit-on son orientation ?

C’est une vaste question. Le problème de l’orientation est souvent perçu par les enfants comme une espèce d’injonction régulière. Alors qu’en fait c’est un cheminement très long qui commence juste par des intuitions. On ne sait pas exactement ce qu’on veut faire. Mais rapidement vont apparaître de grands pôles d’intérêts.

Et en général on postule dans des domaines très larges. Soit une école de commerce, soit une école d’ingénieur, ou une université pour la France. Mais pour l’étranger ce sera pareil. Quand vous postulez à Imperial ou à Cambridge, vous ne choisissez que des grands domaines, les sciences humaines, plutôt les sciences commerciales ou encore les sciences. On retrouve toujours à peu près ce triptyque. Reste en-suite à identifier les établissements.

Auprès de qui va-t-on trouver des conseils ?

Le problème, c’est que ce parcours pour identifier les bonnes écoles, est un parcours qui est jalonné d’obstacles. Tout le monde n’a pas l’information. Il y aussi un problème d’honnêteté de l’information. Sur les salons par exemple, vous avez des écoles et université de qualité très variable. En général, celles qui se promeuvent sont celles qui ont le plus de mal à recruter. Il est très compliqué de choisir.

On peut y passer beaucoup de temps. Je vois beaucoup d’étudiants qui ont fait des erreurs parce qu’ils ont été attirés par une école qu’on leur avait présentée comme fantastique. Alors qu’au final ça n’était que de la com.

Tout en gardant du recul, vous pouvez regarder les classements pour vous aider. En France, celui de L’Étudiant est le seul qui est vraiment étudié, avec des équipes consacrées à ce classement. Vous pou-vez voir rapidement si une école est sérieuse ou pas.

A l’étranger, c’est encore différent. Il y a tellement de luttes financières et d’influence pour être bien placé, qu’au fond tout ça n’est pas simple pour des novices.

Dans ces cas-là, il vaut mieux se tourner vers des personnes qui sont bien renseignées. C’est mon cas effectivement. Comme je connais très bien l’enseignement supérieur, une heure d’entretien me permet de vous dire ce qui vaut la peine ou pas. Vous gagnez beaucoup de temps et d’énergie.

 

La meilleure solution, c’est donc le coach ?

Le sujet de l’orientation et de l’admission dans le supérieur est complexe et nous sommes peu à maîtriser complètement le sujet. S’adresser à un expert, c’est s’assurer d’avoir une réponse objective et synthétique.

Vous pouvez aussi vous adresser aux étudiants qui sont déjà dans le domaine qui vous intéresse. Il faut juste pouvoir mettre la main dessus.

Clairement, nous manquons de personnes qui ont une connaissance complète des rouages de l’enseignement supérieur. Je suis devenu coach parce que, de fait, beaucoup de personnes s’adressaient à moi. Je me suis vite rendu compte que, en une heure, je pouvais apporter quasiment toutes les réponses aux questions.

 

Et les services d’orientation des établissements ?

Tout dépend sur qui vous tombez. Ma spécialité est de faire rentrer les gens dans les meilleurs établissements. Ce n’est pas par élitisme. Simplement parce que c’est dans ces établissements que c’est le plus difficile d’entrer. Donc, de fait, il y a besoin d’aide.

Vous pouvez rencontrer des conseillers d’orientation qui sont mal renseignés. Certains n’auront pas à cœur de vous faire rentrer dans les meilleurs établissements, parfois simplement parce qu’ils n’auront pas une bonne connaissance de ces établissements ou parce qu’ils n’auront pas votre exigence. D’autres vous apporteront de précieux conseils. Mais il n’y a pas de certitude.

 

Les expats font ils appel à vous ?

Oui bien sûr ! Je travaille actuellement avec des élèves à Barcelone, San Francisco, Londres… La plupart sont dans des lycées français ou déjà à l’université. Il n’y a pas tellement de différence avec les Français résidant en France. Seulement, ils ne postulent que rarement dans les seuls établissements français. Les enfants d’expats ont souvent beaucoup moins la notion de frontière dans les études. Mais le travail est le même. Et on travaille très bien à distance.

 

Beaucoup d’étudiants français veulent-ils partir à l’étranger ?

Oui. Et beaucoup veulent aujourd’hui éviter les classes préparatoires. Ils postulent donc dans les univer-sités, juste après le baccalauréat, essentiellement anglaises. Mais pas seulement. Il y a de très belles universités aussi dans d’autres pays : Pays-Bas, Suède… Des pays auxquels les étudiants et familles ne pensent pas vraiment mais où il y a de vraies opportunités.

A leur retour en France, ces 3 ou 4 années à l’étranger, avec un bachelor en poche, sont une belle voie pour continuer dans une prestigieuse grande école.

 

Il faut penser à ce choix dès la seconde alors, ne serait-ce que par rapport aux langues ?

Absolument. Même si le but, encore une fois, n’est pas de mettre la pression aux enfants et parents. Pour postuler à l’étranger, un certain niveau d’anglais est requis au début de la terminale. Ce n’est pas en travaillant son TOEFL (Test Of English as a Foreign Language) 15 jours avant qu’on va avoir une bonne note.

Si en seconde, on sent que son niveau n’est pas suffisant, c’est le moment de se mettre à regarder des émissions et des films en anglais tous les jours par exemple.

D’une façon générale, plus les process sont longs, plus c’est facile d’acquérir les compétences néces-saires ou de progresser pour atteindre le niveau souhaité. Il s’agit juste d’être vigilant en amont.

 

Quand et comment se faire orienter ? – Interview de François MorinInterview de François Morin

Sciences Po - HEC
Coach admissions grandes écoles et universités

integrerlesgrandesecoles@gmail.com

 

 

 

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