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Pérenniser l’usage du français à la maison : objectifs 2018 !


PérenniserLusageDuFrançaisAlaMaisonObjectifs2018C’est le début de l’année et souvent, nous, parents en profitons pour faire le point sur le niveau en français de notre enfant.

Les inquiétudes viennent frapper à la porte : mon enfant parlera-t-il aussi bien en français que dans la langue de ce pays ? Mon enfant saura-t-il lire en français ? Saura-t-il déjouer les pièges de l’écrit ?

Nous nous mettons à la recherche de la méthode la plus efficace pour que notre enfant, dans quelques années, n’éprouve aucune difficulté, pour qu’il soit au même niveau que les autres en français dans le cas d’un retour en France, pour qu’il ne perde pas son français en cas d’expatriation plus longue. Et nous ajoutons à notre liste des bonnes résolutions celle de faire en sorte que notre enfant progresse en français.

 

Pourtant quelques jours, quelques semaines ou quelques mois plus tard, cette bonne résolution fond comme neige au soleil : entre une organisation chaotique, une motivation défaillante et des résultats qui ne sont pas à la hauteur de nos espérances, le constat est là, ça ne marche pas ! Loin de moi, l’idée de jouer les Cassandre ! Je cherche plutôt à vous aider ! Reprenons plutôt les bases pour que cette fois-ci, notre but soit atteint !

Le problème des résolutions, c’est qu’elles restent souvent floues. « Reprendre le sport », « manger mieux », « lire plus de livres »…

Et si nous précisions un peu tout ça ? Connaissez-vous la méthode SMART ? Pourquoi ne pas la décliner à nos besoins de français à la maison ?

S pour Spécifique

Où en est notre enfant ? Est-ce qu’il sait reconnaître les lettres et associer les sons en français ? Connaît-il déjà des mots et sait-il les écrire ? Est-ce qu’il sait écrire une phrase ? Connaît-il ses temps et sait-il conjuguer les verbes ? Quels sont les verbes irréguliers qu’il ne connaît pas encore ? En mettant des mots très précis sur ce que nous attendons de lui et en prenant en compte le niveau actuel de notre enfant, nous aurons une vision plus claire de ce qu’il y a à faire.

M pour Mesurable

L’idée est de mettre une quantité derrière tout ça. Pas facile en français ? Saviez-vous que 70 mots constituent à eux seuls 50% des mots de tous les textes français (1) ? C’est ce que l’on appelle le « vocabulaire fondamental ». Pourquoi ne pas tester votre enfant pour voir combien il en connaît ? Saviez-vous aussi qu’on estime à une cinquantaine, le nombre de verbes irréguliers en français (si on ne compte pas les racines dérivées) : votre enfant les connaît-il ? Il est aussi possible de mesurer un nombre de pages lues par jour, si l’on veut évaluer la fluidité de lecture d’un enfant plus grand. L’idée est de se fixer un objectif que l’on peut mesurer réellement et qui évite toute notion subjective.

Mais ce n’est pas tout : l’idée de ce «mesurable» est aussi d’analyser ce qui a marché afin de pouvoir le reproduire ou le cas échéant, ce qui n’a pas marché que l’on pourrait améliorer. À vous de voir donc, avec votre enfant, quels chiffres mettre et quelles méthodes essayer pour mesurer réellement ses progrès !

A pour Atteignable

L’objectif doit se trouver dans une zone à la fois éloignée du niveau actuel (sinon, c’est trop facile !) tout en étant réaliste (sinon, c’est décourageant !). Lire 50 romans en six mois, notre enfant ne voudra même pas essayer, il sait qu’il est voué à l’échec d’avance ! En lire un seul, c’est trop peu. Mais que dirait-il de trois livres ? C’est peut-être jouable, non ? Ouvrons le dialogue pour que notre enfant se sente impliqué et accepte le défi !

R pour Réaliste

Si la liste des objectifs est trop longue et demande 10 heures de travail par semaine alors que votre enfant va à l’école, il y a sûrement un problème, n’est-ce pas ? Pour chaque objectif, pesons sa faisabilité tant au niveau de notre enfant que de l’organisation et de la logistique qui va en découler.

T pour Temporel

Enfin, mettons des dates ! Notre enfant ne saura pas écrire parfaitement en français dès demain. Prenons un calendrier et mettons des dates en face des objectifs que nous nous sommes donnés. Vous pouvez aussi ajouter des « jalons » qui permettent de faire des points régulièrement et revoir les objectifs.

 

Tout cela paraît bien joli, mais c’est plus difficile qu’on ne le croit. Et c’est là qu’intervient un élément essentiel pour que cette année, nous tenions enfin cette résolution de faire progresser notre enfant en français.

Cet élément, c’est nous. Oui, nous en tant que parent. En tant que guide. En tant que supporter inconditionnel de notre enfant. Car ce qui fait que cela marche, c’est le lien que nous créons avec notre enfant.

Vous rappelez-vous de certains de vos professeurs ? Quels sont ceux qui vous ont le plus marqués ? Quelles étaient leurs qualités qui faisaient que leur cours était mémorable ? C’est la connexion qu’ils avaient réussi à créer avec vous.

 

Faire progresser le niveau en français de son enfant :  une alchimie  complexe et qui se base sur les points suivants :

- De la confiance réciproque : arrêtons de prêter de mauvaises intentions à notre enfant (« Ce n’est pas possible, il le fait exprès ! »), soyons à l’écoute et engageons un vrai dialogue autour du français.

- Des encouragements sans tomber dans la pression : le français, c’est compliqué et il est normal que notre enfant soit de temps en temps démotivé ! Inutile de rajouter de la pression, c’est contre-productif ! (2) Par contre, essayons de comprendre d’où vient le problème et essayons de trouver une solution ensemble.

- Une autonomie de la part de l’enfant et l’arrêt de la recherche systématique de la validation du parent : arrêtons les « c’est bien ! », vide de sens à mes yeux, et appuyons-nous sur les données mesurables et objectives (« Wahou ! Tu connais parfaitement la conjugaison du verbe « avoir » ! Tu verras ça va beaucoup te servir ! »)

- Enfin et surtout un brin de folie, de douceur, de compréhension, d’enthousiasme, de complicité, de rire. En bref, une bonne dose d’amour.

 

(1) sur le site d’Eduscol vous pouvez trouver la liste des 1500 mots les plus fréquents de la langue française.

(2) « Nul n’aime se voir contraint à faire un certain travail, même si ce travail ne lui déplaît pas particulièrement. C’est la contrainte qui est paralysante. » Célestin Freinet, pédagogue français.

 

Catherine Allibert, une histoire de samouraïsCatherine Allibert

Écrivain et accompagnatrice des enfants expatriés dans le monde de la langue française.

Son site : http://www.unehistoiredeninjasetdesamourais.com

« Apprendre le français avec la souplesse du ninja et la rigueur du samouraï ! »

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