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Bolivie La Maternité

Ma maternité à Santa Cruz, Bolivie

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bbbolivieJ’habite à San José de Chiquitos, une petite ville à 260 km de Santa Cruz, la « grande ville » de l’Oriente Bolivien. Nous sommes ici avec mon mari depuis 5 ans. Lui est divorcé et a une fille de 9 ans qui vit avec sa mère (française) à Santa Cruz. Nous faisons donc en moyenne 2 à 3 aller-retours par mois pour la récupérer. Nous avons un hôtel ici à San José, avec 17 chambres que nous n’avons pas vraiment la possibilité de laisser au soin des seuls employés.

J’ai eu mon premier enfant à 28 ans.

 

Suivre sa grossesse

Le suivi de grossesse est très différent de la France. J’avais beaucoup lu sur le sujet au tout début de ma grossesse et j’ai été un peu surprise ici. On est suivi par un gynécologue obstétricien. Les matrona - sages-femmes -  ne sont là que pour l’accouchement. J’ai testé quatre gynécos avant de me décider avec mon mari. Pendant un temps, j’effectuais mon suivi lors de mes vacances en France. Nous avons vu trois femmes qui ne nous ont pas vraiment convaincus. Une des premières questions qui m’a été posée a été : « quand voulez-vous que l’on programme votre césarienne ? ». A quelques semaines de grossesse, cette question m’a énormément choquée. Au fil de discussions avec des mamans boliviennes et une expat qui avait eu son bébé quelques mois avant moi, mon mari et moi avons décidé de trouver un autre docteur qui nous correspondrait plus.

Nous ne voulions pas de césarienne (sauf urgence ou obligation bien sûr) et voulions un accouchement le plus naturel possible. La péridurale me faisait un peu peur. J’ai été suivie cinq mois par une gynéco qui était à fond sur les analyses médicales. Elle me disait oui pour l’accouchement naturel mais au fond je sentais qu’elle ferait tout pour faire une césarienne.

Finalement nous avons trouvé « notre gynéco », un bolivien d’origine japonaise qui pense que la grossesse et l’accouchement ne sont pas une maladie. Il prône un accompagnement nature avec le moins de médicaments possibles et le moins d’actes médicaux. En quatre mois de suivi, je n’ai eu qu’un seul TV (toucher vaginal) deux jours avant mon accouchement alors qu’en France il me semble que c’est à chaque rendez-vous. Pareil pour l’accouchement, il ne m’a examiné que deux fois et je ne me suis jamais sentie en danger, ni mon bébé. J’ai fait deux échographies (comme les deux premières en France) avec ma première gynéco et des analyses de sang, sécrétions, urine et rendez-vous tous les mois. Puis avec l’autre gynéco, j’avais rendez-vous tous les mois : mini écho et doppler à chaque fois pour vérifier la croissance, analyses de sang et sécrétions quelques semaines avant le terme.

Donc, selon le médecin que vous choisissez, vous allez avoir un suivi ultra médicalisé ou beaucoup plus « nature ». Avec les premières gynécos, j’étais suivie avec beaucoup d’examens dont je ne comprenais pas forcément l’intérêt, sinon économique (comme le fait de proposer une césarienne pour éviter la douleur ????). D’ailleurs à ce que j’ai compris, le taux de césariennes n’est pas loin de 80-90%.

 

Un accouchement naturel

Arrivée à terme, j’ai accouché dans une clinique. Je n’ai pas eu à réserver. En fait, le gynéco que l’on choisit travaille dans certaines cliniques et de là, on choisit celle où l’on va accoucher. A Santa Cruz, les plus réputées sont la Foianini et la Sirani (où j’ai accouché).

Notre gynéco était très favorable à la présence de mon mari lors de la naissance. Il lui a expliqué quoi faire pour soulager la douleur des contractions. Au final, pendant toute la phase de dilatation, mon mari et mon gynéco ont papoté et nous n’avons pas vu le temps passer (accouchement sans péridurale). La matrona, qui n’était présente lors de l’accouchement que pour assister le gynécologue, ne m’a pas été très utile.

Je n’ai pas l’impression que la péridurale se pratique beaucoup. Mon gynéco était totalement contre. Il n’en fait pas. Il nous a beaucoup parlé de la douleur que j’allais ressentir lors de l’accouchement, et n’a pas mâché ses mots sur  son intensité et sur le fait que plus on a mal, plus la « fin » est proche. Je n’avais pas eu de préparation à la naissance. Seulement un rendez-vous avec le gynéco un mois avant le terme où il nous a expliqué avec son vieux livre plein d’illustrations (quels fous rires !) comment cela allait se passer. Grâce aux dvd de préparation à la naissance que j’avais achetés (Chantal Birman), aux livres et autres vidéos, je visualisais finalement assez bien les choses. Je m’étais préparée psychologiquement à avoir très mal, tout en pratiquant les techniques de respiration pour essayer de gérer la douleur. Le gynéco m’a également un peu aidé, notamment en me conseillant de ne pas crier en poussant mais au contraire de rester calme pour garder l’énergie pour pousser. Au final, entre ce que l’on apprend avant et ce que l’on fait pendant, il y a un gouffre. Mais je ne regrette pas d’avoir demandé à mon mari de me rappeler de respirer car pendant les contractions de poussée. J’étais tellement crispée que je ne pensais pas à respirer !

J’avais une peur bleue de l’épisiotomie. J’en avais parlé à mon gynéco qui m’avait appris qu’il la pratiquait quasiment systématiquement pour faciliter et accélérer la sortie du bébé. Je lui ai demandé de ne le faire qu’en cas de nécessité. Il m’a écouté et je n’en ai pas eu.

 

Ne pas perdre de vue son bébé

Je garde en mémoire une chose qui m’a choquée. A la clinique, pas de bracelet d’identification pour maman ni pour bébé…. Quand ils m’ont descendue pour l’accouchement (toute la dilatation était dans ma chambre, sans monito, juste le doppler 2 fois pour vérifier le cœur de bébé), ils m’ont laissé quelques instants dans le couloir sur le brancard et un médecin m’a tout de même demandé si j’étais la dame pour la césarienne… Je me suis posée des questions sur la gestion des patients. Plus tard quand notre fille est née, ils m’ont demandé si je voulais la garder avec moi. Apparemment, l’habitude consiste à mettre les nouveaux nés à la nurserie. A un moment, ils l’ont prise pour je ne sais quelle raison et j’ai demandé à mon mari de ne pas la quitter d’une semelle car elle n’avait pas de bracelet.

Lors de la naissance, ils n’ont pas pour habitude de poser le bébé sur la maman. C’est nous qui avons demandé à ce qu’ils le fassent. Et encore, je n’ai pas pu faire de peau à peau car il faisait très froid dans la salle d’accouchement qui est en fait une salle d’opération (17°C). Ensuite j’étais tellement bouleversée par le bébé, que je n’ai pas osé demander.

 

Le suivi après la naissance

Mon gynéco m’a signé l’ordre de sortie le lendemain matin après avoir juste vérifié mes saignements. J’ai eu un rendez-vous avec lui une semaine après. Je n’avais eu que deux points à l’intérieur, sans épisiotomie.

Je suis donc sortie de de la clinique le lendemain de l’accouchement. Le service hôtelier (oui oui !) de la clinique donne droit à l’usage de la chambre jusqu’à 13.00 le lendemain de notre entrée. Si on reste plus, on paye une nuit supplémentaire.

Comme j’’ai accouché durant le carnaval bolivien (une institution ici, 2 jours fériés, tous les magasins et autres fermés durant quasiment 3 jours…), le service d’état civil n’était pas ouvert et notre fille n’a eu sa déclaration de naissance que 5 jours plus tard.

Aucune rééducation post-partum ne m’a été proposée. Je me débrouille avec des tutos sur internet, ce qui peut être assez cocasse ! C’est vraiment dommage qu’ils ne proposent rien. J’ai eu un autre rendez-vous un mois après l’accouchement pour vérifier les saignements et la cicatrisation des points. Il m’a proposé la pose d’un stérilet après deux mois.

 

Soyez en phase avec vous-même !

En conclusion je dirais que j’ai assez mal vécu ma grossesse au début. J’avais fait une fausse couche 3 mois avant cette nouvelle grossesse et je ne me sentais pas entourée par les médecins qui me parlaient de césarienne alors que j’avais surtout besoin d’être rassurée sur la viabilité de mon bébé. Heureusement, mon mari a été très présent. Je pense que tout dépend du médecin, si j’avais connu mon gynéco en début de grossesse, j’aurais mieux vécu ces trois premiers mois.

Si j’avais des conseils à donner aux futures mamans, ce serait de ne pas se laisser influencer par les médecins pro césarienne. L’important est d’être en phase avec soi-même. Il ne faut pas hésiter à se renseigner sur le sujet (j’ai épluché des dizaines et dizaines de pages internet et posé plein de question à mes amies mamans) pour pouvoir en parler avec le gynéco. Il ne faut pas hésiter à parler et poser des questions sur les pratiques du médecin et de la clinique.

 

 

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