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La Maternité Maroc

Ma maternité à Rabat au Maroc


maternité marocInstallée depuis deux ans à Rabat, j'y ai accouché de ma deuxième petite fille. La question de rentrer en France pour la naissance a vite été écartée, grâce à de nombreuses amies ayant accouché ici avant moi et m'ayant rassurée quant à leur expérience.
Le suivi de la grossesse d'un point de vue médical est très similaire à ce qui se fait en France (analyses diverses et variées, trisomie, etc.), à la différence près que de nombreux gynécologues possèdent leur propre matériel pour les échographies. Celles-ci sont donc systématiquement effectuées chaque mois lors des rendez-vous, ce qui permet aux parents de voir régulièrement leur bébé... et aux gynécologues de financer leur maison secondaire !
La préparation à l'accouchement avec une sage-femme est en revanche inexistante dans le système marocain ; on trouve néanmoins à Rabat et Casablanca de très rares personnes la pratiquant. Cela ne m'a pas dérangée, s'agissant de mon deuxième enfant, mais ça peut manquer pour une première grossesse.

L'accouchement lui-même est effectué par le gynécologue qui vous suit durant votre grossesse et qui a l'habitude d'exercer dans l'une ou l'autre des cliniques privées de la ville. Les césariennes de confort étant très fréquentes dans les milieux aisés au Maroc, il faut préciser très fermement à votre médecin ce que vous souhaitez (voie basse, péridurale ou non, etc.). Là encore, pour un premier accouchement, on peut être un peu désarmée face à l'avis médical, tandis qu'on est plus sûre de soi pour les grossesses suivantes. L'avantage, si vous désirez ou devez avoir une césarienne, est que vous êtes face à des pros ! Je précise que les médecins au Maroc sont francophones, ce qui simplifie les choses pour les patients expatriés.

Quelques semaines avant le terme, vous pouvez vous rendre à la clinique attitrée de votre médecin pour visiter les lieux. On passe en un éclair sur les pièces essentielles (salle d'accouchement, nursery, etc) et on est en revanche invitée à rentrer dans différentes chambres (occupées par de jeunes mamans !) afin de réserver, au choix, une chambre simple, une mini-suite ou bien une suite ! On se retient de demander s'ils font room service...

Le jour J, après plusieurs heures de contractions et quelques remarques déplacées de mon cher et tendre qui dormait ("Éteins la lumière et arrête de jouer à Candy Crush !"... alors que je suis en train d'agoniser, désolée je vais essayer de faire moins de bruit), nous partons finalement à la clinique à pied à 4h du matin. Il n'y a pas de petites économies, vu le prix du diesel ! En fait, la marche m'est moins pénible pour les contractions et la clinique ne se trouve pas loin. Avant de partir, j'ai comme convenu appelé et réveillé ma gynécologue, qui doit me rejoindre sur place et m'a précisé que Latifa, la sage-femme en chef, était de garde cette nuit-là.

Arrivés à la clinique, tout est éteint. Il y a pourtant - en théorie - un service d'urgences. Un vigile à l'entrée nous ouvre et nous montons directement à l'étage de la maternité. Là, nous trouvons une petite lumière sur le palier, un couloir totalement sombre et pas une âme qui vive en vue. Nous finissons par apercevoir une silhouette somnolente sur une chaise au fond du couloir, c’est une dame corpulente vêtue de blanc. Elle nous fait signe de la suivre et je me dis qu'elle ressemble vraiment, mais alors vraiment beaucoup à une femme de ménage (profession tout à fait respectable, mais je n'ai pas très envie de me faire accoucher par la dame qui fait les sols et qui va me désinfecter à l'eau de javel). Mon mari semble penser la même chose, car il me mime quelqu'un qui passe la serpillière. Merci pour le soutien psychologique !

Tout en la suivant dans le couloir, je lui demande : "Vous êtes Latifa, la sage-femme ?". Elle me dit que oui, oui, ce qui me rassure. Un échange ultérieur, quelques heures après mon accouchement, m'apprendra - au moment où elle viendra faire ma chambre, car il s'avère qu'elle est bel et bien femme de ménage - que cette brave dame ne parle pas un traître mot de français. Si les médecins le parlent, ce n'est pas le cas de tout le monde !

Nous arrivons devant la salle de naissance, et Latifa - qui n'est pas Latifa - toque à la porte. Elle re-toque. Puis re-re-re-toque, etc., au moins une dizaine de fois. Pendant ce temps, nous sommes dans le couloir toujours sombre (lumière en panne ?) avec la valise, mes contractions et nos interrogations.

Je commence à me dire qu'il y a peut-être un accouchement en cours dans la salle de naissance, mais finalement la sage-femme (la vraie !) finit par sortir, l'air un peu revêche. Nous venons visiblement d'interrompre sa nuit. Pendant que je m’installe, mon mari doit descendre à l'accueil, afin de remplir le dossier d'inscription et démontrer notre solvabilité.

Je dois insister lourdement auprès de la sage-femme pour ne pas m'allonger avec une perfusion, car les contractions me sont moins douloureuses debout. Disons que si vous avez un « projet de naissance » bien défini avec ballon de grossesse ou accouchement dans l’eau, vous pouvez passer votre chemin.

En attendant, elle m’installe dans une chambre et m'explique que j'ai de la chance, que c'est la dernière chambre et qu'elle était réservée pour une césarienne prévue à 8h (il est 5h). Un peu plus et elle me passait sous le nez ! Où a échoué la brave dame qui a eu sa césarienne à 8h ? Je dois avouer qu’à l’instant présent, c’est le cadet de mes soucis.

L'heure de la naissance approche ; la sage-femme revient me chercher pour retourner dans la salle de naissance. La gynécologue qui est arrivée entre-temps prend la direction des opérations et rend l'ensemble un peu moins surréaliste. L’accouchement se passe sans encombre et de façon presque « intime » (mon mari, la gynécologue, la sage-femme… et moi accessoirement). Cela me change du ballet auquel j’avais eu droit en France : impossible de citer le nom de ne serait-ce que l’une des personnes qui m’a accouchée, quand au Maroc je me souviens de tout et de tous. Une fois le bébé né, les premiers soins sont effectués dans la même pièce et le pédiatre de garde vient vérifier que tout est en ordre. Le peau-à-peau n’est pas répandu, mais vous pouvez le demander.

Quelques heures après la naissance, on vient vous demander si vous sortez le jour même, ce qui déstabilise un peu. S’agissant de cliniques privées, c’est au patient de décider s’il souhaite rester ou non (hors problèmes médicaux bien entendu) : si la maman et le bébé vont bien, on ne s’attend pas à ce que vous restiez. Il n’y a pas d’attention particulière portée au fait que le bébé reprenne du poids comme j’avais pu l’avoir lors de ma première grossesse.

N’ayant pas de complications, je suis sortie après 24 heures ; un séjour plus long ne m’a pas semblé nécessaire : le personnel de la clinique était très agréable, mais les conseils autour des soins, de l’allaitement etc. sont habituellement délivrés par les femmes de la famille, et non par le personnel médical. J’étais donc mieux chez moi ! Ce retour précoce à la maison ne s’accompagne pas, comme ça peut être le cas dans d’autres pays, d’un suivi particulier à domicile. A vous de vous organiser si vous désirez que quelqu’un vienne.

En conclusion, vous retrouverez à Rabat des similitudes avec la France en termes de suivi médical et d’équipement. Pour que tout se déroule au mieux, soyez zen, sachez ce que vous voulez, et si c’est une première grossesse, n’hésitez pas à collecter un maximum d’informations auprès de votre entourage. La communauté française étant très active, via Rabat Accueil notamment, vous devriez parvenir sans problème à rencontrer d’autres jeunes mamans !

Par Aude.

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