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Mettre au monde un bébé loin de chez soi


Mettre au monde un bébé loin de chez soiAttendre un enfant loin de chez soi comporte évidemment certains inconvénients mais aussi et surtout des avantages. Avec un regard « verre à moitié plein », ce sont ces avantages que je souhaite avant tout vous présenter dans cet article basé sur ma propre expérience de femme et de mère alimentée de mon regard de sage-femme et du témoignage des femmes que j'ai pu accompagner lorsqu'elles attendaient elles aussi leur bébé loin de chez elles. Par loin de « chez soi », j'entends loin de sa culture, de ses repères, de sa famille et souvent aussi de sa langue maternelle.

Nous avons toujours voulu voyager. Mon mari est né sur une île  dans les Antilles françaises et pour lui, la Belgique était loin de la destination de ses rêves. Il rêvait de pouvoir dire un jour que chacun de ses enfants était né dans un pays différent. Pourtant, notre couple a vécu 10 ans en Belgique et deux de nos trois enfants sont nés là-bas. Aujourd'hui, nous vivons en Californie depuis deux ans et demi et notre fils est né ici 3 mois après notre arrivée.  

Je découvre mon socle

Lorsqu'on se retrouve en dehors de son schéma de pensées habituelles, on se rend compte que nous avons la possibilité d'en explorer de nouvelles. On se rend tout à coup compte que la pression familiale ou sociétale qui nous entourait habituellement à simplement disparue. Il n'y a plus de conseils bienveillants, parfois maladroits auxquels nous avions droits même sans les demander, plus de regards silencieux et qui en disent pourtant long sur ce que nous devrions faire...

Loin de « chez soi », c'est une nouvelle réalité dans laquelle nous avons soudainement accès à nos réelles envies. Comme une nouvelle voie d'exploration qui s'offre devant nous, on est à présent capable d'entendre distinctement ce qui vibre au fond de nous et que nous aimerions poursuivre durant cette période d'attente et d'agrandissement de la famille.

Je deviens responsable de mes choix

Riche de ce nouvel espace intérieur, de cet accès à soi, nous allons ensuite devoir poser nos choix  de (futurs) parents. Quel suivi médical ? Quelle préparation ? Quel hôpital ? Quelle personne de confiance pour les autres enfants ? Loin de « chez soi », il va falloir faire ces choix en mettant 100% de sa responsabilité dans la direction empruntée. Plus de bonne copine ou de belle-sœur pour nous recommander telle sage-femme ou tel prof de yoga. Parfois, il y a bien des connaissances ou des mamans à la sortie de l'école, qui se demandent d'ailleurs comment on parvient avec 2 enfants et enceinte du troisième à survivre dans ce changement de vie, qui nous donnent quelques références, quelques conseils mais qui au bout du compte, nous laissent toujours bien seule face à cette nouvelle prise de responsabilité. La notion de « débrouille » prend en une fois une nouvelle dimension.

Alors on innove, on teste, on cherche, on devient autodidacte tout en poursuivant l'aventure (on devient même éventuellement sage-femme entrepreneure accompagnant de couples partout dans le monde de manière virtuelle pour justement combler le manque d'info et aider dans cette prise de responsabilité, mais c'est un autre chapitre de l'histoire du loin de « chez soi »). On se construit son petit nid, son cocon, sa bulle comme me le partageait si justement Laure...

Je m'ouvre aux nouveautés

Être enceinte loin de « chez soi » offre aussi l'occasion de découvrir d'autres coutumes, d'autres habitudes et d'autres histoires autour de la grossesse et de l'accouchement. Julie a par exemple découvert en Inde le rituel de célébration de la femme qui attend la vie. Kirsten a découvert aux US le rôle des Doulas, ces accompagnatrices affectives de la femme tout au long de la maternité qui ne sont encore que trop peu connues en France. J'ai pour ma part découvert la solidarité des « mom and me group », l'extase des baby shower et le positivisme dans lequel les américains font grandir leurs petits.

« Chez soi », je n'aurais peut-être pas eu toutes cette diversité et toute cette possibilité offerte de repenser mon éducation, ma vision du monde et finalement la place que je souhaite y occuper. Laure me parle aussi de l'allaitement et se demande si en France elle aurait été au bout de son idylle laiteux avec sa fille? Question sans réponse... Mais élément positif de plus à ajouter dans son histoire loin de « chez elle».

Je grandis

Attendre son enfant loin de « chez soi » implique aussi, souvent, de se faire suivre dans une autre langue, de ne pas avoir de réponse à ses questions et de devoir se plier à des routines étrangères qui peuvent nous déplaire. Mais ce sont, si on décide de les voir ainsi, toutes des occasions de grandir et de repousser les frontières de nos limites internes personnelles. C'est Kahlil Gibran qui nous dit si bien que « nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit ». Ces expériences parfois douloureuses, parfois fragiles nous font grandir. Laure me partageait que sa peur de ne pas comprendre les gens durant son accouchement l'a poussée par exemple à se préparer pour devenir ultra autonome dans son processus de naissance.

J'éclos

Mettre au monde son enfant loin de « chez soi » est une de ces opportunités de vie qui m'a permise d'éclore de moi-même. J'ai eu ainsi accès à moi, à mes désirs, j'ai pu poser des choix, me tromper, observer, prendre du recul, refaire, m'enrichir, grandir et finalement éclore. Notre couple a également connu un nouvel élan, de nouveaux liens que la distance loin de « chez soi » a pu nous révéler. Nous rentrons bientôt, en Belgique, et nous voilà encore plus confiants de qui nous sommes et de qui nous voulons être, heureux de retrouver la chaleur de ce « chez soi » qui, au bout du compte, nous manque tant !

Tous ces éléments partagés sont très forts, très fortifiants pour la femme dans cette période de construction d'elle-même en tant que mère... et un beau jour le bébé arrive... de ses souris et petits bruits, il remplit nos journées mais également nos nuits... la fatigue s'installe et parfois l'isolement se construit. La chaleur d'une famille proche ou de cercle d'amis de toujours n'est pas là au rdv quotidien et parfois maman s'épuise... Cette notion est importante à avoir en tête pendant la grossesse et c'est essentiel d'avoir cette rigueur de préparer cet « après loin de chez soi » qui n'est en fait que le début de cette nouvelle vie à 2 ou 3 ou 4 +1 loin des siens.

Je fais une liste de naissance « bien-être »

En tant que sage-femme à présent, il me tenait à cœur de finir cet article en vous donnant une piste de solution à apporter à cette éventuelle solitude post-accouchement qui pourrait venir mettre des ombres sur ces belles opportunités du loin de « chez soi » que je viens de vous partager. Durant la grossesse, vous pourriez mettre en place votre liste de naissance « anti-solitude » et penser au-delà de tous ces objets matériels dont on a, éventuellement, besoin que trop peu de temps par du bien-être pour votre quotidien de maman. 

Il y a bien sur le cadeau de naissance coûteux du billet d'avion aller-retour pour la maman-sœur-meilleure amie après la naissance, mais il y a aussi des bons: d'une heure de massage détente, une heure de promenade pour bébé hors de la maison, une heure de ménage, une lessive/repassage, une semaine de repas santé dans le frigo, un panier bio remplis de bons légumes et de fruits de saison, une soirée babysitting, des « bras reposés pour venir bercer bébé » quand les parents sont fatigué...

Laissez faire votre imagination pour penser à toutes ces choses qui vous permettront de prendre soin de vous et de vous dégager du temps pour continuer votre exploration de ce « loin de chez vous », y tisser des liens et construire une maternité épanouie.  Les familles ou amis qui sont loin ne savent souvent pas quoi faire à la naissance d'un bébé pour la nouvelle accouchée, il existe des organismes en ligne (livraison de paniers bio à domicile, centre de babysitting, organisme de lessive qui vient prendre le sale et ramener le propre, livraison de courses, services traiteur, ... il y a des organismes de « dog walker », pourquoi pas de « baby swinger »?) qui vous permettront d'organiser ce genre de liste de naissance inattendue mais pourtant tellement sensée !

 Par Stéphaniebebe_loin_de_chez_soi

Stéphanie, expatriée depuis bientôt 3 ans en Californie, sage-femme, a fondé « Éclore et moi » pour accompagner les femmes et les couples qui veulent vivre une naissance qui leur ressemble.  Avec un suivi qui rassure, informe et soutient tout au long de la grossesse et même au-delà, son objectif est avant tout de rendre le couple autonome et confiant de ses propres ressources, serein d'accueillir un nouveau membre au sein de sa famille.  Pour en savoir plus, visitez le site : eclore-et-moi.com.

 

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