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La santé Les Enfants

Pour tout savoir sur les dents de nos petits expats – l’avis du pédiatre


Poussée dentaire, traumatisme, petite souris, orthodontie : vous saurez tout sur les dents de vos petits grâce aux conseils de  Pauline Krug-Tricot, pédiatre française expatriée à Tokyo et fondatrice du podcast WeePeeS (pour "Wonder Pédiatres" !) qui traite de pédiatrie et de parentalité !

 

A quel âge sortent les premières dents ?

Les premières dents arrivent en moyenne à 5-6 mois.

Certains bébés naissent avec des dents, comme, paraît-il, Louis XIV, Napoléon, Sissi… Il peut s’agir de dents néonatales surnuméraires, ou plus fréquemment de dents faisant partie de la dentition de lait.

A l’opposé, certains bébés n’ont aucune dent jusque 18 mois. Mais elles finissent presque toujours par arriver ! L’absence de dents, ou agénésie dentaire, est très rare, mais peut se voir. Elle est alors parfois associée à d’autres particularités de développement comme des anomalies des ongles, une absence de cheveux ou de sourcils, rentrant alors dans des cadres diagnostiques bien précis.

 

Dans quel ordre ? 

Les dents suivent pratiquement toujours le même ordre de poussée :

  • Tout d'abord, les deux incisives du bas puis celles du haut (entre 6 et 12 mois) et ensuite
  • les incisives latérales (entre 9 et 13 mois),
  • les premières molaires (entre 13 et 19 mois),
  • les canines (entre 16 et 22 mois) et enfin,
  • les deuxièmes molaires (entre 25 et 33 mois).

 

Un enfant de 3 ans a donc 20 dents. On commence en général par observer la gencive qui devient plus épaisse, on parle de « doublement ». Les dents suivent… de près ou de loin !

 

  • C’est à 6 ans qu’apparaissent les molaires définitives dites « molaires de 6 ans »
  • puis à 12 ans les molaires de 12 ans, portant à 28 le nombre de dents.
  • Et enfin les 4 dernières molaires dites « dents de sagesse » apparaissent, ou non, à l’adolescence.

 

Les dents commencent à tomber vers 5-6 ans, avec là aussi des extrêmes.

Si les dents tombent tard, mais que votre enfant n’a pas mal et que les gencives ont l’air normales, pas d’inquiétude, continuez à être assidu dans le brossage de dents, il n’y a pas forcément besoin de consulter un dentiste. On n’arrachera une dent de lait que si elle gêne la poussée de la dent définitive.

 

Ça fait mal, les dents qui poussent ?

Les poussées dentaires sont accusées de tous les maux : pleurs nocturnes, joues rouges, bébé qui bave, diarrhée, fesses rouges, fièvre, refus alimentaire… En fait, il va toujours falloir éliminer un autre diagnostic avant de penser que la fièvre (surtout si elle est élevée à plus de 38,5°C), les pleurs, la diarrhée… sont directement liés à une poussée dentaire.

On observe souvent de tout petits bébés qui se frottent les gencives avec leur poing. Ou qui tentent de mordre votre doigt avec leur gencive, se mettent à baver beaucoup… Et parfois bien avant l’apparition des dents. On attribue souvent ces petits inconforts à l’arrivée imminente des dents, mais la plupart du temps, la poussée ne suit pas ces signes de si près. La poussée de la dent est parfois accompagnée d’un kyste d’éruption, une sorte de petite boule bleuâtre ou rouge, qui disparaît quand la dent est visible.

 

Que faire pour soulager la douleur ?

Il existe plein de petits moyens :

  • vous pouvez donner un anneau de dentition au bébé qu’il pourra mordre tant qu’il le souhaite, et aussi le mettre au réfrigérateur pour que le froid apaise encore la douleur.
  • les gels apaisants sont souvent un bon complément,
  • l’homéopathie ne peut pas faire de mal en général, même si son efficacité est controversée.
  • et enfin, du paracétamol peut sauver des nuits douloureuses.

Pour les plus grands vers 9 mois, je conseille le croûton de pain bien dur, qui permettra à votre bébé de frotter sa gencive douloureuse. Il aura pour bénéfice de lui donner le plaisir de mâchouiller et de goûter de la bonne baguette de chez nous, mais aussi de soulager localement la douleur et de développer sa mâchoire. C’est grâce à des aliments solides que la dentition se fortifie !

Il faut éviter les remèdes de grand-mère comme masser les gencives avec du miel ou donner de l’eau sucrée. En effet, les caries aiment le sucre, c’est donc une fausse bonne idée. Éviter aussi les colliers d’ambre qui n’ont pas fait du tout la preuve de leur efficacité anti-douleur. Au contraire, ils peuvent provoquer des étranglements du bébé.

 

A partir de quel âge faut-il les brosser ?

Il n’existe aucune recommandation officielle. On pense que la salive contient des substances enzymatiques et a un effet d’auto-nettoyage qui peut largement suffire au début.

Je propose en général de commencer à brosser les dents vers 15-18 mois, au début sans dentifrice puis avec dentifrice adapté à l’âge (peu fluoré) vers 18 mois-2 ans. L’idée est aussi que votre enfant vous voit faire, et c’est vers 18 mois qu’il voudra vous imiter et que vous pourrez alors lui proposer sa brosse à dent en jouant, en montrant, en entraînant ! Il faudra bien sûr l’aider.

On pense qu’un enfant est capable de se brosser les dents seuls sans aucune aide vers 8 ans seulement.

 

Doit-on donner du fluor ?

Actuellement, les recommandations ne sont pas claires. Certains pédiatres prescrivent du fluor par voie orale, mais en quantité limitée (0,25mg /jour) et seulement à partir de l’âge 6 mois, jusqu’à 2 ans.

En effet, il faut savoir que les sources de fluor sont variées :

  • eau minérale ou du robinet, avec un taux qui varie selon les régions,
  • le sel de table,
  • les dentifrices (avec un effet local sur la dent, mais aussi général car l’enfant l’avale souvent au début).

En général, cet apport alimentaire suffit. Votre pédiatre pourra juger en fonction de votre région et des antécédents de carie chez les parents s’il faut mieux donner un supplément ou non. Parfois, le dentiste pourra prescrire du fluor en application locale sur les dents.

En tout cas, après 6 ans, le fluor pris en comprimés par la bouche n’est pas indiqué ! Le risque est de voir apparaître une fluorose, un surdosage qui donne des taches blanches irréversibles sur les dents et parfois même une destruction de l’émail.

Parlez-en avec votre dentiste en cas de doute.

 

Existe-t-il des maladies spécifiques des dents ?

Oui, et c’est pour cette raison qu’on conseille à tous les enfants une visite précoce chez le dentiste même sans symptôme. Certains pédiatres et dentistes préconisent cette visite à 3 ans. Pour ma part, je dis plutôt 5 ans pour que l’enfant ne soit pas effrayé mais commence à avoir des conseils de prévention adaptée à son âge avant l’arrivée des dents définitives.

Une fois par an suffit, en l’absence de pathologie particulière.

 

1. La maladie la plus fréquente : la carie dentaire

Il s’agit d’une infection bactérienne qui provoque un trou dans la dent. Les caries peuvent apparaître dès le plus jeune âge, y compris sur des dents de lait. Les bactéries peuvent être transmises du parent à son enfant au cours des contacts rapprochés comme un bisou, mais aussi quand l’un des parents suce la tétine de son bébé en pensant la nettoyer. Donc il faut éviter !

J’incite aussi les parents à ne pas coucher leur bébé avec un biberon dans le lit que le bébé aura tendance à téter toute la nuit. Le sucre contenu dans le lait nourrit les bactéries responsables de caries sévères précoces, parfois multiples, d’évolution rapide ; c’est ce qu’on appelle le syndrôme du biberon.

 

2. Il existe aussi des maladies moins connues très spécifiques, comme la MIH, hypominéralisation des molaires et des incisives

C'est une anomalie de l’émail qui concernerait entre 15 et 18% des enfants de 6 à 9 ans. Il s’agit d’une maladie qui fragilise la dent, donnant des dépôts blancs puis jaunes-bruns, et la rende plus sujette aux caries. Le dentiste peut alors renforcer la dent entre y appliquant du fluor ou des sortes de vernis protecteur.

 

3. On peut aussi parler de l’amélogenèse imparfaite, maladie parfois héréditaire, relativement rare et méconnue

C’est une anomalie de l’émail qui va être absent ou fragile, et qui touche les dents de lait comme les dents définitives. Les dents apparaissent comme friables, tachetées, douloureuses… impliquant de nombreux traitements lourds pour les protéger et les restaurer.

 

Et alors, pouce, tétine… Quelles conséquences ?

Pouce et tétine permettent d’apaiser les bébés, d’assouvir leur besoin de succion, mais peuvent devenir un inconvénient si leur usage est abusif, notamment en engendrant des problèmes orthodontiques et des déformations du palais. Non seulement à cause du pouce ou de la tétine lui-même, mais aussi parce qu’en tétant trop souvent, l’enfant n’acquiert pas une bonne position pour sa langue, qui doit normalement peu à peu se coller au palais au moment de la déglutition.

Cette malposition de la langue elle-même va gêner la bonne croissance de la mâchoire supérieure, et pouvoir avoir des conséquences esthétiques, mais pas seulement : conséquence sur la mastication, le langage, et même la respiration.

L’idéal est de l’aider à s’en passer vers 3 ans pour la tétine, 6 ans pour le pouce (conseil donné par une orthodontiste), en lui demandant déjà de faire des pauses, de ne pas avoir ni pouce ni tétine dans la bouche quand il parle, puis de réserver cette habitude au moment du coucher.

Bref, l’aider à s’en passer très progressivement.

 

Quand faut-il commencer l’orthodontie ?

On pense maintenant qu’un dépistage précoce en orthodontie peut éviter bien des problèmes par la suite. Il est important de repérer dès le plus jeune âge les malpositions dentaires et les décalages osseux entre les deux mâchoires, et de les prendre en charge par des traitements dits d’interception. Ces traitements mis en place entre 6 et 10 ans permettent de préparer l’arrivée des dents définitives en faisant de la place.

On conseille donc maintenant un examen de dépistage chez l’orthodontiste avant 6 ans. Cette visite permettra de revenir sur les habitudes de votre enfant (comment est son sommeil, est-ce- qu’il a une tétine, un doudou, est-ce qu’il suce son pouce…), sur son histoire médicale, voir si sa respiration est bien nasale ou encore buccale (on peut alors voir des cernes, une bouche toujours ouverte), et bien sûr de regarder les dents.

Et plus on éduque tôt, meilleurs seront les résultats, et ceci permettra d’alléger le traitement orthodontique à venir à l’adolescence.

 

Que doit-on faire en cas de traumatisme dentaire ?

Les enfants sont bien sûr particulièrement exposés aux traumatismes dentaires, ils courent, sautent, jouent, se cognent… Attention, car même si on n’observe qu’un saignement minime ou un gonflement de la gencive, certaines lésions ne sont pas visibles et par exemple, si la dent de lait s’enfonce dans la mâchoire, le germe de la dent définitive peut être abimée. On peut aussi observer des lésions sur les dents voisines.

Il faut donc mieux consulter son dentiste, même après un choc qui paraît minime.

 

Si la dent est tombée, il faut consulter !

  • S’il s’agit d’une dent de lait, elle ne sera pas remise en place, mais il faudra tout de même vérifier que la dent définitive n’a pas été endommagée.
  • Si la dent pendouille, il faut mieux la remettre en place que d’essayer de la retirer complètement.
  •  S’il s’agit d’une dent définitive, vous pouvez essayer de la remettre en place vous-même en la maintenant, et l’os va se consolider autour de la racine. Ou alors la placer dans un petit récipient rempli au mieux de sérum physiologique, ou de ce que vous avez sous la main lorsque ça arrive, souvent à l’école ou parc : salive, lait…, et le dentiste pourra ensuite la réimplanter, le plus vite est le mieux !

 

Si la dent est enfoncée dans la gencive, il faut aussi consulter !

Il peut arriver qu’elle redescende d’elle-même ou que le dentiste ait besoin de la tirer ou de l’extraire complètement. Dans les jours qui suivent un traumatisme, la dent peut tomber, rester en place et devenir grise voire noire, et parfois, plus étonnant, devenir grise ou noire puis… re-blanchir à nouveau !

La bouche est un milieu particulièrement riche en bactéries. On prescrit un antibiotique dans les jours qui suivent le traumatisme dentaire, en général de l’amoxicilline-acide clavulanique.

 

Et chez vous les Femmexpat, que deviennent les dents de vos enfants après être tombées ?

  • Dans la plupart des pays francophones, la petite souris vient chercher la dent sous l’oreiller.
  • En revanche, chez les francophones du Canada (Québec, Acadie), on rencontre plus souvent la « fée des dents » comme dans les cultures anglophones et germaniques (Tooth fairy en anglais, Zahnfee en allemand, tannfe en norvégien).
  • La petite souris est connue sous le nom de « Ratoncito Pérez »  dans les pays hispanophones (Espagne, Argentine...). Au Venezuela et au Mexique, les enfants l'appellent «el ratón » (« la souris »). En Catalogne, ce sont « les petits anges » qui passent (« els angelets »).
  • La fée des dents prédomine largement en Italie, bien que les deux personnages coexistent (« topino » pour la petite souris et « fatina » pour la fée des dents).
  • En Irlande, c'est « Annabogle ».

 

Souris ou fée, l’important est le rite de passage que la perte des dents représente, et la fierté des enfants de trouver sous leur oreiller au réveil, un petit cadeau ou une pièce !

 

 

Pauline Krug-Tricot, pédiatre française expatriée à Tokyo

 

Réécouter ici son podcast consacré aux dents

 

> N'hésitez pas à contacter Pauline via sa page Facebooksur la page Instagram @WeePeeslepodcast, ou sur Twitter @WeepeesPodcast. 

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