Connexion en tant que membre

Contextes politiques La sécurité Partenaire de la semaine

Comment la crise du Covid-19 a-t-elle modifié les risques à l’expatriation ?


Depuis son apparition en Chine en décembre 2019, l’infection au Coronavirus (Covid-19) s’est répandue dans le monde entier, touchant 196 pays et territoires. 

Pour tenter de contenir la propagation, les États ont fermé leurs frontières et instauré des contrôles stricts à l’entrée de leur territoire :

  • test PCR négatif,
  • contrôle de température,
  • mise en quarantaine, etc.

Couplées à des dispositifs locaux de restrictions de mouvement, ces mesures ont mis un coup d’arrêt brutal aux déplacements internationaux et à l’activité économique. Au-delà des conséquences sanitaires, cette situation a également des répercussions sur la sécurité des expatriés.  

En matière de déplacement internationaux, le terme « sécurité » désigne la protection contre les actes de malveillance (criminalité, terrorisme, acte politico-sociaux), les risques sanitaires et naturels.

Deux tendances significatives doivent ainsi être mentionnées :

  1. l’augmentation des tensions sociales 

  2. du risque criminel

 

Des tensions socio-politiques exacerbées par la pandémie

L’année 2019 a été marquée par de multiples mouvements sociaux aux revendications diverses :

  • prodémocratie à Hong Kong,
  • des gilets jaunes en France,
  • Hirak en Algérie, etc. 

Si les mesures de confinement et l’interdiction des regroupements ont dans un premier temps mis fin à ces rassemblements, les manifestants ont rapidement bravé ces interdits, comme au Liban où la contestation sociale entamée en octobre 2019 a repris de plus belle en mai 2020, tout comme le mouvement prodémocratie à Hong Kong.

 

De nouvelles revendications liées à la gestion de la crise sanitaire

A ces troubles préexistants qui ont pris une nouvelle envergure, sont venues se superposer d’autres revendications directement liées à la gestion de la crise sanitaire et à ses conséquences socio-économiques. Bon nombre de regroupements se sont ainsi organisés dans l’illégalité pour contester les mesures de restrictions considérées comme contraires aux libertés individuelles.

Par exemple, au Brésil comme aux États-Unis, des dizaines de manifestations ont été organisées avec le soutien des Présidents Trump et Bolsonaro pour exiger la levée du confinement et dénoncer les mesures de restrictions de mouvements imposées dans certains États (Par exemple 18, 20 et 30 avril, 2 mai 2020 aux États-Unis, les 19 avril et 19 mai 2020 au Brésil).

En Allemagne, les manifestants pro et anti-mesures se sont affrontés à plusieurs reprises dans les grandes villes, galvanisés par des partisans néo-nazis ou d’extrême droite qui soutenaient un abandon des restrictions de mouvements (Par exemple les 9 et 23 avril 2020, le 17 mai 2020, à chaque fois dans plusieurs villes de façon simultanée).

 

Le chômage de masse : une bombe à retardement

 Au-delà des mesures de restrictions, des rassemblements pour dénoncer les conséquences systémiques de la Covid-19 ont été recensés dans de nombreux pays, comme :

  • en Sierra Leone,
  • au Bangladesh,
  • au Chili ou
  • encore au Mexique. 

En effet, l’ampleur inédite de la situation a poussé les gouvernements dans leurs retranchements, laissant souvent percevoir de grandes difficultés à gérer la crise. Le confinement et l’arrêt de l’activité économique ont quant à eux généré un chômage de masse. Au vu des prévisions économiques mondiales pessimistes, ces mouvements risquent de se développer et se propager, rendant la situation sociale d’autant plus instable dans les pays les plus fragiles, en particulier ceux reposant en grande partie sur l’économie informelle, comme cela est le cas en Amérique latine et en Afrique.

Peu importe leur motif, ces mouvements ont souvent donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre, divisées entre respect des mesures de restrictions et respect de l’ordre public. À long terme, l’accumulation du mécontentement pourrait systématiser l’instabilité sociale et entraîner une période de troubles politiques et d’insécurité générale, pouvant rendre plus difficile le maintien de l’expatriation.

 

Un nouveau type de criminalité

Si la crise sanitaire a ainsi décuplé les tensions politico-sociales, elle a aussi modifié les contours de la criminalité. En effet, la situation économique difficile a engendré une augmentation de la criminalité d’opportunité, phénomène facilité par les mesures de confinement.

Ainsi, des magasins laissés à l’abandon ont été pillés par des populations en difficultés au Nigéria ou au Mexique.

Les expatriés, perçus comme disposant d’un niveau de richesse supérieur à la moyenne de par le statut d’étranger, représentent une cible parfaite pour les larcins :

  • vol à la tire ou à l’arraché,
  • escroqueries,
  • cambriolages,
  • car jacking

Les prévisions économiques négatives des mois et années à venir laissent présupposer une augmentation de cette tendance, en particulier dans les pays à l’économie la plus vulnérable. Au-delà de la criminalité d’opportunité, les modifications dans l’organisation du travail conséquentes au confinement ont entraîné l’explosion des cyberattaques.

En effet, le chômage massif et le travail à distance ont rendu les populations plus vulnérables aux tentatives :

  • de fraudes,
  • de désinformation,
  • d’escroqueries médicales,
  • de phishing
  • et autres méthodes malveillantes.

Ce risque reste aujourd’hui élevé malgré le déconfinement. Les hackers n’hésitent pas à proposer de faux services d’aide aux entreprises les plus impactées par la crise. Les expatriés, souvent rattachés à des entreprises largement ciblées par ce type de criminalité, devraient être particulièrement visés.

 

Une vague de violences racistes anti-étrangers

 Le contexte de l’apparition et de la propagation du virus a également fait déferler une vague de violences racistes anti-étrangers. D’abord perpétrés contre les individus d’origine asiatique, ces actes (violences, menaces, discriminations) ont également ciblé les populations étrangères dans leur globalité.

En Afrique de l’Ouest, où l’épidémie s’est déclenchée plus tardivement, les étrangers « coronisateurs » ont été rendus responsables de la propagation du virus.

 En République démocratique du Congo, les menaces et attaques contre les humanitaires se sont multipliées au courant des mois d’avril et de mai.

À Singapour, les travailleurs étrangers venant en grande partie d’Asie du Sud et vivant pour la plupart dans des conditions précaires favorables à la propagation du virus ont été largement stigmatisés, tout comme les ressortissants d’origine africaine en Chine.

Si ce phénomène est aujourd’hui en déclin, la perspective d’une « deuxième vague » pourrait entraîner un regain de violence dans les zones préalablement touchées.

 

La clé d’une expatriation réussie post Covid

Si les risques mentionnés ici ne sont pas fondamentalement nouveaux, la crise du Covid-19 a modifié la morphologie de certaines menaces et renforcé celles préexistantes. L’expatriation demeure possible dans la plupart des pays, mais il reste essentiel que les personnes concernées aient connaissance des risques afin de prévenir leur occurrence et d’en réduire les conséquences. En effet, la clé d’une expatriation réussie est la préparation en amont et le maintien d’une information constante sur l’évolution de la conjoncture locale.

  • Quels sont les évènements à risque ?
  • Comment sont perçus les étrangers ?
  • Quelles infrastructures médicales, judiciaires ou policières sont présentes dans le pays ?
  • Qui sont les acteurs de la sécurité des étrangers ? Comment se traduit la présence française ?
  • Autant de questions à résoudre avant le départ.

Il convient également de connaître les mesures et procédures prévues par son entreprise pour répondre à tout évènement, en particulier en cas de crise. Munis de ces informations, l’expatrié et sa famille seront alors armés pour vivre à l’étranger en pleine connaissance des risques encourus.

 

bouton Abonnement NL FXP- 350x150

FemmExpat  vous recommande aussi :

Les risques politiques et l'expatriation

Coronavirus : rappel des conseils de sécurité

 

Cet article est sponsorisé par IREMOS


INSCRIVEZ-VOUS GRATUITEMENT À NOTRE NEWSLETTER

ACCÉDEZ GRATUITEMENT À NOS CONFERENCES ONLINE

Nos derniers articles !