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Conduite à l’étranger : premiers tours de roue

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Conduite à l'étranger : premiers tours de roueQuand on arrive à l’étranger on est toute disposée, bonne fille que nous sommes, à nous fondre dans les us et coutumes du pays accueillant, à conquérir notre autonomie et celle-ci passe par l’indépendance automobile

Le premier contact qui vient tout juste après l’aimable accueil des autorités locales de l’immigration à la sortie de l’aéroport est de se colleter avec la circulation. Première petite déflagration, les yeux sur pédoncules nous révisons vite nos ambitions à la baisse. On se dit que la fatigue du voyage et de ses préparatifs y sont pour quelque chose et que tous les congénères véhiculés ne peuvent pas être autant de Terminator...

 

Les premières surprises

Si d’aventure on arrive dans un pays qui pratique cette singularité, pour ne pas dire bizarrerie anglo-saxonne, de la conduite à gauche, d’un seul coup d’un seul on se sent plein de compassion pour ceux dont le cerveau est un immense shaker et qui souffrent de problèmes de latéralité. Mue par nos anciens réflexes, on attend sur notre droite le perturbateur, et las, l’alien arrive du côté opposé. Les mains crispées sur le volant, les jointures des doigts toujours plus blanches, le St Laurent qui vous ruisselle entre les omoplates, on prend une grande respiration et on regrette de n’être pas une pieuvre dont le spectre visuel est de 180°.

Loin de cette pensée Darwinienne et consciente de notre modeste condition de femme conductrice (soit deux insultes pour bon nombre d’homo sapiens qui sapiens pas du tout), on s’accroche et pas seulement au volant.

Dieu merci, nombre de pays n’ont pas jugé utile de suivre les grands bretons dans leurs égarements routiers. Déjà que leur conduite s’apparente à un gigantesque jeu de stock cars dont le but n’est évidemment pas d’être game over, on ne va pas en rajouter sous la rubrique gymkhana.

 

L’engin proprement dit

L’homme dans son infini mansuétude vous a choisi un modèle automatique. Sans doute qu’avant il appréciait moyennement d’entendre rugir tous les chevaux de notre Twingo au démarrage qui laissaient plus d’un Shumacher sur la ligne de départ avec nos accélérations/décélérations. Là on cherche désespérément le changement de vitesse, prolongement naturel de notre bras pour trouver un vide sidéral tandis que nos pieds tricotent à la recherche des pédales. Quand on s’est empalé trois fois sur le pare-brise à se faire un profil de pékinois, on commence à comprendre les subtilités de cette nouvelle et hostile mécanique.

Ou encore il a pensé qu’un gros 4X4 particulièrement adapté à ces latitudes serait la clef de toutes les indépendances. Evidemment il n’a pas choisi le modèle de la blonde tout aussi urbaine que peroxydée, le bras alourdi de quelques tocantes et bracelets gros comme des enjoliveurs pendant négligemment à la fenêtre. Non celui qu’il vous réserve est plutôt du style Hummer. Celui dont les bras doivent être sur pistons hydrauliques pour la moindre manœuvre. Vous restez perplexe devant les protections si larges que vous vous demandez s’il est fréquent de croiser des buffles dans cette ville. En lieu et place de buffles, c’est autant de météorites à 2 ou 4 roues qui se précipitent sur votre habitacle.

Là encore vous confondez un peu la manette position 4X4 avec le changement de vitesse et c’est 150 chevaux qui s’emballent au feux rouges et autant de neurones dans votre cortex...

 

La signalisation

Après vingt cinq tours de quadra pour domestiquer la bête, vous décidez d’élargir vos champs d’investigations. Visiblement dans ce nouveau pays le code est une option facultative mais on ne se défait pas comme ça de ses bonnes vieilles habitudes acquises au cours de nos nombreuses heures de conduite. On respecte la signalisation. Autant de signes cabalistiques, de couleurs de panneaux qui n’évoquent rien pour vous.

Au premier feu rouge qui vous semble enfin entrer dans le langage universel de l’alter automobiliste, vous vous arrêtez. C’est là où la chose se complique. En France au feu rouge, normal, on stoppe à sa hauteur. Mais par une perfidie quasi perverse, allez savoir pourquoi, dans certains pays le feu rouge se trouve en aval du croisement. Donc en toute bonne foi vous vous retrouvez au milieu du carrefour sous la huée et les quolibets des conducteurs peu compatissants.

D’un seul coup, vous vous sentez abandonnée de Dieu et des hommes. La vie est décidément injuste.

Quand d’aventure vous évoluez dans une région où non seulement les panneaux de signalisation sont d’étranges couleurs mais qu’en plus l’alphabet vient vous compliquer sournoisement la tâche, vous regrettez les temps bénis où la femme marchait derrière l’homme et sa monture. Pour éviter ce genre d’écueils qui peut se traduire par quelques tôles artistiquement ourlées, on vous suggère d’apprendre en même temps que les mots d’usage pour la survie un minimum de panneaux. Même s'ils ont pour certains un titre indicatif et pour d’autres un titre décoratif.

 

Les règles (ou absence) de la circulation

Soit vous êtes dans un pays où marée-chaussée, signalisation, conduite suivent les règles communément admises par des usagers respectueux et citoyens. Alors là pas de problème majeur.

Soit vous circulez dans un espace où la plus grande fantaisie automobile est de mise et tient lieu d’arbitraire. Légères contrariétés en perspective. Vaches, cochons, poules, se partagent le bitume (ou ce qui en tient lieu..) avec pousse-pousse, vélo, rickshaw qui défient les lois universelles de la gravité et de l’équilibre. Où le plus gros a toujours raison, où le klaxon est le nervi du conducteur... Dur, dur.

Dans un premier temps, ces signaux sonores seront perçus comme autant d’agressions à votre modeste personne au bord de la paranoïa chronique. Mais très vite votre schizophrénie latente se révélera. Votre main se déconnectera alors de votre cerveau et se fichera en position constante sur cet instrument, provoquant chez vous une jouissance quasi icarienne.

 

Le trajet

Vous commencez à avoir une vue d’ensemble sur les conditions de circulation, même si celles-ci heurtent quelque peu votre sens de la bienséance. Aussi, autant par défi que par nécessité vous décidez d’élargir votre horizon. Ecole/supermarché/maison, faut pas non plus être démesurément présomptueuse. Avec une application méritoire vous préparez votre road-book comme si vous preniez le départ du Paris-Dakar.

Vous avez fait dix fois le trajet avec un chauffeur (mari, amies...) et vous remplissiez alors à merveille votre rôle de navigateur. Là où ça se corse, c’est qu’il vous faut maintenant tenir le volant, le road-book, les regards sur la route, repérer les indices, anticiper les exocets qui vous foncent dessus... Vapeurs, vapeurs. Comme c’est de votre honneur dont il s’agit, vous prenez un bon pied de pilote, large très large et partez à H-3. Autant dire vous partez cinq minutes après le départ de votre époux qui dépose les enfants à l’école pour être sur d’être en temps et en heure à la sortie des classes.

Mais il se peut que la transe philosophique vous saisisse quand vous croyez que des lutins mal attentionnés ont joué au Lego avec la ville et que les repères qui jalonnent normalement votre trajet sont tout chamboulés. Le repère « station essence » est devenu « supermarché », celui « croisement » s’est mué en « nœud Georgien », « la petite maison rose » en « terrain vague. Immense détresse et grand stress.

Et que celles qui ont un GPS ne fassent pas les faraudes

On a vu un cerveau bien structuré bac+8 se retrouver à Bruxelles alors qu’il était supposé se rendre à Strasbourg, constatant de fait que la technique avait des limites...

Bien entendu vous pouvez toujours demander à l’autochtone dans votre sabir balbutiant votre chemin. Mais autant d’autochtones autant de trajets. Alors on ne vous raconte pas le malaise en Inde par exemple avec son milliard 300 millions de personnes...

Un bon conseil, et toute honte bue, est d’héler un taxi, de lui donner votre point de chute, d’agiter un billet et de lui faire comprendre que vous le suivez. Dans tous les pays ça marche.

 

L’autorité locale

Comme de toute évidence votre maîtrise de la situation laisse à désirer, il y a de fortes chances qu’un jour vous ayez un léger différent d’interprétation du code de la route avec l’autorité du coin. Ne vous démontez pas devant l’importance que lui confère son uniforme. Faites lui comprendre avec ce qu’il faut de larmes dans les yeux, de tremblements compulsifs que vous savez que sous son uniforme bat un cœur d’homme, qu’il est votre providence, le Terminator de vos angoisses. Il y a fort à parier que flatté, à l’instar du corbeau sur son ramage, et par le rôle d’ange envoyé du ciel que vous lui prêtez, il se mette en quatre pour vous aider. Son ego étouffant son ire citoyenne.

A savoir que certains, quand même, sont moins citoyens que d’autres, que la dureté de leur existence, que les aléas de la vie qui l’ont contraint à vous verbaliser et les vicissitudes du métier seraient infiniment adoucies par le billet que vous lui glisserez. Et que le montant de la contravention sera inversement proportionnel au don que vous ferez en liquide et discrètement. Là il convient de se renseigner auprès des résidents de longue date. Car ce sont des subtilités à manier avec un art consommé.

Si au cours de vos pérégrinations vous laissez comme le Petit Poucet des bouts de tôle ici et là

C’est souvent que vous aurez embrassé le quidam et sa carrosserie d’un peu trop près. Dans le doute ne bougez pas votre véhicule et faites appel aux autorités compétentes. D’aucunes auraient tendance à faire appel au conjoint qui fait montre d’autorité certes mais sa compétence s’arrête à l’engueulade. Enfin c’est selon... Vous serez d’ailleurs surprise de voir combien sont nombreux les pays où on roule en toute impunité, sans permis. Et nous ne parlerons même pas des assurances...

 

Que celles qui n’ont jamais éprouvé ces angoisses existentielles à la veille de prendre le volant dans une terra incognita réfléchissent sérieusement à leur moi profond. Il y a chez elles un sentiment de toute puissance, du Robocop en lieu et place de l’affect. Bref elles ne sont pas des humaines.

Petit à petit, une fois les trajets assimilés, les comportements locaux apprivoisés, l’engin maîtrisé, la confiance revenue, vous vous lancerez toujours plus loin, plus sereinement. Toute modestie contenue, c’est bientôt vous qui indiquerez d’un air de ne pas y touchez les trajets les plus adéquats, les mystères de la ville à votre conjoint. Le tout sans froisser son ego, est-il besoin de le préciser.

Car il existe une constante que la science n’a toujours pas sondé : dans toutes les civilisations, tous les hommes considèrent qu’une femme au volant est une anomalie de la nature. La culture n’y étant pour rien sinon la génétique.

 

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