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Les soirées chez l’Ambassadeur : tout un roman !


Femme-de-diplomate-et-ecraivain-Lucie-Delvert-Allee-de-Manguers-FemmExpat-559x520Enseignante d'histoire et de géographie, Lucie Delvert est mariée à un diplomate. Son premier roman "L'Allée de manguiers" vient d'être publié aux éditions Balland. Elle y raconte la vie des "Affaires Etrangères" qui est un peu la sienne aussi...

 

Une femme ordinaire dans une vie peu ordinaire. Dans les coulisses de la diplomatie de terrain...

La diplomatie à l’étranger est un privilège. Elle permet d’entrer dans des univers  multiples dans la même journée. Mais cela n’empêche pas ses travers que Lucie croque avec plaisir dans ce roman, premier d'une série de quatre ouvrages à paraître.

Rencontre avec l'auteure, diplômée en Géographie tropicale, enseignante depuis 19 ans dans les établissements français du réseau AEFE, et à Paris lorsque sa famille rentre, tous les sept à huit ans...

 

 

Être femme de diplomate, c’est épouser une fonction… c’est devoir assurer des responsabilités publiques. On attend beaucoup de vous.  Et on en a parfois une idée romanesque. Comment se vit l’expatriation dans ces conditions ?

Je ne suis pas certaine que la diplomatie présente une dimension romanesque en elle-même. Ce sont les situations qu’elle rencontre ou démêle qui le sont, et les rencontres, les échanges, constituent un travail de terrain.

En fait, je dirais que la famille toute entière épouse la fonction. On vit sa vie de famille dans sa sphère mais toute interaction avec l’extérieur respecte le cadre. Au-delà du conjoint, les enfants eux-mêmes savent très vite qu’ils doivent adopter une certaine attitude, montrer du respect, de la dignité, savoir s’effacer, et ce dès l’instant qu’ils sont à l’extérieur.

C’est comme si la famille entière se mettait en situation d’aller dans le sens de l’agent, et donc de sa fonction.

 

Est-ce facile dans ces conditions de se créer une vie sociale ? A l’inverse d’autres expats, vous avez sans doute aussi la chance d’avoir accès au pays, à sa culture, à son histoire par un prisme intérieur auquel peu d’expats ont accès…

Le conjoint n’a pas de fonction officielle, c’est là toute la complexité. Mais de manière générale, être accessible et à l’écoute, c’est la meilleure façon de tisser des liens et d’être utile. Et puis on ne triche pas sur ce que l’on est. Je fais de mon mieux pour être à la hauteur mais je suis une fille simple, issue de la classe moyenne de province, je ne vais pas inventer un personnage. La simplicité est souvent appréciée d’ailleurs.

L’angle atypique est une vraie chance, il donne accès à toutes les catégories de gens, ouvre beaucoup de portes et permet, dans la même journée, de côtoyer un ministre, un chercheur, un artiste, un responsable d’ONG ou l’homme de la rue.

Dans ces conditions, l’on a vraiment l’impression de comprendre le pays d’accueil ainsi que les communautés expatriées et leurs spécificités.

 

Malgré le devoir de réserve auquel on imagine vous êtes imposé, vous avez vécu en Tanzanie, en Thaïlande, à New-York, à Rome et à Pointe Noire… quels sont vos meilleurs et pires souvenirs de chaque destination ? 

Pour les anecdotes, il vous faudra lire mes romans, elles y sont toutes ! De Zouc le bouc de l’ambassadeur à l’authentique traîne de papier toilette en passant par Brad Pitt l’imposteur à New-York et les escarpins de Catherine Deneuve à Bangkok, vous saurez tout !

Je ne suis pas moi-même agent des Affaires étrangères et ne suis donc pas soumise au devoir de réserve.  Je peux critiquer une situation qui me paraît drôle ou insensée, n'étant pas liée par la fonction. Et d’ailleurs, je n’ai pas de griefs contre cette belle maison des Affaires étrangères qui est un peu devenue ma famille.

En fait, à y regarder de près, ces aventures racontées donnent à voir le travail de terrain de ses agents et servent son image plus que l’inverse.

 

A quel moment de votre parcours avez-vous décidé de basculer vers l’écriture ? Le choix du roman s’est-il imposé tout de suite ?

L'écriture est une rencontre fortuite qui occupe maintenant une part importante de ma vie.

Je me suis mise à écrire en décembre 2018, il y a un an à peine. Transportée aux Urgences sans raison et davantage sur un quiproquo, j’ai observé mon environnement pendant mes quatre heures d’attente et j’ai écrit sans écrire, traçant des pages mentales dans le vide de l’ennui. Rentrée chez moi, je n’ai plus réussi à m’arrêter, un, puis deux, puis trois, les romans se sont imposés avec l’écriture comme une obsession que je peine à dompter aujourd’hui mais dont je canalise mieux la folie.

J’ai adressé mon premier manuscrit à des maisons d’édition, par la Poste et les éditions Balland m’ont tout de suite répondu et signé pour quatre romans... pour commencer ! 

 

Vous envoyez un manuscrit et on vous en signe quatre... le rêve devient réalité ?

Oui, c'est assez fou. L'Allée des Manguiers est sorti fin octobre 2019 et se déroule en Tanzanie. Le deuxième roman sortira vraisemblablement avant l’été prochain, et se passe à Bangkok en Thaïlande. Quand au troisième, il s'ancre entre New-York et Rome et ainsi de suite, un poste donnant (à peu près) lieu à un livre.

Je suis actuellement sur le quatrième qui se passe à Pointe Noire au Congo.

 

Pour la rédaction, avez-vous été inspirée par des personnes fortes rencontrées durant vos expats, par des situations diplomatiques spécifiques ?

J’écris, j’espère avoir un style et une musique mais je n’ai pas beaucoup d’imagination... Et si tous existent : des personnages aux situations, c’est parce que dans la plupart des cas ils sont vrais (intervertis ou déplacés pour la fluidité du récit), mais vrais et empruntés aux aventures vécues. Ils n’ont pas eu besoin d’être exagérés...

 

 

- "L'Allée de Manguiers" de Lucie Delvert, aux Editions Balland (17 euros) est disponible en version brochée dans la plupart des librairies. La version Ebook devrait suivre...

Les 3 tomes suivants à paraitre : 

  • Une aorte gothique (Thaïlande)
  • La Bella Figura (New-York et Rome)
  • Une pointe noire (Congo)

 

 

La plume vous titille ? Retrouvez nos conseils pour vous lancer dans l'écriture en expatriation :

6 bonnes raisons de vouloir se mettre à l'écriture en expatriation

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Conseils d’auteurs expatriés dans le choix d’une maison d’Edition

Comment se former et se faire accompagner pour écrire son livre pendant son expatriation ?

 

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