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Le rêve canadien de Romain


Le rêve-canadien-de-Romain

 

Romain est un jeune curieux de nature et amoureux des voyages. Il y a cinq ans, il s’envole pour le Canada, un peu sur un coup de tête, y poursuivre ses études : deux ans de science politique et d'histoire à l’Université de Montréal (UDEM) et trois ans à l'Université Laval (Québec).

En plus des différences entre systèmes d’éducation, le Canada et le Québec représentent aussi un nouveau mode de vie, un nouveau climat, un nouveau milieu, une nouvelle mentalité.

Entre jolies surprises et moments de doute, Romain se confie sur son expérience et ses succès et nous raconte comment l’expérience de l’étranger a fait murir l’étudiant qu’il était.

 

Pourquoi faire le choix du Canada pour vos études ?

Après avoir testé plusieurs cursus en France sans pouvoir me retrouver dans le système scolaire, j’ai eu besoin de changer d'air. Ma situation familiale n’était pas au beau fixe, j’aspirais à prendre du recul. Des amis me conseillaient le Canada et Montréal pour y être parti aussi.

N'étant pas bilingue, l'expérience de l'Amérique en version francophone était pour moi la solution idéale. Alors, je me suis décidé. J'ai fait ma valise après avoir obtenu une inscription pour un programme d’un an à l'UDEM et je suis parti pour Montréal.

Comme j’adore voyager, visiter et découvrir de nouvelles choses, je me suis dit que je ne le ferais peut-être plus après… Etant encore célibataire et sans enfants, c’était le moment où jamais !

 

Comment avez-vous géré l’administratif de votre départ et de votre séjour ?

J'y suis parti sans avoir vraiment de réel projet en tête. J'avais mon inscription en poche et c’est ce qui comptait. J’avoue que je n'en ai parlé à ma famille qu'au dernier moment (heureusement, ils l’ont bien pris !). Du coup, j'ai effectué toutes les démarches seul, payé moi-même mon billet d'avion et les différents frais pour mon départ.

Très vite, j'ai rencontré les mêmes problèmes au Canada qu'en France. Un souci administratif m'a fait annuler ma première session et je me suis retrouvé la session suivante dans un programme qui n'était pas mon premier choix.

En tant qu'étranger au Canada vous n'avez pas le choix : vous vous conformez aux décisions administratives sinon c'est retour à la maison. Alors j'ai pris mon mal en patience, je me suis accroché et j’en suis fier : même seul, je ne me suis pas laissé abattre et j’ai tout fait pour rebondir. Je ne me voyais pas reprendre mes études en France. Et puis, j'ai découvert les joies du véritable hiver.

 

Le système canadien est-il fort déroutant comparé au système français ?

Alors qu'en France tout nous est déjà mâché, au Canada, on se retrouve dans système universitaire dit « à la carte ».

Vous pouvez construire votre parcours de façon presque individuelle et donc avoir jusqu’à 2/3 de blocs de cours différents des autres élèves d’un même programme ! Ce système octroie une grande liberté et beaucoup de temps libre. Il repose sur des blocs de cours de 3h. Il en faut 4 pour être considéré à temps plein (12h) avec un maximum de 5 (15h). Au-delà, c’est ingérable si vous tenez à un minimum de vie sociale et de temps libre.

Parce qu’en réalité derrière chaque heure de cours, il faut compter 2 heures de travail personnel. Donc, si on fait les comptes pour un temps plein de 4 blocs : prenez vos 12h de cours en présentiel, rajoutez 24h de travail personnel… et donc ça équivaut à 36h consacré aux études par semaine.

Je ne vous parle même pas des semaines d'examens : commencez à chercher une grotte et coupez tout contact avec l’extérieur. De toutes façons, vous aurez trop de choses à faire. Mais il faut grande organisation personnelle pour pas céder aux tentations bien trop nombreuses des activités proposées en permanence sur le campus. J'ai rencontré beaucoup d’étudiants qu’on n’a pas revu à la session suivante.

 

Portrait Romain Canada

Avez-vous douté ?

Oui, à chaque hiver quand vous voyez le thermomètre descendre sous la barre des -30° ou -40°, vous vous demandez réellement ce que vous faites ici et souvent même si vous devez sortir, car la motivation vous fuit et la déprime peut apparaitre surtout en restant cloitré dans une minuscule chambre universitaire.

Mon plus grand moment de doute reste l'annulation de ma scolarité, à peine un mois après mon arrivée. Je me suis alors réellement demandé si je n'allais pas devoir rentrer chez moi avec un échec cuisant. Pendant quatre mois, je n'étais plus scolarisé et j'ai dû batailler pour garder ma chambre universitaire.

Après la déprime, les questions et (faute de pouvoir étudier), quelques escapades touristiques, je me suis inscrit dans un programme multidisciplinaire d'un an. Puis, certains cours m'ont passionné, ceux de Sciences politiques et j'ai décidé de postuler dans le programme. Vu la désillusion vécue à Montréal, c’est pour cette raison que je suis parti à Québec.

C'était également l'occasion de découvrir une nouvelle vie et de repartir une nouvelle fois de zéro. C'est là-bas que je me suis épanoui en rejoignant une association étudiante, la fraternité Sigma Thêta Pi. Grâce à eux, j'ai adoré la deuxième partie de mon expérience et mes doutes ont presque tous disparu.

 

Que retirez-vous de cette expérience de vie étudiante à l’étranger ?

Difficile de répondre tant il y a à dire. Le plus important est sans doute la découverte de moi-même. Cette expérience de vie seul loin de mes proches dans un univers totalement différent, m’a beaucoup fait mûrir. Je me suis construit, j’ai appris de mes erreurs et à relativiser.

C'est lorsque vous êtes face à l'adversité que vous tirez le meilleur de vous même. C'est exactement ce qui c'est passé. Je me suis adapté à un milieu totalement différent, j'ai appris beaucoup de choses, rencontré des personnes d'univers totalement opposés et j'ai surtout fait la connaissance de ma meilleure amie, une Québécoise en or avec le cœur sur la main.

C'est également en partant aussi loin qu'on peut se rendre compte de ceux qui comptent vraiment pour nous. J'ai ainsi fait le tri dans mes amis et au bout de ma dernière année, j’ai aussi réalisé que j'avais laissé derrière moi, quelqu'un de très important : la fille que j'aime et qui a fait pencher la balance dans ma décision de rentrer en France.

 

Quels sont les points positifs à retenir et qu’est-ce qui vous a le plus manqué ?

J’ai adoré le cadre scolaire et la grande liberté qu'on nous donne. Bon, il faut le temps de s’adapter et la première session est assez difficile, car on n’est pas habitué à choisir nous-mêmes nos cours et programmer son horaire. Mais le campus, la proximité avec les professeurs, la liberté et toutes les activités proposés en font un lieu propice autant pour étudier que s'amuser et passer de très bons moments.

Ce qui manque le plus en tant que Français, c'est évidement le côté alimentaire et à moins d'avoir un budget nourriture énorme, il va falloir oublier un peu le fromage et le vin qui sont totalement hors de prix. Il y a aussi la famille et les amis. Le décalage horaire de 6 heures fait qu'on ne peut pas toujours leur parler quand on veut.

 

 

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Les bons plans de Romain :

>> à faire d'un point de vue administratif

  • Faire son transfert d'assurance maladie de la carte vitale à la RAMQ avant de partir
  • Souscrire à une assurance privée en France
  • Valider tous ses documents de séjours - le service d'immigration ne rigole pas vraiment et je connais plusieurs personnes qui ont dû rentrer en France. J'ai moi-même oublié mes papiers lors d'un aller-retour et j'ai failli ne pas pouvoir rentrer au Canada.
  • Se renseigner sur ce que vous pouvez faire et ne pas faire avec votre visa. Notamment pour tout ce qui concerne l'emploi, souvent un visa de travail est lié à l'employeur et changer d'employeur peut-être un véritable casse-tête voire un parcours du combattant pour retrouver un visa et s'éviter un retour en France.
  • Le Canada fonctionne selon un système de Provinces. Il faut donc être accepté par le Canada et la Province pour obtenir son titre de séjour/

 

>> Les bons trucs et astuces pour se faciliter la vie

  • Kijiji, le boncoin québécois, vous pouvez tout trouver, vraiment tout
  • Amigoexpress, l'équivalent de Blablacar pour voyager : c'est top. Il y a pas mal de groupes Facebook aussi qui fonctionne plutôt bien.
  • Tester les microbrasseries, pour les amateurs de bières et même de cidres, il n'y a rien de mieux.
  • Profiter des services de l'université, il y en a pour tout, démarches, choix de cours, activités, recherche d'emplois, etc.
  • S'impliquer, il n'y a rien de mieux pour rencontrer des gens et profiter de ce qui vous entoure, sinon vous aller louper une part importante de la vie locale
  • Surtout visiter, l'hiver comme été le Canada est un pays magnifique avec deux manteaux différents et deux types d'activités. 
 

>> Comment planter son intégration ? Ce qu'il ne faut surtout pas faire 🙂

  • Ne jamais dire à un Québécois qu'il est Canadien, il est Québécois ! 
  • Ne pas dire qu'ils sont français, c'est pareil, ils sont Québécois. 
  • Ne pas parler des Anglophones sinon la discussion ne va jamais finir et vous allez entendre du pays.
  • Ne pas critiquer les Canadiens de Montréal (équipe de hockey locale). Ils vont gagner de nouveau un jour, c'est (presque) sûr. 
  • On ne refuse pas une bière et chacun paye sa part. 
  • On demande avant de se servir chez quelqu'un, si ce n'est pas nous qui avons ramené à boire ou à manger.

 

Romain est aujourd'hui rentré en France et travaille comme freelance en tant que rédacteur web et blogueur.
Pour le suivre : https://www.romainriviere.net

 

 

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