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Le Couple Ma vie en expatriation

Les amours à Singapour (1) – Entre deux familles


Les amours à Singapour (1) - Entre deux famillesNathalie a entamé pour nous une série d'histoires. Les amours à Singapour. Aujourd'hui, elle nous fait découvrir l'histoire de Jean, qui s'est laissé tenté par les charmes d'une jeune asiatique. Il se retrouve maintenant coincé entre deux familles. Un point de vue masculin qui fait échos aux témoignages de femmes que nous connaissons déjà. A faire lire à vos maris ?

 

Parler d’amour, de séduction et de rencontres adultères est toujours délicat.

Surtout dans une communauté d’expatriés où tout le monde a une connexion avec tout le monde. Suite à un appel à témoignages sur les réseaux sociaux, j’ai recueilli des expériences. Et j'ai échangé, dans le plus grand respect, avec un certain nombre de francophones.

Ce qui va suivre est un condensé de toutes les histoires que j’ai reçues. Avec des pseudos et certains détails farfelus pour brouiller les pistes.

Ne regardez pas votre voisine ou votre collègue avec suspicion . Elle/Il a peut être participé à mon reportage par ses commentaires mais souhaite rester anonyme. Merci pour leur courage à toutes et tous.

 

Cette série des "Amours à Singapour" pourrait être la même à Moscou ou à Abidjan. 

Ceci pour ouvrir la porte à une vraie réflexion féminine sur la vie d’une famille à l’étranger, une connaissance de la condition d’accompagnante, de son changement de statut social et professionnel. Et de tout ce que ça implique quand la situation vire au vinaigre.

Si mon article contribue modestement, dans l’avenir, à pousser certaines femmes expatriées à s’émanciper, prendre des précautions juridiques en cas de départ à l’étranger, penser à l’avenir, se construire des reconversions professionnelles malgré les années qui passent loin de leur métier originel, alors, j’en serai sincèrement heureuse.

 

 

Je m’appelle Jean, 45 ans, expatrié depuis 10 ans dont quelques années à Singapour.
Je suis papa de 3 enfants nés au long de mes expatriations.

J’ai adoré cette vie riche en découvertes pour la famille. Ma femme m’a suivi partout, abandonnant son travail quand nous avons quitté la France. Elle semblait plutôt heureuse de partager cette aventure avec moi. Même si elle a peu a peu abandonné ses rêves de réussite professionnelle pour s’adapter à mon parcours.

 

Moi qui suis petit, et pas vraiment Brad Pitt, j’ai découvert avec plaisir qu’en Asie, mon statut avait changé.

J’étais l’expat, avec une belle situation, vivant dans un grand appartement avec piscine et tennis.  J’ai senti rapidement que j’attirais les regards des femmes au boulot, dans les diners d’affaires et les voyages dans les grands hôtels de la région.  Les occasions étaient nombreuses de rencontrer des jeunes plantes séduisantes et douces. Au début, je me contentais de ces attentions sans aller plus loin. Certains collègues expatriés semblaient avoir des aventures faciles, voire des doubles vies.

 

A la maison, c’était compliqué. Ma femme venait d’avoir notre troisième enfant.

Elle était toujours fatiguée et de mauvaise humeur. Elle s’est mise a se plaindre de sa vie domestique, de mes déplacements, me reprochait son absence de visibilité professionnelle, regrettait la famille et les amis au pays.  J’enchaînais voyages et réunions dans toute l’Asie. Le week-end, je me sentais moi aussi ivre de fatigue, avec une pression  constante au boulot, agacé par le bruit des enfants et les jérémiades de ma moitié.

 

C’est à cette période que j’ai rencontré  X.

Vingt ans de moins que moi, une bombe comme je n’avais jamais osé en rêver dans mes bras. Au début, je prenais notre relation comme une aventure temporaire, un refuge paisible, loin de la vie de famille. L’histoire qui devait durer quelques jours a continué un peu malgré moi.  J’ai organisé des week-ends en amoureux,  des soirées dans des hôtels de luxe pour que nous soyons plus souvent ensemble.

Quand j’étais dans un dîner d’affaires et que le sujet de l’infidélité arrivait sur la table, je ne pipais mot. Mais intérieurement j’étais plutôt fier de faire partie des chanceux qui pouvaient avoir une double vie sans se faire pincer. Ma vie était parfaite.

 

J’ai commencé à lui offrir des cadeaux

Je lui ai  prêté de l’argent pour sa famille, consommé sans compter bouteilles de champagnes, bijoux et sacs a main de luxe. Discrètement, j’ai pris un emprunt et demandé des avances de salaire au bureau, pour assurer mon double train de vie.

 

Ma femme a fini par découvrir notre relation en lisant des messages sur mon téléphone.

Elle s’en doutait depuis quelques temps mais ne m’en avait jamais parlé. De toutes façons, j’aurais nié, de peur de perdre ma famille.

Période traumatisante où nous nous sommes jetés à la figure tous les reproches qui couvaient depuis des années dans notre couple.

 

Je l’ai vue très blessée mais n’ai rien changé.

Je pensais qu’elle accepterait ma vie d’à côté pour sauver notre famille. Après tout, je lui avais offert une vie de rêve, non ? J’étais trop amoureux de mon amie pour envisager de la quitter.

Dans les yeux de ma femme, je lisais le dégoût, la tristesse et la colère. Dans ceux de ma maîtresse, le plaisir de me voir, l’excitation de l’interdit et une grande admiration. Je me sentais superman.

 

Ma femme a demandé le divorce à Singapour.

Elle voulait rentrer en France avec les enfants. Le monde s’est écroulé autour de  moi. Une peur viscérale de la perdre, de ne plus voir mes petits. Elle a prévenu la famille, les amis, l’école, mon travail, le Consulat… J’étais comme un fou mais ne me suis pas senti fautif une seconde. J’ai déménagé. Je les voulais tous dans ma vie : c’est tout.

 

J’ai reçu les messages de reproches de mes copains au pays, de mes parents, et même de mon patron. 

J’ai décidé que je devais me battre pour garder mes enfants. Alors j’ai joué salement avec la loi locale qui n’autorisait pas mon épouse à quitter le pays avec les enfants sans mon consentement. J’ai coupé les vivres pour essayer de pouvoir négocier avec elle. Je peux dire avec du recul que j’ai dépassé les bornes de loin, coupant toute possibilité de retour à la normale. J’ai même annulé son permis de séjour,  qui dépendait du mien pour ne plus avoir à supporter ses plaintes. 

 

Mais ma femme est restée le temps de la procédure de divorce local.

Dans une zone grise sans visa de résidente, avec les enfants qu’on m’a interdit de voir. Je sais que je leur ai occasionné beaucoup de souffrances et de difficultés financières.

Ma nouvelle amie a redoublé d’attention et de douceur. Un jour, elle m’a annoncé qu’elle était enceinte. J’ai coupé les ponts avec ma famille pour ne plus lire leurs messages furieux ou attristés.

 

Je suis Jean. Je suis ici depuis 15 ans. Résident Singapourien.
Je me suis placardisé pour rester dans la Cité Etat et avec ma nouvelle famille.

Ma femme singapourienne et nous avons deux enfants. Mes derniers enfants ne parlent pas français. L’anglais est plus facile pour tout le monde. Je ne vois plus ma famille de France que dans de rares occasions.

Mon ex femme a fini par rentrer en France avec mes enfants après une longue procédure de divorce.

Je les vois rarement à ma grande tristesse. Mes aînés adolescents ne veulent plus me parler. Après tant d’années de bataille juridique où tous les coups étaient permis, j’ai baissé les bras. Et je me suis concentré sur ma nouvelle vie.

 

Financièrement, je ne suis plus aussi bien loti.

Entre les frais d’avocats puis d’éducation de ma famille en France et ceux de ma vie ici, on ne va plus en vacances si souvent. Et on a oublié les brunchs au champagne.

 

J’ai des regrets et du chagrin parfois.

Je ne vois plus mes amis expats sauf ceux qui ont vécu la même chose que moi : divorce et remariage ici. Les fins de semaines, on se retrouve devant un bon match avec une bière. Nos femmes papotent entre elles. Je pense souvent à mon autre famille pourtant. Ainsi va ma vie.

 

Dans la soixantaine, je me sens fatigué mais je dois assurer le plus longtemps possible pour ma nouvelle famille.

Ma seconde femme n’est plus aussi douce ni accommodante. Les différences d’éducation et de culture me pèsent de plus en plus. J’avais rêvé d’une retraite paisible dans le sud de la France, entouré des mes petits enfants, à lire des poèmes de Prévert. Je vieillirai ici, sans possibilité de retour.

 

Dîtes bien dans votre article que je regrette le tour qu’a pris ma vie.

Que je donnerai tout pour refaire le film différemment mais que je sais bien que c’est trop tard. J’aime aussi profondément mes deux derniers enfants.

J’espère que mon expérience pourra servir à d’autres. C’est pour cela que j’ai tenu à témoigner anonymement.

 

Témoignage recueilli et rédigé par Nathalie Cagnat.

Mars 2018

nath.joburg@gmail.com

 

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